Les lectures de Cécile

14
mai

Trust (Temptation 3) de Ella Frank : la parfaite conclusion d’une parfaite série

trustcouv

Après avoir lu quelques romances érotiques l’année passée, j’avais fait deux billets sur le sujet “Les 10 fondamentaux pour écrire un mommy-porn” et “les 10 détails dans un livre érotiques qui ont l’air de ne gêner que moi”.
Et vu que ce billet risque d’être long, je vais faire un résumé de ces billets et puis je comparerai ces points avec la série gay et érotique “Temptation” dont je viens de terminer la lecture. (mon avis sur le tome 1 ici, et sur le tome 2 là). 

Donc, en général, dans les livres érotiques, nous avons :

 

1) Un héros riche et jeune.
Et quand je dis riche, je veux dire vraiment vraiment riche. Il est propriétaire d’immeubles, a un chauffeur, pleins de magnifiques voitures qu’il ne conduit pas (vu qu’il a un chauffeur)(et parce que baiser et conduire peut s’avérer dangereux). Il est même propriétaire de l’immeuble où vit l’héroïne ou de l’entreprise dans laquelle elle travaille (non mesdames, nous ne discuterons pas ici de cette coïncidence, aussi belle et pratique soit-elle). 
Mais ce qui est génial, c’est que notre héros a toujours moins de 30 ans (d’ailleurs, je ne voudrais pas paraitre tatillonne mais j’aimerais beaucoup comprendre comment notre héros, à la tête d’une énorme multinationale (en plus d’être à la tête d’une énorme queue)(oops, pardon, je m’égare), donc qu’est-ce que je disais ? Ah oui, j’aimerais qu’on m’explique comment notre héros peut passer tout son temps (et quand je dis tout son temps je veux vraiment dire TOUT SON TEMPS) à baiser et quand même arriver à faire fructifier sa multinationale. 
Parce que bon, soyons honnêtes, s’il y a un moyen d’être aussi riche tout en passant ses journées à jouir, je veux bien le connaitre… merci du tuyau donc…

 

2) Un héros dominant et autoritaire.
Oui, notre héros n’est pas seulement magnifique, doté d’une voix de velours qui provoque des orgasmes, d’une odeur musquée et épicée qui provoque aussi des orgasmes, et foutu comme un dieu (ce qu’est assurément notre héros, et pour cause : baiser 10 fois par jour maintient en forme), il sera également dominant.
Soit vraiment dominant du genre « je vais te faire signer un contrat qui me donnera le droit de contrôler ce que tu manges, ce que tu dis, à qui, et si tu peux ou pas traverser la rue toute seule). Ou dominant plus en nuance (mais pas de Grey)(oui je suis hilarante, je sais) à savoir seulement au niveau sexuel.

Mais dans tous les cas, il aime le contrôle.
Avant de continuer, il faut savoir que j’adore les héros Alpha. Mais pas quand ils changent du tout au tout avant la fin du livre ou de la série comme c’est le cas dans ces livres.

Ici, notre héros si autoritaire (« êtes vous célibataire ? » « ça ne vous regarde pas » «  si ça me regarde car je veux te baiser »), au début du livre, change complètement après être tombé amoureux et devient pire qu’une serpillère. (Une belle serpillère, soit, mais une serpillère quand même).
Il change pour la fille donc, devient monogame, il arrête de passer son temps à bosser (parce que bon, baiser est quand même plus important), est prêt à mettre de côté son orgueil pour la fille et s’avère ne presque plus être dominant (à part pour le fameux « jouis pour moi » sur lequel nous reviendrons plus tard)… et bref notre héros devient un homme ordinaire en somme (enfin un homme ordinaire avec une grosse b*** et très riche)(pas de quoi se plaindre quoi). Il n’empêche qu’à la fin du livre, notre héros n’a plus la personnalité qui nous faisait craquer au début.

