Les lectures de Cécile

26
déc

Mini-Chro’s (pas si mini) #12 : du très bon … et du mauvais

bird boxQuand un livre est encensé, on sait, en le lisant, qu’on prend le risque de trop en attendre et d’être déçu.
Et encensé, ce livre l’a été. (ici et ici et ici pour des avis élogieux, et celui , coup de cœur, de Cajou qui m’a vraiment donné envie de l’ouvrir). Et moi, j’ai été déçue.

Alors, avant tout, bird box, de quoi ça parle ?

Imaginer que vous ne puissiez pas regarder dehors sous peine de mourir immédiatement d’une horrible manière.
Imaginer ne pouvoir sortir de chez vous que les yeux bandés, et ne pouvoir les ouvrir chez soi qu’à condition d’avoir recouvert intégralement toutes vos fenêtres et verrouillé votre porte.
Vous ne savez pas ce que vous verriez dehors si vous ouvriez les yeux mais vous avez pourtant une certitude: vous n’y survivriez pas.
Alors, quand Malorie décide de partir de chez elle avec ses deux enfants pour rejoindre de potentiels survivants de ce monde post apocalyptique, elle entame un périple dont elle sait avoir peu de chance de ressortir vivante mais auquel elle a préparé ses enfants dès leur naissance.

Un sujet intéressant et très original et une question qui nous tient en haleine dès la première page: pourquoi les gens meurent-ils? En regardant quoi ? Qui ? Quel phénomène ?

Du moins, c’est une question qui m’a tenue en haleine 60% du livre avant qu’elle soit surpassée par mon ennui et ne me tienne justement plus suffisamment en haleine.

Car si la majorité des personnes a été angoissé dès le premier chapitre, cela n’a jamais été mon cas (ou une fois peut-être), et si j’avais envie de savoir qui était à l’origine du « phénomène », c’est bien là la seule chose qui me faisait avancer dans le livre.

Car, soyons honnête, je n’ai pas été prise par l’histoire de Malorie, ni par son passé, et encore moins par son présent.
C’est simple, outre le fait de ne pas avoir été angoissé, je ne me suis attachée à personne, je ne me suis pas projetée et je me moquais de savoir ce qui allait arriver à Malorie et ses enfants.

Quant à l’envie de découvrir la nature du phénomène, comme je le disais plus haut, elle a finalement perdue de son intérêt face à la redondance de l’histoire, qui, à 60%, tournait toujours en rond et n’avait pas évolué depuis la première page.
C’est là que j’ai finalement préféré abandonner ma lecture qui ne me faisait rien ressentir, si ce n’est de l’ennui et grand bien m’en a pris vu ce qu’une amie m’a raconté de la fin.

Le seul regret que j’ai, en cette période de fatigue extrême, n’est donc pas celui d’avoir abandonné ma lecture mais celui de ne pas avoir suivi mon instinct qui me poussait à l’abandonner après le premier chapitre.

 
***************

sempre redemptionPas de spoilers sur le tome 1 ni sur ce tome. 

Rappelez-vous, j’avais adoré le premier livre de cette série (mon billet ici) qui se termine de telle sorte que nous n’avons pas besoin de lire la suite.
Suite que j’hésitais à lire et que j’appréhendais beaucoup après la lecture d’un spoiler.

Finalement, heureusement que je suis passée outre ce spoiler car j’ai adoré ce livre, vraiment moins porté sur la romance Haven / Carmine et qui se focalise davantage sur l’univers de la mafia et sur des personnages comme Corrado et Vincent, qui étaient plus secondaires dans le premier tome. 
J’ai une fois de plus complètement adhéré au style de l’auteur, fluide, touchant, entrainant et je ne peux que saluer son parti pris de focaliser cette histoire sur d’autres personnages et moins sur une romance qui aurait pu vite tourner en rond. 
Tout en étant assez lente, l’histoire comporte de nombreux rebondissements et elle m’a apportée, une fois de plus, beaucoup d’émotions, me faisant tour à tour sourire, pleurer, stresser et pester… 

Je regrette une fin un peu trop facile mais ce n’est pas ce que je retiendrai de cette suite dont l’écriture et les personnages, ambigus et imparfaits, ont su me toucher et m’embarquer dans un univers bien particulier fait de coups durs et de moments sombres mais aussi d’espoir.
J’espère que cette série sera traduite, vraiment !

