Les lectures de Cécile

28
oct

Les ennemis de la vie ordinaire d’Héléna Marienské, des addicts qui me laissent mitigée…

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Depuis quelques temps / mois, je me chronique quasiment que les livres que j’ai adorés ou détestés, rarement ou pas, ceux dont je suis ressortie mitigée.

Sauf que généralement les livres « sans plus  que je ne chronique pas» ne me retournent pas le cerveau comme celui-ci. Il fallait donc que j’en parle même si je ne sais pas par où commencer vu que je n’arrive toujours pas à savoir si j’ai aimé ou détesté ce livre et encore moins comment je vais pouvoir expliquer mes ressentis…

Tout n’est que contradiction dans ma tête.

Mais essayons… et pitchons…

Clarisse, psychologue, a trouvé la manière révolutionnaire de soigner les addicts qu’elle suit en les réunissant deux fois par semaine. Une sorte d’ Addicts Anonymes qu’elle laissera s’exprimer et au début, s’éventrer.

– Vas-y, tu me pètes les couilles toi, là !
– Cours prendre ton fix et tais-toi, la camée (propos suivis d’un même tourné de page méchanique). Et si tu causes, épargnes-nous ta vulgarité de poissarde. 

 

C’est ainsi que Damien l’intello pédant accro au sexe va côtoyer Gunter le beau gosse accro au jeu, Mariette l’adolescente addict à tout ce qui s’injecte, Mylène l’acheteuse compulsive, Elizabeth qui boit depuis 10 ans pour oublier les infidélités de son mari, Pablo qui a besoin de sa dose de sport quotidienne et JC, le curé qui ressemble au pape et qui s’aligne quelques rails de coke pour se donner de l’énergie et faire des sermon endiablés.
Tout ce beau monde se réunit donc, se juge, s’insulte, se parle et tient une sorte de journal pendant quelques temps avant d’évoluer, de s’entraider, de se rapprocher et de se soutenir…

Tout le monde parle, tout le monde se raconte. Une espèce de compétition semble avoir lieu. Qui est le plus addict ? Qui est tombé le plus bas ? Qui mérite la médaille de la plus belle épave ?

On commence alors à y croire et même à… oserais-je dire, s’attacher à eux…
On y croit donc, et comme le lecteur est souvent pris à partie dans ce livre, autant donner notre avis : on commence donc à espérer et encourager. Liz tu es sur la bonne voie. Je suis fière de toi. Mylène, génial le coup de l’antivol… Et vous les garçons qui courrez tous les matins, bravo.

Sauf que voilà… l’espoir est de courte durée.

Est-ce que vous pensez vraiment que des épaves, des looseurs peuvent s’en sortir ?
L’auteur n’y croit pas en tous cas.
Et voilà, c’est parti, c’est la rechute, la débandade, la décadence.
Clarisse est hors jeu, psychologue devenue elle-même accro aux médocs et à la boisson, nos 7 se retrouvent, replongent, se shootent, baisent, se piquent, et… jouent.

Les addictions empirent, se multiplient et la petite lectrice que je suis n’a plus su sur quel pied danser.

Le décalage entre le style léger « ah je replonge, c’est bon c’est trop bon » « ah ah, il est limite en train de violer sa femme qu’il a préalablement mis dans les vapes », « ah ah j’en chie littéralement de bonheur et je bande devant un chien », ah ah oui…

ou non… Car, je le disais donc, le décalage entre le ton léger et le glauque des situations m’a dérangée.

Avec « Le Grand Plan » j’ai souri, je me suis dit que l’auteur allait nous amener dans du grand n’importe quoi, extrapoler, exagérer, les laisser addict mais les faire grands, révolutionnaires, flambons les amis, flambons… je m’attendais à ce que la seconde partie ne soit que décalage et humour, j’ai rêvé de la démesure, ils vont tous finir cockés mais riches, ils vont tout rafler, ils vont « entuber » tout le monde.

Et je n’avais pas complètement tort mais je pensais que ça serait léger, pas crédible mais quitte à aller dans l’extrême allons-y gaiement.
Mais de la gaieté et de la légèreté ce n’est pas ce que j’ai eu. J’ai eu la déchéance, le glauque, le malsain.

