Les lectures de Cécile

25
mai

NIL de Lynne Matson ou la déception faite livre

NILpic 

Pour vous résumer ce livre, je me permets de reprendre la présentation parfaite (attendez, ça fait 6 mois que je n’ai pas fait de billets, faut pas trop m’en demander), la présentation parfaite, disais-je, de ma copine Bladelor (dont je vous invite à lire le billet beaucoup plus positif que le mien ici

Nil est une île paradisiaque qui ne figure sur aucune carte, une dimension parallèle dans laquelle échouent par hasard des adolescents. D’un instant à l’autre, ils disparaissent pour réapparaître sur Nil (nus comme des vers)(heureusement qu’ils sont tous bien gaulés)(et qu’ils ont des habits à disposition)(vous sentez le billet plein d’ironie ?)(Vous sentez bien).

Pour en partir et retrouver leur existence, une seule solution s’offre à eux : celle de trouver une « porte ». En effet, chaque jour une sorte de portail magique s’ouvre sur Nil. Une porte par jour qui ne peut accueillir qu’une personne. Les habitants, forcés de Nil, ont exactement un an pour trouver la sortie, au-delà ils ne survivent pas.

Charley, une jeune Américaine, vient de débarquer sur l’île où elle est accueillie par son leader : Thad.

Le compte à rebours à commencé… (Cette phrase hautement anxiogène vient de moi et a pour but de vous apporter un peu de stress)(à défaut d’en avoir dans le livre)(oui, c’est petit. Pardon, je ne recommencerai plus).

 

Bon, donc en lisant ce résumé, avouez que vous aussi vous pensez « Lost » « survivre » « Hunger Games » « ils vont crever de faim » « chouette, des gamins qui vont devoir survivre » « Kho lanta » « ils vont manger des vers de terre » et même, si vous êtes un psychopathe « ils vont devoir se tuer et se manger entre eux »

En tous cas, c’est comme ça que j’ai commencé le livre (sans la partie cannibale, bien sûr).
Sauf que… Comment dire…
Nil, ce n’est pas tout à fait ça.
Ce n’est pas un mix de HG et de Lost et de Robinson Crusoé.
C’est plutôt un mix de Santa Barbara, Beverly Hills & 7 à la maison.

1/ Charley a 17 ans et se réveille nue comme un ver sur une île :
a- Elle galère à trouver des habits et s’en confectionne à base de plantes et de noix de coco (en guise de coque de soutien-gorge).
b- Elle reste nue.
c- Elle trouve miraculeusement à 2m d’elle un bermuda d’homme (qui lui va comme un gant, car elle très mince et mesure 1.82m)(la salope) et un bandana (qu’elle noue autour de sa poitrine)(je ne sais même pas si je peux faire le tour de mon poignet, moi, avec un bandana, la vie est injuste) ainsi que des sandales. (Pratique, quoi).

Indice : il y a peut être bien quelques facilités dans ce livre. Peut être.

 

2/ Pendant deux semaines, elle erre et survit à base de jus de noix de coco et peu de sommeil. Le 13ème jour elle croise un garçon d’environ 13 ans (Jordan, je crois)(ou Jason)(Bref un truc en J) et un autre de son âge (Thad)(comme dans Thad’beaux-yeux-tu-sais)(ah ah qu’est-ce que je suis marrante). Il la trouve canon. Elle le trouve canon. C’est le coup de foudre. Elle va chercher quelque chose, s’évanouit et se cogne la tête. Il la porte jusqu’à la « cité ».

Il la veille pendant la nuit puis, quand elle se réveille, lui propose de prendre un bain. Elle s’inquiète de puer. Elle le trouve beau. Il la trouve belle. Et ne pense pas qu’elle pue.
Bref. C’est le coup de foudre (oui je me répète. C’est l’avantage d’être l’auteur de ce billet, je peux faire ce que je veux).

