Les lectures de Cécile

30
oct

Les Assassins de R.J. Ellory : rien à sauver, passez votre chemin

 

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Le problème avec les polars, ce n’est pas que je n’aime pas en lire, c’est que je les oublie aussitôt refermés.

Celui-ci fait exception mais malheureusement pas pour les bonnes raisons (quoi que j’ai du chercher les noms des personnages à peine un mois après l’avoir terminé).

Le prologue, très long, aurait pourtant dû me mettre la puce à l’oreille.
Mais avant de vous donner mon ressenti, de quoi ça parle ?

D’un tueur en série qui sévit à New York.
Aucun des meurtres qu’il commet ne se ressemble, et pour cause : il imite, jusque dans les moindres détails, les meurtres de tueurs en série célèbres, à la date exacte où ils ont été commis.
Ray Irving, détective de NYPD n’aurait pas fait le lien entre ces meurtres sans l’aide de John Costello, documentaliste au City Herald, dont la connaissance et l’obsession pour les serial killers est à la fois fascinante et morbide.
Ensemble ils vont essayer de traquer le meurtrier.

Avouez que ce résumé donnait envie !

Oui il y avait de la matière, et pourtant… j’ai trouvé le style très froid et factuel.

Les meurtres sont cités et décrits tellement froidement qu’on ne ressent aucun frisson, l’inspecteur n’est pas du tout attachant car là aussi, trop factuel. Et surtout, il ne sert à rien pendant tout le livre !

Toutes, je dis bien TOUTES les pistes qu’il suit ou toutes ses avancées, il les doit à John.
Et je ne vous parle pas de sa personnalité… Mon dieu, je crois que si l’auteur avait voulu créer un personnage moins attachant cela n’aurait pas été possible.

Soyons honnête : c’est le looser par excellence : il n’ose pas tenir tête à ses supérieurs même quand il a raison, il mange tous les jours au même restaurant, n’a pas une tenue correcte, passe tout le livre à se plaindre de sa vie, il est toujours seul, n’a pas d’amis, et alors qu’une femme pleine de vitalité et intéressante s’intéresse (allez savoir pourquoi) à lui et qu’elle lui propose un rdv, il ne fait rien.

**** Petit Spoiler**** (Même à la fin, c’est le tueur qui prend contact avec lui. LOL.)(Même lui en a eu marre d’attendre que l’inspecteur le retrouve). **** Fin Spoiler****

Bref le personnage qui ne sert à rien quoi.

 

« Il était fatigué, perplexe, désenchanté, déçu, abattu, furieux, frustré. Bien décidé, aussi, à ne pas devenir le bouc émissaire face à l’avalanche de questions auxquelles Farraday risquait fort d’être incapable de répondre. Ce n’était pas comme ça que les choses étaient censées fonctionner. Ce n’était pas comme ça qu’il avait voulu que sa vie soit. »

 

Quant à l’histoire, aussi bien documentée et intéressante soit-elle, c’est beaucoup trop lent. Il se passe très très peu de choses pendant 60% et si je salue l’effort de l’auteur pour toutes ses recherches sur les tueurs en série, je regrette quand même que le livre n’ait pas fait un tiers de moins. 

Bref, vous l’aurez compris, c’est un rendez-vous manqué pour moi : je n’ai rien ressenti de ce que j’attends d’un polar. Je n’ai pas été tenue en haleine, je n’ai pas stressé, je n’ai pas eu peur et je pouvais reposer mon livre sans problème… 

Mais Lily qui l’a lu avec moi a eu un coup de coeur ! 
Comme quoi, les ressentis… 

16
oct

Francesca Cahill tome 1 : un odieux chantage de Brenda Joyce – La déception RH de l’année…

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Toutes mes copines ont adoré ce livre… « Francesca par ci » « Francesca par là » « J’ai enchainé les 6 tomes » « Série géniale » «  Et Calderrr hiiiii »…
Et moi, pauvre créature influençable que je suis, je savais qu’il y avait un triangle amoureux qui durait 3 tomes et je savais que ça allait être dur de passer outre. Mais bon, elle avait l’air si incroyable cette Francesca que mon immense ouverture d’esprit et moi-même (que celle qui vient de pouffer se dénonce et m’apporte un carambar caramel pour se faire pardonner), avons décidé de passer outre nos préjugés et commencer la série quand même… Et tout ce que je peux vous dire c’est qu’on ne nous y reprendra plus si facilement, mon ouverture d’esprit et moi-même… 

