Les lectures de Cécile

18
mar

Une photo, quelques mots #1 : Le choix

 

Il y a longtemps que je voulais participer à l’atelier d’écriture de Leiloona de Bricabook mais c’est aujourd’hui que je me décide (enfin!) à me lancer dans ce rendez-vous. 
Le principe est simple : Leiloona publie chaque semaine une photo qui sert de base pour notre texte que nous avons environ une semaine pour écrire. « Aucun genre, ni ton imposés. Seul le plaisir d’écrire. Encore et toujours ».

 

Voici donc la photo à l’honneur cette semaine, et en dessous le texte qu’elle m’a inspiré. 

 

nuages 
 

Alors c’est vrai, ce qu’on raconte, me dis-je. On voit vraiment la lumière qui nous guide vers le ciel quand on meurt.

Quand je vois ça, je me dis que je n’ai plus de crainte à avoir. 
Ce qui m’attend ne peut-être qu’à l’image de cette vue qui s’offre à moi, non ?
Lumière parmi les ombres, simplicité dans le chaos. Pureté, beauté, profondeur. 

Je fixe ce paysage pendant ce qui me semble à la fois des heures et des secondes et je m’interroge : quel rai de lumière dois-je emprunter pour suivre ce dernier chemin ?
Celui de droite, qui me semble plus long que celui en face de moi ? 
Ont-ils d’ailleurs des longueurs différentes ou est-ce simplement une impression ? 
J’ose me dire que ce n’est pas une impression et que la logique et la physique n’ont plus de mises désormais.

J’ose me dire que j’ai encore le choix. 

Le choix de me promener et de prendre le temps de traverser ce nuage qui ressemble à une baleine plutôt que celui qui ne ressemble à rien d’autre qu’un nuage. 

Le choix de passer par ce dégradé de bleu plutôt que de suivre cet autre chemin sans nuances. 

Oui, c’est décidé, je choisirai la lumière de droite. 
Je veux pouvoir faire cet ultime voyage à l’image de ma vie et passer par une multitude de couleur, de choix, d’ombres et de rêves. 

Car je le sais maintenant, je le vois de mes propres yeux, la destination finale de ma mort sera la même que celle de ma vie : lumineuse.

Photo de Romaric Cazaux
Et merci encore à Leiloona de nous proposer ses ateliers d’écriture

 

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3
avr

La roulotte de Syl…

roulotte

Et voilà la roulotte de Syl de retour par chez moi !
Je me suis régalée à écrire cet épisode (forcément, avec un rapprochement entre Zlatan et Caty, je ne pouvais espérer mieux ! :). Merci Lily pour les idées ! Finalement, on les aura fait coucher ensemble ! hihi. J’espère ne pas trop décevoir les « team Dominique » ? en même temps j’ai laissé des petites portes ouvertes…
Bonne lecture et désolée pour le pavé !!!

Ah oui ! Je devais placer les mots suivants : rivière – fourmilière – apoplexie – chevelure – attirance, que vous trouverez en orange dans le texte !  

 

Quand Cathy se réveilla, elle était nue, dans les bras de Zlatan… En un éclair tout lui revient, la lutte contre les esprits, la douleur de Zlatan, la fougue avec laquelle il l’avait faite sienne, ses muscles qui ondulaient sous sa peau recouverte de tatouages, ses baisers, doux au début, puis de plus en plus avides et pressants, la douleur, et pour finir, la sensation de bonheur, cette vague d’euphorie qui l’avait traversée. Rien qu’en y pensant Cathy ne put s’empêcher de rougir, mais l’attirance était de nouveau là. 
Elle n’osa pas bouger de peur de le réveiller…. Ainsi elle le scruta quelque temps, étudia chaque partie du corps de celui à qui elle s’était donnée, entièrement. Qu’il était beau. Et sous cette carapace, un homme meurtri, avec ses faiblesses… Elle sourit en songeant qu’elle ne regrettait rien. 
Pour la première fois depuis le début de toute cette aventure, elle avait envie d’y croire. Cette paix entre leurs deux peuples était possible. Elle allait même jusqu’à les imaginer en train de cohabiter. Il n’y avait qu’à regarder leurs groupes de voyage, tous avaient fini par s’entendre, par s’entraider… Oui, elle y croyait, et aux côtés de cet homme, son amant, et de son protecteur, Dominique, tout était possible… 
Elle chassa rapidement Dominique de son esprit, la douleur de le voir mourrant lui était encore trop douloureuse même si elle savait que ce n’était pas réel. Pourquoi cet esprit avait-il pris la forme de Dominique pour la torturer ? Représentait-il la personne la plus importante pour elle ? Une fois de plus Cathy se demanda quelle était la nature exacte de leur relation. La jalousie de Dominique, ses baisers volés, elle ne les avait pas inventés. Mais il était fiancé, et c’était à Zlatan qu’elle s’était donnée. Elle avait aimé ça… Cet homme l’apaisait, elle se sentait en sécurité avec lui. Elle ne supporterait pas de le perdre non plus…  
Cette idée lui tordit l’estomac et elle passa ses mains dans la chevelure de son amant. En voyant ses yeux bruns s’ouvrir et la dévisager, puis ses lèvres lui sourire, elle comprit qu’elle était heureuse d’être là, avec lui. S’était-elle d’ailleurs déjà sentie aussi épanouie ?