Donc elle va se baigner, il lui apporte une jupe propre (et courte) et matte ses longues jambes. Des vêtements propres, me direz-vous ? Mais comment les confectionnent-ils, vous étonnez-vous avec raison ? À quoi je vous répondrai que je ne sais pas, et qu’il ne faut pas poser de questions… c’est la règle de Nil. Et ici, c’est Nil (ça rime avec Cécile)(aucun lien, fils unique) qui fait la loi.

Oui je sais, je n’ai toujours pas posé de questions. Désolée, mais je prends mon temps pour poser le contexte. C’est important le contexte. Donc ils sont là, propres et beaux, et déjà amoureux (ou presque)(faudra attendre 2 jours pour ça) et il lui explique quelques trucs sur Nil. L’île. Qui rime avec Cécile donc.

– On y reste que 365 jours
– Si on n’a pas réussi à partir avant la fin de l’année, on meurt.
– On rentre par des portails qui ondulent et on repart de la même manière.
– Les portails apparaissent une fois par jour à midi et ils sont durs à attraper.

 

2/ Mais que font-ils d’autres, ces portails ?
a- Ils apportent des animaux tels que des rhinocéros qui sont pas gentils gentils et que ces ados arrivent à tuer grâce à leurs couteaux en métal (d’où ont-ils le métal vous demandez-vous une fois de plus avec raison ?  Eh bien… je ne sais pas. Ils en ont. C’est tout. On vous a dit de ne pas poser de questions.)
b- Ils apportent aussi (on parle des portails, suivez un peu) d’autres animaux comme des poules, des vaches et des cochons, ce qui est plutôt bien pratique pour avoir du lait, des œufs et du saucisson.
c- Mmmm, quelle était la question déjà ?

 

3/ toute fille normalement constituée aurait déjà, pendant sa période solitaire :
– fait 10 crises de nerfs.
– eu 666 crises de larmes.
– pensé à ses parents, famille et amis toutes les 2 secondes et aurait au moins pensé quelques fois à Internet et WhatsApp.

Mais Charley n’est pas comme toute les filles (déjà car elle est mince et fait 1m82)(la salope)(manquerait plus qu’elle soit marseillaise et je jurerais la connaître)(désolée je place des private jokes). Donc elle est pas comme tout le monde car :
– elle est mince, musclée et fait 1.82 (la salope)(comment ça, je suis lourde ?)
– pendant les 12 jours où elle est seule, elle ne pleure qu’une fois alors que bon. ELLE EST SEULE SUR UNE PUTAIN D’ILE DESERTE, quoi !
– elle ne pense qu’une fois à sa famille et zéro fois à son confort et à ce qui lui manque. (J’en connais une qui n’est pas accro aux LC WhatsApp, hein)(Ni aux bains chauds)(Ni aux culottes).

Indice. Non il n’y avait pas de questions. Je voulais voir si vous suiviez ou si je vous avais perdus.

 

4- Thad (‘La Chance) (ah ah, avouez que je vous avais manqué) écrit le nom de Charley sur le mur où tous les ados écrivent leurs noms. À côté des noms, il y a des croix pour ceux qui sont morts. Et je sais plus quoi à côté de ceux qui ont pu partir par une porte. Quel échange surréaliste à lieu pendant que Thad (des yeux revolvers heuuu, t’as le regard qui tuuuue, tu m’as tuée la première…)(mmmh, pardon.)
Donc, Thad écrit le nom de Charley sur le mur. Quel échange surréaliste est vraiment dans le livre ?

a- « – Comment ça se termine ton nom ? Par « i-e » ou « y » ?
– « E-y », j’ai répondu en appuyant sur le « e ».
– Ça ne m’étonne pas, a-t-il gloussé.
– Qu’est-ce que je dois comprendre ?
Thad a terminé de graver le « y », puis a soufflé sur mon nom. Sans se retourner,  il a répondu :
– Parce que « lie » ca veut dire « mensonge » Mais toi, tu es la fille la plus vraie que j’ai jamais connu, sur Nil, et avant
(dois-je rappeler qu’ils se connaissent depuis 3 minutes 52 ?)

b- « – Comment ça se termine Cécile ? avec i-l ou i-l-e?
– i-l-e
– Ça ne m’étonne pas, a-t-il gloussé.
– Qu’est-ce que je dois comprendre ?
– Thad a terminé de graver le « e », puis a soufflé sur mon nom. Sans se retourner,  il a répondu :
– « il » ça s’écrit comme Nil, et comme IL qui est un pronom masculin. Toi t’es ni une île (ni une île, nil, : que de riiiiime !!! je suis un génie) et t’es pas un Il, t’es une Elle car t’es la fille la plus féminine que j’ai jamais connu, sur Nil et avant.