 
3. Le passé 
Notre héros devra, et c’est une obligation, avoir un passé trouble et torturé. Sœur décédée, mère droguée, viole, coups et blessures, privé de nutella ou de coca dans sa jeunesse (ou comme l’auteur de ce billet, de peluche Popples) : il n’y a pas trop de restrictions de la part des auteurs. D’ailleurs, plus le héros sera traumatisé, plus la lectrice aura envie de le réconforter et d’être la femme qui arrivera à lui chasser ses démons.
J’avoue que personnellement, je pense pouvoir être excitée sans que nos héros aient vécu plus d’horreurs dans leur jeunesse que princesse Sarah dans la sienne (oui on a les références qu’on a…) mais bon, je suis une rebelle, que voulez-vous !

 

4. Les particularités de l’héroïne et les phrases « type ». 
L’héroïne, quant à elle, pourra être banale, une femme comme nous toutes, en somme, ou elle-même traumatisée. Peu importe tant qu’elle est (impérativement) étroite, mouillée et toujours prête à recevoir le héros de sorte que ce dernier puisse lui dire 15x par tome les phrases suivantes :

– Tu es si mouillée pour moi
– tu es si étroite putain. Parfaite pour moi.
– Jouis pour moi (maintenant). (mmmh, je pourrais pas jouir pour moi plutôt ?)(car laissez moi vous dire que si je pouvais jouir sur commande, je le ferai avant tout pour me faire plaisir)(mais comme je vous le disais, je suis une vraie rebelle)(et bon, ok, aussi un peu égoïste apparemment).

 

5. La communication entre les personnages et leur réconciliation (sur l’oreiller) 
Souvent, tes deux héros se disputeront. Soit à cause d’une ex, soit par incompréhensions, souvent à cause de non-dits. Mais finalement, peu importe la raison de la dispute, ce qui est important, c’est la réconciliation sur l’oreiller.
Finalement pas besoin qu’ils communiquent et s’expliquent, s’ils baisent et que l’héroïne à ses 32 orgasmes d’affilée, ce n’est pas grave si le problème de base n’est pas résolu. 
(En même temps, pourquoi parler quand on peut avoir des orgasmes ? Je ne peux les blâmer !).
Surtout que bon, notre héros a une endurance hors du commun ! Pas besoin d’avoir peur : le héros n’aura jamais, jamais d’orgasmes avant l’héroïne même si celle-ci vient de lui faire une fellation de compét (et puis bon, même s’il jouit, ce n’est pas un héros pour rien : il sera directement près pour 4 autres tours).
Conclusion : le héros de ces romances érotiques a l’endurance d’un sex toy, la langue et les doigts en plus. (mmmh, comment on fait pour devenir une héroïne déjà ?).

Bref, maintenant que nous avons passé en revu les plus gros clichés des livres érotiques, je vais vous dire pourquoi la série Temptation de Ella Frank, qui est une série gay érotique, est parfaite et en quoi elle se différencie des clichés ci-dessus.

 

1) Héros riche et âgés de moins de 30 ans ? Non !
Tate a 29 ans et est un barman qui a mis un peu d’argent de côté mais qui n’est de loin pas multimilliardaire. Logan, quant à lui, a 34 ans (oui 34 !), et est un avocat qui a de l’argent et une très belle voiture (qu’il conduit !) et qui a même une maison de campagne mais qui n’est pas pour autant milliardaire. Et surtout : il travaille pour gagner son argent.
Je ne dis pas qu’ils ne baisent pas hein. Car ils le font. Beaucoup. Mais ils le font avant et après le boulot. On les voit même travailler, et je peux vous dire que c’est bien plus réaliste que ce que j’ai pu lire jusque là dans les livres érotiques.