  

14 jours plus tôt…

 

Depuis l’attaque des sauterelles, les papillons et les arachnéens continuèrent leur chemin vers la montagne aux 2 pics, sans incidents majeurs. 
Au fur et à mesure que les jours passaient, que les rivières  déferlaient, que les équipes trouvaient de  la viande, des fruits et du poisson à manger, la bonne humeur s’installa et avec elle une harmonie entre les 2 groupes qui semblait sincère…
Des couples et des affinités se créaient et c’est avec un sourire en coin qu’Aaron jugeait ce beau monde. Il n’en revenait pas. Ces 2 clans qui, il y a à peine un mois se toisaient avec arrogance, se seraient étripés, les voilà qui s’entraidaient,  riaient, marchaient côte à côte -telle une fourmilière– et chassaient ensemble… Il ne put s’empêcher de rire à l’idée du rapprochement entre Sylphide et Marat. Malgré les centaines de piques qu’ils se lançaient par jour, l’attirance entre eux était claire comme de l’eau de roche…

Il se tourna vers sa petite fille… Elle aussi avait bien changé … On voyait qu’elle avait pleinement accepté sa condition de reine à présent. Plus sûre d’elle, rayonnante de beauté, elle commençait même à avoir du répondant.

Certes pas tout le temps, il la voyait bien rougir de temps en temps et jeter un coup d’œil à Zlatan. Aaron sourit et se demandait ce que le roi des arachnéens pouvait bien envoyer comme pensées et  comme images à sa petite fille pour qu’elle rougisse de la sorte… 
De ce côté là aussi, elle aurait des choix à faire… 
L’amour que lui portait Zlatan et Dominique crevait les yeux. 
Même si il était promis à Anne, Dominique souffrait du rapprochement entre Zlatan et Cathy, c’était évident… 
A chaque cours qu’il donnait à Cathy, tous les soirs, on voyait qu’il se retenait pour cacher ses sentiments… 
Car Cathy travaillait tous les jours avec Zlatan à ses pouvoirs arachnéens : elle avait appris à bloquer ses pensées pour que seul le tunnel entre son interlocuteur et elle soit ouvert. A part si elle choisissait délibérément de parler ou de partager ses pensées à tous. Aussi, physiquement, elle avait la rapidité et la force des arachnéens. Et plus étonnant encore, elle n’avait pas eu de difficultés à se transformer et à changer son apparence, comme l’avait fait Zlatan quand il s’était fait passer pour Anne…
En échange, elle apprenait à ce dernier à découvrir et à se servir de ses pouvoirs de papillons, qu’elle même apprenait le soir, avant le dîner en groupe, avec Dominique…
De ce côté-là aussi, ses facilités et ses capacités étaient hors du commun. Son aura, quand elle se transformait, était incroyable, puissante, et sa beauté était à couper le souffle… Elle apprit rapidement, à « voler » en grimpant aux arbres, en sautant haut et loin, et surtout en se téléportant… C’était la seule qui y arrivait dans cette forêt même si elle ne pouvait pas aller loin…

Aaron continuait de regarder Cathy, qui terminait sa leçon avec Dominique, alors que Zlatan l’attendait, avec une fierté non dissimulée… 
Puis son regard se porta plus loin et il sut que ce soir serait le dernier avant la première épreuve. Ils atteignaient la montagne aux 2 pics. Demain matin, Cathy et Zlatan devraient partir seuls à la rencontre de leur mission… 

La voix de Cathy le sortit de sa rêverie :
- Si c’est pour être accompagnée de deux hommes qui ne sont pas capables de maîtriser leurs pulsions et se contrôler, je préfère être toute seule ! 
Revenez me voir quand vous arrêterez de jouer les machos en puissance…!

