Les lectures de Cécile

26
nov

Colocs (et plus) de Emily Blaine – un livre drôle mais qui tourne en rond

colocs

 

Il y a des périodes où l’on entend beaucoup parler d’un livre ou d’un auteur. Ca a été le cas pour Emily Blaine, un auteur français que de nombreuses copines m’ont recommandé de découvrir. 

Si Sabrina a lu et adoré sa série « Dear you » j’ai pour ma part préféré fuir l’histoire de la fille « banale » qui tombe amoureuse du multimilliardaire qui me semblait un poil déjà vue et source potentielle de « roulement d’yeux » et me lancer dans Colocs (et plus) que les copines Sevy, Julia et Emilie ont adoré … 

C’est donc en suivant leur conseil que je me suis lancée dans cette lecture qui commence fort et chaudement ! :-) 

Deux inconnus qui se rencontrent dans un bar, qui se plaisent, discutent et finissent dans une voiture à partager un moment torride.
Et puis, quelques mois plus tard, ces deux personnes qui se retrouvent… colocataires. 
Il est chef cuisinier, elle finit ses études d’infirmière et vient effectuer un stage à Chicago où elle loge chez son frère Austin… Austin qui n’est autre que le meilleur ami de Connor, le héros, dont il partage l’appartement. 
La tension entre eux est palpable dès le moment où ils se reconnaissent. 
Sauf que voilà, Maddy est intouchable, et pour cause : Connor et Austin ont fait un pacte il y des années de cela : ils ne toucheront jamais à la sœur de l’autre. 
Et un pacte est un pacte…. 
… au grand désarroi de la lectrice que je suis. 

Car si j’ai bien aimé le style, l’humour et les dialogues entre les deux personnages principaux, j’avoue m’être ennuyée une bonne partie du livre.

– Je crois que nous sommes partis sur de mauvaises bases toi et moi, lâcha-t-il finalement.
– Ne sois pas si négatif: tu n’étais pas si mauvais ! raillai-je.

Si je devait résumer l’intrigue en trois fois 4 mots, je dirais que ça tourne en rond, ça tourne en rond, ça tourne en rond….
Il ne se passe RIEN pendant la majeure partie du livre et c’est bien dommage vu la qualité du style et des dialogues.

Pour autant, ça fonctionne quand même assez bien car on lit ce livre d’une traite.
Le style est fluide donc, ce qui est assez rare dans des romances françaises pour être mentionné et il y a aussi beaucoup d’humour, ce qui est rafraîchissant. 
Mais le coup du « 1 pas en avant, 3 en arrière, je suis attiré, non mais il y a le pacte, je suis attiré, non mais je peux pas faire ça à Austin, je suis attiré, ah mais non c’est elle qui ne veut pas maintenant, ah finalement elle est attirée mais non je ne suis pas assez bien pour elle» ça va pendant un temps, mais 80% du livre, c’est un poil trop long sachant qu’il ne se passe rien à coté et que c’est là toute l’intrigue du livre.

 Je t’ai déjà dit que tu méritais un type bien et je ne suis pas un type bien, Maddie. Je prends, je jette. Aussi simple que ça. 

En somme, dommage que la relation entre les personnages soit redondante et lente car cela m’a perdue à un moment alors que le livre avait bien commencé avec sa scène chaude et ses dialogues pleins d’humour et de sarcasme…
Une auteur que je vais quand même suivre de près vu que j’ai aimé son style et  que n’ai juste pas accroché au rythme de l’histoire.

 Les avis très positifs de Sabrina sur Dear You et sur Colocs (et plus) et celui de Emilie, tout aussi enthousiaste.

Colocs (et plus) de Emily Blaine
Editions Harlequin – lu en ebook – 350 pages

 

25
nov

Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger, 278 pages qui mettent de bonne humeur et donnent le sourire !

trente
Résumé de l’éditeur, légèrement modifié :)

Ce livre débute avec Mortimer, notre héros, allongé dans son lit en costume noir. Costume qu’il a choisit pour son enterrement.
Parce que voilà, aujourd’hui, c’est son anniversaire : il aura 36 ans à 11 heures. Et comme, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés le jour de leur 36e anniversaire, Mortimer ne voit pas pourquoi il ferait exception.
C’est pourquoi il rend son appartement, pose sa démission, vend sa voiture, vide son frigo, fait le ménage et s’allonge sur son lit en attendant sa mort.
Mais le sort lui joue un drôle de tour. Car ce 15 février à 11h, Mortimer ne meurt pas. Le voici même en pleine santé mais sans travail et sans appart… et il va lui falloir désormais vivre vraiment, sans connaître l’heure de sa mort, comme tout un chacun, en somme.

