Les lectures de Cécile

1
juil

Better when he’s bad de Jay Crownover ou quand un auteur veut faire passer un voyou pour un criminel et force le trait.

baxcouv

 

Vous le savez, j’avais adoré Rule  de la série « Marked Man » de cet auteur, un peu moins les tomes suivants jusqu’au 4ème, sur Nash que je n’ai pas du tout aimé.
Quand « better when he’s bad » est sorti et que j’ai lu qu’il était meilleur que les Marked Man et qu’en plus il traitait d’un personnage vraiment mauvais et méchant, je me suis dis qu’il fallait que je lui laisse une chance.
Comment dire ?
Après un chapitre, j’ai voulu arrêter, tellement il y avait de clichés.
Mais quand même, il y avait un truc au niveau de l’intrigue qui faisait que je voulais continuer.
Et finalement, les clichés se sont multipliés et enchainés, et moi, j’ai continué, pour connaitre le fin mot de l’histoire.
Je ne vais donc pas vous spoiler sur l’intrigue que j’ai trouvé bonne, mais je ne peux pas ne pas relever dans ce billet, les nombreux clichés de ce livre…

 

Shane Bax a 23 ans, il sort juste de prison et c’est un bad boy.
Un terrifiant bad boy. Un voleur, un méchant, un criminel. Un bad boy quoi.
Si jamais vous ne l’avez pas compris, l’auteur le répète toutes les 3 phrases environ dans le premier chapitre, des fois que vous seriez atteint d’Alzheimer ou que vous auriez des problèmes de compréhensions, amis lecteurs.
Bax donc, est un méchant qui sort de 5 ans de prison.

 

1- Que fait-il en priorité une fois en liberté ?
a- il va voir sa mère (car dans la vie, il y a des priorités).
b- il va tirer un coup (car bon 5 ans sans sexe quoi. Limite pire que 5 ans sans skittles. Limite).
c- il va chercher sa voiture puis va tirer un coup.

Indice : « Pussy came after a quality ride » autrement classement dit « Les « chattes » viennent après une bonne caisse ».
(comme je le disais plus haut : le sens des priorités).

 

2- Qui appelle t-il son bébé ?
a- Sa mère
b- Sa copine
c- Sa voiture.

Indice en image :

BAX1

(Oui je suis allée voir sur Google à quoi ressemblait sa voiture car je suis une fille qui fait attention aux détails moi, pour votre plus grand plaisir, ne le niez pas.
Si si, c’est vraiment sa voiture. Oui elle est bien jaune et noir. Non je n’invente rien, je le jure. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je serai privée de bonbons).
Mais revenons à la voiture : mais non ce n’est pas beauf, allons, ne soyez pas mauvaise langue !!!!
B.A.D B.O.Y on vous dit. Allez, répétez après moi : baaaad boooooyyeuh. Voilà.

 

3- A juste 18 ans, quand il est arrêté, Bax était. (trouvez l’affirmation fausse)
a- Une légende. (dans le milieu des méchants qui volent des voitures)(et auprès des stripteaseuses)(qu’il ne paye pas)(il leur donne des orgasmes plutôt)(mais nous y reviendrons)
b- Une bête de sexe car quand vous grandissez pauvre et sans surveillance parentale, le sexe est ce que vous faites pour passer le temps. (ahhh les jeunes, ce n’est plus ce que c’était)
c- Riche : il avait déjà acheté une maison à sa mère alcoolique (le vol de voitures, les combats illégaux et les courses de voiture, ça paye).
d- Une bête de sexe oui mais une bête de sexe altruiste : quand il couchait avec des strip teaseuses, il « s’assurait toujours que ce qu’il donnait était aussi bon que ce qu’il recevait » (des orgasmes donc), à moins qu’il ne soit pressé (car bon faut pas déconner non plus, faudrait pas se mettre en retard non plus en donnant du plaisir à sa partenaire).
e- Il faisait des courses de voitures illégales pendant un temps mais avait du arrêter car il les gagnait tout le temps et personne ne voulait plus se battre contre lui (une légende on vous dit).
f- c’était quoi la question déjà ?