Des rires fusèrent de toute part, à l’exception des deux machos en question qui restèrent interdits.

Le feu fut allumé, la nourriture distribuée et l’atmosphère redevint paisible. 
Le plan du lendemain fut discuté et accepté par tous : Cathy et Zlatan devaient se rendre seuls au pied de la montagne, ils continueraient pendant que le reste du groupe les attendrait. Après 2 jours sans nouvelles, Dominique, Sylphide, Marat et Alex partiraient à leurs recherches. 



Tous se couchèrent et c’est un Dominique anxieux qui vint réveiller Cathy à l’aube… 
- Cathy, il est l’heure. Je suis désolé de m’être comporté comme un idiot hier. C’est juste que je ne supporte pas de voir Zlatan flirter avec toi. Je n’aime pas votre intimité… Je n’y peux rien, ne m’en veux pas. Sois prudente ma reine, je penserai à toi continuellement…


Et sans lui laisser le temps de répondre, il partit dans les bois, après lui avoir déposé un baiser sur le front…


 

Cathy se prépara et après avoir mangé, prit la route en compagnie de Zlatan…
Il leur fallu la journée pour arriver devant la montagne… 
Au début, ils ne virent rien, puis une énorme pierre attira leur attention. Gravé dessus, l’on pouvait lire « Le roi et la reine qui sont arrivés jusqu’ici devront affronter leur première épreuve. Ensemble. Sans aide. Ils rentreront dans la cavité sous la montagne et devront vaincre leurs propres démons. Cette épreuve sera celle de l’esprit, et s’ils s’en sortent, ensemble, ils devront alors cheminer vers l’épreuve physique. »

Armés de leurs couteaux, et ne sachant pas exactement comment interpréter ce message, Cathy et Zlatan se dirigèrent vers la grotte qu’ils avaient aperçue en arrivant. 

Elle était immense, et sombre… Cathy se sentait de plus en plus claustrophobe et au bord de l’apoplexie.

Sans le bras ferme de Zlatan qui la soutenait et la guidait plus loin vers les ténèbres, elle se serait sans doute évanouie de peur…

Puis, soudain, une lumière éblouissante la força à fermer les yeux. Le bras de Zlatan ne la soutenait plus. Quand elle ouvrit les yeux, elle vit Dominique devant elle,  au loin, défiguré par la peur, couvert de sang et qui hurlait. Il la suppliait de venir l’aider, il était en train de mourir… Cette image relevait de la torture pour Cathy, elle s’entendit hurler, et la douleur la fit vomir. Elle se releva enfin pour aller secourir Dominique ? Comment était-il arrivé là ? Pourquoi lui ? Pouvait-elle le sauver ? Arriverait-elle à temps ?! Elle marchait à tâtons pour arriver à lui quand elle se rappela qu’elle était dans la grotte. Comment Dominique avait-il pu arriver ici, blessé ? Se souvenant de la prophétie sur la pierre, elle comprit qu’il n’était pas réel et même si le cri de Dominique lui était insupportable et qu’elle savait sans le moindre doute qu’il continuerait à la hanter très longtemps, elle arriva à s’arrêter et à détourner les yeux…

C’est alors qu’elle vit Zlatan qui trébuchait en courant vers une femme magnifique. Il hurlait, il pleurait, lui criait qu’il arrivait, que cette fois il arriverait à la sauver… 
Cathy n’avait jamais vu cette femme mais elle savait qu’elle devait stopper Zlatan. Il ne devait pas la toucher…

Elle avait beau hurler son nom, il ne s’arrêtait pas. Il ne l’entendait pas. Il  hurlait le nom d’Elena.
C’est alors qu’elle se projeta dans la tête de Zlatan et lui ordonna de la regarder…

« Elle n’est pas réelle Zlatan, arrête-toi. C’est une vision, un leurre. Seulement l’épreuve que nous devons passer, ensemble, pour libérer nos peuples de la guerre. Est ce que tu te souviens ? Fais-moi confiance, vient avec moi. Je ne sais pas qui elle est, mais elle n’est pas réelle. Moi par contre, je le suis. Retourne-toi, reviens-moi… ne nous perd pas… »

 

Peu à peu, alors que les mots firent leur chemin, Zlatan tomba à genoux, en pleurant. Dominique et Elena disparurent… Cathy se retrouva également à genoux, serrant contre elle un homme qu’elle avait l’impression de découvrir. Où était sa carapace ? Qui était cette femme ?