 

5- Sur cette île, la vie est dure. Très dure.
Même s’ils vivent sur une île déserte, ils ont quand même accès à beaucoup de choses que les participants de Kho lanta tueraient pour avoir.
Qu’est-ce qu’ils n’ont PAS sur cette île :

(Petite parenthèse non sarcastique : dans la liste ci-dessous, vous allez voir souvent le mot « roll ». 
Il remplace ce sublime émoticon qui roule des yeux : 1139-yeux-ciel  et que je ne peux pas mettre partout vu qu’il détruit ma su-blime mise en page à se mettre en l’air là, comme ça)

Donc, qu’est-ce qu’ils n’ont PAS sur cette île :
– Des habits propres (roll)
– Des huttes, car il y a des arbres à papier(roll)
– Des épices, car ils trouvent pleins d’herbes qu’ils peuvent manger (roll)
– Des draps, car bon ça aurait été dommage de se passer de draps propres (roll)
– Du lait, vu qu’une vache est venue par le portail (roll)
– Des œufs, vu qu’ils ont trouvé une poule (roll)
– Du porc de temps en temps pour varier la nourriture (roll)
– Des crevettes 
– Du poisson frais tous les jours, tendre et assaisonné de citron (roll)(roll)
– Des fruits en veux-tu en voilà
– Des peignes aussi, car les nœuds ça craint (roll)(roll)
– Du maquillage qu’ils font à base de je sais plus quoi (roll)(roll)
– Du savon !!! (Ben oui, une des filles est très douée pour en faire)(et des personnages qui puent la transpiration, ça le fait pas trop) (roll)(roll)(roll)
– Du pain !!! (Oui. Du. Pain) (un des garçons a ses parents qui sont boulangers, vous comprenez)(Comment ça « ou est-ce qu’ils trouvent la farine et la levure ?)(Dites, vous oubliez la règle de Nil ou quoi ?) (roll)(roll)(roll)(roll)
– Des diamants bruts (non, ce n’est pas une blague).
– De l’eau fraîche.
– De l’électricité. 

Indice : les bêtas sont mauvaises, mais pas à ce point non plus, de l’électricité sur l’île ce serait quand même gros. (pas comme le pain et le savon, quoi).

 

6- La vie est dure, donc.
Ils sont tous beaux comme des top models, débrouillards et ils doivent chercher des portes qui ondulent, et tuer des fois des animaux sauvages. Du coup, pour décompresser, ils surfent, jouent au foot, au volley (ça tombe bien Charley est championne de volley) et ils font même du parapente. Je répète, ils font même du PARAPENTE !

Bienvenue à Galaswinda darladirladada, Y’a du soleil et des nanas, darladirladada, on va s’en foutre jusque lààààà, darladirladada….

 

Pardon pour cet interlude musical. Dur on vous dit ces vacances au club med d’être coincés sur Nil. Vraiment dur. On sent qu’ils galèrent vraiment pour survivre.   

Et entre tous ces repas et activités, ils se passent pleins de choses.

