Les lectures de Cécile

27
août

Le soleil est pour toi de Jandy Nelson : la déception YA de l’année

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Mes copines ont adoré ce livre (Sandy (dont vous pouvez lire le billet ici), ainsi que Karine (billet ici), B et Fleur) et j’avais adoré le premier de cette auteure.
Je croyais donc vraiment au potentiel du « soleil est pour toi ».

Sauf que voilà, ça n’a pas pris pour moi. Je l’ai trouvé très dur à lire même si je comprends ce qui a plu à mes copines.
L’écriture déjà, qui est très belle
L’histoire ensuite, poignante et touchante.
Les thèmes aussi, comme les miracles, l’art, la complexité de la fraternité, les périodes difficiles de l’adolescence, les non-dits et mensonges.
Autant de thèmes qui sont d’ailleurs très bien traités, très forts et bien abordés.

Sauf que quand des sujets aussi forts et poignants sont évoqués, ils mériteraient à mon avis d’être nuancés par des passages plus légers et plus drôles.
Or sur 480 pages seuls 5%, à la fin, (soit 24 pages) sont joyeux.
Et le problème, c’est que c’est joyeux à l’extrême, ce qui est en total contradiction avec le reste du livre.

Car que se passerait il si c’était jude l’artiste ? Pourquoi ne le serait-elle pas ? Elle surfe des vagues grosses comme des maisons et plonge depuis n’importe où. Elle a un teint parfait, des amis, elle a papa, le don des Sweetwine, des branchies et des nageoires en plus de ses poumons et de ses pieds. Elle répand de la lumière. Moi, de l’obscurité. 

 

Car laissez-moi vous dire que le reste du livre est suffoquant.

La douleur se dégage de tout le monde : du père, de Noah, de Jude, de la mère, de Guillermo, d’Oscar et de Brian. Tout le monde souffre. Et pas qu’un peu. Il y a des morts, des mensonges, des coups bas, une personne alcoolique et droguée. Il y a la soeur qui trahit le frère. Le frère qui trahit la soeur. Il y a ceux qui mentent. Celui qui fait souffrir la personne qu’il aime…
Chaque étincelle de bonheur et d’espoir est écrasée dans l’œuf. Chaque fois qu’on assiste à moment mignon, à un rapprochement qui nous donne le sourire, il est aussitôt remplacé par de la souffrance ou par une phrase qui vous prends aux tripes et vous pince le cœur. 

– J’aime pas voir des gens. Et j’aime pas porter mes robes.
– Tu n’étais pas comme ça, avant.
Je me retiens de lui rétorquer : « Et toi, avant, tu étais un artiste, tu parlais aux chevaux et tu faisais passer la lune par ta fenêtre pour me l’offrir à mon anniversaire. »

 

Alors, j’ai aimé l’histoire de base, celle de ses jumeaux si proches que certains évènements de la vie séparent.
L’histoire de leurs 16 ans racontée du point de vue de Jude et celle de leurs 13 ans racontée du point de vue de Noah. 

La maison devient si gigantesque qu’il me faut des heures pour rallier la cuisine depuis ma chambre, si énorme que, même avec des jumelles, je ne vois plus ma sœur de l’autre côté de la table ou à l’autre bout d’une pièce. Je ne crois pas que nos chemins pourront jamais se recroiser un jour. Quand elle essaie de me parler, à travers les années-lumière de trahison qui nous séparent, j’insère mes écouteurs dans mes oreilles comme pour écouter de la musique, alors qu’en réalité je tiens l’autre extrémité du fil au fond de ma poche.

 

J’ai aimé les métaphores (même si certains chapitres en ont trop) et certaines idées comme la bible de Granny, les croyances de Jude et de Brian, les personnages et histoires qui se recoupent à la fin, les liens entre les personnages, le fait que l’un devienne l’autre, le destin, dieu & Clark Gable, le pouvoir des oranges…

Des idées sympas et originales qui avaient le potentiel d’apporter de la nuance, de l’humour, du positif à ce livre.
Car si j’aime ressentir des pincements au cœur et de la frustration dans mes lectures, je n’aime pas quand c’est la seule émotion que je ressens sur toute la longueur.

Granny Sweetwine a décrété que ma sœur possédait le don d’Intuition des Sweetwine le jour où elle a découvert qu’elle savait plier sa langue en forme de fleur. On avait quatre ans. Après ça, Jude passait des journées entières avec moi devant la glace à m’appuyer sur la langue avec le doigt pour tenter de m’apprendre le truc, histoire que j’hérite moi aussi du don des Sweetwine. En vain. Ma langue pouvait s’enrouler, se recourber, mais elle était incapable de fleurir.

 

Un peu de ça, oui, mais un peu de douceur, de couinements, d’éclats de rire aussi, et ça aurait été parfait !
Au lieu de ça, j’ai déprimé, j’ai souffert pour tous les personnages et je crois que ce n’est plus ce que j’ai envie de lire en ce moment. Des émotions oui, mais aussi des positives.

J’essaie de masquer la déception qui m’envahit.
« Je prendrai des bains de vinaigre, j’avalerai des œufs crus et je me mettrai à la recherche d’un nid de guêpes pour le porter sur ma tête.

– Je ne comprends pas, dit-il. 
–Pour inverser l’inclination de mon cœur. Vieille tradition familiale. »
 Il rit. « Ah. Très bon. Dans ma famille, on souffre, et c’est tout. »

 

 

5 commentaires sur “Le soleil est pour toi de Jandy Nelson : la déception YA de l’année

  1. Julia le 27 août 2015 à 14h08 a écrit :

    Pareil…
    J’ai adoré le concept de partage du monde entre les jumeaux par exemple, ainsi que plein d’autres idées très belles ou très loufoques, mais tous ces passages sont écrasés par le reste.
    Et j’ai eu beaucoup de mal avec la surabondance de métaphores…

    • Quelles métaphores ? Il y avait des métaphores ? Vraiment ? :-))
      Mon ironie est comme une nuit étoilée sans nuage: infinie.
      J’aurais pu écrire ce livre vu ma maîtrise de la métaphore.

  2. j’ai beaucoup aimé moi aussi :) :)

  3. Ah oui, j’avais adoré. Mais oui, en fait, ce n’est pas toujours super drôle hein!

  4. La pression sur ce livre !!!! J’espère que j’aimerai ^^
    Jandy Nelson ne peut pas me décevoir ! Ou alors elle écrit un 3 ème roman ASAP ! :D

  5. J’en avais même pas entendu parler…

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