Les lectures de Cécile

16
fév

Inconnu à cette adresse – Kressmann Taylor

 

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« Je n’ai jamais haï les Juifs en tant qu’individus – toi, par exemple, je t’ai toujours considéré comme mon ami-, mais sache que je parle en toute honnêteté quand j’ajoute que je t’ai sincèrement aimé non à cause de ta race, mais malgré elle. (…). Tout en t’écrivant, et en me laissant aller à l’enthousiasme suscité par ces visions si neuves, je me dis que tu ne comprendrais pas à quel point tout cela est nécessaire pour l’Allemagne.
Tu ne t’attacheras, je le sais, qu’aux ennuis de ton propre peuple. Tu refuseras de concevoir que quelques-uns doivent souffrir pour que des millions soient sauvés. Tu seras avant tout un Juif qui pleurniche sur son peuple. Cela, je l’admets. c’est conforme au caractère sémite. »


C’est l’histoire d’une correspondance.

Une correspondance entre deux amis et associés. 
Max est resté aux USA, Martin est rentré en Allemagne. 
On assiste à la déchéance de cette relation. De cette amitié.
Nous sommes spectateurs du mal qu’ils se font l’un l’autre. De l’incrédibilité et des émotions qu’ils ressentent face aux choix et aux actes de l’autre. Du supposé Ami… Et nous aussi on est incrédules. Plus on lit les lettres, plus on est meurtri. 

Quel livre ! Incroyable. Je suis sortie patraque de cette lecture. 

En effet, si la première partie du livre est attendue, j’avoue que la seconde m’a beaucoup secouée. Quand j’ai réalisé ce qu’il se passait, je n’en revenais pas… 

Un livre court et pourtant très prenant: Oui, seulement 83 pages et beaucoup d’émotions.  Quand je pense que cette nouvelle a été écrite en 1938 je suis bluffée!

 

Je vous le conseille vivement ! 

 

 

Ce livre rentre dans le cadre du Challenge épistolaire. 


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8
sept

Etranger à Berlin – Paul Dowswell

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4ème de couv :

Quand ses parents meurent, en 1941, Piotr, jeune garçon polonais, est placé dans un orphelinat à Varsovie. Il est rapidement repéré : sa grande taille, ses cheveux blonds et ses yeux bleus font de lui un modèle accompli du type aryen prôné par Hitler… Un haut dignitaire nazi souhaite l’adopter : Piotr, rebaptisé Peter, est accueilli dans sa nouvelle famille à Berlin. Mais Peter sent bien que pour les autres, il reste un étranger. Tous ses efforts tendent à convaincre son entourage du contraire, quitte à faire parfois quelques compromis … C’est alors qu’il rencontre Lena… et qu’il découvre grâce à elle le vrai visage du nazisme. Il est temps pour lui de choisir son camp. Et de prendre des risques … Un roman d’aventures qui pose la délicate question de l’engagement.

 

 

Ce livre m’a touchée car il parle de ce qu’il se passait en Allemagne, et plus particulièrement à Berlin pour les allemands qui n’adhéraient pas aux convictions du nazisme.

Beaucoup d’aspects y sont décrits :

          La foi inconditionnelle qu’avaient les Allemands en leur Führer et croyant jusqu’à la fin,  dur comme fer, que l’Allemagne sortirait vainqueur de la guerre.

          La délation entre Allemands. Cf extrait.

          Les expériences faites sur les humains pour prouver la supériorité des allemands sur les autres peuples.

          Les Allemands qui aidaient les juifs et qui étaient pourchassés et tués.

 

Peter est tiraillé, partagé : il préfère son nouveau foyer à l’orphelinat.

Il veut faire partie de l’armée de l’air allemande, mais il n’aime pas faire le salut hitlérien.

Il se plait à la hitlerjungend mais n’aime pas voir les polonais mourir de faim ou les juifs se faire tabasser.

Il aime Berlin mais il veut écouter du swing, lire des auteurs polonais, pouvoir jouer un morceau d’un compositeur juif : toutes ces simples choses qui lui sont désormais interdites.

Il est blond aux yeux bleus, parle allemand sans accent, mais il reste, au fond de lui, et pour beaucoup, un polak, un étranger. 

 

 

Nous suivons ses doutes, ses peurs, ses envies, et sa découverte, petit à petit, grâce à Lena, du vrai visage du nazisme.

Quand viendra le moment de choisir, d’aider, de mentir et de risquer sa vie, que fera Peter ?

