Les lectures de Cécile

3
oct

« Tu exprimes cela si bien, mon amour ».

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Si j’ai adoré le premier tome, je me souviens avoir un peu moins apprécié le second qui manquait un peu d’actions.
Ce 3ème tome sera également une déception, plus grande encore que pour le tome précédent étant donné que j’ai mis plus d’une semaine à en voir le bout.

« vous devriez avoir honte ! Honte de simplement marcher parmi nous ! »
Alexia baissa les yeux sur sa propre personne « Je crois que je suis assise parmi vous ».
– Vous devriez être chez vous,  en train de ramper aux pieds de votre mari …
– Mais enfin, Lady Blingchester, que savez-vous des pieds de mon mari ?

Si le style est toujours aussi jouissif et que je continue de glousser à chaque page, l’absence de personnages secondaires comme lord Akadelmon, Lord Maccon ou Ivy se fait malheureusement beaucoup (trop) ressentir.
Les personnages secondaires qu’on voit le plus sont Floote et Mme Lefoux qui, il faut bien l’avouer, ne sont ni les plus attachants, ni les plus bavards, ni ceux pour qui on couine ou qui nous font le plus rire…

Les hurlements de Lord Maccon le réveillèrent. Pour le professeur Lyall, entendre Lord Maccon hurler était si banal que c’en était presque reposant. Ses cris possédaient le rythme agréable de la régularité et de l’habitude.
« Et qui, me permettrai-je de demander, est l’Alpha de cette fichue meute ? ».
Le rugissement portait à travers l’épais mur de pierre des cachots.
« Vous, monsieur, dit une voix craintive.
– Et qui est en train de vous donner l’ordre de le libérer de cette foutue prison ?
– Ce doit être vous, monsieur.
– Et pourtant, qui est toujours enfermé ?
– C’est encore vous, monsieur.
– Et vous ne voyez néanmoins pas le problème ?
– Le professeur Lyall a dit…
– Professeur Lyall, mon cul, oui !
– Très bien, monsieur. »
Lyall bâilla et s’étira.

 

Et si l’enquête de fond avait tout pour plaire (la fin du 2 était horrible !), je n’ai finalement pas du tout été passionnée. Non seulement j’ai trouvé ça lent, mais en plus il ne se passe pas grand chose.
Le mystère est d’ailleurs en partie seulement résolu à la toute fin, et de manière très rapide.

Et puis, toutes ces histoires d’éther, d’âme et de formules scientifiques ne sont pas très claires (suis-je la seule à ne pas tout comprendre ?) ce qui ajoute un côté brouillon/compliqué qui a fini par me lasser.

Alexia avait envie de se retirer dans sa chambre et de ramper sous les édredons pour s’enrouler en une boule minuscule – oui, bon, pas si minuscule que ça.
Mais elle était déjà habillée, et il faut respecter les principes, même dans les moments les plus pénibles.

Aussi, alors qu’Alexia se retrouve en Italie et qu’elle va côtoyer des Templiers, j’ai trouvé que ces derniers étaient également mal exploités et qu’ils n’apportaient pas grand chose, tant au niveau de l’action que du dénouement de l’histoire de fond.
Ceci dit, entre café, pesto, drone, porte-clé, kidnapping, coccinelles tueuses, et scientifiques allemand et français, il y a quand même des situations où Alexia m’a fait mourir de rire.

Il devint évident que la gouvernante compétente d’Alexia avait fait preuve de négligence dans son enseignement de la langue italienne. Elle n’avait jamais appris à Alexia qu’une grande partie des communications nécessitaient des gesticulations manuelles.
Bien que les sentiments fussent souvent exprimés un peu trop bruyamment pour la sensibilité raffinée d’Alexia, tout cela était aussi délicieux à voir qu’à entendre.

Car oui, au risque de me répéter, si cette série a bien une qualité indéniable, c’est bien celle de nous faire rire….

