Les lectures de Cécile

5
nov

The Dark Duet Series – CJ Roberts : « Kitten », he said, « monsters can’t love ».

captiveinthedarkVoilà un livre très difficile à conseiller.
Mon premier livre dans l’univers du Dark-Erotica.
L’histoire d’un homme qui a été enlevé très jeune et qui est devenu un esclave sexuel.
Des années plus tard, lui même a « formé » de nombreuses femmes à être des esclaves. Des femmes qu’on lui a livrées ou qui sont venues de leurs plein gré.
Mais cette fois, c’est différent. Il va kidnapper une fille, faire d’elle la parfaite esclave et ce dans le but de se venger de celui qui lui a fait du mal enfant.
Nous suivons les points de vue de Livvie et ceux de Caleb, on suit l’horreur, la froideur, les coups, les humiliations et ce n’est clairement pas beau.
Caleb est un monstre, et il est tellement bien décrit qu’on le déteste et le méprise.
« This isn’t a romance. You’re not a damsel in distress and I’m not the handsome prince come to save you. You ran. I went to collect my property. End of story. »

Mais finalement, nous suivons aussi l’évolution de leur façon de penser, de leurs sentiments, de leur relation.
Malgré tout ce qu’il a fait Caleb m’a touchée. Livvie aussi, de par tout ce qu’elle subit, de par ses réactions, de par ses doutes.
For the first time in recent memory, Caleb wanted something other than revenge. He wanted the girl. He wanted Livvie. 

Je suis restée étonnamment très distante des scènes trash et dures, ce qui fait que je n’ai jamais été dégoutée et que j’ai dévoré ce livre. En fait, les scènes les plus dures ne sont pas décrites avec force détails. Ce qui est décrit, c’est la façon dont les personnages réagissent lors de ces scènes, ce sont leurs sentiments qui sont décrits, et non la scène violente en soi. Je pense que c’est pour ça qu’elles ne m’ont pas dérangée mais que ce sont les sentiments et réactions qui m’ont touchée.
« He was my tormentor and my solace: the creator of the dark and the light within. I didn’t care that he would undoubtedly hurt me at any moment, right now; I just needed somebody to hold me… To tell me these exact words. Its going to be okay. It wasn’t of course, I knew that. But I didn’t care, I needed the lie.”

Personnellement, j’ai trouvé l’écriture très juste. Parfaite. On ressent, on vit, c’est intense et captivant.
Finalement le côté érotique est assez secondaire, pas si présent que ça et clairement pas ce qu’on retient.
No one had ever looked at him that way, as if life were insignificant without him and he’d never valued anyone more than he valued himself. Whatever love was, it was a concept he could not grasp.

Non, je ne peux pas le conseiller car je ne peux pas prévoir les réactions des autres face aux détails qui nous sont livrés. Mais je peux vous dire que moi j’ai aimé ce livre, que j’ai trouvé fort. Et juste.

 

Captive in the dark (the Dark Duet series 1) – C.J. Roberts
Ebook – 276 pages

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seduced in the darkMon dieu, la puissance de certains livres, de certains mots.
Je ne sais pas par où commencer.
Ce tome m’a fait passée par tellement d’émotions. Toutes plus contradictoires les unes que les autres.
L’histoire commence quelques mois après la fin du premier. Autre ambiance, autre atmosphère, nouveaux personnages.
J’appréhendais un peu ce changement, mais c’était sans compter sur le talent de l’auteur qui nous fait revivre tous les mois passés en plus de ceux qui se déroulent dans le présent.
Ce livre est fort.
Intense.
Obsédant.
Il m’a remuée, chamboulée, touchée, bouleversée.
J’ai ressenti les émotions de Livvie avec tellement d’intensité. Sa peur, sa honte, ses doutes, son espoir, son amour.
J’ai détesté Caleb. J’ai adoré Caleb.
I’ve been doing this a long time- manipulating people to get my way. That’s why you think you love me. Because I’ve broken you down and built you back up to believe it. It wasn’t an accident. Once you leave this behind….. you’ll see that.