Même calmé, il était clair qu’il ne parlerait pas d’elle à Cathy… 
Et puis, sans qu’elle s’y attende, il l’embrassa avec fougue, avec rage et désespoir et elle ne put et ne voulut lui résister. Elle lui rendit ses baisers, avide de le découvrir, de l’apaiser, de l’aimer.

Ils s’endormirent longtemps après, enlacés, et sur les mots et promesses de Zlatan : Merci de m’avoir sauvé tout à l’heure. Je m’étais perdu. Mon passé m’a rattrapé. Mais tu es là. Je t’ai. Je t’aime, tu es mon avenir. Désormais c’est vers toi que je mon être se tournera. Toujours…. 



Dans la nuit, Zlatan eut le sommeil agité ce qui réveilla Cathy. N’arrivant pas à le tranquilliser elle décida d’aller dans son esprit et c’est là qu’elle aperçu les rêves, ou plutôt les cauchemars de son amant… Cette femme, Elena, il l’avait aimée. Plus que tout. Elle portait son enfant quand elle était morte, lors de sa transformation. Zlatan n’avait pas pu l’aider. Il était arrivé trop tard et s’en était jamais remis. Il était persuadé qu’il aurait dû et pu la sauver… Il n’avait plus souri jusqu’à sa rencontre avec Cathy.

Elle sortit de ses pensées en sachant qu’il ne lui avait pas menti hier quand il lui avait dit qu’il l’aimait et qu’elle était son avenir… 
Elle put ainsi se rendormir plus sereinement…

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Quand Cathy se réveilla, elle était nue, dans les bras de Zlatan… En un éclair tout lui revient, la lutte contre les esprits, la douleur de Zlatan, la fougue avec laquelle il l’avait faite sienne, ses muscles qui ondulaient sous sa peau recouverte de tatouages, ses baisers, doux au début, puis de plus en plus avides et pressants, la douleur, et pour finir, la sensation de bonheur, cette vague d’euphorie qui l’avait traversée. Rien qu’en y pensant Cathy ne put s’empêcher de rougir, mais l’attirance était de nouveau là. 
Elle n’osa pas bouger de peur de le réveiller…. Ainsi elle le scruta quelque temps, étudia chaque partie du corps de celui à qui elle s’était donnée, entièrement. Qu’il était beau. Et sous cette carapace, un homme meurtri, avec ses faiblesses… Elle sourit en songeant qu’elle ne regrettait rien. 
Pour la première fois depuis le début de toute cette aventure, elle avait envie d’y croire. Cette paix entre leurs deux peuples était possible. Elle allait même jusqu’à les imaginer en train de cohabiter. Il n’y avait qu’à regarder leurs groupes de voyage, tous avaient fini par s’entendre, par s’entraider… Oui, elle y croyait, et aux côtés de cet homme, son amant, et de son protecteur, Dominique, tout était possible… 
Elle chassa rapidement Dominique de son esprit, la douleur de le voir mourrant lui était encore trop douloureuse même si elle savait que ce n’était pas réel. Pourquoi cet esprit avait-il pris la forme de Dominique pour la torturer ? Représentait-il la personne la plus importante pour elle ? Une fois de plus Cathy se demanda quelle était la nature exacte de leur relation. La jalousie de Dominique, ses baisers volés, elle ne les avait pas inventés. Mais il était fiancé, et c’était à Zlatan qu’elle s’était donnée. Elle avait aimé ça… Cet homme l’apaisait, elle se sentait en sécurité avec lui. Elle ne supporterait pas de le perdre non plus…  
Cette idée lui tordit l’estomac et elle passa ses mains dans les cheveux de son amant. En voyant ses yeux bruns s’ouvrir et la dévisager, puis ses lèvres lui sourire, elle comprit qu’elle était heureuse d’être là, avec lui. S’était-elle d’ailleurs déjà sentie aussi épanouie ?


