Les lectures de Cécile

21
nov

La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

 

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Ce livre vaut-il encore la peine d’être présenté ?
Coup de cœur pour beaucoup, je ne fais pas exception à la règle.
J’ai adoré ce livre, j’ai ressenti une tonne d’émotions, j’ai été émue aux larmes, j’ai ri, j’ai espéré et j’ai été déçue. Bref j’ai vécu, moi aussi, à Jackson, pendant quelques heures, comme si je faisais moi aussi partie de ce groupe de femme qui croient en un meilleur avenir.

 

L’histoire se concentre essentiellement sur trois femmes qui vivent à Jackson, Mississippi, dans les années 60.
A cette époque là, les femmes blanches emploient des noires pour faire leur ménage, la cuisine et surtout, élever leurs enfants.
Dans une sociétée basée sur le paraitre, le racisme fait partie des valeurs partagées par tous : les blancs considèrent que les noirs portent des maladies et ne peuvent par exemple, pas manger dans la même assiette qu’eux. 

Les chapitres sont consacrés, en alternance à :
– Aibileen qui travaille depuis quarante ans chez des blancs et a élevé 17 enfants. Elle a apprit à se taire et a pour habitude de changer de travail quand les enfants dont elle s’occupe commencent à « remarquer » sa couleur de peau.
– Minny, sa meilleure amie, très bonne cuisinière, qui n’a pas la langue dans sa poche, et qui du coup, vient de se faire licencier pour un vol qu’elle n’a pas commis.
– Enfin il y a Skeeter, une fille Blanche fraichement diplômée en journalisme qui revient à Jackson, et qui cherche à comprendre pourquoi et comment Constantine, sa bonne noire qu’elle aimait tant et dont elle était si proche, a pu quitter sa famille et cette ville sans lui donner d’explications. 

Ce trio invraisemblable va prendre des risques en faisant le premier pas pour pointer du doigt l’injustice et l’hypocrisie de leur ville.

 

Comme je vous le disais en introduction ce livre est un coup de cœur.
L’atmosphère décrite par Kathryn Stockett est telle que l’on est directement plongé dans cette ville avec ces lois raciales, ses bus, ses écoles et ses bibliothèques séparées. Cette ville où les bonnes noires vont tous les jours travailler pour des femmes qui les méprisent et qui ne veulent pas qu’elles utilisent leurs toilettes de peur d’attraper des maladies.

On rentre directement dans ce livre et on s’attache.

On s’attache à Aibileen la sage, qui a tant vu et tant vécu, qui a beaucoup perdu, son fils pour commencer, qui était si intelligent, qui écrivait un livre. Aibileen qui, en plus de son fils, a perdu tous ces enfants blancs qui la considéraient comme leur mère, qu’elle a aimé comme ses enfants et qui, après un certain âge, n’affichaient que mépris pour elle du fait de sa couleur de peau. Aibileen, si prompte au pardon, et qui se doit de servir le thé à ces dames, faisant mine de ne pas entendre le mépris et les propos racistes qu’elles échangent devant elle sans la moindre gêne.

On s’attache à Minny et à son fort caractère, à ses repartis et à ses blagues. On aime son intelligence, on prie pour elle, on a peur pour elle, et on admire son courage et sa volonté de rester forte, de rester digne, de ne pas baisser la tête. Pour ses enfants, pour sa fierté, pour qui elle est. 

On s’attache à Skeeter qui ne comprend plus toutes ces filles qu’elle a pourtant fréquenté toute sa vie. Skeeter qui ne comprend pas le racisme, qui se sent abandonnée par sa bonne qu’elle aimait comme une mère. Skeeter qui va se battre pour affirmer ses opinions, qui va prendre des risques, qui va perdre aussi beaucoup mais qui ne peut faire autrement que défendre ses idéaux, sa moralité.

On s’attache à l’amitié improbable qui se forge entre ces 3 femmes, si différentes et pourtant, si fortes chacune à leur manière, malgré la peur qui les unit.
Enfin, on s’attache à toutes les personnes que l’on croise au fur et à mesure du livre.

On écoute et on vit les histoires, les anecdotes de toutes ces personnes, ces histoires parfois drôles, souvent tristes et toujours belles.

On rit, on pleure, on est outré, scandalisé. On a peur. On a peur pour nos héroïnes et pour les autres. Pour les conséquences de leurs actes.
Comment cette poignée de femmes peut-elle croire à un changement ?