Jusqu’ou le mèneront ses choix ?

Quel prix faut il payer pour aller au bout de ses convictions ?

 

Bien écrit, sur fond historique, ce roman d’aventure m’a fait découvrir un autre aspect de cette sinistre période et apporte un angle de vue différent. 

Des passages m’ont beaucoup touchée, notamment toutes les descriptions sur les expériences raciales, la délation entre allemands, et les risques qu’encouraient ceux qui aidaient les juifs et étrangers.

Les personnages sont bien décrits et certains sont vraiment attachants, l’intrigue est bien menée, la fin est prenante, on tourne les pages à toute vitesse … Un très bon livre en somme.

 

 

Quelques extraits :

 

Exercice de classe : «La construction d’un asile psychiatrique coûte 6 millions de Reichmarks. Combien de maisons à 15000 Reichmarks aurait-on pu construire pour la même somme ? ». Page 90.

 

La délation : « C’était triste, presque malsain, de ne jamais pouvoir faire confiance aux autres. (…). La Gestapo, paraît-il, envoyait des agents provocateurs pour piéger les suspects. On disait qu’ils allaient jusqu’à raconter des plaisanteries contre Hitler pour ensuite vous dénoncer si vous aviez ri – ou, pire, vous dénoncer si vous ne les aviez pas dénoncés ». Page 112.

 

Expériences raciales : « C’est le projet d’études de la Frau Doktor Magnussen (…). Son but est de découvrir s’il existe un lien entre le type racial et la forme de l’iris. On lui envoie des globes oculaires en provenance des camps.  (…). J’imagine qu’elle reçoit aussi des yeux de juifs, de slaves et de Russes… et aussi d’Allemands tombés dans la griffe de la gestapo…».

 

 

L’avis de Pimprenelle et de Clarabel

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7
juil

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates – Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

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4ème de couverture :

 

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant. Jamais à court d’imagination, le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d’humanité Juliet est conquise.

 

 

Mon avis :

 

J’avais beaucoup entendu parlé de ce livre et pourtant il est bien resté 6 mois sur ma PAL avant que je ne me décide enfin à l’ouvrir (et encore, parce que je me suis inscrite à la LC sur Livraddict et qu’il ne me restait que 4 jours avant l’échéance, honte à moi…).
Avec le recul, autant vous dire que je regrette d’avoir attendu si longtemps !

Ce livre est une petite merveille, une bouffée d’oxygène.

Roman écrit sous forme épistolaire (on ne lit que des lettres) on suit la correspondance entre Juliet, (personnage central au sens de l’humour ravageur  et qui n’a pas la langue dans sa poche) son attaché de presse, son éditeur, sa meilleure amie et bien sûr, les membres du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates.

Ce groupe, formé pendant l’occupation allemande, est composé d’une dizaine de membres, chacun étant bien sûr différent des autres mais ayant surtout vécu l’occupation de manière différente.
Tour à tour drôle, surprenant et sentimental, ce livre peut paraître « léger » (dans son style) mais décrit néanmoins avec brio les conditions de l’occupation : les couvre feux, les restrictions alimentaires, la vie des prisonniers étrangers… Amour et amitié sont aussi au rendez-vous, même entre les occupés et les soldats allemands – vérité qu’il est aussi intéressant de prendre en compte.
Au travers de tous ces personnages attachants, (que l’on aurait tant envie de rencontrer), Mary Ann Shaffer traite d’un sujet difficile avec beaucoup d’émotions.

Revenir sur ce livre pour vous en parler réveille le plaisir que j’ai éprouvé en le lisant, mais aussi la nostalgie qui fut la mienne en le refermant. Avec même une pointe de tristesse pour l’auteure, morte avant la sortie du livre sans en connaître le succès, et dont le flambeau a été repris par sa nièce Annie Barrows.

Je sais que je le relirai, ce qui ne m’est arrivé qu’une fois, et que je prendrai plus de temps pour apprécier chaque lettre, chaque échange, chaque sentiment.

 

Que vous dire de plus ? Lisez-le, de toute urgence.

 

Les avis des autres lecteurs de cette LC  :
Heclea, Evy, Belledenuit, Melcouettes , Jelydragon, Amandine, Neph, Ana76, Djak, Sita, Setsuka et Linou.

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-le-cercle-litteraire-des-amateurs-d-epluchures-de-patates-de-mary-ann-shaffer-annie-barrows-53554229.html