Il m’a brisé le cœur à plusieurs reprises. J’ai rêvé de le gifler, de le tuer, de l’humilier, de voir du remords dans ses yeux, de sentir ses barrières tomber.
Mais il a su me toucher. Bien plus que dans le premier tome.  Mon cœur s’est brisé pour lui au moment de la vérité.
Pour tout ce qu’il m’a inspiré, pour tout ce qu’il est, pour toute sa dualité, il a su ravir mon cœur en même temps que celui de Livvie.
He had told her he wasn’t Prince Charming, but what he hadn’t said, was he wished he could be.

Ce livre est plus dur que le premier. Les scènes trash ne m’ont pas laissé de marbre cette fois. Les scènes sexuelles sont plus nombreuses aussi. Plus dur à lire pour certaines. Plus « belles » pour d’autres. Mais toujours, focalisées sur les émotions.
Car tout dans ce livre n’est qu’émotions. Celles de nos protagonistes, d’abord, face aux situations qu’ils vivent.
Les nôtres, ensuite, qui en découlent.
On ressent certes la dureté de certaines scènes avec plus d’intensité, mais toujours,  c’est précisément ce que ces scènes font vivre aux personnages qui prônent et qui nous chamboulent.
Dealing with Caleb was all about perspective. You couldn’t appreciate his kindness until you’d felt his cruelty.

J’admire l’écriture de l’auteur qui arrive à nous faire vivre tant de choses, à nous bouleverser de la sorte.
Un roman fort et obsédant, qui risque de me hanter un bon moment mais qu’une fois encore je ne pourrais pas recommander (sauf à B peut-être, et encore, je ne suis pas sûre de moi) car je ne peux pas prédire les réactions des autres face à certains passages.
Et si j’ai détesté de nombreuses scènes de ce livre, au final, j’ai adoré la façon dont il m’a touchée, en bien comme en mal. Oui, j’ai aimé être obsédée par l’histoire, et par tout ce qu’elle m’a fait ressentir, le bon comme le moins bon.
You don’t know what you want Livvie, and what you think you want, you’ve been brain-washed into wanting.

Une lecture dont je me souviendrai.
Merci à Muriel et Sofia de m’avoir convaincue de le lire et pour les échanges durant ma lecture !

Seduced in the dark (the Dark Duet series 2) – C.J. Roberts
Ebook – 505 pages

Des livres qui rentrent dans le cadre du rdv de Stephie, car finalement, avoir aimé des livres si sombres c’est aussi un peu inavouable…
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16
oct

J’ai perdu mon amour-propre il y a longtemps. Il me semble que c’était pendant une séance d’électrochoc.

lecaseduard

Il est de ces livres qui vous passionnent et vous embarquent dès la première page.
Des livres que vous ne pouvez pas lâcher, qui vous instruisent tout en vous passionnants, qui vous font ouvrir des dizaines de pages Wikipédia sur divers sujets, et qui vous touchent.
Le cas Eduard Einstein en fait partie.

En ouvrant ce livre, on entre dans la vie de la famille Einstein.
Récit à 3 voix, on suit tour à tour l’histoire d’Albert Einstein qui n’est plus à présenter, de Mileva, sa première femme et de leur fils Eduard, atteint de schizophrénie à l’âge de 20 ans.

Tout en retraçant les grands évènements mondiaux entre 1930 et 1960 environ, nous suivons l’histoire de ces 3 personnes, liées par le sang mais dont les destins se révèlent très éloignés.

Albert Einstein, d’abord, savant, prix Nobel, juif forcé de fuir l’Allemagne Nazi pour les Etats-Unis où il ne sera pas mieux accueilli.
Albert quittera l’Europe ruiné. Pour lui est venu le temps de l’exil. Depuis qu’Hitler a pris le pouvoir, il est l’ennemi juré du régime.

Nous suivons son parcours, ses combats, sa vie publique et politique.
Puis nous découvrons cette autre facette de lui, celle de la peur, du regret, de la peine. Cette facette d’un père qui n’en est pas vraiment un.

