Les lectures de Cécile

3
juil

Eleanor & Park de Rainbow Rowell, ou le livre parfait du début à la fin…

eleanor

Hé, j’ai un truc à te montrer

Ce livre, c’est un peu comme Nos étoiles contraires : tout le monde ou presque a adoré, on le voit beaucoup et un peu partout, et j’imagine que ceux qui ne l’ont pas encore lu vont avoir peur d’être déçu…

Ce qui ne va pas m’empêcher d’ajouter une couche et de tenter, du mieux que je le peux, de vous expliquer en quoi ce livre est une pépite.

Je ne vais pas vous mettre de résumé, ni vous parler de l’histoire mais plutôt de tout ce qu’elle m’a fait vivre et ressentir. Sachez juste qu’on y parle d’Eleanor, une nouvelle dans un lycée et de Park, deux adolescents différents qui se sont trouvés.

Dès la première page on embarque dans leur bulle.
Et qu’est-ce que j’ai aimé y avoir accès.
En vérité, j’ai plus qu’aimé : j’ai adoré, je suis tombée amoureuse…

De Park, de ses comics, de ses hésitations, de ses phrases magnifiques, du fait qu’il soit différent des autres, de son amour pour Eleanor et même de ses hésitations…

– Tu es sûr de vouloir me présenter ?
– Oui. Je veux que tout le monde fasse ta connaissance, tu es ma personne préférée de toute la vie

De Eleanor, de son humour, de son excentricité, de sa force, de sa beauté intérieure, de sa beauté extérieure qui se révèle peu à peu aux yeux de Park…

La première fois où il lui avait pris la main, ça avait été si bon que tout le reste avait disparu.
Ca avait été meilleur que la somme de toutes les fois où elle avait eu mal.

 

J’ai été bouleversé par la vie d’Eleanor,
Par les obstacles à leur amour et à leur amitié,
J’ai été émue aux larmes par certaines de leurs phrases,
J’ai eu le cœur serré,
Retourné,
J’ai couiné,
J’ai ri,
J’ai souri,
J’ai détesté Richie,
J’en ai voulu à la mère d’Eleanor,
J’ai regardé ma brosse à dent avec un pincement au cœur,
J’ai dit « punaise »,
J’ai surligné des dizaines de passages,
J’ai adoré l’alternance des points de vue,
Je me suis assise dans leur bus et je les ai observé,
J’ai assisté à leurs premiers échanges,
A leur premières paroles,
A leur premier sourire,
A leur premier frôlement,
A l’évolution de leur sentiments, et…
J’ai vécu, vécu, vécu cette histoire.
J’ai pleuré, pleuré, pleuré,
Et je me suis attachée, attachée, attachée…

– Je les vois encore au lycée. J’en sais rien, ils ne me manquent pas vraiment, personne ne m’a jamais vraiment manqué avant toi.
– Mais je ne te manque pas, là. On est ensemble tout le temps.
– Tu te fous de moi, tu me manques constamment.

J’ai découvert des chansons en même temps qu’eux, je suis tombée amoureuse pour la première fois, j’ai réutiliser un walkman, j’ai écrit un nom sur un cahier, j’ai vu des piles dans un supermarché et j’ai voulu en acheter pour Eleanor, j’ai imaginé un foulard autour d’un poignet et une main qui se glisse dans une autre, j’ai adoré chaque mot des chap 15 et 19, j’ai fondu lors de la scène « je dois te montrer quelque chose », j’ai lu tout le livre avec cette peur latente du moment où tout allait forcément basculer et j’ai dévoré cette pépite tout en me disant que je devrais ralentir, en profiter, tout en sachant qu’un livre comme ça se devait d’être savouré…

Et comment parler et rendre justice à cette écriture, à cette mélancolie constante, à ce style si délicat, à cette ambiance, à ces petits détails qui vous touchent, à cet humour subtil, à ces comparaisons et métaphores qui vous font rêver, couiner, rire et pleurer, à ces phrases qui sont justes p.a.r.f.a.i.t.e.s et poignantes et drôle et si justes, et si belles, belles, belles, et à ces moments qui vous font fondre ?