Genre Thad et Charley ne se comprennent pas toujours. Alors qu’ils se connaissent depuis 1 jour et demi et qu’il lui a montré un endroit paradisiaque, il veut l’embrasser, mais n’ose pas et lui demande si elle veut retourner avec les autres. Elle veut l’embrasser aussi mais se dit que s’il a posé la question c’est qu’il veut y aller. Alors, elle dit ok. Mais lui aurait voulu qu’elle dise non.
Et le lendemain il part avec une fille qui a de gros seins et des hanches fines (roll) (alors que bon, elle, elle est juste grande et mince quoi…)(roll)(roll) je ne sais où. Et quand ils reviennent c’est Charley qui part. Les jours passent. Il y a des non-dits. Trop de non-dits. Et les adolescents ressentent les tensions de leur leader Thad. Ils vont dire à Charley de s’expliquer avec lui. Que tout le monde souffre de leurs non-dits. Mais elle ne voit pas de quoi ils parlent. Il s’en fout d’elle, vous comprenez. Il la considère que comme une amie… 

Santaaaaaa barbaraaaaa, tu me diraaaaas, pourquoiiiiiiiiii

Pardon. 
Donc finalement ils se parlent, se baladent, se déclarent enfin leur flamme et là… 

Premier baiserrrr, échangéééé, sur une plaaaage, en étéééé.
Premier amouuuuur, un beauuu jouuuuuuuurrrr.

Que celles qui ne connaissent pas cette référence musicale lèvent la main que je leur envoie une porte qui ondule sur leur chemin. Non mais. Annette et Justin, quoi.
(il paraitrait d’ailleurs qu’Annette finit avec Mr Girard ! Sérieux quoi. WTF le monde ? Après Nicolas et José qui couchent ensemble, Annette et Mr Girard. Tout mon être se révolte à cette idée).

Mmmmh, où en étions-nous, déjà ?
Je sais plus, en vrai, je voulais juste caser les chansons de Premier Baiser et Santa Barbara dans ce billet.
Maintenant, je peux arrêter ce billet, le sentiment du devoir accompli et bien fait.

Comment ça, vous en voulez encore ?
Qui c’est la meilleure ? Cécile ! Encore une fois ! CE-CILE !
Nil ou Cécile ? Je vous entends pas !!!! CE-CILLLLLLE !!

Ok, allez je continue. Parce que c’est vous, hein :-)

Bon alors, dites-moi entre qui se passent les dialogues suivants :

«- Pourquoi tu me regardes comme ça ? je lui ai demandé en m’essuyant la joue comme si j’avais quelque chose dessus.
Il n’y avait pas de miroir sur Nil, ce qui était un réel problème.
– Je suis ton conseil à la lettre : je me focalise sur le positif.
Il a continué à me regarder puis a ri.
– Je parle de toi, au fait !
– Voilà ce qui arrive quand on vit sur une île à moitié déserte. On devient aveugle.
– Écoute, il a dit, soudain sérieux. Si quelqu’un est aveugle ici, c’est toi. Je ne sais pas si les mecs en Géorgie étaient débiles ou s’ils avaient trop peur de te demander de sortir avec eux, mais tu es la fille la plus belle que j’ai jamais vue. Plus que ça, j’ai l’impression que tout colle entre nous. La moitié du temps, tu dis ce que je pense, ou ce que j’aurais dit si mes pensées étaient un peu moins chamboulées… Tu me fais de l’effet, Charley « e-y ». »

 

« – Bart m’a dit que toi et Talla, vous avez été ensemble. Je veux juste savoir s’il y a un passé entre vous. Ça m’est égal, je veux juste savoir.
– Un, n’écoute jamais Bart. Deux, il n’y a rien entre Talla et moi. Il n’y a jamais rien eu et il n’y aura jamais rien.
J’ai haussé les sourcils, déçue de ne pas savoir n’en lever qu’un.
Thad semblait exaspéré.
–  Écoute, je suis sérieux. Talla est… (il a agité les bras) Talla. Une amie. Rien de plus. Je ne rêve pas d’elle. Je ne pense pas à elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je ne pense qu’à une seule fille, et c’est toi.
– Je te crois, j’ai répondu. Mais une partie de moi me dit que ce n’est pas possible. Comme si quelqu’un était allé voir dans ma tête pour trouver le garçon dont je rêvais, et c’est toi. C’est trop parfait. C’est trop beau pour être vrai. »

Donc, entre qui se sont passés ces dialogues ?
a- Justin Bieber et sa copine
b- Ma copine Julia et Grosquick son amour de toujours
c- Moi et Justin Timberlake
d- Fleur et Joe Dassin
e- B et son application de running
f- Thad et Charley (e-y)
g- Mon neveu et son amoureuse qui sont au CP.

