Les lectures de Cécile

17
oct

Metal Mélodie – Maryvonne Rippert

 

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Luce est une adolescente un peu rebelle, qui n’arrive plus à discuter avec sa mère.
Un jour, en rentrant chez elle, elle trouve une lettre de celle-ci qui lui annonce qu’elle part quatre mois en Australie, pour le travail.
Passés les premiers moments d’euphorie (et de fêtes), l’adolescente commence vite à se poser des questions.
Pourquoi sa mère ne lui a-t-elle  pas parlé de ce départ ? Où est-elle maintenant ? Et surtout, pourquoi ne donne-t-elle pas de nouvelles ?

 

C’est par hasard que j’ai ouvert ce livre ce soir, alors que j’en cherchais un autre dans ma bibliothèque.
De l’histoire, je ne savais rien. Du livre j’avais juste entendu qu’il était très beau et qu’il était très touchant.
C’est donc sans trop d’attente que je l’ai commencé.  

 

Dès la première page des phrases courtes et un sujet à la troisième personne. Ca change du style que je lis d’habitude. Il va falloir s’y habituer.
Après quelques pages, s’ajoute une héroïne peu attachante, à laquelle il est dur de s’identifier… C’est sûr, l’adolescente gothique qui se rebelle, c’est différent, relativement perturbant et en tous cas ça ne me touche pas vraiment. Peut-être même que l’adolescente m’agace.

Zut. Je crois bien que je vais passer à côté de cette lecture.

Et puis assez rapidement, on se rend compte que c’est l’inverse  de ce qu’on pensait au début: les phrases courtes, ici, impactent bien plus que des descriptions interminables, l’écriture à la troisième personne permet de nous en dire plus sur les ressentis des personnes qui gravitent autour de notre héroïne, ou sur celles qui ne font que croiser son chemin et l’auteure sait trouver les mots qui touchent.

 

Alors, on tourne les pages et on sourit car tout compte fait, on aime le tournant que prend l’histoire, cette sorte d’enquête qui se met en place.
Oui, finalement on passe un agréable moment, même si on ne pense pas adorer comme d’autres.

 

Et puis, contre toute attente, une seconde partie encore plus touchante, encore plus prenante. On en vient même à noter mentalement des pages pour ne pas oublier certaines phrases. De belles phrase. Des phrases justes. 

Un souffle de jasmin caressa Lice. Elle ferma les yeux, enivrée d’une émotion qu’elle n’avait jamais connue. Une exultation douloureuse, la vie qui pulse dans les veines, l’instant qu’il faut retenir. Pour la première fois depuis des mois, pour la première fois de son existence peut-être, épuisée, le dos cassé, les mains flétries d’avoir trop trempé dans l’eau, elle sentit son âme s’alléger. La révélation lui fit redresser les épaules. Sa place était ici maintenant. 
Et c’était un cadeau absolu. 
 

Et voilà que finalement et sans s’en être rendu compte on s’est attaché à Luce. Marrant qu’elle nous ait rendu si insensible au début car là on a envie d’être à côté d’elle pour la soutenir et l’aider à trouver des réponses, à trouver son destin, sa liberté, ou ce qu’elle est en train de chercher…

 

De l’histoire vous n’avez pas besoin d’en savoir trop, si ce n’est qu’elle est belle. Et que, même si on découvre la chute avant d’arriver à la fin, ça n’ôte en rien la beauté du style et de l’écriture.
Un roman pour adolescents dites-vous? J’espère qu’ils auront atteint une certaine maturité en tous cas.  
Ici, point de guimauve, points de partenaires de chimie avec qui l’on ne devrait pas être mais  vers qui on est irrémédiablement attiré.
Non, ici, on énonce des faits, des évènements, sans les embellir et sans les amocher, mais au moins, ils ont l’avantage d’être vrais, et par cela, de nous toucher.

 

Quand la musique déroulait son ruban sensuel, leurs regards se cherchaient andante, se croisaient allegro, s’unissaient fortissimo, leurs souffles s’accordaient, et le garçon brodait autour du thème de Luce de petites variations malicieuses qui la laissaient ravie. 
Le morceau terminé, ils baissaient les yeux, essoufflés et heureux comme s’ils avaient fait l’amour, alors que jamais, jamais ils ne s’étaient touché même la main.  
 

Je ressors donc de cette lecture en ayant bien versé quelques larmes, comme Sandy m’y avait préparé, mais avec un sentiment de bien être.
Je suis contente d’avoir lu ce livre que je vous conseille et qui j’espère saura vous toucher autant que moi. 

