Les lectures de Cécile

26
sept

Two boys kissing de David Levithan, un livre à fort potentiel « coup de coeuresque » mais dont je ressors déçue…

two boys kissing

Two boys kissing (Deux garçons qui s’embrassent) n’est pas l’histoire de deux garçons qui s’embrassent.
Enfin si, mais pas seulement.
Two boys kissing c’est aussi et surtout différentes histoires qui nous sont racontées par d’anciens adolescents gays qui sont morts du SIDA et qui regardent cette nouvelle génération avec envie, joie, tristesse, compréhension, appréhension et remords.

As we become the distant past, you become a future few of us would have imagined.

Alors que nous devenons un passé lointain, vous devenez un futur que peu d’entre nous n’auraient osé imaginé.

Ces narrateurs, morts, suivent et nous racontent, à nous lecteurs, plusieurs histoires parallèles.
Celle d’un ancien couple qui a décidé de battre le record du plus long baiser pour s’inscrire dans les Guiness des records.

Harry and Craig are friends. They are kissing to show the world that it’s okay for two boys to kiss.

Harry et Craig sont amis. Ils s’embrassent pour montrer au monde que c’est Ok pour deux garçons de s’embrasser.

Ils nous racontent aussi l’histoire d’un couple en devenir, composé d’un garçon aux cheveux roses et d’un aux cheveux jaunes.
Celle d’un couple qui s’aiment mais qui connaissent des difficultés.
Et enfin celle d’un garçon perdu dont le père vient d’apprendre l’homosexualité.

Et toujours, la voix des narrateurs, qui reprend la parole, parfois en plein milieu d’une histoire, pour nous livrer leurs pensées.

You have no idea how close to death you came. A generation or two earlier, you might be here with us.
We resent you. You astonish us

Vous ne savez pas à quel point vous êtes passés près de la mort. Une génération ou deux avant, et vous seriez ici avec nous. Nous vous en voulons. Vous nous stupéfiez.

Nous suivons donc ces histoires ainsi que les pensées des narrateurs et à travers elles nous rencontrons…
Des homophobes… 

People like to say being gay isn’t like skin color, isn’t anything physical. They tell us we always have the option of hiding.
But if that’s true, why do they always find us?

Certains disent qu’être homosexuel n’est pas comme une couleur de peau, ce n’est pas quelque chose de physique. Ils nous disent qu’on peut toujours le cacher.
Mais si cela est vrai, comment arrivent-ils toujours à nous trouver ? 

 

Mais aussi…
Des parents et des personnes de toutes les générations qui acceptent, qui découvrent et qui soutiennent… 

There had to be some way to show the world that he was a human being, an equal human being. 

Il devait y avoir un moyen de montrer au monde qu’il n’était qu’un être humain, un être humain comme les autres.

 

J’avais très envie de découvrir un roman de David Levithan dont j’avais découvert la plume dans Will & Will qu’il a co-écrit avec mon auteur chouchou John Green.
Ainsi quand Karen m’a proposé de lire ce livre, j’ai jeté un œil au titre, à la couverture et au résumé et je n’ai pas hésité longtemps avant de le lire. 

Malheureusement, ce livre n’a pas été le coup de cœur que j’espérais.

J’ai trouvé le début confus : on ne sait pas trop qui parle, il n’y a pas de chapitres, les histoires se dispersent et les pensées des narrateurs se veulent profondes. Trop peut-être.

Puis vers  20% je me suis laissée prendre par l’histoire, ou plutôt par les histoires de ces adolescents que l’on apprend à connaitre, que l’on suit et que nous voyons accepter leur différence, la prouver, la revendiquer, la tester, ou même la découvrir.
A partir de là j’ai vraiment beaucoup apprécié une bonne partie du livre et je me disais que la première partie allait vite être oubliée.

Sauf que malheureusement la voix des narrateurs prend souvent le dessus sur ces histoires, les coupant même, et c’est là mon plus grand bémol.
Car si les pensées de ces narrateurs sont certes très belles, elles sont parfois aussi moralisatrices et si j’aime les livres qui me font réfléchir et me font passer des messages, j’ai trouvé que cet aspect était trop présent dans ce livre, et surtout, pas assez subtile.