Alors, certes, j’ai été servi en exagération et démesure, mais pendant une partie du livre, pas dans un sens drôle et léger, au contraire.
Et alors que les situations s’empirent et deviennent de plus en plus malsaines, on garde ce style détaché, l’humour noir et le sarcasme. Et l’auteur m’a perdue à ce moment. Je ne savais plus comment réagir, la tournure des phrases et le fatalisme de l’auteur me faisaient sourire mais les situations me dégoutaient.

Tu es d’accord que pour la plupart d’entre nous, le problème de l’addiction, c’est surtout ses conséquences financières, entame Pablo.
– Oh là, là ! Exactement. Être addict, ça ne me défrise pas. Je suis addict, et alors. Le problème, c’est de se donner les moyens de son addiction. 

 

Si l’on été passé du «Grand Plan » directement à « l’exécution du plan » (qui m’a bien plue), je crois que j’aurais pu adorer ce livre. 
Mais entre les deux moments, il y a quand même eu le dégout, la pitié, le mépris, l’ecoeurement, et finalement peu de sourires…

Ca reprend en dernière partie, mais c’est trop tard. Pourquoi revenir sur un ton plus léger et loufoque alors que vous avez pris une autre direction juste avant ?

C’est amusant, ce jeu, ça vous ferait presque oublier les vulves et les nichons

Un rendez-vous en demi teinte pour moi, vous l’aurez compris. Je n’ai pas detesté, j’ai même beaucoup aimé le style et les voix (très réussies par leur différence de style) de chacun, j’ai trouvé l’histoire de base sympa et originale et les personnages hauts en couleurs…mais on est quand même très très loin de la comédie hilarante promise… 

Un livre qui m’a beaucoup fait penser à Au Revoir, là haut (que j’avais pour le coup détesté) tant au niveau de l’histoire que de l’humour… 

Je vous invite cependant à lire l’avis de Cajou et celui de Severine qui ont adoré ! 

 

11
mar

Galilée de Lily Haime, tome 1 l’effet papillon : un livre très prenant et envoûtant malgré quelques défauts…

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Rappelez-vous, il y a quelques temps je découvrais avec « Mathias » Lily Haime, une auteure française de YA MM (Young Adult Gay) dont j’avais dévoré les deux tomes de sa série, malgré quelques défauts.
Il ne m’a pas fallu longtemps après la sortie de Galilée, le premier tome de sa nouvelle série, pour le commencer. 
 
L’histoire est somme toute assez similaire à celle de Mathias et Eden. 
Un adolescent hétéro (qui couche à droite à gauche sans jamais s’attacher) qui voit sa vie chamboulée quand il rencontre un autre adolescent, gay, lorsque celui-ci débarque dans son lycée.
Histoire similaire donc, mais rassurez-vous, il y a assez de différences tout de même pour ne pas avoir l’impression de lire exactement le même livre. 
 
Là où les parents de Mathias étaient très ouverts, le père d’Alex est homophobe.

Savait-il à quel point il avait conditionné nos vies? Savait-il à quel point je me sentais à l’étroit dans la petitesse de ses pensées? J’étouffais, moi, sous le poids de ses à priori. J’allais finir par en crever, serré dans l’étau de ses dictats!

Là où Mathias mettait du temps à accepter ses sentiments, Alex comprend et accepte très rapidement le fait que Jamie le bouleverse et l’attire… 
 
C’est d’ailleurs là, le premier petit reproche que l’on peut faire à ce tome: le fait que cet adolescent hétéro accepte aussi rapidement son attirance pour un autre garçon. 
Surtout qu’à côté de ça, il lutte pendant longtemps pour ne pas céder à cette attirance, se permettant par contre d’être jaloux et de faire des reproches à Jamie, tout en ne voulant pas sauter le pas ni avouer ses sentiments. 
Un poil agaçant, je dois bien l’avouer. 
 