 8- Bon, j’ai arrêté ici le massacre. J’ai eu vraiment peur que mes yeux restent coincés derrière la tête à force de les rouler. Mais j’ai lu la fin (of course).
Attention spoiler :

Que se passe-t-il à la fin (trouver la réponse fausse) ?
a- Charley et Thad ne couchent pas ensemble, car ils n’ont pas de capote et il ne veut pas qu’elle tombe enceinte et ne puisse pas passer la porte après (vu qu’on ne peut que passer seul dans les portes).
b- Thad atteint dans quelques jours l’année de présence sur Nil. Ses jours sont comptés. Ils partent à la recherche d’une porte et quand il en voit une, il pousse Charley dedans.
c- Charley se retrouve nue dans je ne sais quel pays, est rapatrié chez elle et déprime, déprime, Thad, Ô Thad mon amouuuur, qu’as-tu fait ???? Je me meurs. Ma vie sans toi est un suplice.
d- Après 50 jours sans Thad, Charley décide de vivre, elle lui doit bien ça.
Quelqu’un sonne à sa porte et
e- Surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise.
f- C’est Thad (‘déconné de m’avoir poussée à travers le portail). Ben oui, en fait, il y a eu une porte double et, par chance, il a eu celle d’après. L’est pas belle la vie ? 
g- Je t’aime, jamais je ne te quitterai. Moi pareil.
h- Ils meurent tous car ils ne trouvent pas de portes.

 

 

Honnêtement, il y avait tellement de potentiel à cette série que je comprends les coups de cœur. L’idée de base était excellente, ces jeunes coincés sur une île, avec un compte à rebours pour s’en sortir.
Mais comme je le disais à mes amies sur whatsapp, il n’y a aucun sentiment d’urgence, on ne flippe jamais, l’histoire est davantage focalisée sur la bluette d’adolescents que sur l’action qui est quasi inexistante.
On n’a jamais peur et on ne stress jamais pour les personnages, les méchants meurent comme par magie et ces ados ne se battent pas pour survivre, ils ont du pain, de la viande, des œufs, du poisson… on a l’impression d’être dans une colonie de vacances.
Dommage donc, grosse déception pour moi mais ce livre a le potentiel de plaire si on s’attend à une romance et non à un livre à la Hunger Games.
Et pour des avis opposés au mien, je vous invite à lire les avis très positifs de Mylène, Bladelor, Clarabel & Simi.

16
jan

Shatter Me – Tahereh Mafi

Shatter-Me-Final.jpg

I’ve been screaming for years and no one has ever heard me.”

Juliette est enfermée depuis 264 jours dans un asile.
264 jours sans parler ni toucher personne.
264 jours à penser à ce que le monde était, et ce qu’il n’est plus.
Ce monde où les oiseaux ne volent plus, où les nuages n’ont plus la bonne couleur, où les animaux meurent, où les gens se suicident car ils ont trop faim.

Ce monde où l’héroïne a un secret : son contact peut blesser, voir tuer.
264 jours que Juliette est enfermée pour un meurtre qu’elle a commis.
Et puis, un jour, elle doit partager sa cellule. Adam. Qui est-il ? Pourquoi est-il enfermé ? Et pourquoi pose t-il tant de questions ?

Le monde décrit dans Shatter Me est une pâle copie de notre monde. Il est régit par le Reestablishment qui contrôle la nourriture, l’eau et qui n’hésite pas à tuer si nécessaire.
Le fils du leader, Waren, est avide de pouvoir. Il contrôle sa propre armée, son propre quartier, et il veut Juliette.
Juliette qu’il observe depuis des années et dont le secret est pour lui une force, une arme. Juliette qu’il désire plus que tout et dont il veut faire son égal.
 