 

Si je n’étais pas sûre d’accrocher complètement au style au début, je me suis finalement laissée complètement embarquer dans cette histoire loufoque.
C’est drôle, touchant, cocasse, sarcastique ; les personnages sont originaux, et bien que caricaturaux, ils n’en restent pas moins, finalement, bien attachants.

Or, s’il fallait résumer mon malheur, je pourrais le faire en trois mots : je suis vivant.
Que je sache, il n’y a pas mort d’homme. 

De Paquita à Nassar, en passant par Jasmine et les aïeux de Mortimer, les personnages que l’on rencontre sont atypiques et hauts en couleur.
Au travers des pages, on sourit beaucoup, on voyage un peu, on s’attache, lentement mais sûrement et on imagine des chapeaux loufoques, des crêpes dans un camion, un café imbuvable, un bidet et un âne qui peuvent s’avérer fatale, un banc à center park, une tante peu attachante, un homme sage, une femme d’âge mur au grand cœur et aux tenues provoquantes, une fille qui pleure sous la pluie et un garçon qui se laisse vivre, sans s’attacher car il connaît la date de sa mort…

Cette fille, c’était du papier alu entre les deux couronnes dentaires, une coupure de l’index sur une feuille de papier, une gerçure aux lèvres qui se fend quand on rit. Une chose insignifiante avec un potentiel d’emmerdement énorme. 

Au final, c’est le genre d’histoire qui ne permet pas vraiment le coup de cœur : on met du temps (pour ma part en tous cas) mais on finit par s’attacher aux personnages, on rit et on est touché mais on ne vit pas l’histoire et on ne s’identifie pas non plus.

Pour autant, j’ai passé un très très bon moment avec ce livre qui met de bonne humeur, donne le sourire et qui m’a donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur !

Le vrai café, tu vois, c’est pas fait pour les femmes. 

Je vous invite à lire l’avis de Leiloona qui m’a convaincue de me procurer ce livre,  celui de ma co-lectrice Bladelor pour qui ce livre a été « une bulle de bonne humeur et de tendresse : une lecture-plaisir qui se déguste » et ceux de  Stephie , de Clara et de Sophie, très positifs.
Enfin, je l’ai également lu avec Fée qui n’a plus de blog (snif) mais qui,  comme moi « ne pensait pas s’attacher aux personnages mais qui les a finalement adorés. Et si elle a un peu moins aimé la première partie, elle n’était pas loin, sur la fin, du coup de cœur. »

Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger 
Editions Rouergue – 278 pages

26
sept

Two boys kissing de David Levithan, un livre à fort potentiel « coup de coeuresque » mais dont je ressors déçue…

two boys kissing

Two boys kissing (Deux garçons qui s’embrassent) n’est pas l’histoire de deux garçons qui s’embrassent.
Enfin si, mais pas seulement.
Two boys kissing c’est aussi et surtout différentes histoires qui nous sont racontées par d’anciens adolescents gays qui sont morts du SIDA et qui regardent cette nouvelle génération avec envie, joie, tristesse, compréhension, appréhension et remords.

As we become the distant past, you become a future few of us would have imagined.

Alors que nous devenons un passé lointain, vous devenez un futur que peu d’entre nous n’auraient osé imaginé.

Ces narrateurs, morts, suivent et nous racontent, à nous lecteurs, plusieurs histoires parallèles.
Celle d’un ancien couple qui a décidé de battre le record du plus long baiser pour s’inscrire dans les Guiness des records.

Harry and Craig are friends. They are kissing to show the world that it’s okay for two boys to kiss.

Harry et Craig sont amis. Ils s’embrassent pour montrer au monde que c’est Ok pour deux garçons de s’embrasser.

Ils nous racontent aussi l’histoire d’un couple en devenir, composé d’un garçon aux cheveux roses et d’un aux cheveux jaunes.
Celle d’un couple qui s’aiment mais qui connaissent des difficultés.
Et enfin celle d’un garçon perdu dont le père vient d’apprendre l’homosexualité.

Et toujours, la voix des narrateurs, qui reprend la parole, parfois en plein milieu d’une histoire, pour nous livrer leurs pensées.