Puis la voix de Mileva, cette femme forte et intelligente, dévouée à son fils.
Cette femme qui n’a aimé qu’une fois et qui voit son destin lié exclusivement à celui d’un fils schizophrène, qu’elle doit placer – trop tôt – à l’asile.
Elle aurait préféré prendre la place d’Eduard. Elle, la prisonnière, et lui, un homme libre. Lui dévalant la route et elle qu’on enferme. Il courrait à en perdre haleine. Tout en bas de la rue, il ne songerait déjà plus au mal qui a frappé sa mère. Il apercevrait le lac au loin, aurait envie de flâner sur la rive. Il songerait à sa mère, serait triste un instant. Une fille lui sourirait, il oublierait sa peine. Il rencontrerait un ami qui lui proposerait de faire un tour sur son voilier. Il partirait naviguer. Il s’étourdirait sous le vent.
Le sort en a décidé autrement. Il faut que ce soit elle à l’air libre, et Eduard qu’on enferme.

Enfin, celle d’Eduard. L’enfant d’Einstein.
Eduard, enfant intelligent, qui en veut à son père, dont on suit les allers et venues entre le Burghölzli, un asile psychiatrique de Zurich, et Vienne, en passant par des séjours chez sa mère et en famille d’accueil.
Aviez-vous déjà entendu parler de moi avant que je débarque ici ? Non. Je n’existais pas. Qu’ai-je fait pour ne pas exister ? Rien. Je n’ai rien pu faire. Il n’y a pas de place dans ce monde pour un autre Einstein. Je pâtis d’un trouble du culte de la personnalité.

Eduard dont on entend les voix qui le rongent, dont on voit les hallucinations qui le dévorent, dont on suit l’évolution et le chemin vers la folie où n’existe plus de sentiments.
Un jour, mon père travaillera sur mon cas. A quoi bon une telle intelligence si elle n’est pas mise au service de l’homme ? Celui qui a découvert les grands principes de l’univers ne peut-il travailler sur mon hémisphère droit ?

On suit leurs évolutions respectives.

Celles d’un homme qui ose braver de nombreux interdits et qui paraît sans failles, si ce n’est celle qui lui est personnelle, à savoir construire un lien avec son fils.
Il est question de courage. Il a eu tous les courages. Braver la Gestapo, soutenir, un des premiers, la cause des Noirs, aider à la création de l’Etat juif, braver le FBI, ne pas baisser l’échine, ne jamais renoncer, écrire à Roosevelt pour construire la bombe contre l’Allemagne et écrire à Roosevelt pour arrêter la bombe destinée au Japon. Soutenir les juifs opprimés par le Reich. Pétitionner. Etre en première ligne. Mais aller voir son fils est au-dessus de ses forces. Il a trouvé ses limites. Seul l’univers ne connaît pas de limites.

Celles d’une femme qui n’est plus. Qui devient mère avant tout.
Autour d’elle, les êtres ont fui. Ses enfants l’ont quittée. Hans-Albert, parti en Amérique. Eduard perdu dans son monde. Lieserl, dans l’au-delà.

Celles d’un fils qui subit des électrochocs, qui se cherche, qui essaye de comprendre.
Voyez plutôt avec mon frère. Je ne vous en voudrai pas. J’ai perdu mon amour-propre il y a longtemps. Il me semble que c’était pendant une séance d’électrochoc.

Et à travers ces 3 voix, ces 3 évolutions, beaucoup de sentiments nous assaillent… Peine, amertume, regrets, espoirs…

Un style magnifique, un récit extrêmement bien documenté, un livre qui nous transporte, qui nous parle de la politique d’immigration des USA durant la seconde guerre mondiale, qui nous révèlent le destin d’un homme connu et reconnu mais dont nous ne connaissons que peu la vie personnelle, et celui, surtout, d’une famille dont le destin tragique nous transporte.
Une histoire qui met certaines vérités en lumière, et qui ne peut que nous toucher.