Ajoutez à ça un meilleur ami que l’on a envie de secouer (sans comprendre pourquoi Alex ne le fait pas davantage), un personnage principal aux réactions un peu énervantes  et des phrases TROP belles pour être réalistes de la bouche d’un adolescent et vous aurez la liste des reproches que je fais à ce premier tome.
Je me sentais puissant de cet amour. Il m’élevait bien plus haut que tout ce à quoi j’aurais pu aspirer. Parce que j’avais rejoint le ciel, que j’avais vu le monde d’en haut, là où Jamie m’avait emmené.
Je pouvais bien retourner en bas maintenant, au plus profond des enfers; je portais en moi la lumière des anges. Ou que j’aille, elle y resterais.
Et pourtant, une fois de plus, Lily Haime est arrivée à m’envouter avec son histoire, sa plume et ses personnages imparfaits mais qui n’en restent pas moins très touchants et vivants.
J’avais beau pester, m’énerver, et noter des défauts, j’avais toujours envie de reprendre ma lecture, et je pensais à Alex et Jamie quand je devais les quitter pour quelques heures !
Aucun regret donc. Des défauts, oui, mais une plume qui fait mouche, qui nous embarque et qui reste par moment magnifique.
 
Je lui dirai que je regrette, mais que je ne peux plus être avec lui. Parce que s’il posait une main sur moi, c’est la tienne que je sentirais. Que s’il déposait un baiser sur mes lèvres, ce sont les tiennes que j’embrasserais. 
 
La fin quant à elle est la définition de la frustration.
Vivement la suite dans quelques jours ! 

Galillée, tome 1 : l’effet papillon – Lily Haime
MxM Bookmark – 362 pages

4
nov

Beautiful player de Christina Lauren, un beautiful désastre.

BP

Bonjour à tous et bienvenu sur le plateau de « Questions pour un champion spécial romance érotique. »
Sans plus attendre commençons cette finale qui oppose ShowDasse et HardDick. 
Le but est de trouver le titre d’une romance érotique. 

Audiences-TV-Questions-pour-un-champion-semaine-record-pour

Julien Lepers : Top, je suis un homme qui couche avec tout ce qui bouge et …
Biiiiip. 
ShowDasse: Comme beaucoup de héros hein, ça ne va pas nous aider….

Julien Lepers : Certes, mais si vous me laissiez finir peut-être que vous pourriez trouver.
Top, je couche avec tout ce qui bouge depuis mon adolescence et j’ai deux plans cul réguliers, le mardi et le samedi.
Je ne suis pas snob car je « suis un mec de trente ans qui a fini ses études depuis un bout de temps et pour qui la fête c’est quand mon copain Max dépense mille dollars dans une bouteille de whisky » (c’est beau la vie de trader à NYC)(non ce livre n’est pas bourré de clichés).
Je cours tous les matins et fais du vélo « car ça m’empêche d’avoir envie de baiser tout le temps. »

HardDick : Et ça marche ?
Julien Lepers : Apparemment.
HardDick : je devrais peut-être essayer.
Julien Lepers : Top, Je travaille comme trader et je ne suis jamais tombé amoureux.

HardDick: …
ShowDasse : …
HardDick
ShowDasse : heu ? C’est tout ?
Julien Lepers : oui.
HardDick : hé ben, il est bien travaillé ce personnage.
ShowDasse : Il a même pas une grosse bite ?
Julien Lepers : ce n’est pas mentionné. Mais il sait donner des orgasmes. Beaucoup. Ah et il aime les seins. 

ShowDasse (ironique) : Et qui n’aime pas les seins ? Il est nul votre personnage. 
Julien Lepers : déjà ce n’est pas mon personnage et en plus, il les aime les sens dans le sens il fait une fixation dessus. C’est mentionné 579 fois au cas où le lecteur ne l’aurait pas compris à la première ou troisième fois. Ah, et il glousse aussi. 

HardDick . Il glousse ? Genre comme une gonzesse ?
Julien Lepers: Oui. 
ShowDasse: Je vois pas, mais il fait pas rêver. 
HardDick : moi non plus je vois pas et il ne me fait pas rêver non plus !  
Julien Lepers : OK enchainons sur le personnage féminin alors :

Julien Lepers: Top. Je suis une héroïne de 23 ans, une scientifique, censée être hyper intelligente et n’avoir que le boulot dans ma vie. Si je ne suis plus vierge, je n’ai bien sur que très peu d’expérience, ne sors jamais de chez moi et ne sais pas draguer.
J’ai de gros seins et ai même subit une réduction mammaire au grand dam du héros. Philosophe à mes heures perdues je sors des phrases hyper profondes (comme ma gorge) (ok je sors) du type : « Tu ne trouves pas que les gens qui comptent le plus sont parfois ceux que tu vois le moins ? », sortie qu’elle prononce avec une telle franchise dans la voix (oui de la franchise dans la voix) que le héros en est bouleversé. 