Elle était un petit peu trop loin, alors il a mis sa main dans son dos pour l’attirer vers lui. Il a essayé de faire ça comme si c’était quelque chose qu’il faisait tout le temps, comme si la toucher à un nouvel endroit ne revenait pas à découvrir le passage du Nord-Ouest.

 

Eleanor & Park sont différents, drôles, touchants et tellement, tellement parfaits. Je ne pense pas les oublier de si tôt.
Car si je suis tombée amoureuse de ce livre, de ce style, de ces phrases, de leur histoire, de l’évolution de leur sentiment, de l’ambiance et de l’atmosphère, je suis surtout tombée amoureuse de ces deux personnages si différents mais si vrais, si justes, si beaux et si… eux.
C’est nostalgique que j’ai refermé le livre avec l’envie de le relire immédiatement… car je fais partie de celles qui l’ont trouvé parfait du début à la fin (incluse)…

A lire donc !

Il a vidé tous ses jeux électroniques et la commande de la voiture téléguidée de Josh, et puis il a appelé sa grand-mère pour lui dire que tout ce qu’il voulait pour son anniversaire, c’était des piles AA.

 

Elles ont aimé aussi : Karine, Mylène,
Et je finirai en citant John Green : « Eleanor & Park me rappelle ce qu’est fou amoureux d’une fille et fou amoureux d’un livre ».

 

9
mai

Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier, un livre bouleversant, un coup de coeur…

le-faire-ou-mourir

Bam.
Quelle claque que ce petit livre.

On y parle de Damien, un adolescent de 15 ans très sensible, mal dans sa peau, qui souffre en silence et qui subit la violence d’autres jeunes au lycée.

On y parle de Samy, le gothique, qui, un jour, s’interpose entre Damien et la bande de skateurs qui le tabasse.
Samy et ses amis…. qui vont faire une place à Dam dans leur groupe, qui vont l’accepter, lui donner de l’affection, qui vont essayer de le comprendre sans le juger…

Et enfin Damien nous parle de ses parents, de son père qui se moque de lui et qui voudrait le changer, de sa mère qui ne dit rien, de sa sœur qui le méprise et le regarde de haut, de ceux qui ne le comprennent pas, qui ne l’ont jamais compris, ceux qui l’empêchent de s’épanouir.

J’aurais voulu me lever de table et la renverser, casser toute la vaisselles, hurler que c’était injuste, que j’étais pas devenu quelqu’un d’autre mais juste quelqu’un, que Samy était mon ami, que je n’avais que lui, qu’ils n’avaient pas le droit de m’empêcher de le voir, qu’il était ni sataniste ni lopette, qu’il aimait juste s’habiller en noir. J’ai pas bougé de ma chaise. Je suis resté assis, j’ai mangé comme d’habitude. 

Il y a tout ce monde là, et les pensées de Damien.
Les pensées de Damien, lancées en vrac, dans un langage très parlé mais jamais gênant ou surfait, dans ce qu’on imagine être son carnet secret.

A travers ses mots et émotions, on ressent son mal être de manière palpable, on subit avec lui le mépris des autres, on suit ses réflexions, toujours très justes, on comprend le pourquoi de ce qu’il  s’inflige régulièrement, on assiste à de nouveaux sentiments, à de nouvelles amitiés, à cette sensation d’exister, de compter, de ne pas être jugé.

C’est pas compliqué, pourtant, Dam, de dire ce qu’on ressent, il a dit. Je te montre l’exemple ? 

On découvre à travers ces pages le contraste saisissant entre Samy et sa bande qui s’aiment, s’écoutent, se montrent leur affection, et la famille de Damien qui se moque, juge, et méprise, qui lui inflige des maux bien plus profonds que s’ils le maltraitaient physiquement.

