Les lectures de Cécile

21
jan

Meurtres pour rédemption de Karine Giebel : une lecture éreintante, une claque, un livre dur, un livre fort.

meurtres

« Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons ». Dostoïevski.

Une claque. 

Je ne sais pas comment décrire autrement ce livre. 
Comment vous en parler en rendant justice à tout ce qu’il a fait naître en moi comme émotions. 
En lisant « Meurtres pour rédemption » on comprend vraiment ce que « vivre un livre » veut dire. Cette expression prend tout son sens à travers ses presque 1000 pages. 

Car je n’ai pas fait que lire, j’ai vécu ce livre. J’ai été Marianne. Je l’ai connue, traitée de folle, presque méprisée pour finalement l’aimer, la respecter, la comprendre, lui pardonner. 
J’ai vécu ce livre, j’ai été emprisonnée à ses côtés, j’ai versé autant de larmes qu’elle a versé de sang.
J’ai été frappée, soutenue, aimée, haïe avec elle.
J’ai pleuré pour elle, eu le cœur brisé pour elle, pour d’autres, pour la vie qu’elle n’a pas mérité.
J’ai aussi eu un conflit d’intérêt entre mon cœur et ma raison. Comment lui pardonner ? Pourquoi vouloir qu’elle s’en sorte ? Elle a quand même tué ! Elle est quand même violente ! Et Daniel ? Comment je peux l’aimer quand je réfléchis deux secondes à ce qu’il a fait pendant un an ? 
Et pourtant ! Et pourtant, je les ai aimés, lui, elle, eux. 

J’ai plongé. J’ai plongé dans ce livre. Dans cette prison. Dans ces cachots. Dans la pourriture. Dans la peur. Dans la trahison. Dans les flashbacks de Marianne. 
J’ai frissonné. Eu le cœur retourné. Eu envie d’abandonner. 
A la moitié du livre, au retournement de trop pour mon petit coeur, j’ai hésité à arrêter. 
Pourquoi m’infliger ça ? La vie est assez triste. Pas besoin de m’ajouter un livre aussi dur. Aussi prenant. Aussi oppressant. Aussi glauque. Aussi triste.
Pourquoi continuer ? Chaque espoir étouffé, chaque parcelle de bonheur expédiée, giflée, tuée. Comme tant de personnes dans ce livre. Pourquoi continuer ? 

Pour Marianne. 
Toujours pour Marianne. 

Pas de complice. Personne. Même pas un parloir de temps en temps. Aucun depuis qu’elle était dedans. Oublié du dehors, Marianne. Enterrée vivante. Effacée de la société. Gommée à jamais. Déjà morte. Peine capitale à petit feu. 

 

Marianne. Quelle héroïne ! De celles qui marquent au fer blanc. Une héroïne que je n’oublierai jamais. 
Marianne qui m’a obsédée pendant 7 jours. A qui je pensais tout le temps. Quand j’étais avec mes enfants, quand je me promenais, quand je me couchais, quand je mangeais, quand je profitais de la vie, quand je l’ai fini, quand je me faisais masser chez mon ostheo (en me disant que Marianne ne se ferait jamais masser ses muscles endoloris!). Marianne, Marianne, Marianne… 
Va-t-elle réussir ? Va-t-elle s’en sortir ? Cette salope (de connasse de p***) de Marquise va-t-elle payer ? Que lui veulent ces 3 types ? Quel est le marché ?
Marianne. Marianne. Marianne. 

Et Daniel et Justine et VM et Emma le fantôme et Solange la salope et la hyène et Frank et les autres.
Tant de sentiments pour eux, de peine, d’attachement, de haine, d’amour même. 

Et ce style. Ces phrases courtes et impactantes. Ce perpétuel changement de narrateur qui déboussole au début mais qui donne tant de rythme. Ce style froid et clinique. Et ces descriptions… Dures. Tellement dures. 
Le train aussi, personnage à part entière de ce roman.

Elle croyait avoir du pouvoir… Elle s’est trompée. Elle n’a pas celui de Marianne. Celui de n’avoir plus rien à perdre.