 

4- Parmi les prénoms ridicules suivants, lequel n’existe pas dans ce livre ?
a- Dovie
b- Bax
c- Roxie
d- Race (Oui, comme dans « On s’en Bax la Race »)(vous avez compris ?)
e- Titus
f- Maxigrosexus

 

5- Quel cliché sur l’héroïne Dovie nous est épargné ?
a- Elle travaille dur pour s’en sortir : elle Bosse à 100% la journée, fait des cours du soir, et bosse à mi-temps le week-end. (et avec ça elle trouve le temps de passer ses nuits à coucher avec Bax et à l’accompagner la journée pour chercher Race)(une surhumaine qui arrive à se dédoubler, ou je ne m’y connais pas)
b- Elle a un goût de fraises fraiches et de pureté que Bax découvre en l’embrassant. (j’espère que vous apprécierez comme il se doit la précision sur la fraicheur des fraises)(une fraise fraiche vaut mieux qu’une mûre tu l’auras)
d- A les yeux verts qui deviennent très foncés quand elle est énervée ou quand elle a un orgasme. (et moi qui ait toujours cru que la couleur des yeux changeait en fonction du temps).
e- A été abandonné par sa mère « qui a préféré se droguer plutôt que d’être parent » (et des fois, on la comprend) :–))
f- Est grande, fine, mais a de gros seins ce qui tombe bien car Bax est un « boobman », un homme à seins. (sans commentaire)
g- Vient d’un milieu si pauvre que même être pauvre est acceptable car ca veut dire qu’on a au moins quelque chose (mélodramaquoi ?).
h- Elle connait un SDF qui fait aussi garde du corps: en échange de quelques bière de temps en temps, il se poste en bas de son immeuble et ne laisse rentrer personne (même si le héros rentre chez elle comme dans un moulin au premier chap). Pratique ces SDF quand même, y’a qu’à les bourrer et ils vous protègent. O_o
i- Elle n’est plus vierge mais ne l’a fait qu’une fois et n’a jamais eu d’orgasmes avant Bax.
j- elle veut travailler dans le social pour aider les jeunes des quartiers défavorisés, qui, comme Bax et elle, sont obligés de grandir trop vite (et de conduire des motos à 10 ans)
k- Scintille au soleil.

 

6– Le corps de Bax « est la carte d’une vie courte mais vécue trop dangereusement et trop vite » (vous me voyez rouler des yeux d’où vous êtes ?).
Il a :
– Une horrible cicatrice sur les côtes dues à un accident de moto à 10 ans. (lol)
– Un trou dans son dos, le même que dans la tête, pour la seule et unique fois ou il n’a pas été assez rapide pour échapper à un flic et sa matraque. (lol bis).
– Un tatouage géant du logo d’une classique V8 sur l’estomac (logo de sa voiture)
v8
(trop classe)
-BAX écrit en énorme dans son dos entre les omoplates (vu que ça fait 3 lettres ça doit être vraiment écrit en grand pour toucher les deux épaules.)
– Une pin-up chevauchant une bougie d’allumage.
Je répète: une pin-up en train de chevaucher une BOUGIE D’ALLUMAGE.
Je vous laisse du temps pour intégrer la chose.

Voilà. Donc, en gros :
Comme sur ce t-shirt. Mais tatoué, sur ses côtes. Tellement excitant quoi.
39542

Sauf qu’il y a mieux. Si.
– Sur son sexe, deux drapeaux à carreaux « indiquant à toutes les personnes assez chanceuses pour les voir qu’elles ont atteint la ligne d’arrivée »
drapeaux

Prenons-nous la main, chers amis, mettons-nous en cercle et LOLons en choeur avant de reprendre ce QCM avec la question suivante :

Au vue de ses tatouages, rappelez-moi, car je ne m’en souviens plus à force d’avoir trop ri et roulé des yeux, Bax est un :
a- BEAUF (qui donne des orgasmes, ce qui n’est quand même pas négligeable)
b- Bad boy, un criminel, un voleur.

 

7- Parmi les dialogues et scènes suivantes, quel est celui qui m’a fait le plus rire / rouler des yeux ?

a-
– As tu peur de moi ?
– terrifiée
– Est-ce que tu me fait confiance ?
– Non
– Est ce que tu vas venir dans mon lit ?
– Sûrement.
– J’ai couché avec Roxie au début de la semaine, je ne suis pas un mec gentil, je ne sais pas comment ça va se passer avec ton frère et quand j’en aurai fini avec Novak, il y a de grandes chances que je sois mort ou en prison. Tu es sure que tu veux venir avec moi au lit ?
– Si je viens, est-ce que ce sera différent pour toi que si tu y allais avec Roxie ou une stripteaseuse ?
– tu veux que je te mente ?
– Oui. Je crois.
– Alors non. Tu serais exactement comme les autres.