Et puis arrive ce moment précis ou tout bascule… Ce moment où le titre du livre prend tout son sens, où les cicatrices morales deviennent plus importantes que celles physiques, ce moment où le contrôle se perd et où tout ne tient qu’à un fil, ce moment où il faut le faire ou mourir.
Beauté, amitié, amour, espoir, désespoir, tristesse, mal être…
Tout est si bien expliqué, si juste, si bien décrit qu’on lit ce livre en apnée et qu’on suffoque presque devant tant de justesse.

Je sais pas de quoi j’ai envie. Je sais jamais ce que je pense, ce que je ressens, ce que je dois décider ou choisir. Ca m’angoisse à mort de trancher. J’ai beau réfléchir j’ai pas de but, pas de projets. J’arrive pas à imaginer mon avenir, comme si… comme si d’y penser ça pouvait le faire disparaitre. J’ai peau essayer, Samy, je me sens vide et sans intérêt. 

Un court livre certes, mais un livre fort en émotion et dense par bien des aspects.
Un livre bouleversant et percutant que je ne peux que conseiller.

Certaines parlent de deux fins, pour ma part je pense que l’une est un « et si » et l’autre la réalité. Mais peu importe comme on comprend les dernières 20 pages du livres, ce qu’il faut retenir c’est qu’elles nous donnent une claque.

Un belle claque. Pour moi. Et pour les autres aussi :
AdalanaBladelorCajouClarabelLenaLisaNyx, PaikanneRadicale, SaraStephie, Theoma.
Un merci particulier à Cajou dont l’avis m’a décidé une fois pour toute à le lire.

 

Le faire ou mourir – Claire-Lise Marguier
Editions Rouergue (doAdo) – 102 pages

 

12
nov

Making Faces – Amy Harmon : “Si Dieu crée tous nos visages, est-ce qu’il a ri quand il a fait le mien ?”

makingfaces

Il est de ces livres qu’on a envie de relire alors  même qu’on vient de tourner la dernière page.
Making Faces en fait partie.

“If God makes all our faces, did he laugh when he made me?”
« Si Dieu crée tous nos visages, est-ce qu’il a ri quand il a fait le mien ? »

L’héroïne, Fern, est amoureuse d’Ambrose depuis son enfance mais c’est à peine s’il sait qu’elle existe.
Il est le champion de lutte du lycée, l’adolescent à qui tout sourit, elle est la jeune fille timide, mal dans sa peau, celle que personne ne remarque.

Après les évènements du 11 Septembre, Ambrose décide de partir faire la guerre et arrive à convaincre ses 4 meilleurs amis de le suivre en Irak. Il reviendra seul et pas indemne. Défiguré, se sentant coupable, il décide de se cacher du monde.
C’est Fern, sa force, son intelligence et sa sincérité, ainsi que Bailey et son optimisme qui vont peu à peu le ramener à la vie.

“You are still beautiful,” Fern said softly, her face turned to his. He was quiet for a moment, be he didn’t pull away or groan or deny what she’d said.
“I think that statement is more a reflection of your beauty than mine”
« Tu es toujours beau » dit doucement Fern, son visage tourné vers le sien. Il resta silencieux un moment, sans essayer de s’échapper, sans grogner ou nier ce qu’elle venait de dire.
« Je pense que cette affirmation est plus un reflet de ta propre beauté que de la mienne ».

 

Comment vous parler de ce livre ? Comment lui rendre justice ?
Cette histoire était magnifique.  Simplement magnifique.

Ce livre, c’est un condensé d’émotions, c’est des dizaines de passages soulignés, c’est la tristesse, la peur, la beauté. Intérieure et extérieure.
C’est l’amitié, l’amour, du rire, de l’optimisme, des larmes.
Ce livre, c’est avoir le cœur brisé puis ressoudé.
C’est l’espoir, le courage, des citations de Shakespeare, le pouvoir, la perte.