****************  
 

Le point fort de ce livre est incontestablement l’écriture. Magnifique, prenante, poétique, métaphorique. Sublime.
A travers l’écriture, nous suivons les pensées de Juliette et nous ressentons ses peines, ses espoirs. A travers sa prose, nous souffrons, nous espérons, et nous goutons nous aussi à quelques instants de bonheur avec elle.
Oui l’écriture est belle et le récit est poignant, touchant: j’ai eu envie de souligner la moitié de mon livre, de noter des passages entiers, de les relire encore. Et encore. 

Outre l’écriture, j’ai également beaucoup aimé les personnages. Que ce soit des acteurs principaux comme Adam et Waren, ou plus secondaires comme James et Kenji, tous sont complexes, différents de ce que l’on croit, avec leur secret et leur histoire.

“He smiles a small smile. His lips twitch like he’s trying not to laugh. His eyes soften as they study my own. « There’s very little I wouldn’t do for you.”

Disons le d’emblée je suis tombée amoureuse d’Adam qui a su profondément me toucher et dont j’ai aimé toutes les réactions, et toutes les attentions. Il est sexy, attentionné, protecteur. 
Rien que sa manière d’être avec son frère m’a fait fondre et bon… ses déclarations à Juliette ont eu raison de moi.
Les moments entre lui et Juliette donnent des papillons dans le ventre. Vraiment. Le genre de scène qu’on relit sur le champs avec un sourire niais. Vous voyez le genre ? 

“He whispers, « You have no idea how much I’ve thought about you. How many times I’ve dreamt » -he takes a tight breath- « how many times I’ve dreamt about being this close to you. » He moves to run a hand through his hair before he changes his mind. Looks down. Looks up. « God, Juliette, I’d follow you anywhere. Your the only good thing left in this world.”

Warren, quant à lui, est le « méchant » par excellence. Il est décrit comme fou et se comporte comme tel. Sans scrupule, à la beauté froide, sa seule faiblesse se prénomme Juliette. Un fou donc, et pourtant… Pourtant, alors qu’on le déteste, notre sentiment à son égard n’est finalement pas si tranché que ça, car lui aussi est touchant par certains aspects. Ce personnage est aussi complexe que les autres et j’aurais aimé en apprendre plus sur lui.

“His smile is laced with dynamite. « Go to sleep »
« Go to hell. »
He works his jaw. Walks to the door. « I’m working on it.”

 

Enfin j’ai aimé l’humour de Kenji qui est un peu la bouffée d’oxygène dans ce monde oppressant.

Pour le reste, j’ai principalement regretté un manque d’action, surtout dans la première partie du livre, où finalement il ne se passe pas grand chose.
Aussi, j’aurais bien aimé en savoir plus sur le pourquoi de ce monde ravagé. 
Voilà pour les principaux bémols qui font que je suis quand même assez loin du coup de cœur de certaines même si j’ai beaucoup aimé et que je ne me suis jamais ennuyée.

Enfin, le tournant que prend la fin (qui en a dérangé quelques un(e)s) m’a plu. C’est inattendu, c’est différent, c’est marrant et ça promet de bons moments pour la suite. 
Alors certes, cette fin détone un peu avec l’ambiance lourde, oppressante et très dystopique du reste du livre, mais pour ma part, elle m’a agréablement surprise.

Vivement la suite donc, et encore chapeau à l’auteur qui n’a que 24 ans et qui a su me faire vibrer avec sa sublime écriture. 

« Every butterfly in the world has migrated to my stomach »

**************** 


Première lecture dans le cadre du challenge (non officiel) (mais que Mlle Pointillés et moi sommes certaines de mener à bout pour 2012 :) :

Je suis volage et je tombe amoureuse à chaque nouvelle lecture

Oh yeah. :)

volage-final-rose.jpg volage-gris-final.jpg

Si vous aussi, vous vous sentez capable d’avoir le coeur en émoi autant que nous, n’hésitez pas à reprendre ces logos. 