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Des centaines de baisers, de rires et de câlins plus tard, ils sortirent et se dirigèrent à nouveau vers la pierre… Là se trouvait une épée solide, magnifique. Les mots sur la pierre étaient différents de ceux de la veille…
Il leur faudrait affronter l’épreuve physique, à deux, et pour cela se rendre aux chutes d’eau de la vallée des morts, située à l’autre bout de la forêt… 

Il leur faudrait encore des semaines pour y arriver, mais ensemble, avec leurs alliés, leurs amis, ils savaient que tout était possible…  

 

Je m’arrête ici et la personne qui reprendra les aventures de Caty après moi devra composer avec les mots suivants : amour, joie, jalousie, meurtre, bébé. 

 

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-la-roulotte-de-syl-70887118.html

11
fév

La roulotte de Syl est de retour par chez moi…

La roulotte de Syl repasse par chez moi et je devais composer avec les mots suivants : post-apocalyptique, fougère, récipient, volupté et vigueur.  

roulotte

 

– Mais nous ne comptons pas discuter avec toi pour le moment Zlatan. Tu n’amadoueras pas notre reine si facilement. Pas tant que je serai vivante.

– Que de belles paroles… Tu n’es pas si fière quand il suffit de passer à d’autres sortes d’actions !

– ASSEZ j’ai dit !

Cette fois, tous se turent devant le ton majestueux qu’avait pris Cathy.

– Zlatan, je vous crois. Je sens que je peux vous faire confiance quant à cette prophétie.

Puis se tournant vers Sylphide :

– Non. Ne dites rien. J’ai besoin de votre confiance et de votre soutien. Sylphide, je sens que je dois le croire. Je pense à la liberté qu’il nous offre. Au risque qu’il a pris en venant ici. Faites-moi confiance. De toute façon, ma décision est prise, je partirai avec lui et 5 des nôtres. A vous de voir si vous voulez partir avec nous.

 

Sylphide serra ses points, ne dit rien mais Cathy sut qu’elle pourrait compter sur elle. Elle savait que cette guerrière lui serait indispensable. Elle se demanda d’où lui venait cette force de s’imposer… Pas plus d’une semaine était passée depuis la visite de Dominique à son appartement et déjà, elle acceptait le fait d’être la reine d’un peuple dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Pire, elle venait de prendre une décision cruciale pour l’avenir des siens, et cette décision, elle le savait, était basée seulement sur l’instinct. Et si elle se trompait ?

 

– Zlatan, je veux que vous nous rendiez Anne ce soir. A 18h. C’est vous qui l’accompagnerez.

Demain matin nous nous retrouverons devant les murailles, vous et moi, chacun accompagné de 5 personnes. De là, vous nous expliquerez les prochaines étapes. Vous ne discuterez pas ces termes. Si vous n’acceptez pas, vous resterez ici. A vous de choisir.

– Et bien, je vois que ma présence vous donne la force de vous affirmer ma chère… Je me disais aussi qu’avec un père comme le vôtre, et ce que j’ai entendu sur votre mère, vous ne pouviez pas avoir le caractère faible que vous paraissiez avoir ! J’accepte vos conditions. J’amènerai Anne chez vous à 18h.

Je suis content de votre choix. Et soulagé.

Ahhh Rose ! Nous allons accomplir de belles choses…

J’espère simplement que vous n’allez pas tomber amoureuse de moi trop vite, je n’aimerais pas que vous ayez la tête ailleurs pendant notre périple. Ajouta-t-il avec un sourire en coin qui ôtait tout envie de le sermonner pour ces paroles.

 

Sylphide siffla entre ses dents, dit quelque chose dans une langue que Cathy ne comprenait pas et tourna le dos à la cage.

– Le sort est levé. Tu peux ouvrir la cellule Gaston. Cathy, suivez-moi. Nous devons annoncer ces merveilleuses nouvelles aux autres… Elle ne cachait pas sa froideur et son dédain. Cathy la suivit et laissa Gaston s’occuper de Zlatan…

 

Quand elles eurent fini de relater les évènements à Aaron et Dominique, un silence de plomb s’était abattu dans la salle.

Dominique avait réagit comme Sylphide jusqu’à ce qu’il apprenne qu’Anne allait être libérée.

Aaron quant à lui, avait eu les yeux scintillants pendant que Cathy parlait de la prophétie.