« Scripture comforts me, and romance novels give me hope. »
« Oh yeah ? hope for what ? »
« Hope that I’ll be doing more than quoting scripture with Ambrose Young in the very near future ».
« Les textes sacrés me réconfortent, et les romances me donnent de l’espoir. »
« Ah oui ? De l’espoir pour quoi ? »
« L’espoir que je ferai plus que citer les écritures saintes avec Ambrose Young dans un futur proche ».

 

Ce livre  :

* C’est Fern, sa passion pour les romances, son intelligence, sa loyauté, sa force de caractère, sa douceur, ses livres, sa beauté intérieure.

* C’est Ambrose, ses pensées, ses pertes, son évolution, son intelligence, ses amitiés, ses phrases qui m’ont brisé le cœur, et celles qui m’ont faites couiner.

« How did you know I needed you? »
« Because I needed you too. »
« Comment as-tu su que j’avais besoin de toi ? »
« Parce que moi aussi, j’avais besoin de toi».


* C’est Bailey, le cousin de Fern, son meilleur ami aussi, atteint de dystrophie musculaire.
C’est le geek qui aime les héros, qui aimerait en être un. C’est la joie de vivre, l’optimisme, celui qui vous fait rire et vous fait réfléchir en même temps. Celui que vous aimez, à qui vous vous attachez, pour qui votre cœur ne peut que succomber mais si vous savez qu’il finira brisé.

“Do you think there’s any way someone like Ambrose could fall in love with someone like me?”

“Only if he’s lucky.”
« Est-ce que tu crois qu’il serait possible, un jour, que quelqu’un comme Ambrose tombe amoureux d’une personne comme moi ? »
« Seulement s’il est chanceux ».

 

Ce livre, c’est une histoire d’amour, mais pas n’importe laquelle. Celle qui est spéciale, puissante et qui met du temps à s’installer sans que cela vous dérange. Celle qui vous parle de deux âmes un peu brisées qui vont se trouver.
Cette histoire d’amour, c’est l’émotion, la beauté, beaucoup de tristesse mais de celle que l’on a envie de relire encore et encore.

« If he didn’t understand pain, he wouldn’t appreciate the hope that he’d stated to fell again, the happiness he was hanging onto with both hands so it wouldn’t slip away « .
« S’il n’avait pas connu la peine, il ne pourrait apprécier l’espoir qu’il commençait à ressentir à nouveau, le bonheur qu’il retenait à deux mains pour l’empêcher de s’évaporer ».

 

Cette histoire d’amour, c’est celle qui vous fait espérer, qui fait battre votre cœur, qui vous empêche de reposer votre livre et qui vous hante à chaque seconde où vous ne pouvez pas lire.

« everybody is a main character to someone (…) There are no minor characters »
 » tout le monde est un personnage principal pour quelqu’un (…) Il n’y a pas de personnages secondaires. »

 

J’ai tellement aimé les personnages de ce livre qu’il m’est impossible de leur rendre justice.
Je les ai compris, j’ai souffert et espéré avec eux. Je les ai aimé comme si je les avais connus.
J’ai aimé les petits mots à entourer, le premier baiser, les suivants, les messages que l’auteur fait passer avec tellement de talents, les citations, parfaites, Bailey cet ange, Fern, Ambrose, les autres, la vie, la mort même.
J’ai aimé le style « doux-amer » comme dirait ma copine B, le choix des mots, la beauté des phrases, la nostalgie qui nous habite, et ce sentiment rare que l’on a en réalisant qu’on tient là une perle.

Oui, j’ai tout aimé, il n’y a pas une phrase à changer, pas un moment à raccourcir, pas un personnage qui ne soit pas juste.
Ce livre, c’est plus qu’un coup de cœur, c’est un coup de poing.
A lire absolument.

« I need you because it hurts when we’re apart. I need you because you make me hopeful. You make me happy. »
« J’ai besoin de toi parce que ça fait mal quand on est séparé. J’ai besoin de toi parce que tu me redonnes espoir. Tu me rends heureux. »

 

Making Faces – Amy Harmon
Ebook – 405 pages