Les lectures de Cécile

25
mai

NIL de Lynne Matson ou la déception faite livre

NILpic 

Pour vous résumer ce livre, je me permets de reprendre la présentation parfaite (attendez, ça fait 6 mois que je n’ai pas fait de billets, faut pas trop m’en demander), la présentation parfaite, disais-je, de ma copine Bladelor (dont je vous invite à lire le billet beaucoup plus positif que le mien ici

Nil est une île paradisiaque qui ne figure sur aucune carte, une dimension parallèle dans laquelle échouent par hasard des adolescents. D’un instant à l’autre, ils disparaissent pour réapparaître sur Nil (nus comme des vers)(heureusement qu’ils sont tous bien gaulés)(et qu’ils ont des habits à disposition)(vous sentez le billet plein d’ironie ?)(Vous sentez bien).

Pour en partir et retrouver leur existence, une seule solution s’offre à eux : celle de trouver une « porte ». En effet, chaque jour une sorte de portail magique s’ouvre sur Nil. Une porte par jour qui ne peut accueillir qu’une personne. Les habitants, forcés de Nil, ont exactement un an pour trouver la sortie, au-delà ils ne survivent pas.

Charley, une jeune Américaine, vient de débarquer sur l’île où elle est accueillie par son leader : Thad.

Le compte à rebours à commencé… (Cette phrase hautement anxiogène vient de moi et a pour but de vous apporter un peu de stress)(à défaut d’en avoir dans le livre)(oui, c’est petit. Pardon, je ne recommencerai plus).

 

Bon, donc en lisant ce résumé, avouez que vous aussi vous pensez « Lost » « survivre » « Hunger Games » « ils vont crever de faim » « chouette, des gamins qui vont devoir survivre » « Kho lanta » « ils vont manger des vers de terre » et même, si vous êtes un psychopathe « ils vont devoir se tuer et se manger entre eux »

En tous cas, c’est comme ça que j’ai commencé le livre (sans la partie cannibale, bien sûr).
Sauf que… Comment dire…
Nil, ce n’est pas tout à fait ça.
Ce n’est pas un mix de HG et de Lost et de Robinson Crusoé.
C’est plutôt un mix de Santa Barbara, Beverly Hills & 7 à la maison.

1/ Charley a 17 ans et se réveille nue comme un ver sur une île :
a- Elle galère à trouver des habits et s’en confectionne à base de plantes et de noix de coco (en guise de coque de soutien-gorge).
b- Elle reste nue.
c- Elle trouve miraculeusement à 2m d’elle un bermuda d’homme (qui lui va comme un gant, car elle très mince et mesure 1.82m)(la salope) et un bandana (qu’elle noue autour de sa poitrine)(je ne sais même pas si je peux faire le tour de mon poignet, moi, avec un bandana, la vie est injuste) ainsi que des sandales. (Pratique, quoi).

Indice : il y a peut être bien quelques facilités dans ce livre. Peut être.

 

2/ Pendant deux semaines, elle erre et survit à base de jus de noix de coco et peu de sommeil. Le 13ème jour elle croise un garçon d’environ 13 ans (Jordan, je crois)(ou Jason)(Bref un truc en J) et un autre de son âge (Thad)(comme dans Thad’beaux-yeux-tu-sais)(ah ah qu’est-ce que je suis marrante). Il la trouve canon. Elle le trouve canon. C’est le coup de foudre. Elle va chercher quelque chose, s’évanouit et se cogne la tête. Il la porte jusqu’à la « cité ».

Il la veille pendant la nuit puis, quand elle se réveille, lui propose de prendre un bain. Elle s’inquiète de puer. Elle le trouve beau. Il la trouve belle. Et ne pense pas qu’elle pue.
Bref. C’est le coup de foudre (oui je me répète. C’est l’avantage d’être l’auteur de ce billet, je peux faire ce que je veux).

Donc elle va se baigner, il lui apporte une jupe propre (et courte) et matte ses longues jambes. Des vêtements propres, me direz-vous ? Mais comment les confectionnent-ils, vous étonnez-vous avec raison ? À quoi je vous répondrai que je ne sais pas, et qu’il ne faut pas poser de questions… c’est la règle de Nil. Et ici, c’est Nil (ça rime avec Cécile)(aucun lien, fils unique) qui fait la loi.