Elle le frappa au centre de la poitrine avec deux doigts pour ponctuer ses paroles. « Toi, tu es un traître (un coup), une andouille (un coup) insensible (un coup), soupçonneuse (un coup) et grossière ». Chaque coup le rendait mortel, mais cela n’avait pas du tout l’air de gêner lord Maccon. Il s’empara de la main qui le frappait et la porta à ses lèvres. « Tu exprimes cela si bien, mon amour ».

L’humour et le style « british » sont tout simplement irrésistibles et les personnages sont toujours aussi déjantés.
Spécial dédicace à Lyall, le bêta de la meute, que j’ai adoré dans ce tome.

« Où allez-vous à présent, monsieur le comte ? » cria-t-il au dos de Lord Maccon qui s’éloignait rapidement.
Le comte hurla par-dessus son épaule sans ralentir. « J’ai un bateau à attraper et une épouse à retrouver. Vous pouvez désormais vous occuper du reste.
Lyall aurait bien aimé se frotter le visage avec ses mains mais elles étaient occupées. « Oh, oui, bien sûr, partez donc. J’ai juste un homme transformé en loup-garou et un mort sur les bras. Je suis sûr que des Alphas m’ont déjà laissé un foutoir pire que celui-ci à nettoyer,  mais là, je n’arrive pas à m’en souvenir.
– Je suis sûr que vous vous en sortirez très bien.
– Merveilleux, monsieur le comte. Merci pour votre confiance.
– Bye bye. »
Finalement, même si j’ai été déçue par ce troisième tome, tant pour son manque d’actions que par son absence de personnages importants, je continuerai la série pour son humour et son style, d’abord, et ensuitei car la tournure des événements promet d’être on ne peut plus intéressante :)
Sans Honte (Le protectorat de l’ombrelle 3) – Gail Carriger
Editions Orbit – 320 pages

27
sept

Where in motherfucking-shit-fucking-hell-fucking bullshit had that come from?

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Pour résumer Undeniable, le premier tome de cette série (qui porte chaque fois sur de nouveaux personnages) j’avais employé le mot « intense ».
Je n’en trouve pas de meilleur pour résumer ce 3ème tome.

Que j’ai adoré.

Pour vous rappeler le contexte, on évolue dans un monde de bikers. Un monde aux antipodes du notre.
Dans le premier tome, nous suivions l’histoire de Deuce, le président d’un gang de motard et son histoire improbable avec Eva.
Le second tome parlait de Danny, la fille de Deuce, et de Ripper, un membre du gang plus âgé et défiguré.
Ce troisième tome traite à la fois de Cage, le fils de Deuce, et de Tegen, ainsi que d’un personnage très particulier que tout le monde nomme Dirty.

L’histoire de Dirty m’a plus touchée que celle de Cage.
Alone, he could cry. Alone, he could let the fear out and, Jesus fuck, there was so much fear. He lived and breathed fear every day, every night, all the motherfucking time

Son passé m’a brisé le cœur, ses agissements m’ont vraiment remuée, et ses pensées m’ont achevée.
He was nothing. He was shit. He was a damaged, deranged, sick motherfucker who deserved to be put the fuck down. He shouldn’t have lived for as long as he had; he didn’t deserve to share the same earth with people like Ellie, people who laughed over burnt popcorn even after they’d been stripped of their dignity.

Son histoire, en gros, m’a simplement chamboulée.
Then watching her cry while she asked to stay with him. With him? No one needed him. No one had ever once, not fucking once, needed him for anything. But she’d needed him.

J’ai ressenti exactement tout ce qu’il ressentait, j’ai été bouleversé et je me suis étonnée à ressentir de la tendresse pour lui alors que si on y réfléchit, c’est un personnage tellement dérangé qu’il en est presque psychopathe.
Et pourtant, pourtant, l’auteur a tel talent qu’on ne peut qu’être bouleversé et touché par son histoire. On ne peut que vouloir le meilleur pour lui.
Suddenly he didn’t want to take her to the club. He didn’t want her around the boys; he wanted to keep her here. With him. Well, not with him, but near him, a room or two away, so every once in a while he could hear her laughing. Or something.