 

2) Ils passent de dominants à serpillères ? Non !
Ils ne changent pas de personnalité. Car être dominant n’est pas ce qui les caractérise à la base. Ils le sont quand ils doivent l’être (pour notre plus grand plaisir) mais ils sont aussi drôles, sarcastiques, honnêtes, tendres, têtus…
Leur personnalité ne change pas pendant les différents livres : ils sont exactement pareil à la fin de la série qu’ils ne l’étaient au début. Seuls leurs sentiments et leur manière de pensée ont évolué !

 

3) une passé traumatisant ? Non !
Ils n’ont rien vécu de traumatisant dans leur passé. Bien sûr, ils ont eu des problèmes, des moments de remises en questions, des périodes plus difficiles durant leur enfance et leur adolescence, et ils en ont même pendant la série. Mais ce sont des problèmes tellement réalistes par lesquels ils sont passés et par lesquels ils passent, que nous ne roulons jamais des yeux (ce que je fais souvent en temps normal)(comme Ana dans 50 nuances de Grey)(oui je sais, je mérite la fessée).
Donc, ici, tout somme juste et c’est vraiment rafraichissant de ne pas avoir de drames inutiles. (D’ailleurs, en parlant d’adolescence : j’aurais adoré connaître le Logan-ado-intello-geek et le Tate-ado-cool-musicien).

 

4) clichés ? Non !
Bon okay… ils sont étroits… mais bon : c’est normal dans ce cas ;))
Et nous n’avons le droit qu’à deux « jouis pour moi » dans les 3 livres et chaque fois c’est car le premier a déjà jouit, et donc ça passe très bien. Car vous savez quoi ? Ca aussi c’est parfait. Ils jouissent quand ils en ont envie. Ils savent que l’autre va suivre donc ils font selon leur besoin. Bien sûr qu’ils font attention au plaisir de l’autre mais ce n’est pas une obligation pour celui qui est au dessus de finir après l’autre.

 

5) que du sexe, pas de communication ? Non !
Ils communiquent. 
Attendez, laissez-moi répéter ça : ils communiquent ! et c’est vraiment vraiment vraiment rafraichissant et parfait. 
Ces deux personnages n’acceptent pas les conneries de l’autre. Ils agissent exactement comme tous les héros de romances (et je parle de toutes les romances) devraient le faire : ils laissent du temps à l’autre pour venir leur parler mais après quelques jours ils confrontent l’autre et n’acceptent pas de ne pas avoir de réponses.

 

Et maintenant que je vous ai expliqué en quoi cette série est différente des autres, laissez moi vous expliquer pourquoi vous devez essayer de la lire.

Je viens de finir de relire les deux premiers livres et j’ai enchainé sur le troisième tome et c’est comme si j’avais lu un gros et long livre de 800 pages (aucune référence phallique ne se cache dans cette phrase), un livre de 800 pages ou plus, parfait depuis la première à la dernière page.

Durant ces trois livres :
– je suis tombée amoureuse de Tate et Logan,
– je suis tombée amoureuse de leur honnêteté, de leur humour (douteux), de leur côté dominateur qui apparaît de temps en temps, de leur possessivité et leur tendresse
– je suis tombée amoureuse de leur manière de communiquer, de leur façon de comprendre et d’avoir besoin de l’autre,
– je suis tombée amoureuse du fait qu’ils se protègent avec des préservatifs systématiquement.

J’ai aimé que logan soit un intello, qu’il soit sur de lui malgré quelques insécurités, et qu’il n’arrête jamais de parlé.
J’ai aimé son humour, ses sarcasmes, son esprit affuté, son frère Cole…

J’ai aimé Tate, ses doutes, sa confiance, son amour, son côté jaloux. J’ai aimé qu’il devienne autoritaire quand il boit trop, qu’il soit têtu, qu’il se batte pour ce en quoi et à qui il croit.

J’ai aimé suivre l’évolution de leur relation, la chasse, les nons, le déni, l’expérience, le oui, l’acceptation, les sentiments, l’amour, la confiance…

J’ai aimé l’écriture, l’humour, l’absence de clichés, les dialogues, les déclarations d’amour, les réactions des héros, les moments tendres, les SMS, les appels, les sarcasmes et les scènes chaudes chaudes chaudes chaudes !