Oui je sais, je n’ai toujours pas posé de questions. Désolée, mais je prends mon temps pour poser le contexte. C’est important le contexte. Donc ils sont là, propres et beaux, et déjà amoureux (ou presque)(faudra attendre 2 jours pour ça) et il lui explique quelques trucs sur Nil. L’île. Qui rime avec Cécile donc.

– On y reste que 365 jours
– Si on n’a pas réussi à partir avant la fin de l’année, on meurt.
– On rentre par des portails qui ondulent et on repart de la même manière.
– Les portails apparaissent une fois par jour à midi et ils sont durs à attraper.

 

2/ Mais que font-ils d’autres, ces portails ?
a- Ils apportent des animaux tels que des rhinocéros qui sont pas gentils gentils et que ces ados arrivent à tuer grâce à leurs couteaux en métal (d’où ont-ils le métal vous demandez-vous une fois de plus avec raison ?  Eh bien… je ne sais pas. Ils en ont. C’est tout. On vous a dit de ne pas poser de questions.)
b- Ils apportent aussi (on parle des portails, suivez un peu) d’autres animaux comme des poules, des vaches et des cochons, ce qui est plutôt bien pratique pour avoir du lait, des œufs et du saucisson.
c- Mmmm, quelle était la question déjà ?

 

3/ toute fille normalement constituée aurait déjà, pendant sa période solitaire :
– fait 10 crises de nerfs.
– eu 666 crises de larmes.
– pensé à ses parents, famille et amis toutes les 2 secondes et aurait au moins pensé quelques fois à Internet et WhatsApp.

Mais Charley n’est pas comme toute les filles (déjà car elle est mince et fait 1m82)(la salope)(manquerait plus qu’elle soit marseillaise et je jurerais la connaître)(désolée je place des private jokes). Donc elle est pas comme tout le monde car :
– elle est mince, musclée et fait 1.82 (la salope)(comment ça, je suis lourde ?)
– pendant les 12 jours où elle est seule, elle ne pleure qu’une fois alors que bon. ELLE EST SEULE SUR UNE PUTAIN D’ILE DESERTE, quoi !
– elle ne pense qu’une fois à sa famille et zéro fois à son confort et à ce qui lui manque. (J’en connais une qui n’est pas accro aux LC WhatsApp, hein)(Ni aux bains chauds)(Ni aux culottes).

Indice. Non il n’y avait pas de questions. Je voulais voir si vous suiviez ou si je vous avais perdus.

 

4- Thad (‘La Chance) (ah ah, avouez que je vous avais manqué) écrit le nom de Charley sur le mur où tous les ados écrivent leurs noms. À côté des noms, il y a des croix pour ceux qui sont morts. Et je sais plus quoi à côté de ceux qui ont pu partir par une porte. Quel échange surréaliste à lieu pendant que Thad (des yeux revolvers heuuu, t’as le regard qui tuuuue, tu m’as tuée la première…)(mmmh, pardon.)
Donc, Thad écrit le nom de Charley sur le mur. Quel échange surréaliste est vraiment dans le livre ?

a- « – Comment ça se termine ton nom ? Par « i-e » ou « y » ?
– « E-y », j’ai répondu en appuyant sur le « e ».
– Ça ne m’étonne pas, a-t-il gloussé.
– Qu’est-ce que je dois comprendre ?
Thad a terminé de graver le « y », puis a soufflé sur mon nom. Sans se retourner,  il a répondu :
– Parce que « lie » ca veut dire « mensonge » Mais toi, tu es la fille la plus vraie que j’ai jamais connu, sur Nil, et avant
(dois-je rappeler qu’ils se connaissent depuis 3 minutes 52 ?)

b- « – Comment ça se termine Cécile ? avec i-l ou i-l-e?
– i-l-e
– Ça ne m’étonne pas, a-t-il gloussé.
– Qu’est-ce que je dois comprendre ?
– Thad a terminé de graver le « e », puis a soufflé sur mon nom. Sans se retourner,  il a répondu :
– « il » ça s’écrit comme Nil, et comme IL qui est un pronom masculin. Toi t’es ni une île (ni une île, nil, : que de riiiiime !!! je suis un génie) et t’es pas un Il, t’es une Elle car t’es la fille la plus féminine que j’ai jamais connu, sur Nil et avant.

