Les lectures de Cécile

7
juil

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates – Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

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4ème de couverture :

 

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant. Jamais à court d’imagination, le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d’humanité Juliet est conquise.

 

 

Mon avis :

 

J’avais beaucoup entendu parlé de ce livre et pourtant il est bien resté 6 mois sur ma PAL avant que je ne me décide enfin à l’ouvrir (et encore, parce que je me suis inscrite à la LC sur Livraddict et qu’il ne me restait que 4 jours avant l’échéance, honte à moi…).
Avec le recul, autant vous dire que je regrette d’avoir attendu si longtemps !

Ce livre est une petite merveille, une bouffée d’oxygène.

Roman écrit sous forme épistolaire (on ne lit que des lettres) on suit la correspondance entre Juliet, (personnage central au sens de l’humour ravageur  et qui n’a pas la langue dans sa poche) son attaché de presse, son éditeur, sa meilleure amie et bien sûr, les membres du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates.

Ce groupe, formé pendant l’occupation allemande, est composé d’une dizaine de membres, chacun étant bien sûr différent des autres mais ayant surtout vécu l’occupation de manière différente.
Tour à tour drôle, surprenant et sentimental, ce livre peut paraître « léger » (dans son style) mais décrit néanmoins avec brio les conditions de l’occupation : les couvre feux, les restrictions alimentaires, la vie des prisonniers étrangers… Amour et amitié sont aussi au rendez-vous, même entre les occupés et les soldats allemands – vérité qu’il est aussi intéressant de prendre en compte.
Au travers de tous ces personnages attachants, (que l’on aurait tant envie de rencontrer), Mary Ann Shaffer traite d’un sujet difficile avec beaucoup d’émotions.

Revenir sur ce livre pour vous en parler réveille le plaisir que j’ai éprouvé en le lisant, mais aussi la nostalgie qui fut la mienne en le refermant. Avec même une pointe de tristesse pour l’auteure, morte avant la sortie du livre sans en connaître le succès, et dont le flambeau a été repris par sa nièce Annie Barrows.

Je sais que je le relirai, ce qui ne m’est arrivé qu’une fois, et que je prendrai plus de temps pour apprécier chaque lettre, chaque échange, chaque sentiment.

 

Que vous dire de plus ? Lisez-le, de toute urgence.

 

Les avis des autres lecteurs de cette LC  :
Heclea, Evy, Belledenuit, Melcouettes , Jelydragon, Amandine, Neph, Ana76, Djak, Sita, Setsuka et Linou.

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-le-cercle-litteraire-des-amateurs-d-epluchures-de-patates-de-mary-ann-shaffer-annie-barrows-53554229.html

21
juin

Le ciel est partout – Jandy Nelson

 

ciel est partout

Wow. Quelle lecture !

 

Lennie a 17 ans et vient de perdre sa sœur Bailey de 19ans. 

Elle ne s’en remet pas. Il y a elle et puis il y a les autres. 2 mondes différents. Sa grand-mère Manou qui sort tout droit de la famille Ingalls, son oncle Big le déjanté, sa meilleure amie Sarah : ils ne peuvent pas souffrir autant qu’elle : elle refuse de partager ce qu’elle ressent avec eux, elle préfère s’isoler.

Quand elle revoit Toby, le petit ami de sa sœur, elle comprend qu’elle n’est pas seule, lui aussi souffre, autant qu’elle. Il est le seul à la comprendre, Bailey était aussi sa moitié. Comme pour elle.

Et finalement, il y a Joe Fontaine, le nouveau qui  respire la joie de vivre, ou plutôt, qui est la vie, il est passionné de musique, comme elle, mais il n’a pas connu Bailey.

 

Le sujet est émouvant et arrache les larmes, certes, mais ce n’est pas ça qui fait que j’ai été aussi émue, que j’ai pleuré, que j’ai eu envie de crier, de la secouer et de lui ouvrir les yeux pendant toute la première partie du livre.

Non, c’est le style, ce sont les descriptions de toutes ces émotions : la douleur, la joie, la culpabilité de s’autoriser de tels moments, c’est tout le ressenti, le désespoir de Lennie.

Ses réflexions sur tout ce qui l’entoure et sa nouvelle perception de la vie sans sa sœur sont si justes que l’on ne peut s’empêcher de penser « voilà, c’est exactement ça que les personnes en deuil doivent ressentir ».

 

Mais ce n’est pas que triste car Lennie a un sens de l’autodérision assez prononcé, donc elle arrive souvent à nous arracher des sourires, et puis, parce que, peu à peu, on entrevoit l’espoir, et l’acceptation : de la mort mais aussi d’être encore en vie, et de vouloir en profiter. 

 

Toutes les personnes de ce livre sont attachantes, sans exception. Leurs sentiments sont finement analysés. 

Ceux qui sont exclus et ne savent pas comment faire pour réintégrer leurs places dans la vie de Lenny, ceux qui sont aussi ravagés qu’elle et qui le montrent, et ceux qui veulent la faire avancer vers une nouvelle vie, vers une nouvelle Lenny.

 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé et beaucoup ressenti. 

C’est beau et c’est bien écrit.

Je le conseille même en période de coup de blues, car au final, ce roman est une ode à la vie.

 

  Un grand merci à Clarabel pour ce livre.   

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