Bref, j’ai quasi tout aimé et tout le monde. Ella Frank a écrit, à mon avis, une série qui sonne juste. Rien de faux, rien de « trop », juste une histoire originale, bien menée et intense durant laquelle j’ai…

Couiné, ri et été touché.
Trois livres qui m’ont rendu triste, heureuse, et qui m’ont donné chaud !
Trois livres dont je suis tombée amoureuse et qui me laisse en état de manque ! 

Et comme ce billet portait initialement sur le dernier tome Trust, je vais simplement dire que ce 3ème tome est comme les deux premiers. Non, rectification : il est encore meilleur que pour les premiers.
Encore plus drôle, touchant, chaud (la scène a 70% !!), touchant, juste et triste (j’ai même versé ma larme) que les deux premiers.
Les scènes de cul n’ont jamais été trop présentes dans les deux premiers livres mais presque. Dans Trust, je dirais que c’est encore mieux balancé : on les suit dans leur quotidien mais l’histoire n’est pas une excuse pour les faire coucher ensemble (scènes qui sont présentes mais juste quand nécessaires).
En résumé : comme dirait Fleur, ce troisième livre est un peu l’apothéose de la série. Tate et Logan sont simplement parfaits dans Trust, dans toutes leurs actions et réactions. 

Si vous les avez aimé dans les deux premiers livres, vous allez les adorer dans celui-ci. Sans aucun doute.

Et pour celles qui lisent seulement en français, bonne nouvelle : cette série va sortir bientôt chez J’ai Lu ! 

Les avis de Zaza, Sandy, Lily… 

23
avr

Life in outer space de Melissa Keil : une parenthèse (très drôle) dans ce monde de brutes…

LIOS

Disons le d’emblée, ce livre est un coup de cœur. Pas le gros coup de cœur. Mais le coup de cœur que j’attendais depuis Aristotle et Dante discover the secret of the universe et Eleanor and Park.
Depuis un an quoi.

Je vais vous expliquer pourquoi j’ai adoré ce livre et essayer, j’espère, de vous convaincre de le lire, mais avant cela, une petite introduction s’impose.

Dans mon billet la fache cachée de Margo, je vous expliquais pourquoi John Green est mon auteur chouchou.
Vous pouvez retrouver en détail tout ce que j’aime dans ses histoires ici, mais pour faire court, voici ce qui me plait et qu’on retrouve dans tous ses livres:

– Des héroïnes qui ont du caractère, qui sont mures, attachantes et qui ont un côté inatteignables pour nos héros.
– Des héros en marge des adolescents populaires, sans être pour autant des looseurs : ce sont des nerds, des geeks, des garçons très sarcastiques, qui ont beaucoup d’humour et qui sont bien dans leurs peaux.
– Des personnages secondaires très présents et indispensables,
– sans oublier l’humour, les questionnements des personnages & les dialogues qui sont uniques.

Mais voilà. Si John Green est un auteur que j’aime particulièrement et dont j’ai lu tous les romans, j’ai un aveu à faire : je n’ai jamais eu de coup de cœur pour ses livres.
Je les adore, oui… J’adore sa plume, son humour, ses personnages et ses histoires mais il y a toujours un passage plus lent ou certains détails qui font que je passe à côté du coup de cœur.

Maintenant que j’ai fait mon coming out sur John Green, vous vous demandez peut-être quel est le lien avec le livre dont je vous parle aujourd’hui ?
Le lien est simple : « Life in outer space » m’a fait penser, par bien des aspects, aux livres de J.Green.

 

However – having a girl hum a song from a musical at you that implies she will be watching out for you at a party ou are too scared to attend is new level of feebleness, even for me. 
I am pretty sure my manhood does not approve. 