ShowDasse : J’ai pas compris ?
Julien Lepers : Quoi ?
ShowDasse : pourquoi il est bouleversé ?
Julien Lepers : parce qu’elle sort de manière franche que les gens qui comptent le plus sont souvent ceux qu’on voit le moins.
ShowDasse. (sceptique) Okay…. Et sinon, le héros a un gros sexe ?

Julien Lepers (roulant des yeux), top, je n’ai pas acheté de vêtement depuis ma première année à l’université vu que je ne pense qu’à travailler et que je suis une geek. (car l’un empêche l’autre, c’est bien connu).
Du coup, le héros demande aux copines de ses meilleurs amis de me sortir pour acheter des fringues et des soutifs.
Je suis aussi une fille tellement innocente qui décide de se renseigner sur le cul pour en savoir plus…

HardDick (avec un sourire un coin): Ahhhh ce sont les meilleures les innocentes !

Julien Lepers (ignorant la remarque) et dans un bar, sorti de nul part,  je lance tout de go que je regarde des pornos pour m’instruire (car je suis une scientifique qui a besoin de comprendre voyez-vous) et je demande donc au héros si les femmes font vraiment ces bruits au lit* (suivez l’astérisque pour avoir le dialogue complet)(il vaut le détour).
Une autre fois, je vais même lui demander si les garçons aiment vraiment l’enculade.

ShowDasse : l’enculade ? Genre la meuf elle sait pas à 25 ans qu’on dit sodomie?**
Julien Lepers: je crois que l’auteur veut vraiment la faire passer pour une fille qui n’y connaît rien.
ShowDasse : alors qu’elle parle de porno et de sodomie dans les bars ? Vraiment crédible…. 

HardDick : elle voulait savoir quoi exactement sur la sodomie ? Car bon, je veux bien lui expliquer moi hein.
Julien Lepers : rien, elle voulait juste savoir si les hommes aiment ça et non HardDick, on ne veut pas connaître votre avis sur la question.
HardDick : pfffu si on peut même plus s’exprimer…

Julien Lepers, je reprends : top, je suis une fille innocente qui n’y connaît rien au sexe mais qui s’épile intégralement et qui jouit sur demande du héros.
Quand je couche finalement avec lui, je ne peux plus m’empêcher de penser au sexe et grâce à lui, je « me souviens que mon cœur et un muscle et que mon corps est fait pour baiser ». 

HardDick : tu as son numéro ?
Julien Lepers : Enfin, j’ai un don naturel pour la fellation (que je pratique pour la première fois) d’après le héros.
HardDick : Mec, je t’ai posé une question ? fais pas ton rat, file son numéro !

Julien Lepers: je suis, je suis ?!?!

ShowDasse : une salope sous des airs d’intello ?
Julien Lepers : oui, mais il me faut un nom.
HardDick : et moi un numéro.

Julien Lepers : Bon, je vais enchainer sur l’histoire :
Top :
C’est l’histoire d’une fille qui ne sort jamais car trop focalisée sur le travail et que le grand frère incite à sortir. Il la met en contact avec son meilleur ami, Will pour qu’il puisse la faire jouir sortir.
La fille, Hanna, a toujours été amoureuse de Will.
Ils se voient, courent ensemble tous les matins, elle s’achète des fringues, posent des questions sur le cul et il est censé l’aider à apprendre à draguer. Elle rencontre quelqu’un mais ne pense qu’à Will et finalement ils couchent ensemble.
Pendant toute l’histoire, jusqu’à 95%, ils passent leur temps à baiser mais ne sont pas vraiment ensemble car bien qu’elle soit amoureuse de lui depuis ses 12 ans, quand il lui avoue ses sentiments, elle panique et ne veut pas d’une relation. 
Plus tard, s’en suit une série de non dits (un pas en avant, 10 en arrière) qui font qu’ils ne sont pas ensemble jusqu’à la fin. Je suis, je suis ? 