 

5- Sur cette île, la vie est dure. Très dure.
Même s’ils vivent sur une île déserte, ils ont quand même accès à beaucoup de choses que les participants de Kho lanta tueraient pour avoir.
Qu’est-ce qu’ils n’ont PAS sur cette île :

(Petite parenthèse non sarcastique : dans la liste ci-dessous, vous allez voir souvent le mot « roll ». 
Il remplace ce sublime émoticon qui roule des yeux : 1139-yeux-ciel  et que je ne peux pas mettre partout vu qu’il détruit ma su-blime mise en page à se mettre en l’air là, comme ça)

Donc, qu’est-ce qu’ils n’ont PAS sur cette île :
– Des habits propres (roll)
– Des huttes, car il y a des arbres à papier(roll)
– Des épices, car ils trouvent pleins d’herbes qu’ils peuvent manger (roll)
– Des draps, car bon ça aurait été dommage de se passer de draps propres (roll)
– Du lait, vu qu’une vache est venue par le portail (roll)
– Des œufs, vu qu’ils ont trouvé une poule (roll)
– Du porc de temps en temps pour varier la nourriture (roll)
– Des crevettes 
– Du poisson frais tous les jours, tendre et assaisonné de citron (roll)(roll)
– Des fruits en veux-tu en voilà
– Des peignes aussi, car les nœuds ça craint (roll)(roll)
– Du maquillage qu’ils font à base de je sais plus quoi (roll)(roll)
– Du savon !!! (Ben oui, une des filles est très douée pour en faire)(et des personnages qui puent la transpiration, ça le fait pas trop) (roll)(roll)(roll)
– Du pain !!! (Oui. Du. Pain) (un des garçons a ses parents qui sont boulangers, vous comprenez)(Comment ça « ou est-ce qu’ils trouvent la farine et la levure ?)(Dites, vous oubliez la règle de Nil ou quoi ?) (roll)(roll)(roll)(roll)
– Des diamants bruts (non, ce n’est pas une blague).
– De l’eau fraîche.
– De l’électricité. 

Indice : les bêtas sont mauvaises, mais pas à ce point non plus, de l’électricité sur l’île ce serait quand même gros. (pas comme le pain et le savon, quoi).

 

6- La vie est dure, donc.
Ils sont tous beaux comme des top models, débrouillards et ils doivent chercher des portes qui ondulent, et tuer des fois des animaux sauvages. Du coup, pour décompresser, ils surfent, jouent au foot, au volley (ça tombe bien Charley est championne de volley) et ils font même du parapente. Je répète, ils font même du PARAPENTE !

Bienvenue à Galaswinda darladirladada, Y’a du soleil et des nanas, darladirladada, on va s’en foutre jusque lààààà, darladirladada….

 

Pardon pour cet interlude musical. Dur on vous dit ces vacances au club med d’être coincés sur Nil. Vraiment dur. On sent qu’ils galèrent vraiment pour survivre.   

Et entre tous ces repas et activités, ils se passent pleins de choses.

Genre Thad et Charley ne se comprennent pas toujours. Alors qu’ils se connaissent depuis 1 jour et demi et qu’il lui a montré un endroit paradisiaque, il veut l’embrasser, mais n’ose pas et lui demande si elle veut retourner avec les autres. Elle veut l’embrasser aussi mais se dit que s’il a posé la question c’est qu’il veut y aller. Alors, elle dit ok. Mais lui aurait voulu qu’elle dise non.
Et le lendemain il part avec une fille qui a de gros seins et des hanches fines (roll) (alors que bon, elle, elle est juste grande et mince quoi…)(roll)(roll) je ne sais où. Et quand ils reviennent c’est Charley qui part. Les jours passent. Il y a des non-dits. Trop de non-dits. Et les adolescents ressentent les tensions de leur leader Thad. Ils vont dire à Charley de s’expliquer avec lui. Que tout le monde souffre de leurs non-dits. Mais elle ne voit pas de quoi ils parlent. Il s’en fout d’elle, vous comprenez. Il la considère que comme une amie… 

Santaaaaaa barbaraaaaa, tu me diraaaaas, pourquoiiiiiiiiii

Pardon. 
Donc finalement ils se parlent, se baladent, se déclarent enfin leur flamme et là… 

Premier baiserrrr, échangéééé, sur une plaaaage, en étéééé.
Premier amouuuuur, un beauuu jouuuuuuuurrrr.