(Cette manière, tout en subtilité, de lui dire qu’elle est différente pour lui des stripteaseuses qu’il a l’habitude de fréquenter, je ne sais pas vous, mais moi… Ca me rend toute chose. Je vais manger des Coca Haribo au cœur coulant pour m’en remettre, tiens.)

 

b- Ils le font pour la première fois, ils sont nus et il est sur le point de la pénétrer quand elle demande:
– Est-ce que c’est la ligne d’arrivée ?
Il ne répond pas, couche avec (il a l’impression qu’elle est vierge)(Ouf, j’ai vraiment cru une minute que ce cliché nous serait épargné mais heureusement pas) et bref, c’est mieux que ce qu’il a toujours connu, et il en a connu des filles, depuis tout jeune… il lui demande de jouir pour lui, ce qu’elle fait, car Dovie est obéissante quand il s’agit de jouir, et quand enfin il se laisse aller aussi et finit, pantelant, sur elle, il lui dit :
« CA.C’est la ligne d’arrivée ».
(Une phrase qui vaut tous les « je t’aime » du monde. Un poète ce Bax)

c- Ils couchent ensemble sur le capot de sa voiture et il lui dit « Je ne pensais pas qu’il avait quelque chose au monde qui pouvait rendre cette voiture encore plus belle. Je me trompais ».
(moi aussi, je me suis trompée. Ce n’est pas un poète, c’est un Casanova. Que dis-je ? Un Cyrano de Bergerak !) (ah non, on me souffle à l’oreille que c’est un bad boy).

 

9) Quel cliché nous est épargné ?

a- Elle est étroite
b- Elle va porter un t-shirt de Bax qui lui arrivera au genoux.
c- Il va déchirer son top (ceci dit normalement c’est sa culotte)
d- Elle se mord les lèvres
e- Elle n’a jamais fait de fellation avant lui mais s’en sort comme une chef, sans qu’il la guide (En même temps, grâce aux drapeaux, c’est plus simple de trouver la ligne d’arrivée).
f- Un « jouis pour moi, petite Dove » (Je me suis toujours demande ce que ça faisait d’être appelée comme un savon)
g- Elle a un gout « creamy et fluttery » à savoir « crémeux et agité » (oui agité). (Une crème fouettée comme dirait Ju)
h- Il a des yeux sombres, très sombres et pleins de secrets. Et des fois il y a même une étincelle sombre dans ses yeux sombres. (un must de sombritude en somme)
i- Un « tous les hommes riches trompent leurs femmes » (sans commentaire)
j- Quand il reçoit un gros coup de couteau pendant un combat illicite, il veut utiliser de la glue pour recoller sa blessure . Un vrai bad boy on vous dit.
k- il a un sexe impressionnant. (mais moins qu’un personnage de la confrérie je dirais, à vue de nez, comme ça).
l- Il scintille au soleil. (vous me sentez inspirée aujourd’hui ou pas trop ?)

 

Vous remarquerez que je ne vous ai pas parlé de l’histoire.
Sans vous en dire trop, Bax est envoyé en prison à 18 ans pour vol de voiture.
C’est son meilleur ami, Race, qui l’avait mis sur le coup et qui l’a donc selon toute vraisemblance, piégé. En sortant de prison, il veut savoir pourquoi Race a fait ça. Et se retrouve avec la demi sœur de celui ci dans les pattes : Dovie.

Je ne veux pas en dire trop sur l’histoire car entre le grand grand méchant du quartier, Novak, ses sbires et ses motivations, Race qui est introuvable et dont on ne comprend pas les motivations pour avoir fait capturé Bax, les persos secondaires comme Titus le demi frère de bax qui est flic et qui l’a lui même arrêté et envoyé en prison, je dois dire que l’intrigue rattrape le niveau du reste du livre.
C’est assez complexe, il y a quelques retournements de situations que je n’ai pas vu venir et j’ai particulièrement apprécié que si Bax calme un peu ses activités illicites à la fin, il ne les arrête pas completement pour autant car il reste le même au fond de lui.