Sempre Redemption – J.M Darhower
Kindle edition – 416 pages

2
déc

Prisoner de Annika Martin et Skye Warren: la daube du mois. Voire de l’année.

prisoner
Un résumé très tentant, un livre classé sous « Dark Erotica » (un genre que j’apprécie même si je n’ai jamais trouvé mieux que ce livre ), et des notes sur Goodreads excellentes : il ne m’en fallait pas plus pour me donner envie de me jeter sur ce livre.
Sauf que voilà. Ce livre est nul.

Et qui dit livre nul, dit…

spoilers 

1- Notre héros, Grayson, est :
a- « Trop dangereux, trop grand, trop beau et l’air vibre autour de lui tellement il dégage d’énergie » (et oui, il a aussi un trop gros marteau mais nous le découvrirons plus tard, bande de coquines)
b- A une cicatrice au sourcil car c’est un bad boy (Dylan McKay : tu auras souvent été copié mais sache que tu ne seras jamais égalé dans mon cœur. Jamais. Je t’aime. Bien à toi, Cess).
c- N’a pas de tatouage mais il a des cicatrices le long du bras qui forment des croix et que Grayson s’est lui-même fait avec sa bande (ne me demandez pas la symbolique je ne m’en souviens plus)(mais c’était vachement profond et touchant)(oui je déconne).
d- Est en prison, au début de l’histoire, pour un meurtre qu’il n’a bien sur pas commis.
e- A été kidnappé quand il avait 5 ans et enfermé (puis abusé) dans un sous sol avec d’autres garçons et ce, pendant 6 ans. (ce qui ne l’a pas empêché d’apprendre à lire car il y avait une encyclopédie dans le sous sol)(les auteurs ont pensé à tout vraiment. C’est beau).
f. A appris en prison à savoir l’heure qu’il est sans avoir à regarder par une fenêtre. (c’est que c’est utile, la prison, quand même : on ne peut pas savoir quand on aura besoin de connaître l’heure qu’il est alors qu’on est enfermé dans une pièce sombre)(un talent très utile)(presque aussi utile que d’avoir une grosse queue)(oh ça va si on peut plus être vulgaire…)
e- toutes les réponses ci-dessus sont justes.

2- D’après vous, l’héroïne, Abbie, qui pour valider son année d’étude doit donner des cours d’anglais à 16 hommes en prison, pense qu’il est intelligent de s’habiller à chaque fois:
a- en jupe moulante et bottes à talons sachant que les 16 hommes n’ont pas du tremper leur biscuits dans le thé depuis quelques années… (si vous voyez ce que je veux subtilement dire) 
b- En jeans, converse et pull à col roulé, histoire de ne pas échauffé trop les esprits (ni leurs sexe donc).

3- Que fait Abbie quand elle est nerveuse ?
a- Elle touche ses lunettes qui, Grayson le comprend de suite, est son rempart contre le monde.
b- Se suce la lèvre supérieure ce que le héros trouve très excitant. (mais qui ne l’est pas comme vous pourrez le voir dans un instant)
c- Elle touche ses lunettes des fois, et se suce la lèvre supérieure d’autres fois.

Indice :

photo-73
Hello there, qui j’imite ? 

(mes copines de LC ont trouvé de suite)
Comme je vous le disais, le sucage de lèvre supérieure n’est pas excitant. (le touché de lunettes non plus d’ailleurs que je n’ai malheureusement pas pu faire sur cette photo, et pour cause, je fais le chignon d’Abby à la place)
Mais bon, je n’aurais jamais pu être une bonne héroïne de romance.
Et donc je n’aurais jamais eu d’orgasmes dans les bois.
Life is a bitch. 