C’est d’ailleurs là le point le plus fort  – et le plus dérangeant sans nul doute – de l’écriture et du style de l’auteur qui a cette faculté de nous faire éprouver de la compassion, de la compréhension et de l’espoir pour des situations et des personnages qui sont loin d’être normaux, pire, qui ont tout pour être condamnables.
L’histoire de Cage et Tegen, qui m’a moins touchée que celle de Dirty et Ellie m’a néanmoins également beaucoup plu, et pour cause, là aussi, l’auteur décrit tellement bien les émotions de ses protagonistes, avec un choix de mots tellement parfaits, qu’ils ne peuvent que nous toucher et nous transporter jusqu’à ce que nous vivions leurs histoires à leurs places.
“Since when are you so nice?” I whispered.
Cage’s nostrils flared slightly. “Only once, since the day I met you, Teacup, that I haven’t treated you right. Am I right?”

Oui, j’ai adoré ce livre.
J’ai aimé voir l’évolution – lente et difficile – de Dirty qui commence après l’arrivée de Ellie dans sa vie.
J’ai aimé le voir ressentir enfin des émotions, et en découvrir de nouvelles.
J’ai même aimé grincer des dents en comprenant ce qu’il a subit et fait subir.
J’ai aimé la grande gueule qu’est Tegen et la façon dont elle ne peut s’empêcher de fondre pour Cage et ses fossettes.
J’ai aimé leur passé, et leurs retrouvailles.
J’ai ri aux nombres de « fuck » que peuvent dire tous ces personnages en une phrase.
J’ai aimé leur manière de jurer, de baiser, d’être intenses.
J’ai aimé passer deux jours à écrire exclusivement des whatsapp à base de « fuck », « bitch », « whore » à ma camarade de LC.
Et enfin, j’ai quand même été un peu agacé par le nombre de fois où leurs narines « flared » (just for you, B, you fuckin’ little bitch).

Alors oui. C’est trash. C’est glauque. Et c’est extrêmement vulgaire.
“For fuck’s sake, Tegen, stop overthinkin’ every damn thing. Just get on my goddamn dick and start fuckin’ bouncin’.”
Well, how could I deny such sweet talk?”

On entre dans un monde de viols, de putes,  de meurtres, un monde décrit de manière cru, grossière et sans fioriture.
Un monde qui ne plaira pas à tout le monde, c’est une certitude.
Mais un monde d’amour aussi, différent de ce qu’on connait, mais non moins intense. Un monde qui me remue à chaque fois, qui me rend accroc, dans lequel je plonge tellement intensément qu’il m’obsède toujours quelques jours après l’avoir quitté.
Pour ça, pour la puissance des mots qu’elle utilise et qui nous immerge tellement dans ses histoires, je tire mon chapeau à  Madeline Sheehan.

“Tegen, that’s a hot piece of ass.”
Cage’s already rising temper flared to life and his arm shot out. Gripping Cox’s shirt collar, he pulled them nose to nose. “My hot piece of ass,” he growled. “Which you do not fuckin’ talk about.”
Cage froze. What?
What the fuck?
Why the fuck…
Where in motherfucking-shit-fucking-hell-fucking bullshit had that come from?

Unattainable (Undeniable 3) – Madeline Sheelan
Ebook – 306 pages

6
août

Ces 10 « détails », dans un livre érotique, qui semblent exciter les lectrices du monde entier sans que je comprenne toujours pourquoi.


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Aujourd’hui, soyons fous et faisons d’une pierre deux coups en participant à la fois au rendez-vous Top Ten Tuesday, et également à celui de Stephie chez qui, le premier mardi du mois, toutes les lectures sont permises.
Aujourd’hui donc, je vous parlerai des 10 points (G)(ou pas), qui semblent exciter beaucoup de filles, sauf moi.

 

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La clit-lit, ou quand la vulgarité excite (semble-t-il).

