Les lectures de Cécile

12
fév

The Album de Ashley Pullo – Une parenthèse de rires, de larmes, d’amour et d’amitié

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Plus d’un mois et demi à lire sans vraiment lire, à apprécier mes lectures sans jamais les vivre, à vouloir lire mais à pouvoir m’en passer…
En bref, un mois et demi de de pseudo panne livresque qui commençait à s’éterniser et limite, à me déprimer.
Autant vous dire qu’il me fallait rien de moins qu’un très bon livre pour me sortir de là.
J’ai eu le droit à une petite pépite. 

Une petite pépite d’émotions, de rires, de larmes, d’amour et d’amitié.
 
The Album c’est l’histoire de deux cousines,  Chloé et Nathalie – pleines de vie, pleines de rêves, pleines d’espoir- dont nous suivons la vie au fil des années.
Deux cousines hilarantes, vraies, authentiques et libres, qui s’aiment, se comprennent et se soutiennent sans jamais se juger et qui croisent le chemin d’Adam, de Zach, de Chris et des autres…. 
 
« Are you ready?” 
“No,” I say.
“Good. Let’s face the world together.”

« Est-ce que tu es prête ? »
« Non »
« Bien. Allons affronter le monde ensemble »

 
The Album, c’est la face A et la face B d’une cassette, d’une histoire que Ashley Pullo nous raconte avec brio, humour, finesse, et émotions.
C’est des destins qui se croisent, se décroisent, se frôlent d’abord pour se percuter ensuite, c’est des lettres qui nous font rire et pleurer, des moments hilarants, des sorties mythiques, des scènes de sexe remplies de sentiments et d’émotions, des idéaux, des déceptions, des drames. 
The Album, c’est des références à Sex and the city, à Felicity, à Friends, à Beverly Hills, c’est un poster de Mario Lopez et de ses fossettes, c’est les paroles de Edith Piaf et c’est aussi le petit prince de St Exupéry. 
Sometimes when I’m deep in my thoughts, I wonder if I imagined him – like a little prince that fell from the sky in search of a friend.

Des fois, quand j’y réfléchis, je me demande si je ne l’ai pas imaginé – comme un Petit Prince qui est tombé du ciel à la recherche d’un ami. 

 
En lisant ce livre, j’ai ri aux éclats, j’ai du descendre du bus tellement je pleurais, j’ai eu le coeur serré, j’ai surligné des passages, j’ai eu envie de plonger dans le livre et de rencontrer Chloé et Nathalie et de devenir leur meilleure amie, de faire la fête avec elles et de les prendre dans mes bras.
J’ai eu envie de regarder sauver par le gong, de rencontrer Zach dans un train, de découvrir « Say something » de Carmeron Crowe, de me rendre au « Bridge » pour écouter Chloé chanter et d’aider Nathalie à trouver du sable à NYC. 
 
“Mom, I want you to meet Natalie. She’s like a little star that fell from the sky.”

« Maman, j’aimerais te présenter Nathalie. Elle est comme une petite étoile qui est tombée du ciel » 

 
Pendant les quelques jours qu’ont duré ma lecture, j’ai été obsédé par ce livre, par ses personnages, par les événements qui s’y déroulent, j’ai vécu les histoires, senti les mois passer, et j’ai pensé très souvent à mes amies Chloé et Nathalie, à leur rêves, à leurs amours, à leurs coeurs brisés. 
J’ai vécu ce livre, et qu’est ce que ça fait du bien ! 
 
“Nat, it’s noon. Get dressed – I want to talk to you.”
“Oh c’mon, like anyone in the history of the world jumped into a shower so they could get ready for a talk .” 

« Nat, il est midi. Habille toi – j’ai besoin de te parler ».
« Oh allez, comme si quelqu’un dans l’histoire du monde allait se jeter sous la douche pour pouvoir avoir une discussion ». 

Malheureusement, j’ai un bémol, et il est quand même assez grand pour me faire passer à côté du coup de coeur : la fin est décevante. Trop rapide, trop expédiée, les années passent sans détails et sans nous finalement. On ne comprend pas tous les événements, on ne reconnait pas forcément la Chloé que l’on a connue et cette fin nous laisse, en plus, avec des questions en suspend et des personnages masculins qui auraient mérité d’être bien plus développés. 

Without warning from my friend, Sadness, my face erupts into ugly tears.

Sans avertissement de mon ami Tristesse, j’ai éclaté en sanglot. 