 

4- Chaque fois qu’Abbie donne cours, la tension entre elle est Gray est palpable. (tout comme les seins d’Abbie.), et lors du dernier cours, Grayson arrive à s’enfuir et kidnappe Abbie qui se retrouve malencontreusement sur son chemin.
Elle le conduit (contrainte et forcée) jusqu’à une station essence où notre héros retrouve un ami qui répond au doux nom de Stone (comme son coeur) et elle arrive à s’enfuir dans les bois, mais Grayson la rattrape.
Et là, que se passe-t-il ? Trouvez la réponse fausse.

a. elle spray de la bombe lacrymogène dans ses yeux mais il arrive à la maintenir plaqué, même avec les yeux fermés (il est trop fort on vous dit).
b. Puis elle fait une mini crise de panique / d’asthme due à la bombe lacrymo (non Abbie n’est pas un boulet) et il s’allonge à côté d’elle pour l’aider à se calmer en respirant avec elle. Et elle qui pense « Respirer ensemble c’est comme danser. Presque comme coucher ensemble » (mmmh, d’accord…. Si tu le dis Abbie).
Ce qui tombe bien car du coup :
c. Il décide de la doigter là, dans les bois, alors qu’il vient de s’enfuir de prison, que la police est à sa recherche et que la voiture dans laquelle ils se sont enfuis est abandonnée à quelques mètres de là. (chacun ses priorités en même temps, qui suis-je pour dénigrer un orgasme ?). Car orgasme il y a. (Allez prenons-nous la main et chantons tous en chœur : Doigtons-nous dans les bois, pendant que le loup y est pas, si le loup y était, il nous lécherait, mais comme il n’y est pas, il nous doigtera).
d. Puis après son orgasme et après avoir bâillonné un flic qui les avait retrouvé (cherchez pas à comprendre), ils marchent le long de la rivière et entendent des sirènes au loin. Du coup Grayson décide de brouiller les pistes et demande à Abbie d’ôter sa culotte et de la laisser à un endroit, puis ils reparent en sens inverse (comme quoi, pas besoin d’avoir fait d’études pour être intelligent et malin)(Il suffit de lire l’encyclopédie)(et d’être à l’abri dans ton cartable je seraiiii ton copaiiiiiin)(oui je suis comme ça moi, je fais des liens entre des mots et des chansons).
e- Il ne la retrouve pas, se fait arrêter et finit sa vie en prison.

 

5- Quelle est la phrase ou dialogue du livre la plus débile ?
a- Je sais quoi faire de mes poings et d’un couteau. Je sais quoi faire de la douleur et de la haine. Je sais quoi faire d’une femme. Mais je ne sais pas quoi faire de Mme Winslow. (Qui est accessoirement aussi une femme mais bon ce n’est pas grave, laissons à Grayson cette minute de profondeur).
b-  Ce n’est pas un putain de conte de fée. Je ne vais pas me transformer en gars bien juste parce que sa chatte est faite de velours et d’arc-en-ciel. (tiens, celle là, je ne l’avais jamais lue)(peut-être Abbie a t-elle mangé trop de skittles et que sa a détend sur son vagin ?).
c-Alors qu’elle en taule (c’est une longue histoire nous y reviendrons) : Ce qui est marrant c’est que l’aspect est le même à l’intérieur qu’à l’extérieur de la cellule : des cylindres ronds, noirs, impénétrables et sombres (elle pensait qu’une fois à l’intérieur les barreaux deviendraient arc-en-ciel, comme son vagin ?) 
d- « – Branle-moi. Gentil.
– Gentiment.
– Quoi ?
– On dit gentiment, enculé de ta race. »
(un dialogue surréaliste s’il en est)
e- Sans le vouloir, mes muscles intérieurs le serrent. Sa queue fléchit en réponse. Il y a une conversation qui s’instaure entre nos corps. Une communion. (après le succès du « monologue du vagin », bientôt dans le théâtre près de chez vous « La conversation entre le vagin et son amie la queue*).
* Merci B pour la référence au monologue du vagin (oui mes copines sont aussi subtiles que moi)(et que ce livre)(c’est à dire, pas vraiment).