J’avoue même que je suis curieuse de lire l’histoire de Race car, pour le coup, il finit dans un rôle que je ne lui aurais pas attribué au début.

En résumé : beaucoup beaucoup trop de clichés qui étaient ridicules et beaucoup trop d’insistance sur le fait que Bax est un bad boy et qu’il a des yeux noirs insondables qui n’expriment rien et qui sont terrifiants. Comme si l’auteur voulait nous persuader que Bax est méchant alors qu’on ne le ressent jamais. Au pire c’est un voyou quoi.
Mais une intrigue qui tient la route et se révèle originale.
Dommage, vraiment.

Je pensais l’abandonner après le premier chapitre mais je l’ai fini.
Si avec ça je ne mérite pas de figurer sur un tatouage, chevauchant une bougie d’allumage…

Une lecture pour le premier mardi de Stephie !

Stephie

27
juin

Mud Vein de Tarryn Fisher, un livre différent, captivant et intense…

mud vein

 

Il est très difficile de parler de l’histoire sans trop en dire.
Et je ne veux pas remettre le résumé du livre qui ne reflète en rien son contenu.
Je vais donc vous en dire le moins possible.
Mud Vein, c’est l’histoire de Senna, une écrivain qui se réveille un matin au milieu de la neige.
Elle a été kidnappé.
Alors qu’elle explore la maison, elle se rend compte qu’elle n’est pas seule. Isaac est là, attaché, dans une autre chambre.
Ensemble ils vont essayer de trouver qui… et pourquoi.
Nous suivons leur histoire, leur survie dans cette cabane au milieu de nul part, on fait des bons dans le passé, le passé qu’ils ont vécu séparément, et celui qui les lie, et on revient au présent. On se pose des questions, on élabore des théories, on rentre dans l’histoire de l’histoire et on ressent. Beaucoup.

« It’s never that I don’t want to be with you. It’s that you don’t want to be with me. »

Mud Vein, c’est donc beaucoup beaucoup d’émotions, de magnifiques phrases, une écriture très belle et poétique et une histoire qui touche… mais qui brise le coeur aussi et qui devient même étouffante par moment.
Ce livre, c’est également une expérience en soi, qui m’a fait sortir de ma zone de confort, malgré le fait qu’il soit captivant et beau.

En vérité, je suis passée par tellement d’émotions contradictoires en lisant ce livre que je ne pourrais même pas le recommander.
J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à l’héroïne, Senna, pendant une bonne partie du livre.
Mais je ne me leurre pas, je suis sûre que c’est ce que voulait l’auteur.
Comme je l’ai lu dans une review Goodreads, je pense également « qu’elle a voulu que l’on ne fasse qu’un avec l’héroïne, qu’on entre dans sa tête, qu’on ne ressente rien pendant la période où elle se ferme à tout et tout le monde », et que quand elle se décide enfin à ressentir, on soit submergé par l’émotion.
En ce sens, Tarryn Fisher a atteint son but et son écriture, sublime, ne peut pas être mise en cause sur les quelques points que j’ai moins appréciés.
Car aussi beau son style soit-il, cela ne m’a pas empêché d’être frustrée par moment, de vouloir secouer Senna, de la trouver égoïste. Et si j’ai compris qu’elle se protège au fond, je n’ai pas pour autant aimé qu’elle ne puisse même pas dire un merci à Isaac quand elle même en a envie.

Isaac was a stranger and he had seen more of my wounds than anyone else. Not because I chose him like I did Nick. He was just always there. That’s what scared me. It was one thing inviting someone into your life, choosing to put your head on the train tracks and wait for imminent death, but this—this I had no control over. 

Nous avons affaire à une héroïne qui ne se laisse aucune chance d’être heureuse, pour ne pas souffrir, et je dois dire que toutes ces occasions de bonheur ratées m’ont parfois frustrée et m’ont rendu très triste.
Et quand elle se laisse enfin aller à ressentir, Senna m’a brisé le coeur.