 

 

Entre Fifty Shades of Grey, Crossfire et Beautiful Bastard, j’avoue que je me demande sérieusement comment ces livres peuvent être dans le top 10 des meilleures ventes, et surtout comment ils peuvent être tant appréciés sans susciter (pour le moins) quelques « roulages » de yeux (surtout pour Beautiful Bastard j’avoue).

Je comprends que l’homme multi-milliardaire (toujours habillé en costard) qui baise tout ce qui bouge et qui n’est jamais tombé amoureux jusqu’à ce qu’il rencontre la fille « normale », comme vous et moi, celle qui va le faire changer du tout au tout, puisse être un rêve que beaucoup de femmes entretiennent au fond d’elle.

Ca, je peux donc le comprendre, mais j’ai plus de mal avec les 10 points suivants :

 

1. Le langage cru et vulgaire, pendant l’acte notamment.
Merde quoi, les filles, ça vous exciterait vraiment qu’un mec vous dise « sale perverse » ou « tu as une bouche de suceuse » pendant qu’il vous baise, pilonne, défonce fait l’amour ? Vraiment ?

 

2. Mâle dominant… ou pas.
Oh oui, moi aussi j’aime les beaux mâles alpha bien bossy. Je suis la première à lire (et à couiner sur) des livres avec ce genre d’hommes.
Mais la différence entre disons Curran et Barrons, par exemple, et Christian, Gideon ou Benett est de taille (et je ne parle pas de la taille de leur sexe vu que pour le coup, ils sont tous sans exception très bien montés)(manquerait plus qu’ils en aient des petites tiens).
Curran et Barrons sont sûrs d’eux, arrogants et bossy tout le temps (même pendant l’acte, et ce, même s’ils ne tombent pas dans le vulgaire), et sont donc de vrais alpha (qui n’ont pas besoin de fessées pour montrer leur domination, ni pour exciter leurs compagnes en leur faisant connaître la limite douleur / plaisir) mais surtout : et c’est là où je veux en venir (à part à l’orgasme donc) : ils le restent même une fois amoureux.

Christian, Gideon et Benett sont bossy et dominateurs surtout (seulement ?) quand ils baisent. Après ça, dès qu’ils sont amoureux, ils changent du tout au tout et deviennent pire que des serpillières (de belles serpillières soit, mais des serpillières quand même)(de celles dont on aimerait bien qu’elles nous nettoient)(de leurs langues)(comment ça vous m’avez perdu ?).
Ce que je tente donc d’expliquer, c’est que très vite, ils ne sont plus du tout l’alpha dominateur qu’on nous vend au début. Au contraire, ils sont prêts à tout changer pour la fille. Ils deviennent sérieux, monogammes, arrêtent de bosser (pour baiser donc), sont obsédés, mielleux, prêts à mettre leur fierté de côté et à supplier la fille de ne pas les laisser tomber etc…

Personnellement, je ne pense pas que j’aimerais que mon mec soit bossy à souhait mais si c’était le cas, et si c’est ce qui m’avait plu chez lui je n’aimerais pas qu’il change et devienne tout le temps mielleux à part dans le lit (ou sur une table, ou à son bureau, ou dans sa limo, ou… bon vous m’avez compris)(bref : quand il lui prend l’envie de me dire « jouis maintenant, femme ! » quoi).

 

3. Passé trouble ou psychopathe ?
Il était une fois, un homme au passé horrible, battu, violé, ou autre, qui n’a jamais fait confiance à personne et qui n’a jamais pu parler de ce dit passé.
Un jour, il tombe amoureux et là tout son monde et ses certitudes tombent (à contrario de son sexe) : il en vient à se confier, à tout raconter, à faire confiance etc…. Vous voyez le topo ?

