Les lectures de Cécile

15
fév

Nord et Sud de Elizabeth Gaskell : long, lent, douloureux

N&S

Comment dire ?
Avant de commencer ce livre, je m’attendais à certaines choses.
Je m’attendais, par exemple, à lire un livre du genre d’O&P, une histoire d’amour mêlée à un satyre de la société.
Je m’attendais à lire une histoire sur l’industrialisation de l’Angleterre qui mettrait en avant des personnages à forts caractères.
Je m’attendais à des moments lents vu la taille du livre, mais pas qu’à ça non plus.
Je m’attendais à voir le héros, disons, plus que 5x en tout.
D’ailleurs, en parlant du héros, je m’attendais à ce qu’il ait du répondant, de la fierté, qu’il soit sûr de lui, voire hautain… qu’il ait du caractère quoi !
Bref je m’attendais à beaucoup de choses, et je ressors de cette lecture frustrée. Et déçue.  

mais naturellement, elle se devait de se comporter en femme du monde et de dire quelques phrases courtoises à cet étranger dont la mise, il fallait bien l’avouer, n’était ni très élégante, ni impeccable après qu’il avait affronté la cohue des rues de Milton.

 

Tout d’abord, les personnages ne sont pas du tout attachants : ils n’ont aucune caractéristique spéciale et passent leur temps à se plaindre au point que ça en devient agaçant et pathétique. 
Je passerais bien au prochain point négatif mais je veux être sûre que les personnes qui voudraient lire ce livre comprennent.

Quand je dis que les personnages passent leur temps à se plaindre, je n’exagère pas. 
TOUS les personnages :  la mère, la tante, le père, le héros, l’héroïne, l’ouvrier, la mère du héros, la fille de l’ouvrier : TOUS LES PERSONNAGES passent LEUR TEMPS à se plaindre. 
Par exemple:
– la mère se plaint de là où elle vit, puis quand elle déménage elle se languit de là où elle habitait. 
– La tante vit à Londres mais aurait préféré un mariage d’amour comme sa sœur (celle qui justement se plaint car elle aimerait habiter Londres) (quand on vous dit que la vie est injuste.)
– Le père est le personnage le plus lâche qu’il m’ait été donné de lire (ceci dit il se plaint peu comparé aux autres, on peut bien lui laisser ça : il est seulement lâche).
– L’héroïne est égoïste et ne comprend ses sentiments pour le héros que quand elle pense ne plus susciter son admiration et que cela l’attriste (non la fille n’est pas du tout centrée sur elle-même).
– Le héros, lui, tombe amoureux au premier regard et passe le livre à baver sans jamais arriver à nous convaincre de ses convictions.
Et je ne parle pas des monologues de la fille de l’ouvrier. Oh my god, rien que d’y repenser j’ai envie de me faire un câlin pour me donner la force de lire ces passages.

Avant la fin de leur conversation, il en était presque arrivé à la conclusion qu’elle lui déplaisait, s’efforçant de corriger ainsi le sentiment de mortification qu’il éprouvait en constatant qu’il la regardait avec une admiration difficile à réprimer, tandis qu’elle le considérait avec une indifférence hautaine et le prenait, pensait-il, pour ce que, dans son irritation, il s’imaginait être: un grand gaillard mal léché, dépourvu des grâces et raffinements de l’homme du monde.

Et comme si le manque de dialogues intéressants et piquants et les personnages déprimants ne suffisaient pas : il y a genre, presque tous les personnages secondaires qui meurent.
Vraiment gai ce roman, une vraie bouffée d’air frais dans un champ de pâquerettes où l’on s’assiérait un jour d’été pour engloutir un paquet de fraises tagada avec un bon livre et un coca.
Le bonheur quoi. 

Pour vous dire, quand un personnage que l’on n’attendait plus finit par apparaître pour devoir tout aussi rapidement repartir, j’ai cru qu’il y a allait avoir un rebondissement. Un vrai.
Dans un moment de pure folie et de fol espoir, j’ai cru, je ne sais pas, qu’il ne pourrait pas repartir car un ancien admirateur rejeté par notre héroïne allait venger sa fierté.
Mais non, même pas. Le personnage repart tranquilou milou et l’admirateur enterre sa sus-mentionnée fierté pour revenir à la charge. 

Oui, ce que j’essaye de vous faire comprendre, vous l’aurez bien compris, c’est que vous ne devez espérer aucun rebondissement qui fasse passer votre ennui. Il n’y en a tout simplement pas. (allez, je suis dure, la scène de l’émeute était quand même pas mal).  

Et si j’ai tout de même trouvé l’écriture moderne et le contexte social intéressant (voyez comme je sais faire preuve d’objectivité) je ne me suis donc attachée à personne.
A part peut-être à la mère de Thorton qui a su me faire rire. 

Je ne sais pas, sans doute parce qu’à première vue, je constate qu’il y a deux classes dépendant étroitement l’une de l’autre et qui, pourtant, considèrent chacune les intérêts de l’autre comme opposés aux siens. Jamais encore je n’ai vévu dans un endroit où deux groupes ne cessent de se dénigrer.

 

Et l’histoire d’amour, m’interrogez-vous avec un soupçon d’espoir ?
Excusez-moi, mais quelle histoire d’amour ?
Car laissez-moi vous dire qu’il y autant d’histoire d’amour dans ce livre que d’actions, c’est à dire, pas.
Pour tout dire (je ne suis plus à ça près), je crois que l’héroïne et le héros se voient 4 fois en tout. Allez, soyons fous, 5. 

