Les lectures de Cécile

18
sept

Je le pris à part et le priai d’attendre encore une demi-heure. Mais ce fut inutile. Il ne vint personne.

gatsby

Gatsby le magnifique, c’est tout ce que j’appréhende en terme de style dans un classique.
Des descriptions longues et qui alourdissent l’histoire, des métaphores certes très jolies, mais qui, au mieux, ne me touchent pas, et que, au pire, je dois relire plusieurs fois pour bien en comprendre le sens et finalement un style que j’ai trouvé ampoulé.

Cette nuit était fraîche et pleine de la mystérieuse surexcitation qui vient avec les deux métamorphoses de l’année. Les paisibles lumières des maisons sortaient dans les ténèbres en bourdonnant et dans les étoiles, il y avait comme un frémissement, comme une agitation. Du coin de l’œil, Gatsby voyait que les dalles des trottoirs formaient en réalité une échelle qui montait vers un endroit secret au-dessus des arbres ; il pourrait y monter, s’il y montait seul, et, une fois là-haut, sucer la pulpe de la vie, boire l’incomparable lait de l’émerveillement.

Soyons honnêtes au risque de passer pour une fille simplette, les premiers chapitres ont été fastidieux. Déjà car il ne se passe pas grand chose, et surtout car il y a des passages tout simplement incompréhensibles. On passe d’un récit ancré dans le présent à un évènement passé sans y être préparé et sans transition, on finit des chapitres sur des phrases qui semblent hors contexte, et je dois avouer que je m’y suis parfois un peu perdue.

 -Venez déjeuner un de ces jours, fit-il comme nous descendions, tout gémissants, dans l’ascenseur.
– Où ça ? 
– N’importe où.
– Ôtez vos mains de dessus le levier, fit le groom d’un ton sec.
– Je vous demande pardon, fit M. McKee avec dignité. Je ne m’étais pas aperçu que je le touchais.
– Entendu, dis-je, avec plaisir.
… Je fus debout contre son lit, lui assis entre les draps, vêtu de son gilet et de son caleçon, un vaste portefeuille entre les mains.
– Le Belle et la bête… Solitude… Vieux cheval de labour… Pont de Brook’n.
Puis je fus étendu, à moitié endormi, au premier étage – il faisait froid – de la gare de Pennsylvanie, les yeux collés sur la Tribune du matin, en attendant le train de quatre heures.
(J’avoue, je n’ai toujours pas compris cette fin de chapitre :-)).

Sur les 9 chapitres que composent ce livre, l’arrivée de Gatsby vers le chapitre 3 ou 4 a marqué un tournant dans ma lecture.
Le style m’a alors paru moins compliqué, mais surtout, l’histoire m’a davantage intriguée.

Je me suis plongée dans cette ambiance des années 20, dans ces soirées organisées par Gatsby où le champagne coulent à flot, tout comme l’hypocrisie et l’égoïsme des invités. J’ai vu les Rolls et limousines arriver devant son château, les gens rire, boire et se baigner. J’ai imaginé les paillettes, les robes, les cigarettes et le glamour. J’ai entendu les rumeurs des convives sur leur hôte, « – Regardez-le pour voir quand il croit que personne ne l’observe. Moi, je paris qu’il a tué », j’ai essayé d’analyser le détachement dont fait preuve Gatsby envers ses invités et bien sûr, je me suis demandée qui il était et ce qui motivait toutes ses soirées.

Il ne restait jamais tout à fait tranquille ; toujours il tapait du pied, ouvrait ou fermait la main avec impatience.

En outre, j’ai vraiment apprécié l’atmosphère assez lourde et pesante de ce livre, toujours teintée de mélancolie, qui donnait une certaine urgence à ma lecture.
Les derniers chapitres sont prenants, et on assiste impuissants à la désillusion d’un passé rattrapé par le présent.

Visiblement, son état mental venait de passer par deux phases distinctes ; il en abordait à présent une troisième. (…).
Il y avait si longtemps que cette idée le possédait, il l’avait vécue si totalement en rêve, il l’avait attendue, les dents serrées, pour ainsi dire, avec un degré d’intensité si inconcevable, qu’à présent, en pleine réaction, il cessait de fonctionner comme une montre qu’on a remontée trop tard.

Enfin, ce livre a eu l’effet escompté. Je me suis interrogée sur le passé. Faut-il l’oublier ? Jusqu’où l’idéalisons-nous et dans quelle mesure façonne-t-il notre présent ?
Un livre dont je ne regrette pas la lecture, qui m’a plu par bien des aspects mais dont le style m’a davantage ennuyée que conquise.

L’avis de Fée qui devrait être assez similaire au mien, ainsi que celui de Mlle P – Ah non, j’oubliais, elle s’est désistée pour celui là finalement.

Gatsby le magnifique – Francis Scott Fitzgerald
Editions Le livre de Poche – 224 pages

25 commentaires sur “Je le pris à part et le priai d’attendre encore une demi-heure. Mais ce fut inutile. Il ne vint personne.