 

On y retrouve ce que je cite plus haut :
– Un héros nerd, geek, qui accepte sans complexe le fait qu’il est différent, qui est très drôle et sarcastique,
– une héroïne plus sûre d’elle, qui se démarque, qui est plus à l’aise en société que notre héros,
– et enfin des amis, présents, originaux, drôles, indispensables, sans qui le héros ne serait pas ce qu’il est.
– et beaucoup d’humour.

Has anyone ever made a film about homework ? Probably. I bet it was French. 

Oui, j’ai retrouvé dans ce livre tout ce que j’aime et adore dans les livres de Green, sauf qu’ici, je n’ai aucun bémol. J’ai TOUT aimé et je n’ai pas lâché mon livre pendant les deux jours qu’a duré ma lecture.

 

Life in outer space ou La vie dans l’espace en françaisporte bien son nom.
Car on vit, pendant quelques heures, dans une autre planète.
Celle de Sam. 

Sam, ce nerd qui fait sans cesse des références à des films et des jeux vidéo.
Sam qui veut écrire un scénario,
Sam dont les monologues intérieurs m’ont faite rire, sourire et même éclater de rire.
Sam qui ne veut pas être appelé Sammy.
Sam dont l’humour, l’auto-dérision et le sarcasme sont présents dans chaque scène et monologues intérieurs.
Sam dont les amis sont parfaits jusque dans leurs défauts.

Mike is the brother I never had, then Adrian radley is the possibly inbred cousin who came for a visit and never left. 
I guess some people enter your orbit and get stuck, and there’s nothing either of you can do about it. 

Car dans la planète Sam, vous trouverez :
Adrian, qui passe son temps à manger et qui ne filtre jamais ses pensées.

It will never cease to amaze me how many people are capable of appreciating Adrian Radley. 
I think it’s a mystery that is destined to remain unsolved.

Allison la timide, au corps de fillette, aux cheveux fins, qui aime Hello Kitty et le cinéma japonais.
Et Mike, le meilleur ami qui pense être gay et qui a décidé d’abandonner le judo pour une raison indéterminée.

I check the content of my backpack; Mike has shoved a spare T-shirt and bottle of SPF30+ from our bathroom into it. 
« Thanks, mum » I mutter.
He whips the towel from around his neck and shakes it out on the other side of mine. « i’m not the one who cried last time he got sunburnt ».
« I was nine »
« Dude, you still cried ».

Et enfin, il y a Camilla. La nouvelle du lycée dont le père est un journaliste de rock très connu.

She has British accent. Plus two. She is, objectively attractive. Plus three. Although she is dressed pretty weirdly. I have no idea what girls find acceptable but I suspect her clothes might be a minus. (…). She has a British accent. Plus twenty. 

Camilla donc:
Qui est populaire mais qui traine avec nos geeks,
Qui joue à World of Warcraft,
Qui s’habille en jaune,
Qui joue de la musique…
Qui est drôle, intelligente et différente.
Et surtout, Camilla dont l’arrivée casse la routine et l’univers de Sam.

She smiles at me. I smile back. It feels strange on my face.
Routine is weird thing.
Camilla Carter is having dinner at my house.
And our group, apparently, has expanded from four to five.

 

En lisant ce livre, on suit Sam et ses réflexions, on surligne 45 passages du livre, on sourit, on s’attache à des adolescents exceptionnels, on se demande pourquoi Mike a arrêté le judo, on lit des phrases sans points d’exclamations, on voit Sam compter des secondes, on voit son monde être bouleversé, on découvre beaucoup de top 5, on ne comprend quasi aucune référence cinématographique, on imagine un chapeau bleu en velours avec une plume de paon, on rit beaucoup, on couine un peu, et on vit cette histoire, passionnément.
Ah… et… est-ce que j’ai mentionné qu’on souriait tout le temps?

 

I realise the angry-girl is waving a stamp in my face.
Then she pounds a black horseshoe onto my wrist. Adrian blows on his stamp like Mum she’s drying her nail polish. He end up with a crescent of ink on his top lip.
Somehow, this is not how I pictured my first bar experience.