Que celles qui ne connaissent pas cette référence musicale lèvent la main que je leur envoie une porte qui ondule sur leur chemin. Non mais. Annette et Justin, quoi.
(il paraitrait d’ailleurs qu’Annette finit avec Mr Girard ! Sérieux quoi. WTF le monde ? Après Nicolas et José qui couchent ensemble, Annette et Mr Girard. Tout mon être se révolte à cette idée).

Mmmmh, où en étions-nous, déjà ?
Je sais plus, en vrai, je voulais juste caser les chansons de Premier Baiser et Santa Barbara dans ce billet.
Maintenant, je peux arrêter ce billet, le sentiment du devoir accompli et bien fait.

Comment ça, vous en voulez encore ?
Qui c’est la meilleure ? Cécile ! Encore une fois ! CE-CILE !
Nil ou Cécile ? Je vous entends pas !!!! CE-CILLLLLLE !!

Ok, allez je continue. Parce que c’est vous, hein :-)

Bon alors, dites-moi entre qui se passent les dialogues suivants :

«- Pourquoi tu me regardes comme ça ? je lui ai demandé en m’essuyant la joue comme si j’avais quelque chose dessus.
Il n’y avait pas de miroir sur Nil, ce qui était un réel problème.
– Je suis ton conseil à la lettre : je me focalise sur le positif.
Il a continué à me regarder puis a ri.
– Je parle de toi, au fait !
– Voilà ce qui arrive quand on vit sur une île à moitié déserte. On devient aveugle.
– Écoute, il a dit, soudain sérieux. Si quelqu’un est aveugle ici, c’est toi. Je ne sais pas si les mecs en Géorgie étaient débiles ou s’ils avaient trop peur de te demander de sortir avec eux, mais tu es la fille la plus belle que j’ai jamais vue. Plus que ça, j’ai l’impression que tout colle entre nous. La moitié du temps, tu dis ce que je pense, ou ce que j’aurais dit si mes pensées étaient un peu moins chamboulées… Tu me fais de l’effet, Charley « e-y ». »

 

« – Bart m’a dit que toi et Talla, vous avez été ensemble. Je veux juste savoir s’il y a un passé entre vous. Ça m’est égal, je veux juste savoir.
– Un, n’écoute jamais Bart. Deux, il n’y a rien entre Talla et moi. Il n’y a jamais rien eu et il n’y aura jamais rien.
J’ai haussé les sourcils, déçue de ne pas savoir n’en lever qu’un.
Thad semblait exaspéré.
–  Écoute, je suis sérieux. Talla est… (il a agité les bras) Talla. Une amie. Rien de plus. Je ne rêve pas d’elle. Je ne pense pas à elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je ne pense qu’à une seule fille, et c’est toi.
– Je te crois, j’ai répondu. Mais une partie de moi me dit que ce n’est pas possible. Comme si quelqu’un était allé voir dans ma tête pour trouver le garçon dont je rêvais, et c’est toi. C’est trop parfait. C’est trop beau pour être vrai. »

Donc, entre qui se sont passés ces dialogues ?
a- Justin Bieber et sa copine
b- Ma copine Julia et Grosquick son amour de toujours
c- Moi et Justin Timberlake
d- Fleur et Joe Dassin
e- B et son application de running
f- Thad et Charley (e-y)
g- Mon neveu et son amoureuse qui sont au CP.