 

Bon, mais trève de QCM, il est temps de passer aux choses sérieuses et de vous raconter l’histoire.
Vous avez donc suivi : elle donne des cours dans une prison, il s’enfuit, la kidnappe, elle s’enfuit dans la forêt, il la rattrape, la doigte, lui donne un orgasme, ils marchent le long d’une rivière et brouillent leur piste en laissant la culotte de Abbie qui se retrouve donc nue sous sa jupe, et continuent de marcher vers la route…
Et là que se passe-t-il ?

– Il casse les lunettes d’Abbie et met le verre sur la route jusqu’à ce qu’une voiture roule dessus, que le pneu crève, et qu’ils puissent s’enfuir dedans (entre crever des pneus, s’ériger des remparts virtuels et se déguiser en petite-prof-cochonne, on sous-estime grandement l’utilité des lunettes de vue).
– Puis, ils vont dans un motel où il la force à le branler (« Tu peux me blesser. Tu peux me toucher. Mais jamais, ja-mais je ne te toucherai. Pas de mon plein gré »)(« Si et tu me remercieras »)(Oui. elle l’a fait et l’a remercié)
– Elle arrive à nouveau à s’enfuir (non ce livre n’est pas répétitif).
– Mais voilà qu’elle se retrouve en taule pour complicité d’évasion (je ne sais pas comment on dit) où elle arrive quand même à s’endormir (ben quoi ? elle est fatiguée c’est normal)(et nue sous sa jupe, je vous le rappelle)(aucun lien, cherchez pas, certains faits méritent simplement de ne pas être oubliés).
– Et qui est là, lorsqu’elle ouvre les yeux, dans sa cellule, alors que lui même est recherché ? Grayson, qui arrive à la sortir de là, sans qu’on ne sache comment (Pourquoi s’encombrer de détails compliqués quand on peut simplement esquiver, je vous le demande ?).
– Ils vont chez une connaissance à lui et là, ne voulant pas prendre le risque qu’elle s’enfuit à nouveau, il lui donne une drogue pour qu’elle dorme et c’est là qu’il… couche avec elle. ).(« Je n’ai jamais été aussi excité de ma vie et elle est à peine consciente »)(oui oui nous avons la même définition du viol).
– le lendemain, une voiture leur barre la route, ils sortent et voilà que Abbie a le choix : rester avec Grayson ou aller avec ce monsieur qu’elle ne connaît pas ? Grayson lui crie de ne pas y aller car c’est un homme de main du gouverneur qui lui-même n’est autre que celui qui les maintenait enfermé au sous sol ! N’y va pas.
Si venez, c’est un fou. N’y va pas. Et elle y va alors même qu’elle sait qu’un lien l’unit avec Grayson (oui ils ne se sont parlés que 3x dans leur vie)(mais bon ils ont partagés un doigtage dans les bois, une branlette  dans un motel et un viol et ça, ça créé des liens uniques, c’est clair). Et  bref, elle va quand même vers le monsieur qui la brutalise, alors Grayson va la secourir, car le lien entre eux est trop important et que « MIENNE », et il ne peut pas la laisser. Et là  Boum. Il se fait tirer dessus. Mince. Abbie doit agir, elle sort les lames de rasoir qu’elle a volé le matin même (pratique), saute sur le dos de l’homme et lui plante les lames dans le cou. Bam. Il meurt. Elle court vers Grayson qui est mal au point. Il saigne. Elle vole la voiture du monsieur (qui n’en a plus d’utilité) et il lui dit où aller avant de tomber inconscient. Chemin faisant, elle doit s’arrêter prendre de l’essence mais elle n’a pas d’argent, juste un flingue. Elle va vers le monsieur à la caisse et lui propose son collier en échange du plein. Il refuse : il veut une pipe. Ah non, je ne vous ferai pas de pipe. Si si. Ah non, tenez je sors mon flingue et je tire sur la vitre. Maintenant tu te baisses ou je te tue. Ah j’adore ce sentiment de superiorité, je pense que j’ai toujours eu ce côté en moi »(non je n’invente rien. Oui vous pouvez rouler des yeux, ici c’est permis).
Bref elle en profite pour voler de quoi manger et reprend la route (sans ses lunettes de vue, rappelons-le)(et sans sa culotte non plus, oui, c’est bien, je vois que vous suivez) et elle arrive donc à trouver  le repaire du clan de Grayson où son copain Stone veut la tuer.
« non ne me tuez pas, Grayson est à moi et je suis à lui. Et il me veut vivante c’est pour ça qu’il m’a sauvé. Un lien fort existe entre nous »  « Justement, c’est pour ça que je dois te tuer, tu le rends faible ».
Mon dieu. Le suce-pens est à son comble.
Va-t-il la tuer ?
Non.
Pourquoi ?
Parce que leur pote véto a besoin de ses petites mains pour chercher la petite babale dans l’épaule de Grayon.
Et… 
je me suis arrêtée là. Oui je suis désolée. Mais j’ai quand même tenu 75%. 