Et enfin, on réalise. Ce n’était qu’il y a 50 ans. Et c’est encore d’actualité.
En effet la description de la société nous touche car on se rend compte que ce schéma, (les stéréotypes et les « modes » qui nous figent dans un mode de vie), s’applique à nous tous aujoud’hui.  

Le style d’écriture est donc très beau, c’est clairement grâce à lui que nous nous identifions autant, que l’on a l’impression d’être avec ces femmes, de les entendre parler comme si elle s’adressait à nous, comme si nous étions leurs confidentes.

Enfin, il faut soulever l’ambiguité de ces femmes, notamment les blanches, dont Skeeter ne fait pas exception: entre celle qui veut une bonne même si elle ne peut pas se le permettre, celle qui ne sort jamais de chez elle, celle qui déteste les noirs ou encore celle qui n’aime pas ses enfants… Chacune est ambigue à sa manière et c’est aussi cette complexité des sentiments qui fait que ce livre nous touche.

Je pense que ce billet ne rend pas hommage à ce livre, à tous les messages qu’il fait passer, à tous les jolis moments qu’il retrace et  à ceux, plus durs et pourtant vrais, sur la ségrégation raciale. C’est pourquoi, à défaut d’arriver à transmettre ce que je voudrais et que je n’arrive pas à exprimer par écrit, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre ou au moins d’aller voir son adaptation cinématographique qui est, paraît-il, très belle. 

 

 

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-la-couleur-des-sentiments-kathryn-stockett-88622486.html

12 commentaires sur “La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

  1. Mince je crois que je me suis trompée de post pour répondre Oo ! Tu me donnes très envie de le lire, et d’aller voir le film qui est en ce moment sur les écrans ici.

  2. Contente que tu aies aimé. Ce livre est extraordinaire! J’ai beaucoup aimé le film aussi, qui a mon sens rend assez justice au livre, j’ai beaucoup rit et beaucoup pleuré!

  3. Je viens justement de le recevoir ! J’ai hâte de le lire, ça a l’air très bien.

  4. J’ai commencé à l’écouter en livre audio et je ne suis pas certaine d’avoir fait le bon choix, je regrette de ne pas avoir opté pour le format papier…

  5. Moi aussi j’ai adoré ce livre, en revanche, j’ai trouvé que le film, bien que réussi, est nettement moins fin que le livre. Stuart, les parents de Skeeter, Hilly et Elisabeth, ces personnages sont traités en noir ou blanc et c’est bien dommage à mon avis…

    • Cess le 23 novembre 2011 à 21h54 a écrit :

      Je me réjouis de voir l’adaptation mais je ne doute pas qu’elle me plaira moins que le livre… 

      Les adaptations font rarement passer autant d’émotions… 

  6. Commentaire n°6 posté par Cora le 21 novembre 2011 à 13h24 a écrit :

    J’ai vu le film à sa sortie. J’ai bien aimé mais je ne sais pas ce qu’il vaut par rapport au livre…
    Très envie de lire le livre mais je pense attendre sa sortie en poche !

  7. Bonjour Cécile, Il est déjà noté dans ma LAL. Bonne semaine

  8. Commentaire n°8 posté par Pimpi le 21 novembre 2011 à 18h46 a écrit :

    Aaaaaah, j’ai beaucoup beaucoup aimé le film… je lirai le livre un jour, c’est sûr!

  9. Un super livre… Et j’ai adoré Skeeter et ses cheveux… ;-). Ce livre est très très touchant et je suis d’accord avec toi pour dire que tout ça, c’était il y a 50 ans seulement… Pfiou ! J’ai raté le film au cinéma, mais je compte bien me rattraper en DVD…

  10. J’ai lu souvent des avis sur ce roman… sans craquer pour autant ! Mais là, tu viens de me le faire noter directement sur la liste de Noël !!

  11. Un vrai coup de coeur pour moi aussi.

  12. Dans la pile depuis sa sortie en anglais… et toujours pas lu. Terrible, non?

    • Cess le 12 décembre 2011 à 09h51 a écrit :

      Depuis la sortie anglaise ??? Ah oui. Terrible !! :)
      Tu vas aimer je pense ! allez on se motive ! Tu vas le lire en 2 jours max je suis sûre !  

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