 8- Bon, j’ai arrêté ici le massacre. J’ai eu vraiment peur que mes yeux restent coincés derrière la tête à force de les rouler. Mais j’ai lu la fin (of course).
Attention spoiler :

Que se passe-t-il à la fin (trouver la réponse fausse) ?
a- Charley et Thad ne couchent pas ensemble, car ils n’ont pas de capote et il ne veut pas qu’elle tombe enceinte et ne puisse pas passer la porte après (vu qu’on ne peut que passer seul dans les portes).
b- Thad atteint dans quelques jours l’année de présence sur Nil. Ses jours sont comptés. Ils partent à la recherche d’une porte et quand il en voit une, il pousse Charley dedans.
c- Charley se retrouve nue dans je ne sais quel pays, est rapatrié chez elle et déprime, déprime, Thad, Ô Thad mon amouuuur, qu’as-tu fait ???? Je me meurs. Ma vie sans toi est un suplice.
d- Après 50 jours sans Thad, Charley décide de vivre, elle lui doit bien ça.
Quelqu’un sonne à sa porte et
e- Surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise.
f- C’est Thad (‘déconné de m’avoir poussée à travers le portail). Ben oui, en fait, il y a eu une porte double et, par chance, il a eu celle d’après. L’est pas belle la vie ? 
g- Je t’aime, jamais je ne te quitterai. Moi pareil.
h- Ils meurent tous car ils ne trouvent pas de portes.

 

 

Honnêtement, il y avait tellement de potentiel à cette série que je comprends les coups de cœur. L’idée de base était excellente, ces jeunes coincés sur une île, avec un compte à rebours pour s’en sortir.
Mais comme je le disais à mes amies sur whatsapp, il n’y a aucun sentiment d’urgence, on ne flippe jamais, l’histoire est davantage focalisée sur la bluette d’adolescents que sur l’action qui est quasi inexistante.
On n’a jamais peur et on ne stress jamais pour les personnages, les méchants meurent comme par magie et ces ados ne se battent pas pour survivre, ils ont du pain, de la viande, des œufs, du poisson… on a l’impression d’être dans une colonie de vacances.
Dommage donc, grosse déception pour moi mais ce livre a le potentiel de plaire si on s’attend à une romance et non à un livre à la Hunger Games.
Et pour des avis opposés au mien, je vous invite à lire les avis très positifs de Mylène, Bladelor, Clarabel & Simi.

18
jan

La passe-miroir tome 1 : les fiancés de l’hiver de Christelle Dabos

passe miroir

Ouvrir ce livre c’est se déconnecter de la réalité et plonger dans un univers unique, fantastique, magique, composé d’illusions, de complots, de descriptions foisonnantes, de paysages enivrants, d’évasion, de magie, de personnages singuliers…

Ouvrir ce livre, c’est plonger d’emblée dans un monde particulier composé d’Arches – sorte de pays aux particularités multiples – et rencontrer Ophélie, de l’Arche d’Anima dont les habitants ont le pouvoir d’interagir avec les objets.
Ophélie qui sous son apparence un peu quelconque, ses grosses lunettes et sa maladresse cache beaucoup de force, de caractère, de volonté et un don particulier : celui de lire le passé des objets et traverser les miroirs…

Ouvrir ce livre, c’est entrer par un miroir dans les archives de l’Arche d’Anima, rencontrer un grand oncle qu’on apprécie sur le champ, découvrir Ophélie et son écharpe qui bouge, apprendre de sa bouche qu’elle a été promise à un homme de l’Arche du Pôle et qu’elle va devoir y habiter.
C’est voir les yeux du grand oncle s’écarquiller de surprise, et de peur peut-être, et comprendre que le Pôle est aux antipodes de la douceur et la tranquillité d’Anima, comprendre que c’est une Arche glaciale et austère.

Oublie ce que je t’ai dit la dernière fois. Je te prédis que la volonté de ton mari se brisera sur la tienne.

 

Continuer de lire ce livre, c’est rencontrer des personnages singuliers, originaux, forts, intéressants, avec leurs qualités et défauts. 
Si certains sont détestables, la majorité ne sont ni noirs, ni blancs, même les personnages principaux, et c’est ce qui les rend encore plus vrais, encore plus justes, encore plus réels et attachants. 