Bon alors, oui, cet apollon brisé que seule une femme arrive à rassembler, je comprends que ça puisse faire rêver. On s’y voit, nous, être cette femme et arriver là où toutes les autres avant nous ont échouées. (A quoi bon un psychiatre quand on a une femme à l’écoute (qui en plus fait bien et de manière innée les fellations, je vous le demande ?) Donc OK. On comprend le truc.
Mais … quand même !
Entre l’un qui va jusqu’à tuer un homme qui embête sa copine, l’autre qui ne veut pas qu’on le touche et qui continue de voir la personne qui l’a initié au SM pendant deux tomes et demi (tout en pensant que ce n’est que de l’amitié), et le dernier qui passe son temps à déchirer des culottes (et des vêtements) et à les stocker, je ne sais pas vous, mais moi, je me dis que vraiment, si mon mec avait un de ces comportements, ça ne me ferait pas vraiment mouiller fantasmer. Au contraire, je trouverais ça limite flippant, non ?!

Et c’est sans parler du harcèlement dont font preuve ces beaux apollons au début du livre.
Ils suivent la fille, la harcèle, la mettent sur écoute, et ce, même quand elles leur disent clairement qu’elles ne sont pas intéressées.

Enfin, notons que si un mec tient l’échange suivant avec moi, il peut être sûr que je partirais en courant (et pas en direction de son entrejambe, si vous aviez un doute) :

–       Tu as quelqu’un dans ta vie ?
–       Ca ne te regarde pas.
–       J’ai envie de te baiser, alors oui, ça me regarde….

Cette notion de possession « tu es mienne » (genre quand il jouit la première fois en elle ), est d’ailleurs, pour le moins, assez déstabilisante, voire carrément flippante, je trouve.

 

4. Le style
Il faut bien le dire, nous n’avons pas à faire à du Balzac quand on lit de la clit-lit.
Notez que je ne juge pas vu le nombre (très restreint) de classiques que je lis par an.
Mais quand même. Il n’y a pas beaucoup d’ émotions, ce n’est pas drôle non plus et j’irai même jusqu’à dire que tout est à la limite du dramatique.
Je ne sais pas pour vous, mais un peu d’humour ne gâcherait pas forcément l’intérêt ou l’intrigue de ce genre de livres non ?

J’irai même plus loin, on pourrait même être excitée sans que nos héros aient vécu plus d’horreurs dans leur jeunesse que princesse Sarah dans la sienne (oui on a les références qu’on a…), non ?

Finalement, pour conclure ce point, je vais citer ma copine B qui m’a dit, très justement que « le problème majeur des mommy porn vient du manque de style et d’émotions. Tous les clichés, même les pires, passent bien dans une romance quand tout est englobé dans un style sympa ».
Ca résume parfaitement ce que je voulais dire.

 

5. La première rencontre.
Oh my, la première rencontre.
L’homme est toujours en costard, toujours à la tête d’une multinationale alors qu’il n’a pas 30 ans, et la fille se ridiculise toujours quand ils se rencontrent.
Entre le café qu’elle fait tomber sur lui (à l’entrejambe bien sûr)(qu’elle s’empressera donc de nettoyer en frottant vigoureusement de bas en haut), et celles qui tombent à 4 pattes devant le héros, on peut dire que ces rencontres sont tout ce qu’il y a de plus crédibles.
Mais bon, on ne demande pas à une romance, d’être crédible n’est-ce pas ? Passons donc sur ce point et analysons ce qu’il s’en suit.

Le coup de foudre.
Vraiment, un homme trébuche et vous renverse du café sur vos seins, ou tombe devant vous et quand il lève les yeux, vous avez directement envie de coucher avec lui et de lui jurer fidélité ?
Vraiment ?

Profitons également de ce point pour parler de notre héros ?
Ne pourrait-il pas être un simple employé ? ou habillé en jeans ? faut-il forcément qu’il soit multi-milliardaire et qu’il ait une limousine avec chauffeur ?
Et, comme si c’était un problème d’être riche, doit-il forcément, être d’une générosité à faire pâlir Mère Teresa et donc organiser des galas de charité ?
Cela le rend-il plus humain ?

Enfin, j’aimerais bien comprendre comment notre héros, à la tête d’une multinationale (en plus d’être à la tête d’une queue majestueuse) (pardon pour ce moment d’égarement, je vais me reprendre), je disais donc, expliquez-moi comment notre héros peut passer tout son temps (et quand je dis tout son temps, c’est vraiment tout son temps) à baiser, et continuer à faire prospérer sa boite, hein ???
Parce que, soyons honnêtes, s’il y a un moyen de devenir riche tout en n’ayant que des orgasmes, j’aimerais le connaître. Merci pour le tuyau donc.