Oui, j’ai plongé dans ce vivre. Je l’ai vécu. J’ai même cessé de vivre pour survivre avec elle pendant 3 jours qu’il m’a fallu pour lire la moitié du livre.
Car après, il y a eu un temps mort. 15% qui permettent certes de souffler, mais qui m’ont aussi sorti de ma torpeur, de mon petit monde qui tournait autour de Marianne.
Trop de répétitions en trop peu de temps, la voir essayer, la voir se prendre une correction, la voir essayer, la voir se prendre une correction. Après 4x, petit sentiment de lassitude. Un peu trop de répétitions et vraiment trop de personnes qui veulent coucher avec elle pour que ce soit crédible.
Pourtant, continuer de tourner les pages rapidement, toujours aimer, mais trouver des défauts et être moins oppressée, souffler un peu. 

Et puis, boom. Le titre du livre qui prend son sens et voilà que ça repart… Welcome back rythme effréné et coeur qui palpite. 
Oui, ça repart jusqu’à la fin, stress qui revient, noeud à la gorge, à une heure près, à une heure près, souffrir, suivre Marianne, être dans sa tête quand elle fait ce qu’elle doit faire, stresser, appréhender aussi ! Va-t-elle le faire ? Va-t-elle réussir ?  
Savoir ce qu’elle ne sait pas et trouver ça tellement injuste… 
Et finalement, le plan qui défaille, ne tourne pas comme prévu… 
La tension continue d’augmenter, et nous voilà définitivement emportée à nouveau pour une dernière ligne droite à suivre Marianne … jusqu’à la fin, jusqu’à la dernière page qui nous laisse sonnée, vidée, touchée… Une fin juste, à l’image du livre, parfaite aussi, mais qui aura laissé une trainée de larmes sur mes joues, l’impression de quitter une amie, des amis même si je sais qu’ils resteront encore longtemps dans mon esprit.

Comment pouvait-on avoir envie de ressembler à ça ? A cette fille éprise de violence et mariée au désespoir ? A ce désert d’amour  ? A cette ombre au passé infernal et à l’avenir inexistant ? 

Au final, ce livre, c’est une obsession, un cœur qui bat, des boules à la gorge, des noeuds à l’estomac, des larmes aux yeux, des larmes qui coulent.
C’est parfois quelques invraisemblances, quelques moments un peu répétitifs et des passages un peu « too much ».
C’est beaucoup d’émotions aussi et encore plus de contradictions. 
Avoir de l’espoir et ne plus en avoir.
Détester et aimer.
Vouloir écouter sa morale mais finir par écouter son cœur.
Avoir envie de finir le livre mais aussi de rester un peu avec Elle.
Et puis, surtout, ce livre, c’est Marianne.
Marianne, obsédante Marianne. 

Une lecture éreintante, une claque,  un livre dur, un livre fort. 

Et il restait encore à affronter l’avenir. Le plus grand de ses ennemis. Demain.

Et merci à Muriel, Cajou, à B et à Genevieve pour avoir suivi (et subit) mes remarques et pour m’avoir accompagné dans cette lecture ! :D J’y serais pas arrivée toute seule :D (et promis Muriel, la prochaine fois je mets moins de 5 ans à lire tes recommandations !)

14
nov

La France n’a pas peur… mais moi si

 

paris2

 

La France n’a pas peur…
Mais moi si. 

J’ai peur pour le monde dans lequel on vit.
Pour mes enfants que j’ai fait naître dans un monde ou les gens n’ont pas de respect pour la vie.

J’avais déjà peur d’être une femme et de marcher seule dans la rue, 
et de me retrouver seule dehors la nuit.

J’avais déjà peur d’être juive en France dès que ça s’échauffe dans un pays où pourtant je ne suis pas née, 
peur de me faire insulter ou agresser. 

J’avais déjà peur à cause de mon sexe et de ma religion, mais maintenant ? 
Maintenant j’ai peur d’être un humain, tout simplement.