**************** 
 


Les avis de mes co-lectrices : Bladelor, Evenusia, Mlle Pointillés

 

Shatter Me
Auteur : Tahereh Mafi
Editeur : HarperCollins – 352 pages

 

tour des genres 1 


importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-shatter-me-tahereh-mafi-96888722.html

14
nov

Ephémère, Le dernier Jardin – Lauren DeStefano

 

ephemere.jpg

 

Imaginez…
Un monde qui se résume à l’Amérique du Nord.

« Tout ce qu’on nous a appris en matière de géographie, c’est que le monde comprenait cinq continents et de nombreux pays, mais qu’un troisième guerre mondiale a tout dévasté hormis l’Amérique du Nord, continent le plus avancé du point de vue technologique. Les dégâts furent si catastrophiques qu’il ne reste du monde qu’un immense océan parsemé d’îlots inhabitables, si petits qu’on les voit à peine depuis l’espace ».

 

Imaginez…
Un monde où les hommes meurent à 25 ans et les femmes à 20 ans.

« Il y a soixante-dix ans, la science a perfectionné l’art de faire des enfants. Des traitements complets ont permis d’enrayer une épidémie connue sous le nom de cancer (…). La conception d’embryons au code génétique parfait donna naissance à une génération saine, vouée au succès. La plupart de ses membres sont toujours en vie. Ils sont de la première génération sans peur, pratiquement immortelle.
Personne n’aurait pu anticiper l’hécatombe épouvantable engendrée par cette population pourtant si robuste. (..) Quelque chose a mal tourné chez les enfants de cette génération. 
A la naissance, nous autres, des générations successives, sommes sains et vigoureux mais notre espérance de vie est de 25 ans pour les garçons et 20 ans pour les filles. 
Depuis un demi-siècle, l’humanité voit mourir ses enfants. Mais les familles les plus fortunées refusent d’accepter la défaite. Les Ramasseurs gagnent leur vie en enlevant des épouses potentielles, qu’ils vendent (à ces familles riches) afin qu’elles engendrent une nouvelle générations. Les bébés issus de ces mariages sont des sujets d’expérimentation. »

 

C’est dans ce monde et dans ce contexte que Rhine, notre héroïne, se fait enlever.
A destination, elle est choisie, avec deux autres filles, qui seront ses sœurs épouses, pour épouser Linden dont la première épouse, Rose, est en train de succomber au virus.
Rhine, tout comme ses sœurs épouses, Cecily et Jenna, va être mariée à Linden qui a 21 ans et à qui il reste 4 ans à vivre.

Il s’attarde un instant puis se tourne vers la troisième épouse.
– Jenna Ashby, dit-il à l’autre fille. Ma femme.
L’homme en blanc déclare alors :
– Ce que le destin a réuni, rien ni personne ne pourra le séparer. 
Le destin, pensé-je, est un voleur. 

Cecily est la plus jeune. Venant d’un orphelinat elle est heureuse d’être là, dans cette maison immense, avec des domestiques, de belles robes, un mari riche, et son jardin qui s’étend à perte de vue. C’est une petite peste au départ, qui va être forcée de grandir, un peu trop vite…
Jenna à 19 ans n’attend plus rien de la vie, elle est malheureuse et elle regarde de loin ce monde dans lequel elle est forcée de vivre sa dernière année. Monde pour lequel elle n’affiche que mépris.  
Rhine, quant à elle, déteste son mari. Il l’a séparée de son frère jumeau Rowan, et lui ôte tout espoir de liberté. Elle a un but : s’évader, retrouver son frère, sa vie. S’enfuir de cet endroit, quitter ce mari et ce beau père, Vaugh, un scientifique si effrayant. 

Il n’y a pas beaucoup d’actions dans ce livre qui jalonne les bases.
On suit les réflexions de Rhine, sa volonté de partir, de s’évader. On la voit, petit à petit, s’attacher à ses sœurs épouses et à un des domestiques, différent des autres, Gabriel.