 

En deux mots (façon de parler vu la longueur du billet), voici l’histoire…
Histoire qui se passe à New-York en 1902 (J’avoue que ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille, vu que je n’aime que les RH qui se passent à Londres, avec des bals et des calèches… pas celles où il y a le téléphone et des voitures). Bref, NYC 1902, notre héroïne, Francesca, 20 ans, est une fille super intelligente, très portée sur les réformes, qui a décidé d’étudier à l’université (en secret) et qui ne veut pas se marier.
Le livre s’ouvre alors que sa mère a organisé une soirée mondaine chez elle. Durant cette soirée, Jonathan Burton, le fils de Elza et Robert Burton, les voisins de Francesca, est kidnappé… L’occasion pour le nouveau préfet de police, Rick Bragg, de prouver ce qu’il vaut en résolvant ce mystère…

Intéressant, non ?
(La question était rhétorique, mais si vous voulez vraiment la réponse, sachez que c’est non).

Et si vous n’avez pas tout compris au résumé (votre nom est-il Francesca ?) ou si vous avez lu le paragraphe précédent en diagonal (insinueriez-vous que mes billets sont trop longs ?) voici les personnages à retenir :

Francesca : pimbêche sans cervelle : héroïne. Très intelligente.
Bragg : héros et nouveau préfet de police. Très beau.
Robert et Eliza : parents du garçon kidnappé. Très tristes.
Connie et Neil : sœur et beau frère de Francesca. Très… rien.

Maintenant que vous connaissez l’histoire de base et les personnages principaux, place au QCM.

 

Attention : spoilers.

1) Quand Francesca, hyper féministe et engagée politiquement, qui n’aime pas les soirées mondaines et ne veut surtout pas qu’on lui présente des hommes car elle veut étudier et non pas se marier, rencontre le nouveau préfet de police de la ville qui a fait Harvard, a été chef d’entreprise et connaît le président Roosevelt (tout ça à environ 27 ans)(comme quoi le manque de crédibilité sur le passé des héros est vraiment un point commun à tous les genres de romances, pas juste à l’érotique), Que pense-t-elle ? (trouvez la réponse fausse)
a) Chouette, je vais pouvoir parler des nouvelles mesures de sécurité publique.
b) Oh la la, il est beau, quel charisme !
c) Oh la la, je ne sais pas quoi dire, je perds ma langue, j’espère que je ne lui semble pas trop bête (À lui, je ne sais pas. À nous, si).
d) Oh la la, il est beau, quel charisme.
e) Oh, mais attends, il ne me regarde pas ? Mais pourquoi il ne me regarde pas ? Tous les hommes me regardent pourtant ! N’aurait-il pas (je cite) « remarqué que je suis blonde aux yeux bleus avec un joli nez retroussé ? »
f) Mais pourquoi ne me regarde-t-il pas alors que tous les hommes me regardent ?
g) Il est presque aussi beau que Neil, le mari de ma sœur.

Indice: trèèès difficile pour voir si vous êtes aussi doués que Francesca pour résoudre les énigmes.
Si d-1 = c, alors la bonne réponse est b-1.

 

2) Quand Francesca, fille hyper intelligente s’il en est, décide d’aller, sans prévenir personne, dans les bas fonds de NYC où le premier indice laissé par le kidnappeur indiquait de se rendre, comment se déguise-t-elle pour passer inaperçue ?
a) Avec les vêtements trois fois trop grands de sa bonne et en mettant un coussin pour rembourrer le tout qu’elle ne tiendra pas et qui tombera dans la rue sans qu’elle s’en rende compte.
b) Avec les vêtement d’un valet, en attachant ses cheveux et en ne rembourrant pas sa tenue avec un coussin qu’elle ne prendrait pas la peine de tenir pour qu’il ne tombe pas. (je viens de battre le record de négations dans une phrase ou quoi?)
c) Elle ne se déguise pas.