« If there was a God, » I said, « I’d say with confidence that he hates me. Because my life is the sum of bad things. The more people you let in, the more bad you let in. »

Si la première partie, celle du kidnapping, m’a captivée et que j’ai élaboré des dizaines de théories, j’ai trouvé la deuxième partie, celle qui parle du passé d’Isaac et Senna, particulièrement écrasante. Et triste.
Et pourtant, globalement, et malgré certains passages lents, Mud Vein est un livre extrêmement prenant, complexe et captivant.
C’est différent de tout ce que j’ai pu lire, c’est dark sans être dark, une romance sans en être une, et un thriller qui n’en est pas forcément un … C’est un livre différent que je n’arrive ni à classer, ni à recommander mais qui ne laisse pas indifférent.

Isaac is touch, and he is sound. He is smell and he is sight. I tried to make him a single sense like I did with everyone else, but he is all of them. He overpowers my senses and that is exactly why I ran from him. 

Et s’il m’est déjà arrivée de lire des livres tristes, je dois dire que rarement je ne l’ai été aussi longtemps.
En effet, pendant une très grande partie de ma lecture j’ai trouvé qu’il n’y avait pas une once de positivité, et comme je le disais plus haut, j’ai mis du temps à m’attacher à l’héroïne à cause de certaines de ses réactions; Mais à côté de ça, j’ai compris pourquoi elle agissait comme elle le faisait et j’ai ressenti ses émotions avec une intensité rare et particulière. Certains passages, certaines métaphores, certaines pensées étaient si belles ou si tristes, qu’elles m’ont faits l’effet de claques, de coups de poing.

Et je dois dire qu’un livre qui fait ressentir autant d’émotions et surtout avec autant de force (j’ai beaucoup pleuré) c’est tellement rare que je me devais d’en parler même si je reste persuadée qu’il n’est pas fait pour tout le monde.

Une chose est sûre, malgré quelques défauts, c’est un bon livre, à l’écriture splendide, que je garderai en tête.
Mud Vein a été une expérience unique dont je suis ressortie vidée, lessivée et quelque peu mitigée mais dont je me souviendrai longtemps.

When did that move in? I don’t even know. In a house in the snow, probably. Where a surgeon sliced me open emotionally, and a musician brought me more color than I could handle.

 

Merci à Muriel pour le conseil et pour avoir supporté mes nombreux mails (je te promets de plus lire la fin quand tu me dis de ne pas le faire !), et merci Berengère d’avoir plus facilement compris l’héroïne, d’avoir été moins frustrée mais tout aussi touchée, de me l’avoir dit ce qui m’a permis de relativiser quand j’étais trop agacée ;))

 

Mud Vein de Tarryn Fisher 
Ebook – 283 pages. 

 

2
juin

Les Suprêmes de Edward Kelsey Moore, premier livre-doudou de l’année

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Si vous cherchez un livre-doudou, alors ce livre, avec ses personnages hauts en couleur et très attachants, ses passages drôles, loufoques et touchants, est fait pour vous !

Ma mère souscrivait à cette idée, même si elle inclinait à pensais que je me transformerais peut-être en héroïne. Cependant, il faut se souvenir que ma mère – une femme adulte – avait trouvé sensé de grimper dans un arbre au beau milieu de son dixième mois de grossesse. Ses facultés de discernement méritaient donc d’être considérées avec un certain scepticisme. 

J’ai lu une review sur Goodread qui commençait comme ça : « En refermant ce livre, je n’avais qu’une envie, aller à Plainview en Indiana, m’asseoir à une table chez Earl’s Café et échanger les derniers potins avec Odette, Clarice et Barbara Jean ».
C’est exactement ce que j’ai ressenti en terminant moi-même ce livre, le sourire au lèvre et ce sentiment d’avoir lu une histoire qui arrive à vous toucher et à vous immerger, tout en vous donnant un sentiment de légèreté et de bien être.

Nous suivons depuis leur adolescence et sur une trentaine d’années, l’amitié et les parcours de trois femmes noires surnommées « les Suprêmes ».
Trois femmes, trois caractères différents, une amitié à toute épreuve et des points de vue qui alternent tout au long du récit.

Entre Suprêmes, nous nous traitions avec beaucoup de délicatesse. Nous fermions les yeux sur les défauts des autres et faisions preuve de prévenance, même quand cela n’était pas mérité. 

Il y a Odette, le ciment du groupe, ma préférée, la gourmande et l’intrépide qui est née dans un sycomore, qui dit toujours ce qu’elle pense (et pas forcément avec tact), qui fait passer les autres avant elle et qui a le cœur sur la main.

