Les lectures de Cécile

6
juil

Tu me tues, baby, ai-je dit avant de raccrocher.

hors-limite.jpg

 

J’avais vraiment envie d’aimer ce livre vu que Cora lui avait attribué cinq étoiles sur Goodreads et que de l’avis de Clarabel et de Francesca, il faisait penser aux livres sur les frères Fuentes de Simone Elkeles !
Je n’ai d’ailleurs pas eu besoin d’en savoir davantage pour me jeter dessus… 
J’avais donc vraiment envie d’aimer, voire d’adorer, sauf que malheureusement, ça n’a pas été le cas.  
J’ai passé un bon moment, et si je l’ai lu très rapidement et que je n’avais pas envie de le reposer, certains éléments m’ont dérangé et une fois que je focalise sur des détails, je ne vois plus que ça…

 

Par exemple, la manière  qu’à Noah d’ajouter « bébé » à chaque fin de phrase. « Ca va bébé ? » « Parle-moi bébé » « Qu’est ce qui ne va pas bébé », « Tu es belle bébé ». Entre ça et les mots « sirène » et « nymphe » qui apparaîssent trois fois par page, j’avoue qu’arrivée à la fin, si je voyais encore une fois le mot « bébé » ou « sirène » écrit quelque part, je risquais de perdre la maitrise de mes nerfs !


Aussi, et c’est le point principal qui m’a déplu dans ce livre : le langage « djeun’s » (dû à la traduction ?). Je ne trouve pas ça naturel du tout. Tous les jeunes ne parlent pas en verlan (du moins je l’espère) et même si c’est le cas, je trouve ça très désagréable à lire et sans valeur ajoutée.
Si Noah avait dit « je me suis fait prendre » au lieu de « pécho » ou « n’importe quoi » au lieu de « n’importe nawak » ça ne l’aurait pas rendu moins « adolescent » pour autant. 
Malheureusement, entre les vocabulaires qui se veulent « jeunes » et les tournures de phrases grammaticalement incorrectes (du fait du verlan), j’ai du rouler des yeux et grincer des dents une bonne cinquantaine de fois au bas mot…
Et puis, je n’ai pas besoin de mots tels que « zarbi », « daron » ou « meufs » pour me plonger dans une ambiance adolescente. Ici, le contexte du lycée (la cafet, les cours, les bals, etc) aurait suffit à me faire retrouver mes 17 ans. Nul besoin des expressions « jeunes », qui ne font pas naturelles et qui, à contrario, m’ont clairement empêché de m’identifier aux personnages.

 » J’ai entendu mon téléphone vibrer dans ma poche, et je n’ai pas été le seul : Isaiah et Rico se sont redressés sur leurs chaises.
Mon coeur a bondi dans ma poitrine : le nom d’Echo était affiché sur l’écran.
– Hutchins ? a crié M.Foster ?
Pécho ! Décidément, pas très discret, ce vibreur ! »

En outre, certains personnages secondaires comme le père et la belle-mère m’ont été totalement antipathiques et les retournements de situations (ou devrais-je dire raccourcis ?) de la fin n’ont pas réussi à m’ ôter ce sentiment…
(et puis, j’avoue que j’ai du mal avec le concept du mari qui trompe sa femme avec la baby sitter mais ça n’engage que moi).
Par contre, le choix d’Echo, à la fin, par rapport à eux m’a un peu sidéré, tout comme je n’ai pas compris pourquoi elle tenait absolument, pendant tout le livre, à rester copine avec Grace qui ne lui parle pourtant que quand elle est populaire et qui l’évite quand elle est montrée du doigt…  Echo est pourtant une fille intelligente (et elle a de « vraies » amies), mais la recherche de cette amitié pourrait faire penser l’inverse…


– Qu’est ce qui se passe Noah ? T’en tires une tronche !

– Echo lui a téléphoné pendant le cours de maths et il a loupé l’appel, alors forcément, il a les boules, lui a répondu Isaiah.
– N’importe nawak, ai-je dit d’un ton brusque.

D’un autre côté, beaucoup de sujets difficiles sont abordés dans ce livre. Noah, depuis la mort de ses parents, passe de foyers en foyers et se bat quotidiennement (tout en fumant des joints) pour obtenir la garde de ses frères. Echo, quant à elle, malgré son prénom improbable, était la star du lycée jusqu’à un accident qui l’a traumatisé. Entre un père qui veut tout contrôler, une belle-mère qui était sa baby sitter, un frère décédé, un accident dont elle n’a aucun souvenir, et sa mère qui est pour le moins particulière, Echo essaye, tant bien que mal, de ne pas perdre la tête et de se souvenir de ce qui s’est passé.
Des sujets difficiles donc, abordés avec justesse, il faut bien l’avouer, et une histoire qui se lit très facilement et très rapidement.
Noah et Echo forment par ailleurs un beau couple qui a tout à fait lieu d’être étant donné qu’ils se comprennent et qu’ils ont besoin l’un de l’autre.
Seulement, même si je l’ai apprécié, je suis restée en dehors de leur histoire qui ne m’a pas donné de papillons dans le ventre.