Indice : malgré le ton de ce billet qui pourrait vous sembler légèrement ironique, Francesca n’est pas stupide au point de ne pas se déguiser.
Non, ne déconnez pas, je n’ai pas dit non plus qu’elle était intelligente au point de trouver une tenue qui la déguiserait complètement. Faut pas exagérer non plus.
Et oui, le coussin tombe. (Oui oui dit oui oui).

 

3) Quand elle revient de son expédition, elle croise Neil, son beau frère et il se passe successivement les choses suivantes :
À quel moment ai-je eu le plus envie de gifler l’héroïne, de jeter mon Kindle et de rire nerveusement tout en roulant des yeux ? Lorsqu’ :
a) Elle perd la parole « pourquoi se transformait-elle systématiquement en bécasse muette en sa présence ? »
b) Il la regarde de la tête aux pieds et elle rougit. « Elle détestait qu’il la vît vêtue de cette vilaine robe noire de domestique. Il avait beau être marié avec Connie (sa sœur, suivez un peu), et elle-même ne pas être vaniteuse (vaniteuse, elle ???), elle ne pouvait s’empêcher d’avoir envie qu’il la trouve agréable ».
c) Il la regarde et lui demande ce qui lui est arrivé et « Francesca aurait aimé inventer un mensonge élaboré, mais elle en fut incapable tant elle était occupée à se demander s’il admirait sa chevelure en désordre ou s’il la critiquait » (vaniteuse, elle ?????)
d) Il croit qu’elle revient d’un rendez-vous avec un homme et Francesca « de façon perverse, était ravie qu’il imagine qu’elle avait rencontré un homme. Peut-être que lorsqu’il penserait à elle dorénavant, il verrait autre chose que la bizarre petite sœur de Connie, incapable d’aligner des phrases cohérentes en sa présence ». (ou pas…)
e) Comme elle ne répond pas, il lui dit que si cet homme était un gentleman, il la courtiserait comme elle le mérite, ce à quoi Francesca, 20 ans et super intelligente répond (quoi ? je ne fais que rappeler les faits., je ne fais en aucun cas du mauvais esprit). Donc quand il lui dit qu’elle ne mérite pas un homme qui ne la courtise pas comme il se doit, elle lui répond :
f) « OK. Je ne verrai plus jamais mon amant, Neil ». puis : « Que lui avait-il pris ? C’était absurde, mais elle avait envie qu’il la considère suffisamment femme (si toi aussi tu connais Pascal Obispo, chante avec moi : Si j’existe, si j’existe, c’est d’être feeeeemmmmme, c’est d’être femmmmme) (oui je sais que c’est fan le mot de la chanson et pas femme, vous avez cru que mon nom commençait par F et finissait par A ?!). Bref, donc où en étais-je ? Ah oui, « elle voulait qu’il la considère suffisamment femme pour avoir un rendez-vous galant, pour être la maîtresse d’un homme », du coup elle lui a dit « je ne verrai plus jamais mon amant, Neil ». Tant de profondeur dans un dialogue, je ne sais pas vous, mais moi, ça me donne envie de me noyer dans un piscine de fraises Tagada. Mais bon, poursuivons. Suite à ce mensonge éhonté,
g) Elle se reprend rapidement pour lui dire qu’il ne s’est rien passé de grave et lui de lui répondre « je lis la vérité dans vos yeux » (le niveau de ces dialogues quand même…)(oui je les ai surlignés, je tenais vraiment à pouvoir les partager avec vous)(ne me remerciez pas, je ne suis qu’abnégation, je l’ai toujours dit).
Donc, il lit la vérité dans ses yeux et la croit quand elle dit qu’il ne s’est rien passé de grave donc il ajoute « alors c’est la fin de cette histoire en ce qui me concerne »
Ce à quoi Francesca répond :
h) « Merci Neil, dit-elle d’un ton qu’elle voulait plein de maturité et de dignité. Mais elle se sentit devenir écarlate, ce qui gâchait tout !».

Indice: Quelle était la question, déjà ?
Ah oui, quand ai-je eu envie de casser mon Kindle et de fracasser Francesca.
Merci de me l’avoir rappelé, cher lecteur de mon cœur, vous dis-je, le menton relevé, les yeux à moitié fermés, d’un ton que j’espère plein de maturité et de dignité.

