Les lectures de Cécile

24
jan

Le monde n’est pas une usine à exaucer les vœux

Nos-etoiles-contraires.jpg  

 

*** Billet sans spoilers *** (je préfère préciser car je veux que vous lisiez ce billet ET que vous lisiez ce livre :-))

 

J’écris ce billet quelques jours après avoir refermé le livre et j’ai toujours la boule à la gorge. Ce livre est une pépite, une bombe, ou, pour employer un mot qu’Hazel utilise souvent, mais dans un autre contexte : une grenade. Une grenade qui fait exploser nos émotions, une grenade qui nous touche, nous percute et dont l’impact ne nous laisse pas indemne. Ce livre, comme je m’en doutais, est un coup de coeur.


« Nos étoiles contraires » est magnifique. Il nous parle de l’histoire d’Hazel, atteinte d’un cancer, qui a en permanence une bombonne d’oxygène sur elle et que sa mère oblige à aller à des discussions de groupe avec d’autres rescapés de cancer.

Moi : Maman s’il te plait.
Maman : Hazel, tu n’es plus une petite fille. Il faut que tu te fasses des amis, que tu sortes de la maison, que tu vives ta vie.
Moi : dans ce cas, ne m’oblige pas à aller au groupe de soutien. Achète-moi plutôt une fausse carte d’identité pour que je puisse aller en boite, boire de la vodka et prendre de l’herbe.
Maman : Pour commencer, l’herbe ne se « prend » pas.
Moi : Tu vois, c’est le genre de trucs que je saurais si j’avais une fausse carte d’identité. 
Maman : tu vas au groupe de soutien. Point final.

 

Elle ne veut pas y retourner, et pourtant, c’est là qu’elle fera la rencontre d’Augustus.
Le courant passe tout de suite et la complicité aussi…
J’ai levé les yeux vers lui et bientôt, entre le garçon et moi, ce fut à qui baisserait les yeux en premier. Après quelques instants, il a souri et a fini par détourner les yeux, qu’il avait très bleus. Quand il m’a regardée à nouveau, je lui ai fait comprendre d’un mouvement de sourcils que j’avais gagné.

 

Augustus qui m’a directement et irrémédiablement conquise…
Nom de Dieu, a-t-il dit tout bas. Tu n’es pas banale, comme fille.

 

Ce livre…

C’est la maladie…

La seule chose qui craint plus que crever d’un cancer à seize ans, c’est d’avoir un gosse qui crève d’un cancer.

 

L’ironie et le sarcasme…

– Toi aussi, tu es survivant du cancer ?
– En effet. Je ne me suis pas fait couper cette bonne vieille jambe juste pour le plaisir, quoi que ce soit une excellente stratégie pour perdre du poids. Les jambes pèsent une tonne.

 

La complicité et l’humour…
Ne me lancez pas sur le sujet de mon corps parfait. Il faut éviter de me voir nu. Hazel Grace m’a vu nu et ça lui a coupé le souffle, a-t-il dit avec un petit signe de tête en direction de ma bombonne d’oxygène.

 

Mais surtout, de l’amour…
Je suis tombée amoureuse pendant qu’il lisait, comme on s’endort : d’abord doucement puis tout d’un coup.

 

Ce livre est…

Touchant.
Le monde n’est pas une usine à exaucer les vœux.


Juste.
Voilà pourquoi tu me plais. Est-ce que tu te rends compte à quel point c’est rare de tomber sur une super nana capable de trouver un adjectif à « pédophile » ? tu es trop occupée à être toi-même, tu ne réalises pas que tu es exceptionnelle.

 

Mélancolique.
– Je commence à me demander si tu n’es pas une fétichiste des moignons, a t-il répondu.
J’ai rigolé.
– Je suis une fétichiste d’Augustus Waters, ai-je rétorqué.

 

Eprouvant.
Quand les scientifiques du futur se pointeront chez moi pour me proposer d’essayer des yeux de robot, je leur dirai de se barrer parce que je refuse de voir le monde sans lui.(…) Puis, après cette envolée de pure forme, je mettrai mes yeux de robot, parce que bon, avec des yeux de robot on peut sans doute voir à travers les T-shirts des filles et faire d’autres trucs du genre.

 

Triste.
– C’est quoi ça ?
– Le panier à linge ?
– Non, à côté.
– Je ne vois rien à côté.
– C’est ma dernière parcelle de dignité. Elle est toute petite.