Et entre ces coupures trop présentes et certains moments moins captivants dans les histoires, nous terminons le livre sans jamais nous être réellement attachés aux adolescents que nous suivons.
J’ai commencé à m’ennuyer, à décrocher et même à trouver que certaines belles phrases perdaient de leur impact.

There is no reason that we should ever be ashamed of our bodies or ashamed of our love.

Il n’y a aucune raison que nous ayons honte de nos corps ou honte de notre amour. 

 

Comme dirait une de mes copines, Hélène : « C’est bien d’écrire des livres qui donnent à réfléchir mais c’est bien mieux quand la réflexion est boostée par une grosse dose d’émotion. »

 

Pour autant j’ai trouvé l’histoire hyper originale et l’écriture sublime, comme en témoigne les passages que je  cite depuis le début de mon billet.
Et malgré mes bémols, certaines passages, certaines histoires et certains personnages ont su me toucher (même si j’aurais aimé ressentir davantage d’émotions) et je pense sincèrement que c’est un livre qui fait réfléchir et qui doit être lu par un maximum de personnes, notamment par les parents et les adolescents.

Malheureusement, la façon dont cette histoire – aussi unique soit-elle – a été racontée ne m’a pas convaincue.

Je ressors donc mitigée de cette lecture que j’ai trouvé magnifique par certains aspects (surtout le message principal véhiculé par l’auteur qui est beau, nécessaire et qui devrait être entendu de tous) mais qui manquait également de légèreté, de positivité et d’émotions (ainsi que de paragraphes et de dialogues) pour que j’en sorte davantage emballée.

If you play your cards right, the next generation will have so much more than you did.

Si tu joues bien tes cartes, les prochaines générations auront tellement plus que ce que tu as.

Je vous invite à lire les avis de mes co-lectrices : Simi, Emi et Karen.

 

Two boys kissing  – David Levithan
196 pages. 

8 commentaires sur “Two boys kissing de David Levithan, un livre à fort potentiel « coup de coeuresque » mais dont je ressors déçue…

  1. Syl. le 26 septembre 2014 à 14h37 a écrit :

    Ca ne me fait pas envie. Un peu compliqué pour moi tout ça.
    Bise

  2. Julia le 26 septembre 2014 à 16h49 a écrit :

    Tout pareil que Syl. ^^
    Si en plus c’est moralisateur…

  3. Bon résumé, Cess. Lol pour la citation ;-) Mais du coup il ne remonte pas sur le dessus de ma pal…

  4. Ah mais je te comprends :)
    Si j’ai quand même été gêné par les voix des narrateurs, l’histoire de fond est belle et elle réussit à me laisser sur une impression positive.
    Mais je reconnais que si la mise en forme avait été différente, ça aurait été encore plus percutant !
    Mais les histoires restent très belles <3
    Mais on pouvait faire encore mieux ;)

  5. Les extraits sont beaux en tous cas!! :)

  6. Priscilla le 27 septembre 2014 à 10h24 a écrit :

    Ah des goûts et des couleurs ;)
    J’avais personnellement adoré et trouvé le style unique, ça change des YA traditionnels où le narrateur est éternellement le héros et dit « je ». Là c’était assez magique pour moi ce mystérieux « We » qu’on découvre de page en page. Mais mon avis est biaisé car David Levithan est mon auteur YA préféré ^^’
    Je te conseille de lui « Every day », un magnifique roman qui restera mon coup de coeur incontesté de l’année !

    • Oui j’avais vu sur GR ton avis !!! Après je pense que j’aurais aimé plus de zoom que les histoires en fait.
      Every day est pour bientôt. Je dois dire que la plume de cet auteur est incontestablement magnifique.

  7. Tout pareil!!!
    Un livre qui aurait pu être un coup de coeur car une vraie belle plume.
    Mais trop de coupure dans le récit de fond ce qui m’a un peu perdue.

    Merci pour cette LC!! :)

  8. Dommage, le sujet et la couverture étaient prometteurs.

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