Et si vous voulez connaître la suite, car moi, non, vraiment, je n’ai pas pu continuer (mes yeux n’allaient jamais revenir à leur place si je les faisais encore rouler) je vous invite à lire le billet de Fleur qui elle l’a finit et qui rien que pour ça,  mérite des carambar au nougat.
Ceci dit il est question de tuer le gouverneur, qu’ils soient séparés, qu’elle soit inculpée et doive aller en prison, qu’il la secoure à temps et qu’ils finissent par vivre avec les autres. 

Mais la cerise sur le gâteau, le petit détail en plus dans le livre qui fait toute la différence c’est quand même que Grayson, à la fin, (à part si Fleur m’a raconté des conneries) casse les lunettes d’Abbi quasi à chaque fois qu’ils font l’amour (car il aime la dominer comme ça), et qu’il lui en rachète du coup très régulièrement. Vous me direz, ça change des fétichistes des pieds. 
 
Et si cette lecture n’est pas parfaite pour le rdv de Stephie, je ne sais pas quel livre l’est ! :)
Stephie

 

 

26
sept

Two boys kissing de David Levithan, un livre à fort potentiel « coup de coeuresque » mais dont je ressors déçue…

two boys kissing

Two boys kissing (Deux garçons qui s’embrassent) n’est pas l’histoire de deux garçons qui s’embrassent.
Enfin si, mais pas seulement.
Two boys kissing c’est aussi et surtout différentes histoires qui nous sont racontées par d’anciens adolescents gays qui sont morts du SIDA et qui regardent cette nouvelle génération avec envie, joie, tristesse, compréhension, appréhension et remords.

As we become the distant past, you become a future few of us would have imagined.

Alors que nous devenons un passé lointain, vous devenez un futur que peu d’entre nous n’auraient osé imaginé.

Ces narrateurs, morts, suivent et nous racontent, à nous lecteurs, plusieurs histoires parallèles.
Celle d’un ancien couple qui a décidé de battre le record du plus long baiser pour s’inscrire dans les Guiness des records.

Harry and Craig are friends. They are kissing to show the world that it’s okay for two boys to kiss.

Harry et Craig sont amis. Ils s’embrassent pour montrer au monde que c’est Ok pour deux garçons de s’embrasser.

Ils nous racontent aussi l’histoire d’un couple en devenir, composé d’un garçon aux cheveux roses et d’un aux cheveux jaunes.
Celle d’un couple qui s’aiment mais qui connaissent des difficultés.
Et enfin celle d’un garçon perdu dont le père vient d’apprendre l’homosexualité.

Et toujours, la voix des narrateurs, qui reprend la parole, parfois en plein milieu d’une histoire, pour nous livrer leurs pensées.

You have no idea how close to death you came. A generation or two earlier, you might be here with us.
We resent you. You astonish us

Vous ne savez pas à quel point vous êtes passés près de la mort. Une génération ou deux avant, et vous seriez ici avec nous. Nous vous en voulons. Vous nous stupéfiez.