Je sais, c’est bien cruel de ma part de casser tous vos espoirs de manière si abrupte mais sachez que je le fais pour votre bien. 
Cela me fendrais le cœur que vous fassiez la même erreur que moi. 
Et je préfère vous attrister maintenant que vous savoir naïves et innocentes comme je l’étais au début de ce livre.
Non chers amis lecteurs, je vous en conjure, ne faites pas la même erreur que moi et ne vous méprenez pas : Nord et Sud n’est PAS UNE HISTOIRE D’AMOUR !  

Vous l’aurez sûrement compris, mais je vais tout de même le dire pour conclure. Nord et Sud n’a pas été un coup de coeur (LOL).
C’était lent, c’était long et c’était douloureux.

 

Elle était surprise, et presque stupéfaite, d’éprouver une telle sensation de liberté; personne n’attendait plus qu’elle lui prodigue ses soins et son réconfort, voire qu’elle veille à son bonheur; il n’y avait plus de malade à qui elle devait songer et dont elle devait organiser l’existence; elle pouvait ne rien faire, ne pas parler, être étourdie et ? ce qui lui paraissait infiniment plus appréciable que tous les autres privilèges ? elle pouvait être malheureuse si elle en avait envie. Depuis des mois, tous ses soucis et ses ennuis personnels avaient dû être remisés dans un sombre réduit; mais maintenant, elle avait le loisir de les en sortir, de se lamenter sur eux, d’étudier leur nature et de chercher le véritable moyen de les maîtriser et de pouvoir vivre en paix avec eux.

 
PS1. Toutes mes copines ont adoré. Les billets de Bladelor, Sandy, Syl, Caro Bev, les princesses.
PS2 : Je l’ai lu pendant une panne de lecture, je conçois que cela n’a pas du aidé. (mais tout de même)

13 commentaires sur “Nord et Sud de Elizabeth Gaskell : long, lent, douloureux

  1. Syl. le 15 février 2015 à 10h13 a écrit :

    Il me semble que nous n’avons pas lu le même livre. J’aurais aimé t’accompagner dans cette lecture et te montrer tout ce qu’elle m’inspirait. Te rends-tu compte que je ne l’ai pas lâché et que je l’ai lu sans m’arrêter ?! Dommage…
    Bise

  2. Syl. le 15 février 2015 à 10h15 a écrit :

    Et puis cette couverture est moche ! La mienne est bien plus jolie ! pas étonnant qu’elle ait bousillée ta lecture !!!

  3. Mouahaha ! J’ai bien ri en te lisant ! Le coup du champ de pâquerettes avec les fraises tagada…. caser cela dans un billet sur N&S, t’es trop forte !!! ;-)
    Bon, je comprends tous tes arguments, mais comme Syl j’ai l’impression de ne pas avoir lu le même roman. Pourtant tu es plutôt objective je trouve, et ce que tu avances est vrai mais pour autant j’ai aimé ce roman.

  4. Je suis tellement d’accord avec ton début !!!

  5. C’est vrai qu’il est intéressant pour le contexte social. Mais finalement j’ai bien aimé.

  6. Ah dommage que tu n’ait pas aimé :( ! Ce livre fait partie de mes gros coups de cœur, j’ai beaucoup aimé la description du contexte social, les relations entre les personnages… Mais il ne peut pas plaire à tout le monde ;) !

  7. Pingback : Nord et sud | Thé, lectures et macarons

  8. Bah oui, Nord et Sud n’est pas une histoire d’amour ! :) Et d’ailleurs cette romance tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Mais ce que j’avais aimé dans ce roman c’est tout le contexte social et aussi l’héroïne, malgré ses défauts.

  9. Des personnages qui se plaignent… Comme si ça suffisait pas dans la vraie vie!
    Je suis désolée que ce soit une telle déception.

  10. Je ne l’ai pas lu mais je l’avais acheté en coffret DVD. Je l’ai visionné un après-midi de pluie, je l’ai aussitôt revendu sur PriceMinister. Sympa mais pas vraiment passionnant, pas de chatouillis dans le ventre, gris et morose en somme. Du coup, pas envie de lire le livre.

  11. Bella le 16 février 2015 à 19h35 a écrit :

    Ralala… ;-)
    Tu avais certainement trop d’attentes concernant ce roman ;-)

    Le vie à l’époque, dans une ville industrielle, était ce qu’elle était et je pense que l’auteure a bien transcrit cette vie qui ne devait pas être facile.
    Pour ma part, j’ai plus apprécié cette relecture que lors de la première fois.

    La série (et Richard-chocolate-voice) va te réconcillier avec l’histoire. Si si ! :-)

  12. Sara le 25 février 2015 à 11h54 a écrit :

    Ok, je fais donc un énième essai :-) Alors je disais donc (mouah ah ah !) que j’étais très tentée. Mais genre vraiment quoi. Par contre le niveau d’anglais est difficile ou pas ? Je lis peu en anglais donc j’ai un peu peur de ne pas biter un seul mot !

  13. Ah là là. Je suis déçue que tu n’aies pas aimé parce que moi j’adore ce roman, mais tu m’as quand même beaucoup fait rire pendant ta lecture et avec ce billet :-)

    Je pense que tu accrocheras plus à la minisérie. De quoi je suis lourde avec ça ? Y’a Richard Armitage dedans quand même ! Et là tu vas voir, y’a un peu plus de romance.

    Et y’a Riri. Je t’ai dit que dedans il y a Riri ? Parce qu’il y a Riri dedans. Et son regard de malade. Et sa voix de dingue. Alors lui, il peut me fouetter quand il veut, même s’il n’est pas milliardaire et n’a pas d’hélicoptère ! (Je sors)

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