 

Très triste.
– Je ne sors pas avec un garçon et je n’en ai aucune envie d’ailleurs.(…)J’ai l’impression d’être une grenade, maman. Je suis une grenade dégoupillée et, à un moment donné, je vais exploser. Alors j’aimerais autant limiter le nombre de victimes !

 

Mais beau…
– Pour rien au monde, je te ferais un truc pareil.
– Je ne t’en voudrais pas, Hazel Grace. Ce serait un privilège d’avoir le cœur brisé par toi.

 

Si beau…

 

On y parle d’Hamartia, de vœux, d’Amsterdam, de canaux, d’Anne Frank, de littérature, de jeux vidéos, de grenades, de maladies, d’amour, de sentiments, de déclin, de désespoir, de tristesse, et d’amitié.

 

A la question « Comment expliquer à quelqu’un que votre roman est plus qu’un simple livre à propos du cancer », John Green répond « Ca semble être le plus gros obstacle auquel est confronté le livre pour atteindre de nouveaux lecteurs. Beaucoup de gens (y compris moi-même) n’aiment pas lire des livres tristes qui vont les faire pleurer. Ils s’imaginent, non sans raison, qu’il y a déjà suffisamment de tristesse et de pleurs dans la vie réelle. C’est pourquoi je dis à mes futurs lecteurs : « si vous n’aimez pas ce livre, vous pouvez me donner un coup dans l’estomac ». »

Je n’aime pas les livres tristes, je les fuie même. Pourtant ce livre est triste. Mais je ne donnerai pas un coup dans l’estomac de John Green. Oh non. Je n’ai pas regretté une seule seconde la lecture de ce livre même quand j’étais en larme.

 

La seule chose que je regrette un peu, c’est qu’il m’a manqué une dose plus importante de dérision, d’humour et de sarcasmes qui font que Green est Green, et qui font de lui mon auteur chouchou. 
Il y a bien du cynisme, de l’humour et de l’ironie dans ce livre mais pour moi, peut-être pas assez. Car ce livre, aussi beau soit-il, est quand même super triste. 
En fait, comme je le disais à Mlle Pointillés à la fin de ma lecture : j’ai eu un coup de cœur pour le livre, mais pas pour le John Green même si ça ne veut rien dire pour vous.

 

Enfin, je terminerai ce long billet en citant le Times Magazine qui dit de ce livre qu’il est tout simplement dévastateur.
 Je crois que c’est le mot parfait.
 Tout m’a dévasté. La relation entre Hazel et Augustus, si particulière et si intense. Leur réflexion. Leur amour.
 Et cette dernière partie de livre qui m’a tant fait pleurer.
 Ce livre m’a épuisée. Je l’ai vécu si intensément, de la première ligne à la dernière que je l’ai lu dans une sorte de transe. Notant, relisant, hésitant à reprendre ma lecture, redoutant même de la reprendre. J’y ai pensé, j’ai pleuré, j’ai été déchiré, mais j’ai souri et surtout j’ai aimé.

 

Dévastateur oui. Et splendide. N’en doutez pas un instant.

 

Ce livre sort le 21 Février, et j’espère avoir réussi à vous convaincre de le lire. 
En attendant, je vous invite à lire le billet de Mlle Pointillés, qui est superbe et a l’avantage de faire le quart du mien :-)

 

Nos étoiles contraires – John Green
Editions Nathan – 327 pages.  

 

 

 

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-le-monde-n-est-pas-une-usine-a-exaucer-les-voeux-114680041.html

27 commentaires sur “Le monde n’est pas une usine à exaucer les vœux

  1. Commentaire n°1 posté par Devil's advocate le 24 janvier 2013 à 01h31 a écrit :

    Wow! J’ai rarement été aussi clairement convaincu d’aller immédiatement acheter un livre pour mon kindle qu’à cet instant. Merci, John Green est super et je n’arrive pas à expliquer comment j’ai pu passer à côté de « Nos étoiles contraires ».

  2. J’évite aussi habituellement les livres « tristes » mais là, je vais aller voir.

  3. Commentaire n°3 posté par Aily le 24 janvier 2013 à 08h36 a écrit :

    Je ne peux que partager et approuver ton ressenti : je n’ai jamais autant pleuré et sourit pour un même livre. Dévastateur et tellement beau, comme tu le dis si bien !

  4. Comme je disais chez Mlle P, rien que pour Green c’était noté ! Mais j’en ai encore un à lui dans ma PAL donc je vais attendre gentiment !