Mais que cela ne vous arrête pas pour autant de lire ce livre car si j’ai bien compris, le tome 2 reviendrait justement en détails sur les années « expédiées »  à la fin du tome 1.
Oui, ne vous arrêtez pas à ce bémol parce qu’au final, quand on lit The Album, on rit beaucoup, on pleure très fort, on aime tout le monde, on adore l’auteur, on lui en veut aussi, on tombe amoureuse, on a le coeur brisé et on est extrêmement  touché par la beauté des mots, la justesse des réflexions et par ces moments magnifiques même dans la tristesse.
Et surtout, on vit.
Car The Album, c’est plus qu’un simple livre, c’est aussi une apologie de la vie. 

 

Et si la fin m’a laissée sur ma faim, cela ne m’en donne que plus envie de retrouver ces personnages dans The Ballad. 
Bientôt, le temps de les quitter un temps, pour mieux les retrouver. 

PS : Ma copine B me fait part, à juste titre, d’un oubli important dans ce billet, à savoir que le livre est rempli de cul.
Alors ce n’est certes pas un érotique et je n’ai pour ma part pas trouvé le cul trop présent, mais c’est vrai que ce n’est pas du tout un YA et ce n’est pas ce à quoi vous devez vous attendre…
Vous voilà prévenus !
 
 
The Album – Ashley Pullo 
Kindle Editions- 400 pages 
 

8
jan

Parce que mon coeur saigne, parce que ça fait mal, parce que je suis Charlie.

 

 

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Parce que j’y pense non stop depuis presque 24h,
parce que, comme je le disais hier sur FB mes pensées vont aux amis, familles et collègues des victimes, à la liberté d’expression et aux musulmans qui vont subir l’amalgame,
parce que je suis la première, avec mes billets à parenthèses, à essayer de critiquer avec humour,
parce qu’ici je n’ai jamais pratiqué la censure quitte à être détesté ou mal interprété,
parce que je crois que la liberté d’expression est un droit, 
parce que mon coeur saigne,
parce qu’en 2015 certains tuent encore au nom d’une religion,
parce que le FN risque d’être bien présent aux prochaines élections présidentielles et que j’en suis malade d’avance ,
parce qu’à l’heure où je publie ce billet, des personnes sont en deuil et d’autres entre la vie et la mort à cause de fanatiques,
parce que j’ai les boules que mes fils vivent dans un monde comme ça,
parce que ça fait mal,
parce que ce blog, je le fais pour moi surtout et que je ressens le besoin de marquer ce jour, 
et parce que d’autres ont su trouver les mots qui me manquent :


Je préfère mourir debout que vivre à genoux 
Charb

 


Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre.
Georges Orwell

 

Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis né pour te connaître. Pour te nommer. Liberté. 
Paul Éluard.

 

 

Les terroristes ne parviendront pas à tuer cette liberté d’expression
John Kerry

 
 
Je suis arrivé en premier, je ne vous décris pas ce que j’ai vu. Je vous décris plutôt ce que Charb aurait voulu que je vous dise. C’est qu’on va pas s’arrêter quoi. Comme aurait dit Cabu, il faut qu’on sorte un journal encore meilleur. Donc on va le faire, je sais pas comment, on va l’écrire avec nos larmes mais on va l’écrire parce que comme a dit le Président, le premier ministre et Bernard Guetta, on n’a pas le droit de céder et on n’en a pas la volonté. Vous savez je voulais vous dire que c’était des hommes qui n’étaient pas racistes et avant qu’ils se fassent abattre le débat c’était comment lutter contre le racisme en France. Ils ont abattu des gens qui étaient en train de parler de la lutte contre le racisme.
Patrick Pelloux
 

C’est l’arme absolue de rire. C’est l’arme de la démocratie.
Philippe Val

 
Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.
Evelyn Beatrice Hall

 

 

 

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lettre de Cabu

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PARCE QUE JE SUIS CHARLIE. 

27
juin

Mud Vein de Tarryn Fisher, un livre différent, captivant et intense…

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Il est très difficile de parler de l’histoire sans trop en dire.
Et je ne veux pas remettre le résumé du livre qui ne reflète en rien son contenu.
Je vais donc vous en dire le moins possible.
Mud Vein, c’est l’histoire de Senna, une écrivain qui se réveille un matin au milieu de la neige.
Elle a été kidnappé.
Alors qu’elle explore la maison, elle se rend compte qu’elle n’est pas seule. Isaac est là, attaché, dans une autre chambre.
Ensemble ils vont essayer de trouver qui… et pourquoi.
Nous suivons leur histoire, leur survie dans cette cabane au milieu de nul part, on fait des bons dans le passé, le passé qu’ils ont vécu séparément, et celui qui les lie, et on revient au présent. On se pose des questions, on élabore des théories, on rentre dans l’histoire de l’histoire et on ressent. Beaucoup.