 

Alors, certains trouveront peut-être qu’il ne se passe pas grand chose. D’autres, que ce genre de personnages n’existant pas vraiment. Et ils auront raison. Mais personnellement, rien ne m’a dérangé : j’ai adoré suivre sa vie sans drames qui se voit chamboulée par l’arrivée d’une fille, et j’ai adoré que tous les personnages soient différents des adolescents que l’on croise dans le bus et qui n’ont jamais ouvert un livre de leur vie.

If I lived to be seven hundred years old, and spent most of those seven hundred years searching for the elixir of coolness, i might possibly attain one-eighth of the coolness of Henry Carter. 

Cette histoire est certes simple, mais elle est parfaite de simplicité et j’ai aimé chaque seconde de cette lecture. 

Merci à B de me l’avoir recommandé. Je te dois mon premier coup de cœur. <3

Vous l’aurez compris, si vous lisez en anglais, jetez-vous sur ce livre.
Sinon, priez pour qu’une maison d’édition française lise ce billet et s’intéresse à ce livre !

 

7
oct

On the Jellicoe road de Melina Marchetta, cette pépite de mystère, d’émotions et d’amitiés.

jellicoe 

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi il y a coup de cœur et coup de cœur.
Il y a LE coup de cœur, celui dont on sait dès les premières lignes que ça en sera un, celui dont l’écriture nous envoute instantanément, dont les émotions nous submergent, dont on ne ressort pas indemne. 

Et il y a l’autre sorte de coup de cœur.
Celui qui ne vient pas de suite mais petit à petit, qui se bâtit au fur et à mesure que l’on prend conscience de tenir en main un livre particulier, unique et orignal. Le coup de cœur qui s’installe en même temps que l’on s’attache, lentement, mais très sûrement, aux personnages, à l’histoire et à l’ambiance. Le coup de cœur pour des livres dans lesquels on s’immerge doucement plutôt qu’en plongeant tête baissée dedans, mais dont le courant nous emporte plus profondément et plus longtemps peut-être.

C’est de cette sorte de coup de cœur dont je vais vous parler aujourd’hui. 

jellicoe-road-map

Pour résumer ce livre sans trop en dire, il s’agit de l’histoire de Taylor, jeune fille de 17 ans, qui est désignée, au début du livre, leader de son école dans une guerre territoriale qui les oppose, pendant 6 semaines, au Townies (les locaux) et aux Cadets (des élèves d’une école militaire  de Sydney qui viennent à Jellicoe 6 semaines par an).
En parallèle,  nous découvrons, à travers un manuscrit, l’histoire de 5 jeunes qui ont vécu là il y a une vingtaine d’années.
Passé et présent s’entremêlent alors pour nous conter une histoire unique et magnifique.  

           

On Jellicoe Road n’est pas un livre facile, du moins pas au début.
Je dirais même plus, pendant au moins 3 chapitres (plus pour certaines), il est difficile à comprendre et confus et sans les copines, j’aurais peut-être abandonné.

Mais alors, je serais passée à côté d’un petit bijou.

“What do you want from me? » he asks.
What I want from every person in my life, I want to tell him.
More.”

 

Je n’aurais pas connu…

Taylor, sa personnalité si complexe, son besoin d’amour, sa carapace, sa façon de repousser les autres, ses forces, ses faiblesses et surtout son évolution… Je ne me serais pas attachée à elle, doucement, très doucement puis de plus en plus vite et profondément, pour finir par l’adorer…

Si je m’étais arrêtée aux premiers chapitres, je n’aurais pas connu :
Jonah, le leader des Cadets, le garçon du train, celui qui vient pendant 6 semaines à Jellicoe, amenant la guerre avec lui. Celui dont on tombe amoureuse, qui nous touche et dont on perçoit la vulnérabilité aussi bien que la force.