  5. On te sent sous le charme de ce roman qui a l’air très beau.

  6. Ce titre de billet est vraiment superbe.
    Et alors que je relis ton billet, je le trouve toujours aussi beau binomette :)
    Dévastateur…C’est bien vrai.
    Et splendide aussi. Oh oui.

    Rhalala si je ne l’avais pas déjà lu, tu aurais réussi à me convaincre c’est sûr!!! ;)

    Vivement qu’on lise Margo!!!!!!!!!!!!

  7. hého ça va pas non de nous donner envie de lire un livre par encore sorti !!!!! c’est pas du jeu madame cecile, pas du jeu du tout, va falloir prêter maintenant :-)

  8. Et qu’est-ce que tu conseilles d’autres de cet auteur sinon ?

  9. Je n’aime pas les livres tristes moi non plus. Mais tu en parles si bien que j’ai très envie de le lire celui là.

  10. très jolie chronique pour un très joli livre!

  11. Ca l’air d’être un livre magnifique et l’article est plus que convaincant ! Ce qui ne va pas aider mes achats compulsifs de bouquins… Très joli blog :)

  12. Commentaire n°12 posté par raistlin le 24 janvier 2013 à 17h52 a écrit :

    ah, là, là !! ça me fait peur, je suis sûre que ce livre est capable de me chambouler pendant des jours … je pense que je le lirais, c’est cûr ! mais j’essaierais de lire d’autres livres de Green avant celui là pour me blinder un peu ;))

  13. Bon bah voilà un livre de plus qu’il me faut absolument lire :)

  14. Bon faut que je redonne une chance à Green, c’est ça ?! ;-)

  15. Tu me donnes vraiment envie de le lire ! Mais ça attendra un peu car on le voit tellement partout (alors qu’il n’est même pas encore sorti, apparemment !) que j’ai l’impression d’avoir une indigestion ! :)

    • Cess le 8 février 2013 à 11h43 a écrit :

      Franchement je comprends, quand je vois partout un livre je suis tout de suite moins tentée. Mais il vaut le coup, vraiment !

  16. Je crois que je n’ai pas vu un seul avis négatif sur ce livre, c’est dingue…Si je le lis, je le lirai en anglais (parce que j’ai lu Alaska en français et j’ai envie de tester John Green en VO) mais honnêtement vu le sujet, j’ai peur de ne pas supporter…

  17. Si je n’étais pas déjà en train de le lire, tu me donnerais sacrément envie de le commencer. ;)

  18. J’aime d’amour toutes les citations de ce billet, et ce billet, et John Green.

  19. Convaincue ? Et comment ! J’ai de la chance, Radicale va me le prêter…! ;-)

  20. Tu m’as convaincue. Je l’achète !

    • Cess le 8 février 2013 à 09h20 a écrit :

      Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii je suis contente ! Il sort fin Février  ! JE viendrai sur ta page FB te le rappeler :-) ahah

  21. Tu as vraiment repris toutes les sublimes phrases qui parsèment ce roman et ton avis donne vraiment envie, parfait ! Je n’ai pas réussi à faire passer tout ce qui m’avait plu dans ce livre dans ma chronique (la fatigue et le manque de tps), alors heureusement que tu es là pour obliger tout le monde à le lire :D

  22. Commentaire n°23 posté par Syl. le 21 février 2013 à 09h38 a écrit :

    Superbe billet Cécile ! Mais ce livre me fait peur.

  23. Rien qu’à relire les extraits que tu mets en avant j’ai envie de le relire… Merci!

  24. Commentaire n°25 posté par Emi le 23 février 2013 à 23h45 a écrit :

    Sous le choc et sous le charme.
    Merci de m’avoir donnée envie de le lire.

    • Cess le 25 février 2013 à 08h52 a écrit :

      Ahhhhh je suis contente si tu es sous le charme !!! :-)
      J’adore John Green et je suis vraiment contente d’avoir pu donner envie de le découvrir ! :D

  25. rien qu’à lire les citations que tu as choisies, ma lecture me revient en mémoire et je pleure de nouveau. désolée mais c’est trop beau !

  26. Commentaire n°27 posté par Julie le 24 mars 2013 à 17h26 a écrit :

    Merci mille fois de m’avoir fait découvrir cet auteur !!!! Je l’adore. Cependant je m’interroge. Qui dois je frapper pour les larmes versées pour Alaska, Will et nos étoiles ? Toi ou John Green?
    Encore merci.

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