Avancer dans ce livre, c’est donc apprendre à connaitre Ophélie, réservée, maladroite, curieuse, intelligente, volontaire, déterminée. C’est s’attacher à elle et admirer sa force, sa volonté d’avancer, de tout positiver. 
C’est rencontrer Thorn, taciturne, renfermé, froid, limite rustre qui se révèle peu à peu et qui a su tellement me toucher avec si peu de mots, si peu de gestes.
Et c’est aimer, se méfier, détester, et ne pas savoir quoi penser de tous les autres. Tous ces autres que l’on croise, que l’on craint, que l’on aime, qui nous étonne et dont on se méfie.
La tante Berenilde à la beauté froide, qui éveille tant de sentiments contradictoires chez nous et chez l’héroïne, tantôt affectueuse, tantôt sévère, un peu égoïste…
Archibald le séducteur qui nous fait rire, qui ne ment jamais mais qui aime manipuler…
La tante Roseline qui râle tout le temps, nous agace parfois et qui finit par gagner notre respect…
Sans oublier Renard, Gaelle, Mère Hildegarde, Freyja, le Chevalier… Tous ceux qui ont tant d’importance même sans avoir la vedette. 

– Je vous avoue que je suis un peu déçu. Il aurait été follement amusant d’avoir la promise de Thorn sous la main. 
– et pourquoi cela ? Demanda-t-elle avec un sourcillement. 
– mais pour la déflorer, bien entendu. 

 

Lire ce livre c’est être obsédé par sa lecture même quand on doit la mettre de côté, c’est s’ajouter au groupe officiel du livre sur FB, c’est chercher frénétiquement les prochaines dates de sortie, c’est voir des dessins de fan, c’est aller de surprises en surprises, c’est comprendre qu’on tient un petit bijou de singularité et découvrir une intrigue bien plus riche que ce que l’on imaginait, une intrigue où se mêlent complots politiques, mystères, mensonges, amitié et amour … 

Lire ce livre c’est être surpris et se poser des questions très souvent… Pourquoi Ophélie a-t-elle été choisie pour épouser Thorn ? qu’est ce qui se cache derrière ce mariage ? En qui avoir confiance ? Pourquoi ne peut-elle pas dire qui elle est ? Ni dévoiler son pouvoir ? 

Lire ce livre, c’est voyager, se promener dans Citacielle, rencontrer des géants, apprendre à reconnaitre le vrai du faux, vivre dans des illusions.
C’est être une animiste, un valet, une jeune fille maladroite.
C’est sourire souvent, frissonner de temps en temps, se méfier, avoir peur, avoir le coeur brisé, être étonnée, surprise et c’est même un peu couiner et avoir des petits papillons dans le coeur…

Et puis, ajouta-t-il tout bas, en se prenant d’un intérêt soudain pour ses souliers, je crois que je suis en train de m’habituer à vous.

 

Finir ce livre, c’est avoir l’impression de quitter des amis, c’est être orpheline, être frustrée, vouloir continuer, voir qu’il y a encore deux tomes à paraitre et hésiter…

Finir ce livre, enfin, c’est être admirative du talent de l’auteur d’avoir su créer un monde si riche, si foisonnant, si original tout en arrivant à si bien tout décrire et imager qu’on a l’impression d’y être et qu’on n’a jamais de problème à se représenter ce qu’on lit. 

Son regard lui ne redeviendrait jamais comme avant. Â force de voir des illusions, il avait perdu les siennes et c’était très bien comme ça. Quand les illusions disparaissaient, seule demeure la vérité. Ces yeux-là se tourneraient moins vers l’intégrité et davantage sur le monde. Ils avaient encore beaucoup à voir, beaucoup à apprendre.

En somme, ce livre c’est un premier tome parfaitement maitrisé et réussi, une écriture fluide, une imagination débordante, des personnages riches, des rebondissements, de l’imagination…. Bref, un coup de coeur.

Et pour finir je vous invite à lire l’avis de Bladelor qui m’a donné envie, avec Genevieve, de m’y pencher :)
Ainsi que celui de Sandy qui l’a lu (dévoré) en même temps que moi, de Gilwen et de Roanne :D

26
oct

Saving Francesca de Melina Marchetta : des émotions, de l’humour, une histoire originale… un coup de coeur

saving francesca

Souvenez-vous, j’avais adoré On Jellicoe Road, un coup de coeur qui avait pris son temps pour s’installer mais qui m’avait marquée autant que ceux qui s’imposent comme une évidence dès les premiers chapitres.