Nous suivons donc ces histoires ainsi que les pensées des narrateurs et à travers elles nous rencontrons…
Des homophobes… 

People like to say being gay isn’t like skin color, isn’t anything physical. They tell us we always have the option of hiding.
But if that’s true, why do they always find us?

Certains disent qu’être homosexuel n’est pas comme une couleur de peau, ce n’est pas quelque chose de physique. Ils nous disent qu’on peut toujours le cacher.
Mais si cela est vrai, comment arrivent-ils toujours à nous trouver ? 

 

Mais aussi…
Des parents et des personnes de toutes les générations qui acceptent, qui découvrent et qui soutiennent… 

There had to be some way to show the world that he was a human being, an equal human being. 

Il devait y avoir un moyen de montrer au monde qu’il n’était qu’un être humain, un être humain comme les autres.

 

J’avais très envie de découvrir un roman de David Levithan dont j’avais découvert la plume dans Will & Will qu’il a co-écrit avec mon auteur chouchou John Green.
Ainsi quand Karen m’a proposé de lire ce livre, j’ai jeté un œil au titre, à la couverture et au résumé et je n’ai pas hésité longtemps avant de le lire. 

Malheureusement, ce livre n’a pas été le coup de cœur que j’espérais.

J’ai trouvé le début confus : on ne sait pas trop qui parle, il n’y a pas de chapitres, les histoires se dispersent et les pensées des narrateurs se veulent profondes. Trop peut-être.

Puis vers  20% je me suis laissée prendre par l’histoire, ou plutôt par les histoires de ces adolescents que l’on apprend à connaitre, que l’on suit et que nous voyons accepter leur différence, la prouver, la revendiquer, la tester, ou même la découvrir.
A partir de là j’ai vraiment beaucoup apprécié une bonne partie du livre et je me disais que la première partie allait vite être oubliée.

Sauf que malheureusement la voix des narrateurs prend souvent le dessus sur ces histoires, les coupant même, et c’est là mon plus grand bémol.
Car si les pensées de ces narrateurs sont certes très belles, elles sont parfois aussi moralisatrices et si j’aime les livres qui me font réfléchir et me font passer des messages, j’ai trouvé que cet aspect était trop présent dans ce livre, et surtout, pas assez subtile.

Et entre ces coupures trop présentes et certains moments moins captivants dans les histoires, nous terminons le livre sans jamais nous être réellement attachés aux adolescents que nous suivons.
J’ai commencé à m’ennuyer, à décrocher et même à trouver que certaines belles phrases perdaient de leur impact.

There is no reason that we should ever be ashamed of our bodies or ashamed of our love.

Il n’y a aucune raison que nous ayons honte de nos corps ou honte de notre amour. 

 

Comme dirait une de mes copines, Hélène : « C’est bien d’écrire des livres qui donnent à réfléchir mais c’est bien mieux quand la réflexion est boostée par une grosse dose d’émotion. »

 

Pour autant j’ai trouvé l’histoire hyper originale et l’écriture sublime, comme en témoigne les passages que je  cite depuis le début de mon billet.
Et malgré mes bémols, certaines passages, certaines histoires et certains personnages ont su me toucher (même si j’aurais aimé ressentir davantage d’émotions) et je pense sincèrement que c’est un livre qui fait réfléchir et qui doit être lu par un maximum de personnes, notamment par les parents et les adolescents.

Malheureusement, la façon dont cette histoire – aussi unique soit-elle – a été racontée ne m’a pas convaincue.

Je ressors donc mitigée de cette lecture que j’ai trouvé magnifique par certains aspects (surtout le message principal véhiculé par l’auteur qui est beau, nécessaire et qui devrait être entendu de tous) mais qui manquait également de légèreté, de positivité et d’émotions (ainsi que de paragraphes et de dialogues) pour que j’en sorte davantage emballée.

If you play your cards right, the next generation will have so much more than you did.

Si tu joues bien tes cartes, les prochaines générations auront tellement plus que ce que tu as.

Je vous invite à lire les avis de mes co-lectrices : Simi, Emi et Karen.

 

Two boys kissing  – David Levithan
196 pages.