Et j’ajouterai à titre personnel que la Suisse est un pays qui s’honore de traiter ses malades mentaux mieux qu’aucun autre. Allez, cher professeur, je serai ravi de signer l’acte de naturalisation de Hans-Albert Einstein et de le recevoir dans notre beau et grand pays. Tous les Einstein sont les bienvenus chez nous. Du moins, ceux qui ont la tête bien faite.

Un livre passionnant, un coup de coeur que je ne peux que recommander chaudement et qui me donne envie de découvrir « les derniers jours de Stefan Zweig » du même auteur.

 
Le cas Eduard Einstein – Laurent Seksik
Editions Flammarion – 304 pages

1pourcent1/6

21
jan

L’amour, c’est une combine que les hommes ont inventée pour ne pas avoir à faire leur lessive!

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Voilà un livre qui me tentait dès sa sortie et dont j’avais entendu beaucoup de bien.
C’est cependant, sans trop d’attentes, que je l’ai ouvert et si j’ai pu le reposer une ou deux fois le temps de faire des LC avec des copines, une fois que je m’y suis remise, je n’ai plus pu le lâcher.


Marcus Goldman est un jeu écrivain qui habite à NYC et dont le premier roman a connu un énorme succès.
Après plus d’un an sans trouver l’inspiration pour écrire à nouveau, le scandale éclate :
Harry Quebert, l’un des écrivains les plus connu et respecté des USA, mais surtout son maître et ami, est accusé d’avoir assassiné, 30 ans plus tôt, une jeune fille de 15 ans, Nola Kellergam avec qui on le soupçonne d’avoir eu une liaison.
Marcus se rend dans le New Hampshire afin d’enquêter sur cette affaire, persuadé de l’innocence de Harry. Mais rien ne se déroule comme prévu…

 

« Chérissez l’amour Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes, il y aura d’autres hommes. Après les livres, il y aura d’autres livres. Après la gloire, il y aura d’autres gloires. Après l’argent, il y a encore de l’argent. Mais après l’amour, Marcus, après l’amour, il n’y a plus que le sel des larmes. »

  

Oh mon dieu, que de rebondissements !
Ce livre nous embarque dès la première page et on ne peut plus le lâcher.
Les histoires s’entremêlent, on alterne passé et présent, preuves et contre-preuves, on va de surprises en surprises, on réfléchit, on élabore des théories, on suspecte, on pense avoir une piste et finalement, on y est pas du tout.
 

L’auteur nous balade, enchaîne les rebondissements, tous les habitants du New Hampshire passent de « sympathique » à « suspect », et jusqu’à la dernière page, entre menaces, mensonges, témoignages et certitudes, nous devenons non seulement spectateur et témoin de l’enquête, mais aussi un habitant de cette petite ville américaine qui a connu son lot de malheur.

 

Durant plus de 600 pages, on ne cesse d’être surpris, encore et encore. 

Et quand je lis que le style n’est pas particulièrement recherché (surtout pour le prix de l’Académie française), je ne peux pas le nier mais je peux par contre affirmer que ce livre, je l’ai lu pour me détendre, et sans espérer lire un Proust ou un Zola, et qu’il a largement dépassé mes attentes : je me suis non seulement détendue, mais j’ai surtout plongé dans l’univers de Marcus, stressant, souriant et rageant avec lui. J’ai vécu cette enquête comme si j’y étais et je suis ressortie scotchée par toutes les révélations et rebondissements contenus dans ce livre et par la façon dont ce jeune auteur (27 ans !) nous tient en haleine tout en se jouant de nous avec brio.

 

Un très bon moment. Je recommande.
Avis de Sandy qui l’a lu avec moi et celui de Mlle Pointillés qui l’a dévoré en une journée.
Adalana, quant à elle, est loin de partager notre enthousiasme.

 


La vérité sur l’Affaire Harry Quebert – Joel Dicker
Editions De Fallois – 670 pages
Grand prix du Roman de l’Académie Française et Prix Goncourt des Lycéens 2012 

 

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