  1. Bérengère le 18 septembre 2013 à 09h44 a écrit :

    je pense que le tag « soyons sérieux un peu » va moins m’inspirer que le « miam je te mangerais bien toi ».
    Je peux juste dire que j’ai participé à cette lecture…j’étais là le jour où tu as acheté le livre 2.10 €.

  2. Julia le 18 septembre 2013 à 09h49 a écrit :

    J’ai gardé un très bon souvenir de ce livre, même si j’ai fini avec le coeur brisé pour Gatsby.
    J’hésitais à le relire, mais je préfère rester sur ce bon souvenir !

    Loool pour Mlle P. !

  3. Syl. le 18 septembre 2013 à 09h54 a écrit :

    Il est sur le dessus de ma pile… Je repasserai te lire un peu mieux plus tard.

  4. Ah bien si il t’a un peu ennuyée, je dis qu’il a réussi son coup puisque non seulement il fait s’interroger sur notre rapport au passé mais il est aussi en grande partie un « éloge de l’ennui ».

    Dis donc tu vas réussir ton challenge « Un classique par mois » à ce rythme ;)

  5. Sandrine le 18 septembre 2013 à 12h29 a écrit :

    Il faut voir la traduction que tu as :/ Il y a eu une nouvelle traduction il y a quelques temps et le texte en est devenu + interessant et moins ennuyeux je trouve. Vrai coup de coeur pour moi, malgré les longueurs, j’ai adoré au point de ne pas réussir à aller voir l’adaption ciné :p c’est dire :D

  6. ah ah, ca m’intrigue! Je rechignais un peu devant ce bouquin, même si l’adaptation au ciné m’avait l’air chouette. Et puis j’adore cette époque des années 20. Bon, tu m’as convaincu de lui donner une chance :)

  7. Oui, le style n’est pas toujours simple à suivre mais j’ai l’impression que ta traduction n’est pas terrible. J’ai la dernière version et, vu tes extraits, ça m’a peut-être été plus accessible. Même si je n’ai pas forcément tout compris non plus. Bref, c’est le genre de roman qui me fait peur mais qui, finalement, me plait beaucoup. Je ne regrette pas. Merci de l’avoir proposé. ;-) Et sinon, Melle P, tu le lis quand, toi ?

  8. je l’ai écouté la semaine dernière en audio, le début est très lent en effet mais ensuite on se laisse prendre :-)

  9. Des descriptions fastidieuses et un style ampoulé ? Et c’est une fille qui adore Dumas qui dit ça ! *tombe à genoux, lève les bras au ciel et secoue la tête en criant « mais pourquoiiiiiiiiiiiiiiiii ? » * XDDDDD

    Bon ça va, après tu te rattrapes et au final, le roman t’a plu :) Et je sais bien que le style de Fitzgerald divise !

    • Mon dieu, je trouve que le style de Dumas est beaucoup plus accessible que celui de Fitzgerald. Mais oui au final j’ai aimé :) OUf, on est encore copines?

  10. A lire les commentaires, je vois que la nouvelle version est plus facile à lire… vais peut-être investir dans une nouvelle édition !! Parce que les extraits que tu as mis m’ont quelque peu refroidis… !!

  11. Comme toi, j’ai été assez imperméable à certains passages. Globalement ce roman ne me laissera pas grand souvenir, hélas, simplement la satisfaction de l’avoir enfin lu, ce qui n’est déjà pas si mal me diras-tu….

  12. Hum ! Faudrait déjà que je termine le Comte, je vous rappelle que je n’ai pas commencé les 3 mousquetaires ! ;-) Et puis à cause de Mlle P vais être obligée de lire un autre pavé maintenant donc les mousquetaires attendront, hé ! hé !

  13. Eh bien !
    Soyons honnête, je n’avais pas l’intention de le lire, c’est pour ça que j’ai été voir le film :D
    Et je dois dire que même si j’ai bien aimé, ça ne m’a pas donné envie de lire le bouquin !
    Alors bravo pour la lecture ^^

  14. Je l’ai lu il y a tellement longtemps que je n’en ai aucun souvenir ! :D Je ne sais même plus si j’ai aimé à l’époque (mais je crois que oui…).

  15. Oh, tu n’as pas aimé le style? Ca m’avait beaucoup plu. Et quelle atmosphère! Le début est un peu lent, c’est vrai!

  16. Je n’avais pas été conquise par le style non plus à ma première lecture. Mais comme toi, c’est davantage le contenu qui m’avait marquée.

  17. lambertine le 7 septembre 2017 à 10h30 a écrit :

    J’aime pas Daisy !

    Quant au film tiré du bouquin: le réalisateur a choisi l’acteur que j’aurais moi-même choisi pour interpréter Gatsby. Ca n’arrive pas tous les jours.

    (Je sais, ce n’est pas un premier post très constructif)

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