Enfin, j’ai trouvé les derniers chapitres trop vite expédiés. On attend pendant tout le livre d’en savoir plus sur l’évènement qui a changé la vie d’Echo, et ça retombe un peu comme un soufflet. Pareil pour Noah qui se bat pendant 400 pages pour une cause qu’il décide de laisser tomber en l’espace de quelques pages. Heu ? Tout ça pour ça, vraiment ?! Trop facile, trop de raccourcis. Dommage.

« Je tirais sur ses boucles qui rebondissaient dès que je les lâchais. C’était vraiment marrant, comme jeu. Très plaisant, même. » (Noah a 17 ans, pas 12, si vous vous posiez la question). 
 

Alors oui, ça ressemble un peu à Perfect Chemistry, mais malheureusement, là où Alex est un vrai bad boy, avec un entourage de bad boy et un passé dans les gangs, Noah n’est qu’un adolescent qui a eu une vie facile et une bonne éducation avant la perte de ses parents. Ce n’est qu’un adolescent qui était populaire et qui a décidé de dire des gros mots, de parler en verlan, de se tatouer et de fumer des joints. Du coup, son côté bad boy n’est pas crédible.
Et puis, là où Perfect Chemistry m’a donné des papillons dans le ventre, Hors Limite m’a tout au plus donné le sourire.
Je n’ai pas ressenti toute la panoplie d’émotions que j’aurais aimé vivre, j’ai été agacé par l’écriture et le vocabulaire et j’ai trouvé la fin trop vite expédiée : c’est donc une déception pour moi. 
Mais je suis sûre que beaucoup aimeront car la majorité ont aimé ! Peut-être ne faut-il juste pas avoir trop d’attendre pour ce livre ?

« J’ai ouvert la bouche sans qu’il en sorte aucun son. Rico et ses cousins étaient morts de rire. Je devais vraiment avoir l’air idiot. Et puis, sans prévenir, Echo m’a fait un clin d’oeil, et mon moral est remonté en flèche. J’adorais quand elle me cherchait des noises ainsi. » 


Les avis de mes co-lectrices Simi et Sab qui ont plus aimé que moi malgré un ressenti général similaire, et celui de Mlle Pointillés qui, je crois, me rejoint complètement.

Je vous invite également à lire les avis opposés au mien de Clarabel pour qui « Cette lecture se révèle un vrai tourbillon d’émotions, avec des coups de griffe, des révélations attendrissantes, de doux mots d’amour, de la colère et de la folie, de l’impuissance aussi face à tant d’issues improbables » et de Francesca qui a adoré ce que j’ai détesté : « Le romantisme de Noah est juste magnifique avec les petits surnoms qu’il donne à Echo entre « ma sirène », « ma nymphe », etc… J’ai fondu devant ce héros si mignon. »

Hors Limites – Katie McGarry
Harlequin (Collection Darkiss) – 487 pages 

 

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-tu-me-tues-baby-ai-je-dit-avant-de-raccrocher-107830616.html

24 commentaires sur “Tu me tues, baby, ai-je dit avant de raccrocher.

  1. Ok pas pour moi alors ! Déjà que le tome 3 de je ne sais plus quelle série (une héroïne qui s’appelle Cat et qui tue des vampires !) m’a dégouté avec ses « chatons » à tout bout de phrases, « bébé » ça va pas être possible !
    Et tu m’étonnes que tu n’accroches pas au concept du mari qui trompe sa femme avec la baby-sitter ! J’étais juste morte de rire ! ;o))

    • Cess le 6 juillet 2012 à 10h56 a écrit :

      Les chatons c’est Boooones !!! rhhhha. T’aimes pas Bones, sic sic…
      Pour le mari qui trompe sa femme, faut dire que c’est pas vraiment comme ça hein, la femme est folle, au vraie sens du terme, du coup la baby sitter apportait un semblant de normalité et voilà il a craqué, mais bon, moi je trouve quand même ça inexcusable… :)