 

6. Ces petites phrases qui excitent. Ou pas.
Personnellement si mon homme me sort une des 3 phrases suivantes, ce n’est pas un orgasme qu’il risque de déclencher chez moi, mais plutôt un fou rire.
Et vous ? Quelle est votre sortie préférée et surtout, laquelle vous excite (merci d’expliquer en quoi également, sinon je vous fais fouetter le postérieur à coup de martinets, merci) ?

a- « Jouis pour moi » (maintenant !)(et non, tu n’as pas le droit de toucher ton clito pour t’aider à venir, car c’est moi qui te dis quand tu peux jouir).
b- « tu es mouillée »
c- « tu es étroite » (y’a même plus d’intérêt à être vierge finalement. Quel dommage, tout se perd)(sauf l’étroitesse, semble-t-il).

 

7. Ces petits rien qui font beaucoup (de plaisir)….
Nos héroïnes sont soit vierges (ou ont très peu d’expérience), soit elles n’ont jamais connu d’orgasmes dignes de ce nom.
Mais grâce à nos héros, des orgasmes à répétition, elles en auront en veux-tu en voilà. Et pas seulement car le mec est mieux monté qu’un cheval, non non, mais car il sait se servir de ses doigts et de sa bouche aussi. Ainsi, entre une femme sans expérience et un homme qui en a beaucoup, ça ne peut que donner des multiples orgasmes.
J’avoue, avoir au moins 5 orgasmes par rapport, ça a de quoi laisser rêveur.
Surtout que pendant ce temps, notre héros, lui, conserve son endurance. Soyez bien rassurées sur le fait que jamais, Ô grand jamais, il ne jouira avant vous, même après une belle fellation de votre part.

Ceci dit, même s’il jouit, notre héros étant un surhomme, il peut repartir directement pour 4 autres rounds sans jamais que son petit copain se fatigue.
En bref, notre héros a l’endurance d’un sextoy, la langue et les doigts en plus.
Royal, non ?

 

8. C’est fou ce que le monde est petit parfois.
Un détail m’a toujours fasciné dans ces romances, c’est le fait que dans une ville de je ne sais combien de millions d’habitants, nos héros se retrouvent toujours dans les mêmes endroits par hasard (ou pas… quand le mec est vraiment taré).
Le hasard fait vraiment bien les choses dans les mommy porn (et autres romances), car au début, ils se croisent tout le temps : dans un bar, dans un restaurant, dans une boite, dans une salle de sport… des lieux comme il y en a donc peu à NYC, n’est-ce pas ?

Mais, attendez, il y a mieux : l’ascenseur.

Ahhhhh ce bon vieil ascenseur. Imaginez : dans un immeuble de 20 étages, qui doit quand même comporter environ 6 ascenseurs, nos héros arrivent toujours à prendre le même ascenseur, et à s’y retrouver seul (à part quand l’auteur veut inclure un petit doigtage dans ledit ascenseur, en quel cas, c’est plus excitant si il est blindé).(car bon la fille doit se mordre la lèvre pour ne pas crier son orgasme, et ça, c’est on ne peut plus excitant)(comment ça vous n’aimeriez pas être touché devant des gens ? (et comment ça vous n’arriveriez pas à jouir en 30 secondes, temps moyen qu’il faut à l’ascenseur pour descendre?)(Ahhh, vous préférez vous faire sauter dans la cage d’escalier, c’est ça ?)(ne vous en faites pas, allons, c’est pour après demain, (vu que demain vous faites une fellation à votre héros sous son bureau) il faut  bien varier les plaisirs)

 