« It’s never that I don’t want to be with you. It’s that you don’t want to be with me. »

Mud Vein, c’est donc beaucoup beaucoup d’émotions, de magnifiques phrases, une écriture très belle et poétique et une histoire qui touche… mais qui brise le coeur aussi et qui devient même étouffante par moment.
Ce livre, c’est également une expérience en soi, qui m’a fait sortir de ma zone de confort, malgré le fait qu’il soit captivant et beau.

En vérité, je suis passée par tellement d’émotions contradictoires en lisant ce livre que je ne pourrais même pas le recommander.
J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à l’héroïne, Senna, pendant une bonne partie du livre.
Mais je ne me leurre pas, je suis sûre que c’est ce que voulait l’auteur.
Comme je l’ai lu dans une review Goodreads, je pense également « qu’elle a voulu que l’on ne fasse qu’un avec l’héroïne, qu’on entre dans sa tête, qu’on ne ressente rien pendant la période où elle se ferme à tout et tout le monde », et que quand elle se décide enfin à ressentir, on soit submergé par l’émotion.
En ce sens, Tarryn Fisher a atteint son but et son écriture, sublime, ne peut pas être mise en cause sur les quelques points que j’ai moins appréciés.
Car aussi beau son style soit-il, cela ne m’a pas empêché d’être frustrée par moment, de vouloir secouer Senna, de la trouver égoïste. Et si j’ai compris qu’elle se protège au fond, je n’ai pas pour autant aimé qu’elle ne puisse même pas dire un merci à Isaac quand elle même en a envie.

Isaac was a stranger and he had seen more of my wounds than anyone else. Not because I chose him like I did Nick. He was just always there. That’s what scared me. It was one thing inviting someone into your life, choosing to put your head on the train tracks and wait for imminent death, but this—this I had no control over. 

Nous avons affaire à une héroïne qui ne se laisse aucune chance d’être heureuse, pour ne pas souffrir, et je dois dire que toutes ces occasions de bonheur ratées m’ont parfois frustrée et m’ont rendu très triste.
Et quand elle se laisse enfin aller à ressentir, Senna m’a brisé le coeur.

« If there was a God, » I said, « I’d say with confidence that he hates me. Because my life is the sum of bad things. The more people you let in, the more bad you let in. »

Si la première partie, celle du kidnapping, m’a captivée et que j’ai élaboré des dizaines de théories, j’ai trouvé la deuxième partie, celle qui parle du passé d’Isaac et Senna, particulièrement écrasante. Et triste.
Et pourtant, globalement, et malgré certains passages lents, Mud Vein est un livre extrêmement prenant, complexe et captivant.
C’est différent de tout ce que j’ai pu lire, c’est dark sans être dark, une romance sans en être une, et un thriller qui n’en est pas forcément un … C’est un livre différent que je n’arrive ni à classer, ni à recommander mais qui ne laisse pas indifférent.

Isaac is touch, and he is sound. He is smell and he is sight. I tried to make him a single sense like I did with everyone else, but he is all of them. He overpowers my senses and that is exactly why I ran from him. 

Et s’il m’est déjà arrivée de lire des livres tristes, je dois dire que rarement je ne l’ai été aussi longtemps.
En effet, pendant une très grande partie de ma lecture j’ai trouvé qu’il n’y avait pas une once de positivité, et comme je le disais plus haut, j’ai mis du temps à m’attacher à l’héroïne à cause de certaines de ses réactions; Mais à côté de ça, j’ai compris pourquoi elle agissait comme elle le faisait et j’ai ressenti ses émotions avec une intensité rare et particulière. Certains passages, certaines métaphores, certaines pensées étaient si belles ou si tristes, qu’elles m’ont faits l’effet de claques, de coups de poing.

Et je dois dire qu’un livre qui fait ressentir autant d’émotions et surtout avec autant de force (j’ai beaucoup pleuré) c’est tellement rare que je me devais d’en parler même si je reste persuadée qu’il n’est pas fait pour tout le monde.

Une chose est sûre, malgré quelques défauts, c’est un bon livre, à l’écriture splendide, que je garderai en tête.
Mud Vein a été une expérience unique dont je suis ressortie vidée, lessivée et quelque peu mitigée mais dont je me souviendrai longtemps.

When did that move in? I don’t even know. In a house in the snow, probably. Where a surgeon sliced me open emotionally, and a musician brought me more color than I could handle.

 

Merci à Muriel pour le conseil et pour avoir supporté mes nombreux mails (je te promets de plus lire la fin quand tu me dis de ne pas le faire !), et merci Berengère d’avoir plus facilement compris l’héroïne, d’avoir été moins frustrée mais tout aussi touchée, de me l’avoir dit ce qui m’a permis de relativiser quand j’étais trop agacée ;))

 

Mud Vein de Tarryn Fisher 
Ebook – 283 pages.