  2. Il me tente énormément depuis sa sortie mais vu ce que tu en dis, j’ai peur de ne pas aimer. Moi aussi j’ai beaucoup de mal avec le langage « d’jeuns » que je trouve désagréable à lire et peu naturel voire ridicule. C’est d’ailleurs ce qui m’a agacé dans l’une de mes dernières lectures alors que le fond du livre était très bien. C’est vraiment dommage…

    • Cess le 6 juillet 2012 à 10h58 a écrit :

      Bon le truc c’est que moi j’ai focalisé la dessus, ça n’a pas dérangé bon nombre de personnes. Tu devrais donc peut-être le tenter. la majorité a adoré !
      Mais en ce qui me concerne c’est clair que les « meufs », zarbi et autres ont eu raison de moi…

  3. Commentaire n°3 posté par Camille fantasme le 6 juillet 2012 à 09h47 a écrit :

    Je te rejoins aussi, Cess… je n’ai pas été touchée, du tout ! Des bises …xoxo…

  4. Voilà un roman qui ne passera jamais entre mes mains, c’est certain. Je peux supporter/tolérer/fermer les yeux sur bcp de choses si l’histoire m’emballe mais alors, il y a un truc que je ne supporte pas du tout en littérature jeunesse, c’est le langage « djeun’s » qui te fait tout le temps sortir de l’histoire pour froncer du sourcil car jamais de ta vie tu n’as entendu quelqu’un parler comme ça (prof depuis 8 ans avec des élèves de 16-19 ans, je sais à peu près comment ils parlent hein…. comme tout le monde en fait :p)

    D’ailleurs, si je me rappelle bien, ça avait été également le cas pour moi dans « Irrésistible alchimie » et les mots « cool espagnols » que le frère Fuentes (oublié son prénom) utilisait tout le temps, sans aucune nécessité/pertinence, sauf celle de faire du cliché.

    Bref bref bref, merci de m’éviter un achat car avec ces histoires romantiques (

    • Cess le 6 juillet 2012 à 10h59 a écrit :

      Bon ils parlent peut-être un peu plus mal, mais sûrement pas comme dans les livres, c’est trop accentué je pense…
      ceci dit, si tu n’as même pas aimé les Elkeles alors clairement, ce livre n’est pas fait pour toi !!!

  5. Pas pour moi ! Je n’aurais pas apprécier le langage aussi. Tous les jours je corrige fils2…
    Sandy… C’est la chasseuse de vampires… Cat. C’est bien une des seules séries (avec Fièvre hors compétition) que je lis sans grimacer.

  6. Ce livre est dans ma wish list suite aux avis positifs de Clarabel et Fran mais très franchement tes arguments surtout le langage djeun’s utilisé me donnent pas envie de le lire du moins en version française je tenterai surement de le lire en VO ;)

    • Cess le 6 juillet 2012 à 11h00 a écrit :

      Je pense en effet qu’il vaut mieux tester la VO qui doit-être meilleure. Ca vaut sûrement le coup du coup vu que l’histoire en soi est bonne…
      et comme ça je saurai si c’est la traduction ! :)

  7. J’avoue que le langage est ce qui m’a dérangé. Après je n’en attendais pas non plus grand chose et j’ai trouvé l’histoire sympathique :)

  8. Il faut que je lise les Elkeles, décidément !! … pour celui-là par contre, je pense que non ^^ !

  9. Tu as bien résumé ce qui « cloche » un peu dans ce livre même si en effet, j’ai quand même beaucoup plus apprécié que toi :)
    C’est quand même dommage, beaucoup de potentiel à la base, une bonne histoire mais trop de petits trucs qui font que ça ne peut pas le faire totalement même quand on aime bien…
    Zut… moi, je pensais m’embarquer pour un coup de coeur…

  10. PAreil Grace m’a fortement énervée, et j’ai pas compris Echo!!! JE suis 100% d’accord avec toi, même si mon avis est plus nuancé que le tien ^_^

  11. En voilà un que je n’ai pas hâte de découvrir. ^^

  12. Ah non ! pas à ce stade quand même ! Non… ce que je n’aime pas c’est quand il ne met pas les négations ou quand il dit « putain ».
    Daron, j’ai été obligé de demandé il n’y a pas longtemps la signification lorsque je l’ai entendu à la télé.