4) La première lettre du ravisseur ayant été retrouvée chez Francesca lors de la soirée mondaine, Bragg avait demandé à voir la liste des invités. Liste que Francesca avait donc semblé bon de prendre avant lui et qu’elle n’a pas eu le temps de remettre en place.
Quand la mère de Francesca vient dire à Bragg que quelqu’un l’a prise, que fait Francesca ?
a) Elle avoue à Bragg que la liste est chez elle et lui montre ses seins pour qu’il focalise sur autre chose.
b) Elle la garde et lui laisse croire qu’elle a été volée et se fait tout de même la réflexion « qu’en gardant cette liste elle fait peut-être entrave à l’enquête ».

Indice : désolée, l’auteur de ce billet est trop occupée à rouler des yeux, elle ne peut pas vous mettre d’indice.

5) Les mots laissés par le ravisseur se succèdent et ne se ressemblent pas. Des mots sans queue ni tête (pour une fois je ne ferai pas de mauvais jeu de mot)(je suis comme celle-dont-on-ne-prononcera-pas-le-nom : raffinée). Donc, une fois le mot était taché de sang, l’autre fois, il contenait des cheveux du petit, puis une fois, un bout d’oreille…
La mystère s’épaissit, l’angoisse aussi. Francesca a peur, elle a la nausée et est terrorisée. Tout le monde croit le petit Jonathan mort.
Et Francesca ne peut s’empêcher de poser à Bragg la question suivante :
– Que veut ce fou, selon vous ?
Et lui de répondre, plein de perspicacité due à ses années à Harvard et à son poste de préfet de police :
– De toute évidence, il cherche à atteindre les Burton. (Bravo Sherlock ! Tu ne serais pas préfet de police, par hasard ?)

Bref, donc, alors que son fils a été kidnappé depuis 3 jours, qu’elle a reçu une oreille qu’elle croit lui appartenir, que fait la mère de ses journées ?
a) Elle pleure.
b) Elle ne mange plus, elle pleure, elle angoisse.
c) Elle baise et crie de plaisir avec son amant dans son salon.

Indice : l’amant lui fait même un cuni.

6) Qui est l’amant que Francesca découvre en train de pénétrer d’un gros coup sauvage la mère apeurée et désespérée ?
a) Bragg le préfet.
b) Neil le beau frère.

Indice : c’est Neil.

7) Qui est le véritable père du fils disparu (qui a 7 ans) ?
a) Bragg le préfet.
b) Neil le beau frère.

Indice : C’est Bragg

—– Interruption momentanée des programmes :

Sanntaaaa barabaraaaaaa tu me diraaaas, pourquoiiiiiiiiiiiiiii

—— Reprise du programme Amour gloire et beauté, épisode 6578658 —-

8) Lors du premier rdv donné par le ravisseur (souvenez vous, celui où Francesca avait rembourré son déguisement avec un coussin qu’elle avait perdu), un garçon de 10 ans, Joël, avait remis le prochain billet du kidnappeur à Bragg.
Francesca arrive à retrouver Joël qui accepte de l’amener voir le type qui lui avait donné le billet. Il lui donne rdv à 23h dans un quartier malfamé pour l’amener dans une taverne. Que fait Francesca ?
a) Elle prévient Bragg.
b) Elle y va seule.

Indice : il est temps d’arrêter de vous leurrer. Francesca n’est PAS intelligente.

9) Quand Francesca décide d’épier ses voisins (ceux qui se sont fait kidnappés leur fils) depuis chez elle avec des jumelles et qu’elle voit Robert (le mari) et Eliza se disputer, puis Robert la frapper, puis la pousser sur le lit et se mettre à califourchon sur elle, et que Francesca comprend qu’Eliza va se faire violer par son mari, que fait-elle, cette jeune fille téméraire qui ose aller seule dans des quartiers hyper dangereux à une heure du matin ?
a) Elle hurle, appelle son frère et son père, et les supplie d’intervenir.
b) Elle se rue chez ses voisins.
c) Elle appelle Bragg vu que le téléphone existe et qu’elle sait comment joindre le préfet de police.
d) Rien, car quand elle pense à aller là bas, elle se dit qu’on lui opposerait une fin de non-recevoir.