ShowDasse : attendez c’est tout ce qui se passe dans le livre ? Des nons dits et du cul ?
Julien Lepers: Oui, à peu près. Il y a aussi le fait que la marque Aubade est mentionnée 5x fois dans le livre et le mot foutre 10x
HardDick : Hé je vous permets pas hein !
Julien Lepers (déconcerté), heu ? De quoi ?
HardDick : de me dire d’aller me faire foutre.
Julien Lepers: je ne vous ai jamais dit d’aller vous faire foutre, je vous dis que la traductrice a préféré employer le mot foutre que sperme.
ShowDasse : pourquoi ?
Julien Lepers : Je ne sais pas, je crois qu’elle s’est dit que plus c’était vulgaire plus sa plaisait.
ShowDasse : ben non, il faut lui dire que plus c’est gros plus ça plait. Si vous voyez ce que je veux dire)(clin d’œil).

Julien Lepers : Et donc, je suis… je suis… Beautiful Player voyons !!!
Il n’y a donc pas de gagnant, je vous reverrai donc tous les deux lors d’une prochaine finale.
En attendant, comme il reste un peu de temps à l’émission je vais vous faire part des meilleurs dialogues du livre.

 

******

 

Pendant un jogging où elle a mal aux seins car ils bougent trop… (subtilité, le mot d’ordre du livre)

« Par exemple, tu cours avec un caleçon?
Bordel de merde, que m’arrive-t-il? Problème no1: je dis tout ce qui me passe par la tête. Je n’ai jamais été très subtile, et la présence de Will me perturbe assez pour m’empêcher de réfléchir avant d’ouvrir la bouche.

Il me regarde, l’air désorienté, et manque trébucher sur une racine_:
– Quoi ?
Je répète très distinctement:
– Un caleçon. Ou tu portes quelque chose de spécial pour empêcher tes parties de…
Un énorme éclat de rire m’interrompt, qui résonne dans le parc glacé et silencieux.
– Ciel.
– Je suis seulement curieuse.
– Ouais, pas de caleçons, répond-il après s’être repris. Ca bougerait trop là dessous. Particulièrement dans mon cas.
– Pourquoi ? Tu as trois couilles ?

(allez, avouez que vous êtes morts de rire).

 

 ********

 

Plus loin, quand elle est maquillée :

– Tu es très en beauté, d’ailleurs. Elle me regarde, surprise. J’ajoute rapidement: *Je suis content que tu ne les aies pas laissées te recouvrir le visage de fond de teint. Ce serait dommage de cacher tes taches de rousseur. »
– Dommage de cacher mes taches de rousseur? demande-t-elle dans un murmure. Mais quel genre de mec es-tu pour sortir ça ? Tu essaies de me faire jouir à distance ?

Toi aussi, joue à trouver le lien entre le fait de jouir à distance et la phrase précédente, et gagne l’ebook de ce livre.

 

********** 

– Will. Tu veux bien venir avec moi? Tu passes me prendre?
Il ricane et secoue la tête.
Il me faut un moment pour comprendre qu’il est tordu de rire.
– Euh, pervers! je maugrée en lui donnant un coup d’épaule. 
– Tu passes me prendre chez moi ? Il lève la tête, je me frappe le front. « Oh mon Dieu, c’est encore pire. Envoie-moi un message pour me dire si tu peux? » Je grimace, et m’éloigne sur la piste.
– J’adore quand tu me demandes de te prendre! crie-t-il. Je suis impatient de passer te prendre ce soir, Ziggy! Vers vingt heures? Ou dois-je te prendre à dix heures? Je peux te prendre deux fois ?

Non, je n’ai pas inventé ce dialogue et non ils n’ont pas 10 ans.
Et oui, c’est censé être drôle.