  13. Commentaire n°13 posté par Cora le 6 juillet 2012 à 14h36 a écrit :

    Comme je te l’ai déjà dit je comprends tous les éléments qui t’ont dérangée mais lors de ma lecture j’en ai fait totalement abstraction ! Je pense que j’étais dans un bon mood pour le lire, et avec une grosse envie de guimauve. Il est tombé au bon moment pour moi.
    En même temps, vu tous ceux qu’on a en commun d’adorer, c’est pas un livre qui va nous empêcher de hihier encore et encore ensemble ! ;)

  14. « Si Noah avait dit « je me suis fait prendre » au lieu de « pécho » ou « n’importe quoi » au lieu de « n’importe nawak » ça ne l’aurait pas rendu moins « adolescent » pour autant. »
    Pour les deux cas moi qui suis une djeuns et bien j’aurais dis : « Je me suis fait choper » (pas de pécho en tout cas ça c’est sûr). « N’importe quoi » OU « Nawak » (je dis bien plus souvent n’importe quoi en tout cas mais ça dépend de pas mal de choses comme de l’interlocuteur par exemple ^^) mais pas « nimporte nawak » parce que pour le coup n’importe nawak bah c’est n’importe quoi je trouve ^^
    Et les djeuns parlent plutôt normalement, sauf cas extrêmes. Et la plupart savent s’adapter en fonction du contexte, donc ils ne mettent pas des mots en verlan ou je sais pas quoi tout le temps. Enfin bref ^^

    Echo, quel drôle de nom en effet… Et les « bébé » à tout bout de champ auraient également eu raison de mes nerfs à mon avis, c’est vraiment un surnom qui m’énèrve. Donc je crois que je vais passer mon tour pour ce livre ^^

  15. Je voulais peut-être le commencer ce soir mais du coup j’hésite car j’ai trop peur de me focaliser sur le language du coup. Après je lirai c’est sûr mais peut-être pas tout de suite. Enfin je verrai bien.

  16. Haha j’ai horreur de cette expression de « bébé » moi aussi, sauf si c’est adressé à des enfants. J’ai toujours interdit à mes copains de m’appeler comme ça, je ne supporte pas :)
    Pour le langage djeun’s, même quand j’étais ado je ne le parlais pas alors tu penses bien que maintenant encore moins (mais j’ai réussi à caser « swag » dans un billet l’autre jour – j’étais trop fière de moi vu que je l’ai entendu pendant des mois avant de piger enfin ce que ça voulait dire). Et moi aussi dans un livre ça me casse les pieds, les auteurs le font pour donner plus d’authenticité mais bizarrement moi je trouve toujours que ça sonne faux et artificiel ! Et je déteste le mot « pécho ».

    J’ai été baby-sitter de mes 13 à mes 25 ans et aucun mari n’a jamais trompée sa femme avec moi, c’est hyper vexant….Lol !

    Sinon tu ne m’as pas donné envie ^^. J’avais apprécié Perfect Chemistry mais sans plus (Alex est swoonant mais Brittany m’a gonflée ^^). Mais Echo c’est très joli comme prénom !

    • Cess le 11 juillet 2012 à 10h29 a écrit :

      Swag ? connais même pas :-)
      Pécho pour moi c’est embrasser :-)
      LOL pour le coup du mari et de la baby sitting ! y’avait des maris mignons ?! :)
      Si tu n’as pas aimé PC, alors ne tente même pas celui là !

  17. Commentaire n°17 posté par Bella le 6 juillet 2012 à 23h59 a écrit :

    Ces romans où les ados sont nunuches, ce n’est pas pour moi… et « bébé » c’est carrément horrible ! Mouarf :-s

    J’aime mieux me concentrer sur les livres que tu nous conseilles Cess (hiiiiii Bones :-p) ! J’aime « chaton » ;-)

    Bisous

  18. Ok, tu parles du langage et je me dis que je vais passer mon tour. Ou le lire en VO. Et bizarrement, je croyais que « pécho » voulait dire « s’envoyer en l’air »… je ne comprends jamais rien!

    • Cess le 11 juillet 2012 à 10h31 a écrit :

      Oui il serait intéressant de voir comment est la VO !
      Par contre, pour moi, Pécho, c’est embrasser… ;)

      Mais comme c’est le verlan de « choper », Noah l’utilise comme ça.

  19. ton titre me rappelle la chanson Bye-Bye de Ménélik ! bises

  20. Comment dire ? La lecture de ton avis me donne envie de fuir.

  21. Commentaire n°21 posté par Ame le 8 juillet 2012 à 12h10 a écrit :

    Je le commence à l’instant. A voir donc…

  22. Je l’avais noté mais je suis moins enthousiaste là…

  23. Je t’ai déjà dit ce que j’en pensais sur FB. Pour l’instant, je vais lire Irresistible Alchimie et si vraiment je trouve ça bien … je verrai ;)

  24. Aille, je viens de lire la dernière phrase de mon commentaire… je devais dormir ! j’ai fait 3 fautes… C’est horrible, il faut vraiment que je me relise.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Naviguer parmi les billets