Il leur avoua qu’il en avait aussi entendu parler – cet homme savait-il tout sur tout ?- mais qu’il ne s’était jamais résolu à la chercher…

 

Il fut décidé, non sans difficultés, que Dominique, Sylphide, Gaston malgré la souffrance qu’il ressentait face à la perte de son frère, tué par les personnes même avec qui il devait désormais s’allier, l’accompagneraient. Livia une femme que Cathy ne connaissait pas encore, semblait un atout pour cette aventure. Elle lui fut présentée et Cathy l’apprécia immédiatement. Grande, rousse, les yeux couleur noisette, des taches de rousseur constellant sa peau, elle sourit d’emblée à sa reine, révélant une fossette qui la rendait encore plus sympathique. Elle avait cette aura et cette brillance émanant de sa peau qui indiquait qu’elle avait déjà été transformée. Aaron lui avait expliqué que la plus grande force de Livia était sa malice. Elle était rusée et intelligente. Ce n’était pas une guerrière comme Sylphide, mais elle était toujours joviale et posée, ne cédant pas facilement à la panique. Elle était à coup sûr très importante dans cette quête et les aiderait à réfléchir et à les sortir de situations délicates quand il le faudrait.

Aaron, pour toutes ces connaissances, fut également choisi malgré son grand âge. Sa sagesse, sa connaissance des pouvoirs de leur peuple seraient des précieux atouts. On pouvait voir dans ses yeux à quel point cette aventure l’excitait…

 

Anne fut bien amenée par Zlatan. Elle fut placée dans la cellule pendant une heure, et ne changeant pas d’apparence, on la monta dans une chambre…

Elle était épuisée et assura qu’ils ne lui avaient fait aucun mal.

Dominique lui apprit qu’il allait partir quelques temps… Cette nouvelle la terrassa bien plus que sa captivité chez les arachnéens.

Au bord de l’épuisement, après avoir supplié Dominique de ne pas y aller, et devant la détermination de celui-ci, lui expliquant que son devoir allait à sa reine, elle finit par se résoudre, et s’endormit, angoissée, le cœur meurtri…

Dominique la veilla toute la nuit. Il regardait cette femme qu’il aimait et qu’il allait abandonner pendant presque un an…

Un an… Il ne savait pas ce qu’ils allaient chercher. Ou les mènerait cette quête. Pouvait-il croire à cette paix si improbable ? Qu’allaient-ils devoir affronter ? Reviendrait-il indemne ? Et si oui, serait-il le même ou différent ? Et sa douce Anne ?

Il se surprit à penser à Cathy. Il savait, tout comme Zlatan, à quel point sa beauté serait parfaite et intense, après sa transformation…

Il la trouvait déjà tellement belle, tellement attirante, avant la mutation… Son cœur resterait-il fidèle à Anne pendant cet éloignement ?

C’était la première fois qu’il se permettait de réfléchir à ces sentiments contradictoires qu’il refoulait depuis une semaine…

 

Il s’endormit sur sa chaise, près d’Anne tout en pensant à Cathy timide, si réservée, si faible, qui n’attendait que de s’épanouir et s’affirmer.

 

Le lendemain matin, tous préparèrent leur matériel. Chacun aurait sur lui une arme. Couteaux, arcs, pistolets. Ils prirent des vivres, 2-3 tenues amples dans lesquels ils pourraient se mouvoir facilement –qu’ils nettoieraient aussi souvent que possible- un sac de couchage et des pulls…


Une fois les préparatifs terminés, les 2 clans ennemis se retrouvèrent à l’aube devant la forteresse.

Cathy, Aaron, Sylphide, Gaston, Dominique et Livia d’un côté.

Zlatan, Marat, Elena, Jade, Eydan et Alex de l’autre. Ils avaient tous des traits fermes, durs, la peau plus mate. Mais tous, sans exception, étaient d’une beauté à couper le souffle.

L’air autour de ces douze personnes était électrique. Il est évident que les arachnéens avaient eux aussi du mal à se savoir aussi proche de l’ennemi et l’idée de passer du temps ensemble ne les enchantait guère.

 

Zlatan pris la parole et expliqua le début de la prophétie.

Ils devront se rendre au cœur de la forêt des Monts Oubliés et trouver la montagne aux deux pics. Là-bas, ils se trouveront devant une porte que seuls le roi et la reine, leurs pouvoirs réunis, pourront ouvrir…

A l’intérieur, ils trouveront l’épée magique qui leur sera nécessaire pour poursuivre leur aventure et mener à bien leur mission.