You have no idea how close to death you came. A generation or two earlier, you might be here with us.
We resent you. You astonish us

Vous ne savez pas à quel point vous êtes passés près de la mort. Une génération ou deux avant, et vous seriez ici avec nous. Nous vous en voulons. Vous nous stupéfiez.

Nous suivons donc ces histoires ainsi que les pensées des narrateurs et à travers elles nous rencontrons…
Des homophobes… 

People like to say being gay isn’t like skin color, isn’t anything physical. They tell us we always have the option of hiding.
But if that’s true, why do they always find us?

Certains disent qu’être homosexuel n’est pas comme une couleur de peau, ce n’est pas quelque chose de physique. Ils nous disent qu’on peut toujours le cacher.
Mais si cela est vrai, comment arrivent-ils toujours à nous trouver ? 

 

Mais aussi…
Des parents et des personnes de toutes les générations qui acceptent, qui découvrent et qui soutiennent… 

There had to be some way to show the world that he was a human being, an equal human being. 

Il devait y avoir un moyen de montrer au monde qu’il n’était qu’un être humain, un être humain comme les autres.

 

J’avais très envie de découvrir un roman de David Levithan dont j’avais découvert la plume dans Will & Will qu’il a co-écrit avec mon auteur chouchou John Green.
Ainsi quand Karen m’a proposé de lire ce livre, j’ai jeté un œil au titre, à la couverture et au résumé et je n’ai pas hésité longtemps avant de le lire. 

Malheureusement, ce livre n’a pas été le coup de cœur que j’espérais.

J’ai trouvé le début confus : on ne sait pas trop qui parle, il n’y a pas de chapitres, les histoires se dispersent et les pensées des narrateurs se veulent profondes. Trop peut-être.

Puis vers  20% je me suis laissée prendre par l’histoire, ou plutôt par les histoires de ces adolescents que l’on apprend à connaitre, que l’on suit et que nous voyons accepter leur différence, la prouver, la revendiquer, la tester, ou même la découvrir.
A partir de là j’ai vraiment beaucoup apprécié une bonne partie du livre et je me disais que la première partie allait vite être oubliée.

Sauf que malheureusement la voix des narrateurs prend souvent le dessus sur ces histoires, les coupant même, et c’est là mon plus grand bémol.
Car si les pensées de ces narrateurs sont certes très belles, elles sont parfois aussi moralisatrices et si j’aime les livres qui me font réfléchir et me font passer des messages, j’ai trouvé que cet aspect était trop présent dans ce livre, et surtout, pas assez subtile.

Et entre ces coupures trop présentes et certains moments moins captivants dans les histoires, nous terminons le livre sans jamais nous être réellement attachés aux adolescents que nous suivons.
J’ai commencé à m’ennuyer, à décrocher et même à trouver que certaines belles phrases perdaient de leur impact.

There is no reason that we should ever be ashamed of our bodies or ashamed of our love.

Il n’y a aucune raison que nous ayons honte de nos corps ou honte de notre amour. 

 

Comme dirait une de mes copines, Hélène : « C’est bien d’écrire des livres qui donnent à réfléchir mais c’est bien mieux quand la réflexion est boostée par une grosse dose d’émotion. »

 

Pour autant j’ai trouvé l’histoire hyper originale et l’écriture sublime, comme en témoigne les passages que je  cite depuis le début de mon billet.
Et malgré mes bémols, certaines passages, certaines histoires et certains personnages ont su me toucher (même si j’aurais aimé ressentir davantage d’émotions) et je pense sincèrement que c’est un livre qui fait réfléchir et qui doit être lu par un maximum de personnes, notamment par les parents et les adolescents.

Malheureusement, la façon dont cette histoire – aussi unique soit-elle – a été racontée ne m’a pas convaincue.

Je ressors donc mitigée de cette lecture que j’ai trouvé magnifique par certains aspects (surtout le message principal véhiculé par l’auteur qui est beau, nécessaire et qui devrait être entendu de tous) mais qui manquait également de légèreté, de positivité et d’émotions (ainsi que de paragraphes et de dialogues) pour que j’en sorte davantage emballée.

If you play your cards right, the next generation will have so much more than you did.

Si tu joues bien tes cartes, les prochaines générations auront tellement plus que ce que tu as.

Je vous invite à lire les avis de mes co-lectrices : Simi, Emi et Karen.

 

Two boys kissing  – David Levithan
196 pages.