 

Je n’aurais pas connu… Santangelo, le leader des Townies, celui sur qui on peut compter et qui en sait plus sur Taylor qu’elle même.
Je n’aurais pas connu Raffaela, sa franchise, son optimisme et sa droiture ni les personnages secondaires comme Jessa, Ben, les Mullet brothers et même Sam…

Et je n’aurais pas connu les 5….
Les 5 dont je ne peux pas trop parler mais qui sont présents, si présents et si importants. Les 5 qui sont à l’origine de tout et dont on découvre la belle, la sublime et terrible histoire d’amitié, de solidarité, de peine, de perte et d’amour. 

 

“He is the most beautiful creature I have ever seen and it’s not about his face, but the life force I can see in him. It’s the smile and the pure promise of everything he has to offer. Like he’s saying, ‘Here I am world, are you ready for so much passion and beauty and goodness and love and every other word that should be in the dictionary under the word life?’

 

Si j’avais abandonné cette histoire, je n’aurais pas connu…
L’écriture sublime de l’auteur,
Les si nombreux mystères de Jellicoe,
Le jeu de guerre et de stratégie entre Townies, Cadets et Jellicoe School que j’ai adoré,

 

Je ne me serais pas posée 1000 questions,
n’aurais pas élaboré bon nombre de théories,
et adoré voir les pièces du puzzle s’imbriquer, même si souvent sans surprises,

 

« No », I say. « It’s actually because my heart belongs to someone else ». And if I could bottle the look of his face, I’d keep it by my bedside for the rest of my life. 

 

Je n’aurais pas…
Ri,
Pleuré,
Couiné,
Chouiné,
Eté touché.

Par ces adolescents,
par ces enfants,
Par ces adultes,

 

– I think it will be a while before I forgive the trip to Sydney, she says flatly.
– Fair enough, I think it will be a while before I forgive you for what you put her through over the past six weeks.

 

Je n’aurais pas voulu prendre Jonah dans mes bras, puis Taylor, découvrir et monter dans un arbre aux mille symboliques, lire le manuscrit d’Hanna, voir un groupe de musique improbable se former, me laisser prendre au jeu de la guerre, trouver un moyen de négocier avec les Townies et les Cadets, croire en l’existence d’un tunnel, rire à chaque mention de « Coward of the Country », imaginer Kermit, essayer de comprendre la signification de Matthieu 1026 et se faire charrier par sa binomette qui n’avait pas compris non plus…

 

Je n’aurais pas assisté… 
A ces amitiés, de deux époques différentes,
Si belles, si vraies, si intenses,
Ainsi qu’à ces amours qui se forment, qui se cherchent et qui se consolident…

 

« If you weren’t driving, I’d kiss you senseless, » I tell him. He swerves to the side of the road and stops the car abruptly. « Not driving anymore. »

 

Si je ne m’étais pas accrochée au début, quand tous les chapitres sont confus et manquent d’explications,
je n’aurais pas lu des passages,
Beaux, profonds, touchants, drôles et prenants,

 

Je ne me serais pas plongée,
Dans une atmosphère si particulière, si étrange, si nostalgique, si mystérieuse et chargée de secrets et de non-dits mais aussi d’émotions et d’aventure.

Je ne me serais pas attachée à tous les personnages du livres, tous sans exception, de Fitz à Jessa, en passant par Taylor, Jonah, Ben, Santa, Raffy, Hanna, Tate, Webb, Jude et même Richard, tiens.

 

« Why do you always have to be so pessimistic? » she asks. « We can double up in our rooms and have a barbecue every night like the Cadets. »
Silently I vow to keep Raffy around for the rest of my life.« 

 

Et je n’aurais pas découvert un livre unique,
A l’écriture sublime et envoûtante,
Qui traite de sujets douloureux et dramatiques,
Mais avec justesse et sans jamais en faire trop,
Et qui décrit aussi de si beaux moments,

Un livre unique donc,

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