L’atmosphère décrite par De Stefano fait que l’on se sent, tout comme Rhine, rapidement oppressé, capturé. Nous aussi on veut pouvoir respirer normalement, s’évader, retrouver la liberté.

Je retrouve Jenna dans la bibliothèque et lui demande d’ouvrir l’oeil. 
– Amuse-toi bien, d’accord ? Et dis « bonjour » de ma part à la liberté.
– Sans faute, si je l’aperçois.

Et puis, petit à petit, avec peut-être un vision d’avance sur Rhine, on s’attache à l’endroit, on se demande si il ne vaudrait pas mieux faire fi de certaines découvertes et rester ici, en sécurité, à l’abri du besoin. Et celui qui inspire tant de haine à Rhine, Linden, trouve notre compassion. 
On perçoit sa naïveté, sa gentillesse, sa bonté et son amour.
On est partagé, comme Rhine, entre ce qu’il montre, et l’homme qui a fait kidnapper des femmes dans le seul but de les enfanter.

Ce que l’auteur retrace bien donc, c’est toute l’atmosphère et toute l’évolution du comportement et de la façon de penser de Rhine en un an…

Lauren De Stefano a réussi à me surprendre, en arrivant à instaurer le doute en nous comme dans l’esprit de Rhine. S’enfuir ? Ou rester ?

Ainsi, le décor est planté, on cible le méchant de l’histoire, on s’attache à des personnes, on soutient Rhine dans ses décisions, mais on n’en apprend malheureusement pas plus sur le virus et le monde extérieur.
On se doute que le beau-père, Vaugh, va continuer à jouer un rôle important, on pressent certaines choses, mais rien n’arrive concrètement dans ce tome…

Un manque d’actions qui ne nous empêche pourtant pas de tourner les pages à toute allure et de suivre avec plaisir notre héroïne et ses sœurs épouses. 
Un manque d’actions qui ne nous empêche pas de ressentir beaucoup d’émotions: de la peur, de la détresse, de l’angoisse, de l’espoir…  

L’histoire d’amour (ou triangle amoureux ?) quant à elle n’est pas mise en avant dans ce début de série, ce que j’ai beaucoup apprécié car ce n’est pas ce qui est important dans l’histoire.

Enfin, je finirai sur un aspect qui m’a un peu gêné, à savoir le manque de détails du monde extérieur et du virus.
J’ai lu dans la critique d’une fille certaines questions auxquelles j’avais pensé et qui je trouve méritent d’être posées : Comment un virus peut-il être si parfaitement lié à un âge ? Comment un seul pays (vu que les autres n’existent plus) peut-il survivre et fournir les ressources nécessaires à la survie alors que ses habitants meurent si jeunes ? Comment ont-ils le temps pour former les enfants à l’agriculture, à la construction de bâtiments, à la manufacture, à la science…

Autant d’éléments que j’aurais peut-être aimé découvrir d’avantage, pour mieux me situer dans ce monde. 

Mais, je me répète, ces questions ne m’ont pas empêché d’apprécier ce premier tome et de vouloir connaître la suite.
Car c’est en moins de deux jours que j’ai dévoré ce livre auquel j’ai continué de penser bien après l’avoir refermé.
Ce sont des dizaines de mails échangés pour parler de ma frustration face à certains comportements de Rhine, face à son silence et ses doutes.Ce sont des dizaines de questions que l’on se pose à la fin du livre quant à l’évolution que va bien pouvoir donner l’auteure à son héroïne et à ce monde en chaos.

 

Un très bon premier tome, bien construit, avec une très belle écriture, des personnages ambigus et attachants, avec des non-dits très frustrants. Un premier tome que je ne peux que vous conseiller !
Pour ma part, je continue de me poser des questions et j’attends le prochain tome en me demandant surtout comment l’auteure va arriver à élucider la question du virus à laquelle je ne vois aucune solution.

Les avis très positifs de Clarabel et Silverlining et celui, un peu plus mitigé de Melisende.  

 

 

importorigin:http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-ephemere-le-dernier-jardin-lauren-destefano-88706089.html