 

********** 

* le dialogue où elle lui dit qu’elle a regardé un porno la veille :

– Bref. J’ai une question.
Je la scrute du coin de l’oeil.
– Oui ?
– Les femmes font vraiment ces bruits au lit ?
Je lui souris:
– Quels bruits, Ziggy ?
Elle n’a pas compris que je me moquais d’elle. Elle ferme les yeux.
-Genre « oh, oh, oui, Wiiiiill, donne-moi ta bite et plus fort, plus fort, oh mon Dieu, baise-moi mon gros lapin, etc. »
Sa voix est douce, elle respire lourdement. Je suis horrifié de sentir ma queue se tendre légèrement. ça risque de poser un sérieux problème.
– Certaines.
Elle éclate de rire.
– C’est ridicule !
Je me retiens de sourire. J’aime la voir si confiante dans un domaine dans lequel je suspecte qu’elle n’a que peu d’expérience.
– Elles doivent vraiment aimer ça, donc elles en redemandent. Tu n’aimerais pas désirer quelqu’un si fort que tu sois prête à le supplier de te baiser?
Elle boit une grande gorgée de thé glacé.
– En fait, ouais. Je crois que je n’ai jamais désiré personne suffisamment pour le supplier de me baiser. Un cookie ? Oui. Une bite? Non.
– Ca devait être un super cookie.
– Absolument.

ShowDasse : elle a demandé à un cookie de la baiser ?
Julien Lepers (ignorant la remarque et passant au prochain extrait).

(oui les auteurs ont vu « Qd harry rencontre Sally »
Et oui, la traductrice a cru que des adultes disaient encore Ouais au lieu de oui »).

 

*********

**Elle chuchote :
– Les garçons aiment vraiment l’enculade, n’est-ce pas?
Preuve de ma toute nouvelle aisance avec Ziggy, je cligne à peine des yeux.
– On ne dit pas l’enculade. On dit la sodomie.
– N’est-ce pas? répète-t-elle.
Je soupire en passant les mains sur mon visage. Suis-je prêt à aborder ce sujet avec elle?
– J’imagine. Je veux dire Ouais.
– Donc tu l’as déjà fait
– Ziggy !
– Et tu ne penses pas que tu es dans…
Je lève une main :
– Non !
– Tu ne sais même pas ce que j’allais dire !
– Non, mais je te connais, Ziggy. Je sais exactement ce que tu vas dire.
Elle fait une grimace et regarde l’écran de télévision au-dessus du bar. Les Knicks sont en train de ratatiner les Heat.
– Les mecs peuvent arrêter de penser. Je ne sais pas comment ils font.
– Tu n’as jamais eu assez de plaisir pour ressentir ça.
– Je pense que tu arrêtes de penser même pour un plaisir médiocres.
Je ris en avouant:
– Probablement. Tu as mangé des moules. Pour moi c’est de la merde de mer filandreuse et caoutchouteuse. Mais si tu me faisais une pipe, je ne penserais pas aux moules que tu as mangées.
Elle rougit légèrement.
– Tu dois faire allusion à mes dons de suceuse d’élite.
Je la fixe:
– Je… quoi ?
Elle éclate de rire et secoue la tête.
– Tu vois. Tu es sans voix et je n’ai encore rien fait. Les hommes sont tellement prévisibles!
– C’est vrai. Un mec serait capable de mettre sa queue dans n’importe quel trou.
– N’importe quel trou baisable.
– Quoi ?
– Eh bien, tous les orifices ne sont pas baisables. Comme les narines. Les oreilles.

 Oui ce dialogue est surréaliste.

 

 *********** 

Vous l’aurez compris :
Les dialogues sortent de nul part  (du genre à se demander si on a loupé des pages) et nous avons l’impression qu’ils se veulent drôles alors qu’ils ne le sont (clairement) pas, le style est très pauvre, il n’y a pas d’intrigue (à part qu’il aime les seins), les personnages ne sont pas attachants (Bon quand Will se rend compte de ses sentiments et qu’elle panique, ça va un peu mieux avec lui), ils se courent après et ne communiquent pas jusqu’à la fin (ce qui est à peine long), c’est vulgaire (trop), mal traduit et ça ne fait pas couiner… 
Le seul point positif (mais pas des moindres) réside quand même dans les scènes de cul qui, si elles sont certes redondantes et vulgaires, sont quand même assez bien écrites et font bien monter la température… 

Un livre que je ne recommande donc pas car j’ai trop focalisé sur le style, l’écriture et le manque d’intrigue, mais qui plaira sûrement à celles qui le lisent (seulement) pour le côté érotique. 

Et ce billet marque mon retour au rendez-vous coquin de Stephie: cela faisait bien longtemps ! :-)
Stephie