Indice : il est temps d’arrêter de vous leurrer, Francesca n’est PAS intelligente.

10) Quand Joël, le petit garçon, vient voir Francesca pour lui dire qu’il a menti sur la personne qui lui avait remis le mot et qu’il lui dit que c’est le domestique de ses voisins, que fait Francesca ?
a) Elle prévient Bragg.
b) Elle va seule chez les Burton confronter le domestique.

Indice : il est temps d’arrêter de vous leurrer, Francesca n’est PAS intelligente.

11) Au final elle se fait enfermer dans la cave, elle arrive à se libérer (toujours grâce au garçon, ne croyez pas une seconde qu’elle aurait fait quelque chose de bien durant le livre), elle entend le domestique parler avec Robert, le mari et père du fils kidnappé. Elle comprend que c’est lui le kidnappeur. Il la voit s’enfuir, veut la retenir, mais Bragg arrive, lui tire dans le genoux et lui avoue que le fils qu’il croit être le sien est en fait le sien et là, Robert pète une durite, traite sa femme de salope et on comprend qu’il a fait ça pour la rendre folle et lui faire payer tous ses amants (en même temps, elle l’a bien cherché à coucher avec tout NY).
Il est arrêté, on retrouve l’enfant, Francesca se rend compte qu’elle aime désespérément Bragg, et… que se passe-t-il ? (trouvez la réponse fausse)
a- Bragg est encensé par la presse qui le prend pour un héros (alors que sans le gamin qui avouait son mensonge, ils n’auraient jamais retrouvé le méchant).
b- Francesca (qui n’est vraiment pas vaniteuse, rappelons-le) s’imprime des cartes de visite car elle a trouvé sa vocation : détective privé. (alors que sans le gamin qui avouait son mensonge, ils n’auraient jamais retrouvé le méchant, donc).
c- Le garçon est remercié, car c’est grâce à lui qu’on a retrouvé le méchant.

Indice : le gamin est pauvre et pas assez vieux pour être sous le charme de Francesca, il n’a donc aucun intérêt.

Vous l’aurez compris, outre l’enquête à peu près sympa, je n’ai rien aimé de ce livre dont je ne comprends pas l’engouement.
Il n’y a aucune alchimie entre Bragg et Francesca qui est une héroïne qui a des réactions si gamine que quand Bragg l’embrasse et fait frotti-frotta avec elle, j’ai eu l’impression de lire une scène entre un homme et une adolescente… Les personnages secondaires n’apportent rien, la vie sentimentale de Bragg a tout d’un feuilleton à l’eau de rose, l’héroïne est égocentrée, jeune, et vraiment pas intelligente… Pour moi il n’y a rien à sauver.
Je ressors quand même très déçue de cette lecture, car ça fait toujours quelque chose d’avoir un avis si différent des copines dont je partage généralement les goûts.
J’espère qu’elles ne m’en voudront pas d’avoir un peu cassé (euphémisme du siècle) leur héroïne chouchou ! Quant à moi, je vois le bon côté des choses, ça me fait 7 livres à lire en moins ! :)

 

 

27
août

Le soleil est pour toi de Jandy Nelson : la déception YA de l’année

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Mes copines ont adoré ce livre (Sandy (dont vous pouvez lire le billet ici), ainsi que Karine (billet ici), B et Fleur) et j’avais adoré le premier de cette auteure.
Je croyais donc vraiment au potentiel du « soleil est pour toi ».

Sauf que voilà, ça n’a pas pris pour moi. Je l’ai trouvé très dur à lire même si je comprends ce qui a plu à mes copines.
L’écriture déjà, qui est très belle
L’histoire ensuite, poignante et touchante.
Les thèmes aussi, comme les miracles, l’art, la complexité de la fraternité, les périodes difficiles de l’adolescence, les non-dits et mensonges.
Autant de thèmes qui sont d’ailleurs très bien traités, très forts et bien abordés.

Sauf que quand des sujets aussi forts et poignants sont évoqués, ils mériteraient à mon avis d’être nuancés par des passages plus légers et plus drôles.
Or sur 480 pages seuls 5%, à la fin, (soit 24 pages) sont joyeux.
Et le problème, c’est que c’est joyeux à l’extrême, ce qui est en total contradiction avec le reste du livre.