 

Les avis de SandyClarabel, Karine.

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-metal-melodie-maryvonne-rippert-86651476.html

27
sept

Qui es-tu Alaska ? – John Green

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J’ai offert ce livre à Mlle Pointillés dans le cadre de notre SWAP « Rire, pleurer, regarder et se chouchouter ». 
Il me semble que c’est dans la catégorie « se chouchouter » que je l’avais classé.

Grande erreur. C’est dans les catégories « pleurer » et « rire » que j’aurais du le classer.

Car c’est bien de ça qu’il s’agit dans ce livre qui nous fait passer du rire aux larmes et qui nous fait vivre un palette d’émotions.

Dès le départ, on sait qu’il y a un avant et un après « quelque chose ».
On ne sait pas ce qu’il se passe le jour J mais le fait de commencer chaque chapitre avec un décompte a fait que je ne me suis jamais complètement « relâchée », je n’ai jamais été totalement « à l’aise ». J’avais toujours une pointe d’appréhension même si la première partie est vraiment drôle.
Le ton  y est en effet léger. On suit Miles, (qui sera surnommé Le Gros, en contradiction avec sa maigreur) le garçon qui n’a jamais eu d’amis (mais qui le vivait très bien) rentrer dans un internat et se lier d’amitié avec celui qu’on surnomme Le Colonel,  son colocataire, avec Alaska, une fille mystérieuse,  avec Lara, la roumaine et Takumi, le renard.

Au cours de ma première semaine au Creek, la cafeteria a proposé du poulet frit, du bœuf pané frit et des beignets de gombos qui marquèrent ma première incursion dans le monde délicieux des légumes frits.
Mais rien n’égalait la tortifrite, un plat inventé par Maureen, la cuisinière incroyablement (mais évidemment) obèse de Culver Creek. 
Tortilla aux haricots plongée dans un bain de friture, la tortifrite prouva sans l’ombre d’un doute que toute nourriture plongée dans l’huile bouillante s’en trouve grandie.  (..) j’ai ressenti en mordant dans l’enveloppe croustillante de ma première tortifrite un orgasme culinaire. 
Ma mère se débrouillait en cuisine, mais j’ai eu envie de ramener Maureen à la maison pour Thanksgiving sur-le-champ.


On suit cette bande de jeunes: on les voit se rebeller, tomber amoureux, fumer leurs premières cigarettes, se cacher, faire les 400 coups, monter le maximum de blagues contre le directeur et les « weekendeurs », les autres élèves, ceux qu’on n’aime pas, ceux qui sont riches et qui repartent chez eux le week-end.

 

– Je n’ai pas le droit de m’asseoir à côté de ma copine ? ai-je demandé.
– Le Gros, un de nous deux est une fille depuis toujours. Et l’autre n’a jamais roulé de pelle de sa vie. Si j’étais toi, je m’assiérais, je ferais le garçon mignon et agréablement réservé de d’habitude.
– D’accord. Tout ce que tu voudras.


Bref, dans cette première partie, on nage en pleine insouciance et les découvertes de Miles, sur les femmes,  sur l’amitié et sur la vie, se fait avec humour. Certaines de ses réflexions m’ont vraiment plu. J’ai beaucoup souri, j’ai souvent ri.

– On t’a déjà fait une pipe ?
– Euh… ca tombe un peu comme un cheveu sur la soupe non ?
– La soupe ?
– Tu me demandes ça tout à trac.
– Trrac ?
– Ca te vient d’où ? Qu’est ce qui t’y a fait penser ?


Mais, comme je le disais précédemment, toujours ce compte à rebours, lourd de sous entendus, qui nous empêche de savourer pleinement la légèreté de ces adolescents. Et tant mieux. Tant mieux, je suis contente d’avoir mis un peu de réserve, car je serais tombée d’encore plus haut, ce fameux jour J. (auquel on s’attend quand même ceci dit. Encore plus quand on le lit avant, bien sûr. Mais je ne suis pas la seule. (oui je dénonce, et alors ?) Je crois que j’ai même tenu plus longtemps que Mlle P  avant de regarder le premier jour de l’après :D).

Bref après ce fameux jour donc, on bascule dans un autre genre. Là les sourires laissent place aux larmes, la légèreté s’en va, la nostalgie s’installe, comme la boule dans notre gorge…
Cependant, même si le cœur est serré, cette seconde partie est aussi belle que la première, elle est simplement très différente. 
Elle soulève de belles interrogations, sur la vie notamment, le désir de comprendre… Notre petite bande perd un peu d’innocence et de légèreté mais ce n’est pas plus mal, c’est un peu un passage obligatoire…

Je suis ressortie de ce livre, émue et le cœur serré, surtout après la dernière « blague » de l’année qui m’a vraiment touchée.