J’avais aimé l’histoire originale, l’humour, le style, les personnages, l’ambiance et c’est en espérant ressentir autant d’émotions que j’ai commencé un autre livre de l’auteur, Saving Francesca.
 
Ce livre est aussi un coup de coeur, mais qui appartient à l’autre catégorie, car j’ai rapidement su que j’allais adorer passer du temps avec Francesca et l’accompagner dans sa quête de soi.  

Francesca dont la mère, Mia, hyper positive, hyper active, hyper présente se retrouve, un jour, à ne pas sortir de son lit.
Francesca qui débute une nouvelle école et qui n’a plus ses repaires, ni ses amies.
Francesca qui se retrouve dans un lycée majoritairement composé de garçons, forcée de fréquenter des filles qui ne lui ressemblent pas.
Francesca qui ne comprend pas ce qui arrive à sa mère, qui voit sa vie chamboulée et ne sait pas comment faire face.

“A piece of me is gone, » she told me once while we were bra shopping. « I think we’re made up of all these different pieces and every time someone goes, you’re left with less of yourself.” 

J’ai tout aimé dans ce livre. 
Le style pour commencer, simple, beau, touchant et juste.
J’ai du surligner la moitié du livre entre les moments qui font rire et ceux qui touchent.

You’re judging her by her literacy, » Tara says. « You’re a literacist. » 

Les détails ensuite, qui font toute la différence. Ces détails si simples mais qui en disent tellement longs et qui nous permettent en quelques mots de nous figurer ce que des paragraphes entiers ne pourraient faire.

Les personnages enfin. 
Francesca, ses doutes, ses peurs, son évolution et ses sarcasmes.
Siobhan, la fille facile, reine de la grammaire
Tara la féministe
Justine la posée timide. 
Jimmy le squatteur 
Thomas qui s’impose peu à peu comme une évidence.
Et Will le parfait imparfait. 

“Your friends are at the house.’
I sit up, straight. ‘Who’?
‘I don’t know. Weird people. The Sullivan girl, whose father got the Gosford police to pick you up.’
‘Siobhan?’
‘And another one who’s making cups of tea for everyone, and keeping the boy who’s telling Luca fart jokes away from the girl who says he’s « the last bastion of patriarchal poor taste ».’
‘Justine, Thomas and Tara.’
And the drug fiend, Jimmy, is keeping Mia calm and the Trombal boy’s rung about ten times. I don’t like his manner on the phone.’
‘You won’t like any guy’s manner on the phone.” 


Et les autres, bien sur, Luca le petit frère, la conseillère, le prof…

Et tout en lisant, j’essayais déjà de chercher comment expliquer ce que j’ai aimé dans ce livre. 
Chercher comment expliquer à quel point on peut trouver un livre juste.
Juste dans le choix des mots, juste dans l’humour et juste dans certains passages et pensées de Francesca.

Car certains passages étaient si touchants et représentatifs du désespoir de Francesca face à l’état de sa mère que l’on ressentait sa solitude au point de la vivre.
Des passages touchants, contrebalancés par le reste : l’espoir, l’humour, l’amour et l’évolution. 

“Just ask how I’m feeling, I want to say. Just ask and I may tell you.
But no one does.” 


Par la soirée Alanis, par les garçons que l’on trouve répugnants et qu’on apprend à connaitre et à aimer, par une recette de gâteaux volée, par les relations qui se construisent lentement mais sûrement, de manière réalistes. 
De manière aussi réaliste que l’évolution de Francesca qui réapprend à se connaitre tout au long du livre…

I want her to say, « Frankie, you’re silly, you’re lazy, you’re talented, you’re passionate, you’re restrained, you’re blossoming, you’re contrary. »
I want to be an adjective again. But I’m a noun. 
A nothing. A nobody. A no one.” 
 


Un livre juste donc, bien dosé et prenant. 
Un livre composé de moments touchants, de moments couinants, de moments drôles, qui nous fait ressentir des émotions et qui nous donne l’impression, à la fin, de quitter une bande d’amis… 

“Do you think people have noticed that I’m around?”
“I notice when you’re not. Does that count?” 


 I love youse.