9. La fille au caractère bien trempé (mais pas autant que son sexe à la vue du héros, je vous rassure de suite).
Pourquoi les héroines de ces livres ont-elles si peu de caractère ?
Elles sont toutes, sans exception, censées être hyyyyper intelligentes et over diplômées mais il suffit que le héros leur montre leur petit engin pour qu’elle n’ait plus une once de caractère.
Quelque soit ce que le héros leur fait subir, elles ne peuvent se résoudre à le quitter.
Bon, OK, ça, ça arrive dans « la vraie vie », tous les jours et je suis d’accord, ça n’a rien à voir avec l’intelligence.
Mais ne peuvent-elles pas avoir un minimum de réparties ? au moins un tout petit peu ? ne peuvent-elles pas tenir tête aux héros plus d’une journée ?
Apparemment pas. Mais finalement, vu que le héros, rappelons-le, est aussi devenu une larve, ce n’est que justice.

 

 

10. L’histoire (enfin, histoire, on s’entend hein).
En gros l’histoire peut facilement se résumer à : Ils se rencontrèrent, se disputèrent, baisèrent et vécurent heureux en ayant plein de fric et d’orgasmes jusqu’à la fin de leurs jours.

Là où l’histoire varie, c’est au sujet des disputes. Là vous avez le choix :
– le héros qui interdit à la fille de traverser la rue toute seule + elle qui le fait = dispute.
– le héros qui dit à la fille de ne pas rouler des yeux, de ne pas se mordre la lèvre (ça l’excite trop vous comprenez), ou de manger plus + la fille qui n’écoute pas = dispute.
– le héros qui revoit son ex ou qui continue de la fréquenter + la fille qui est jalouse + manque de communication = dispute.
– Le héros qui cache quelque chose à la fille (pour son bien généralement) + la fille qui interprète mal ce silence et qui est un peu parano + manque de communication = dispute.

Voilà un petit aperçu non exhaustif des disputes qui sont, sachez-le, très éprouvantes pour nos héros. (mais je vous rassure le sexe de réconciliation le sera encore plus)(amen).

 

Conclusion : 1 héros torturé + 1 fille inexpérimentée et également un peu perturbée + beaucoup de sexe – un psy (car il ne faudrait surtout pas essayer de gérer le tout avec des professionnels) + beaucoup d’argent = un couple banal et amoureux comme vous et moi (sauf que la vie de ces héroines est quand même bien plus excitante (dans tous les sens du terme) que la mienne).

 

 

L’idée de ce top ten m’est venu après la lecture de Beautiful Bastard qui figure parmi les meilleures ventes du moment et qui est d’une vulgarité sans nom.
Sincèrement, je peux comprendre qu’on soit totalement prise dans ces livres, qu’on fantasme sur un beau mec qui pourrait subvenir à nos besoins… Je comprends qu’on soit excitée par le fait de faire l’amour partout et tout le temps avec un bel homme que tout le monde regarde… oui oui, franchement je peux le comprendre surtout que finalement, c’est le but des livres : tout est permis, tout est possible.
Mais, après la lecture de Beautiful Bastard, je me suis dis « merde mais les femmes adorent vraiment ce livre où le héros dit « tu as une bouche de suceuse » et autres jolis poèmes à l’héroine durant tout le livre ? »
Je me suis vraiment demandé ce qui plaisait aux lectrices après cette lecture.
Et donc, suite à ces 10 points, je vous le demande : aimeriez-vous, au quotidien, que votre copain vous parle comme une pute ? Et seriez-vous flattées qu’il tue un homme pour vous protéger ? D’ailleurs, même dans la fiction, la vulgarité vous excite-t-elle vraiment ?

NB : Princesse Chi-chi me fait (très justement) remarquer que ces points, pour la plupart, ne sont pas propres à l’erotica (remarquez qu’elle emploie le bon mot, contrairement à moi qui catalogue ce genre en clit-lit)(que voulez-vous, on est une princesse comme elle, ou on ne l’est pas, comme moi). Donc oui ces points reviennent dans d’autres romances mais tout de même, elles sont systématiques à ce genre. Non ?

Le débat est ouvert : j’aimerais votre avis, avec thèse, anti-thèse, synthèse. Un cuni de Gideon à la clé.