Un très chouette livre en tous cas, touchant et que je vous recommande sans hésiter.
 

– Je sais que c’est vous.
On l’a regardé en silence. Il lui arrivait souvent de bluffer. C’était peut-être le cas.
– Ne recommencez jamais un truc pareil, a t-il dit. Mais Seigneur « renverser le modèle machiste », on croirait que c’est elle qui l’a écrit.
Puis il a souri et il a refermé la porte.


Pour savoir ce qu’en a pensé Mlle Pointillés, c’est ICI ! 

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-qui-es-tu-alaska-john-green-85163568.html

27
août

Winter longing – Tricia Mills

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Avant toutes choses, un petit conseil : ne lisez pas ce livre dans un train, encore moins en présence de collègues…
Croyez moi on a l’air un peu ridicule quand on pleure et renifle tout au long d’un trajet de 2h30 car on lit un livre à la couverture un peu kitch (ou du moins qui doit l’être aux yeux du collègue en question)…

Oui les amis, j’ai pleuré. Et pas qu’un peu. Mais rassurez-vous, j’ai aussi ri, et j’ai ressenti pleins d’émotions, pour Jesse mais aussi pour Spencer, et bien sûr, pour Winter.

Que je vous explique…
Winter sort depuis peu avec son meilleur ami, Spencer, dont elle est amoureuse depuis des années…
Quand enfin elle ose lui faire part de ses sentiments, et qu’elle se rend compte qu’ils sont réciproques, Winter est aux anges. 
Sauf que voilà, Spencer meurt dans un crash d’avion, et c’est un peu la descente aux enfers pour Winter.
 

Comment peut-elle continuer à vivre  alors que tout lui rappelle son meilleur ami qu’elle a tant aimé?
Comment pourra t-elle un jour ré-ouvrir un des livres de sa bibliothèque, alors que Spencer a laissé un mot dans chacun d’entre eux ?
Comment retourner au lycée, parler avec ses amis, reprendre sa vie alors que plus rien n’a de sens ?
L’auteure, avant chaque chapitre, nous glisse un petit mot que Spencer a écrit à Winter, dans ses livres, ou en classe, ou enfin, lors de la St Valentin… 
Ainsi, à travers ces notes et les souvenirs de Winter, on se prend nous aussi à nous attacher à ce personnage que l’on ne connaît finalement pas. 
On comprend pourquoi Winter est tombée amoureuse de lui, de son humour, de son intelligence (et du fait que ses parents tiennent une librairie et qu’il adore lire)…
Bref, nous aussi, on tombe en quelque sorte amoureuse de Spencer, et nous ressentons d’autant plus le chagrin de Winter…

Ce qui ne nous empêchera pas de craquer, nous aussi, pour Jesse !

Car, si on ressent le chagrin de Winter tout au long du livre, on partage aussi sa frustration quand elle a comprend qu’elle s’attache de plus en plus à son voisin, Jesse, et qu’elle a l’impression de trahir Spencer.
Sauf que voilà, impossible de ne pas craquer sur son hockeyeur de voisin, qui est si patient, qui l’approche petit à petit, sans la brusquer et qui est toujours présent pour elle. 
Il ne cherche à aucun moment à remplacer Spencer ni à lui ressembler, il arrive simplement, au fur et à mesure du livre, à faire comprendre à Winter qu’elle peut tomber amoureuse de quelqu’un de très différent de Spencer.
On comprend, donc, qu’elle s’attache à lui, qu’elle recommence à sourire et à vivre, même si elle a du mal à l’accepter.

 

Vous l’aurez compris, un presque sans faute pour ce livre que j’ai dévoré.
Winter m’a un peu agacée sur la fin, à toujours refuser et repousser ses sentiments, (même si on la comprend), mais c’est un petit bémol.
J’ai adoré ce livre que j’ai trouvé très juste et qui a su me toucher de différentes manières.

Je vous le recommande…

Et pour celles qui sont intéressées et qui lisent en anglais, je vais le faire voyager…
D’abord chez Acsylé, puis chez Cora, et après, à celles qui le souhaitent !

Et si vous avez encore besoin d’être convaincues, voici l’avis de Clarabel.  


 lirenvo 14

 

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