La prochaine étape de leur quête devrait se trouver, sur un manuscrit, à ce même endroit…

 

Dans une unité, tous les papillons déjà transformés se concentrèrent sur la forêt des Monts Oubliés, qu’aucun ne connaissait par ailleurs. Quand ils ouvrirent les yeux, ils étaient au milieu de nul part. Dans une forêt sombre, calme, angoissante. Outre des arbres et des fougères de partout, il régnait dans cet endroit un silence post-apocalyptique. Au loin, à des centaines de kilomètres, leur  apparaissent des chaînes de montagnes…

 

 Sylphide se retourna vers Zlatan.

– Et bien, alors ? Quel est le plan maintenant ?

 Gaston prit la parole.

– Je vais essayer de me téléporter à la montagne aux deux pics et explorer ce qui nous attend là bas avant que nous nous y rendions tous. 

Quand rien ne se produisit, c’est Aaron qui prit la parole.

– J’ai senti l’électricité dans l’air. Nos pouvoirs sont plus faibles ici. Nous allons devoir avancer à pieds vers la chaîne de montagne.

– Mais cela risque de prendre des semaines ! Nous n’avons pas suffisamment de provisions. Je t’avais dit que c’était de la folie, Zlatan. Nous voilà en compagnie de ces insectes, avec nos pouvoirs également diminués, et ce pour des semaines… Marat avait parlé pour la première fois. Sa voix était chargée de menace…

– Marat, je t’ai averti, si tu es là maintenant, ce n’est sûrement pas pour t’entendre dire que je suis dans l’erreur. Ouvre la marche avec Sylphide.
 

Avant que celle ci ne puisse ouvrir la bouche, un cri transperça l’air. Un cri à glacer le sang.
Tous se retournèrent vers Cathy qui haletait, hurlait, et qui gisait par terre…

– J’ai l’impression qu’on m’arrache la peau, je ne peux plus respirer, je vais mourir…

Zlatan et Dominique furent sur elle en un éclair.
Zlatan perdit son masque d’impassibilité.

– Que lui arrive t-il ? Qu’est ce qu’il se passe ? Ne me dites pas qu’elle se transforme ?

Livia toucha le front brûlant de Cathy qui était agitée de spasmes.

– Comment est-ce possible ? Elle n’est pas préparée. C’est impossible, elle n’a pas 25 ans. Personne ne se transforme avant ses 25ans.

– Sauf qu’ici nos pouvoirs ne sont pas les mêmes. Il semblerait que ce lieu puisse aussi bien amoindrir nos pouvoirs que les révéler.

La voix d’Aaron était froide. Il parlait comme s’il était en transe. La peur de perdre sa petite fille et leur seul espoir le tétanisait.

Livia respira calmement.

– Ca ne sert à rien de paniquer. C’est la reine. Elle va s’en sortir. Nous devons lui trouver un coin à l’ombre. Sortez vos bouteilles et remplissez un récipient d’eau fraîche. Avec de la chance la transformation ne durera que quelques heures et cette nuit elle sera définitivement une des nôtres. La plus puissante d’entre nous. Pleine de force, de vigueur et de volupté.

 

Alors que Dominique et Gaston s’apprêtaient à porter une Cathy évanouie, et toujours secouée de spasmes, ils entendirent des bruits, faibles au début puis de plus en plus fort.

 

Alors que leur reine était en pleine transformation, tous réalisèrent qu’ils n’étaient pas seuls.

Des dizaines, des centaines, voire des milliers d’hommes mi-humains- mi-chauve-souris les encerclaient. Devant eux, derrière eux, dans les arbres. Ils étaient partout. Leurs arcs prêts à lancer des flèches au moindre de leurs mouvements…  

 

Comment vont-ils s’en sortir face à cette nouvelle espèce ?

Ennemis ou alliés ?

Cathy survivra-t-elle à sa transformation ?

Quels seront ses pouvoirs ?

Arriveront-ils à la Montagne aux deux pics ?

 

La suite au prochain épisode… Chez Sharon qui devra placer les mots suivants : peur, liberté, beauté, dieu, pluie diluvienne.

 

Pour voir le résumé des autres épisodes : c’est chez Syl… 

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