Car que se passerait il si c’était jude l’artiste ? Pourquoi ne le serait-elle pas ? Elle surfe des vagues grosses comme des maisons et plonge depuis n’importe où. Elle a un teint parfait, des amis, elle a papa, le don des Sweetwine, des branchies et des nageoires en plus de ses poumons et de ses pieds. Elle répand de la lumière. Moi, de l’obscurité. 

 

Car laissez-moi vous dire que le reste du livre est suffoquant.

La douleur se dégage de tout le monde : du père, de Noah, de Jude, de la mère, de Guillermo, d’Oscar et de Brian. Tout le monde souffre. Et pas qu’un peu. Il y a des morts, des mensonges, des coups bas, une personne alcoolique et droguée. Il y a la soeur qui trahit le frère. Le frère qui trahit la soeur. Il y a ceux qui mentent. Celui qui fait souffrir la personne qu’il aime…
Chaque étincelle de bonheur et d’espoir est écrasée dans l’œuf. Chaque fois qu’on assiste à moment mignon, à un rapprochement qui nous donne le sourire, il est aussitôt remplacé par de la souffrance ou par une phrase qui vous prends aux tripes et vous pince le cœur. 

– J’aime pas voir des gens. Et j’aime pas porter mes robes.
– Tu n’étais pas comme ça, avant.
Je me retiens de lui rétorquer : « Et toi, avant, tu étais un artiste, tu parlais aux chevaux et tu faisais passer la lune par ta fenêtre pour me l’offrir à mon anniversaire. »

 

Alors, j’ai aimé l’histoire de base, celle de ses jumeaux si proches que certains évènements de la vie séparent.
L’histoire de leurs 16 ans racontée du point de vue de Jude et celle de leurs 13 ans racontée du point de vue de Noah. 

La maison devient si gigantesque qu’il me faut des heures pour rallier la cuisine depuis ma chambre, si énorme que, même avec des jumelles, je ne vois plus ma sœur de l’autre côté de la table ou à l’autre bout d’une pièce. Je ne crois pas que nos chemins pourront jamais se recroiser un jour. Quand elle essaie de me parler, à travers les années-lumière de trahison qui nous séparent, j’insère mes écouteurs dans mes oreilles comme pour écouter de la musique, alors qu’en réalité je tiens l’autre extrémité du fil au fond de ma poche.

 

J’ai aimé les métaphores (même si certains chapitres en ont trop) et certaines idées comme la bible de Granny, les croyances de Jude et de Brian, les personnages et histoires qui se recoupent à la fin, les liens entre les personnages, le fait que l’un devienne l’autre, le destin, dieu & Clark Gable, le pouvoir des oranges…

Des idées sympas et originales qui avaient le potentiel d’apporter de la nuance, de l’humour, du positif à ce livre.
Car si j’aime ressentir des pincements au cœur et de la frustration dans mes lectures, je n’aime pas quand c’est la seule émotion que je ressens sur toute la longueur.

Granny Sweetwine a décrété que ma sœur possédait le don d’Intuition des Sweetwine le jour où elle a découvert qu’elle savait plier sa langue en forme de fleur. On avait quatre ans. Après ça, Jude passait des journées entières avec moi devant la glace à m’appuyer sur la langue avec le doigt pour tenter de m’apprendre le truc, histoire que j’hérite moi aussi du don des Sweetwine. En vain. Ma langue pouvait s’enrouler, se recourber, mais elle était incapable de fleurir.

 

Un peu de ça, oui, mais un peu de douceur, de couinements, d’éclats de rire aussi, et ça aurait été parfait !
Au lieu de ça, j’ai déprimé, j’ai souffert pour tous les personnages et je crois que ce n’est plus ce que j’ai envie de lire en ce moment. Des émotions oui, mais aussi des positives.

J’essaie de masquer la déception qui m’envahit.
« Je prendrai des bains de vinaigre, j’avalerai des œufs crus et je me mettrai à la recherche d’un nid de guêpes pour le porter sur ma tête.

– Je ne comprends pas, dit-il. 
–Pour inverser l’inclination de mon cœur. Vieille tradition familiale. »
 Il rit. « Ah. Très bon. Dans ma famille, on souffre, et c’est tout. »