Je n’ai pas peur. Tu te rappelles ? Je suis née dans un sycomore. 

Clarice, ensuite, la talentueuse qui a toujours fait ce qu’il fallait, ce qui était bien, au risque de faire passer son épanouissement personnel au second plan. Clarice la sarcastique, qui pense tout bas et ne dit pas assez tout haut.

Tous les conservatoires du pays lui proposèrent des bourses pour venir étudier chez eux gratuitement, mais elle choisit de rester à Plainview à cause de Richemond. En guide de remerciement, il lui brisa le coeur. 

Et il y a Barbara Jean, ses petites tasses remplies de vodka et ses habits excentriques,  la plus belle et la plus malheureuse du groupe, celle qui a souffert plus qu’il n’en faut, celle qui m’a beaucoup touchée alors que c’est paradoxalement celle du trio dont je me suis sentie la moins proche.

Barbara Jean protesta, mais juste assez pour montrer qu’elle était polie. Puis elle acquiesça. Ainsi ce soir-là, grâce à Big Earl, Miss Thelma et Odette, elle eut pour la première fois de sa vie l’impression d’avoir une famille.  Et Clarice découvrit que sa copine pouvait faire des miracles. 

 

Mais il y a également Big Earl et sa générosité, Chick et son petit cul de blanc, Minnie et ses prédictions bidons, Dora et sa plantation de beuh (mon personnage secondaire préféré !), Mme Roosevelt qui suit Odette d’un peu trop près, James qui parle peu mais bien, la cousine Veronica à claquer, Richemond au grand coeur et à l’attitude de con…

Autant de personnages que de personnalités qui ponctuent notre lecture de tendresse, de sourires, d’éclats de rire et de larmes.

Des émotions que j’ai adoré ressentir avec les Suprêmes, tout comme j’ai aimé  le style, l’humour, le côté complètement loufoque de certaines scènes et personnages, le parfait équilibre entre rire, tristesse et espoir, l’amitié de ces femmes, leurs histoires, et l’amour qui les unie.

– Tu sais ce qu’il te faut ? De l’herbe.
– Quoi ? fis-je 
– De l’herbe folle, du cannabis, de la marijuana, de la marie-jeanne, de la ganja, de la weed, de la beuh, de la skunk, de la douce, du gazon….
– Arrête ton char. Je sais de quoi tu parles.
– Appelle ça comme tu veux mais ça te ferait le plus grand bien, insista maman.  

J’ai aimé également que les sujets difficiles soient abordés seulement en surface sans rentrer trop en profondeur car ils m’ont finalement touchée sans pour autant me rendre profondément triste ou déprimée.

J’avais du chagrin pour James, dont j’allais peut-être briser le coeur – pour mon beau mari balafré qui continuait de me serrer contre lui même si ses jambes devaient depuis belle lurette s’être engourdies sous mon poids. 

Alors, ce n’est pas un coup de cœur car je pouvais quand même, sans problème, reposer le livre même si je ne me suis jamais ennuyée et que j’avais toujours beaucoup de plaisir à retrouver les Suprêmes et leur entourage.
Mon seul bémol arrive d’ailleurs à la toute fin quand on s’attend à un évènement qui ne vient pas mais ce n’est pas ce que je retiendrai de l’ensemble.

Ce que je retiendrai, c’est que j’ai ri, que j’ai été touchée, que j’ai même versé une larme, que je me suis attachée à ces 3 femmes et surtout que c’est un roman plein de vie.

Comme je le disais au début de mon billet Les suprêmes est un roman doudou que je recommande donc chaudement ;)
Chapeau à l’auteur masculin qui a su retranscrire très justement beaucoup d’émotions typiquement féminines.

– Elle s’appelle Cherokee.
– Comme les Indiens ?
– Non, comme la Jeep.

Une lecture lue dans le cadre du Whatsapp Book Club et très appréciée de toutes – surtout de Julia qui a eu un coup de cœur – mais qui manquait tout de même de profondeur pour Bérengère dont l’avis final était vraiment mitigé.
Je vous invite à lire les billets de Caro l’ingrate (L.O.L), de Cajou et de Mlle Pointillés qui a finalement fini et chroniqué un livre en 2014 (you rock my binomette) ;-) 

Les Suprêmes – Edward Kelsey Moore
Editions Actes sud – 316 pages.