J’ai peur que mes proches aillent au restaurant ou à un concert. 
Peur de ne pas recevoir un sms qui me rassure et allège mon cœur.

J’ai peur pour ceux qui n’ont pas de nouvelles de leurs proches.
Pour les musulmans qui vont subir l’amalgame et les reproches.

Peur de regarder les informations, 
de voir le nombre de victimes, et de voir ces abominations. 

J’ai peur de ces actes qui sont du pain béni pour le FN, qui va jouer sur la sécurité et susciter la haine. 
J’ai peur  d’avoir peur.

J’ai peur de ne jamais comprendre pourquoi.
Ni au nom de quoi.

Je ne veux pas tout remettre en question. 
Et leur donner cette satisfaction.

De ne plus me sentir en sécurité nulle part
Même plus dans un bar entourée d’amis de toute part.

J’ai peur, j’ai tellement peur de ces menaces qui continuent d’arriver contre la France.
Peur de cette intolérance.

Peur de ce climat de terreur qu’ils instaurent,  
peur qu’on ne soit pas assez forts. 

Et Je ne veux pas qu’ils gagnent cette guerre, 
mais aujourd’hui j’ai peur de vivre sur cette Terre. 

 

 paris1

 

16
sept

Experiment in terror de Karina Halle, suite et fin d’une série originale, un peu inégale, mais que je recommande chaudement…

Experiment in Terror, série en 9 tomes, c’est fini !
Avant de vous parler plus en détail des deux derniers tomes, je vais parler de la série dans sa globalité (et sans spoiler).

Experiment in Terror

C’est Dex et Perry, deux personnages atypiques et originaux qui voient des choses que les autres ne voient pas.
Après une rencontre des plus originales, ces deux là vont  créer « Experiment in Terror », une émission internet touchant au paranormal.

Ces deux personnages m’auront beaucoup touchée au fil des tomes et ils m’auront procuré beaucoup d’émotions, quelles soient positives ou négatives.

Car si j’ai adoré le langage cru de Dex, sa personnalité un peu torturée, son égoïsme du début, sa générosité, ses répliques directes et souvent drôles, sa force de caractère, sa manière très particulière d’être si sexy, ses déclarations et son charme, j’ai aussi eu envie de le secouer par moment.
De même pour Perry qui est une héroïne peu sûre d’elle dans laquelle je me suis retrouvée parfois, que j’ai trouvé très forte à d’autres moments, dont j’ai compris certaines réactions,et  qui m’aura énormément touchée dans certains tomes même si j’ai aussi eu envie de la secouer et de lui dire d’évoluer parfois.

J’ai particulièrement aimé voir l’évolution de Dex et Perry, de manière individuelle déjà (car ils évoluent beaucoup dans leur tête), puis en tant que duo, que ce soit au niveau professionnel ou personnel (surtout personnel, pour être honnête).
Leur évolution entre le premier et le dernier tome, entre leur passé et donc ce qu’ils vivaient/étaient avant de se connaitre et le présent est, quand on y pense, vraiment hallucinante et pour cela, je lève mon chapeau à l’auteur.

Mais Experiment in Terror c’est également :

– Un style très prenant, bien écrit, très juste et réaliste.
– Des moments flippants, des moments couinants, des moments stressants, des déclarations qui font fondre nos petits cœurs de midinette, une tension sexuelle dès le premier tome qui atteint très vite des sommets (hello tome 3 !), beaucoup de frustration (hello tome 4), des remarques drôles (Dex <3) et des moments tristes (Dex !), où l’on ressent toute la peine et le désespoir de nos héros (cette fin de tome 4! my my).
–  Des tomes hyper prenants, et flippants, tant au niveau de l’intrigue que de l’évolution des personnages (tome 3, 5 et 8!)
– Des tomes moins bons aussi, là aussi, que ce soit niveau intrigue ou de l’évolution des personnages (Tomes 6  et 9 !)
– Des personnages réalistes avec des tas de défauts et de qualités.
– Des moments chauds et sexy
– Des révélations sur l’un et sur l’autre, ainsi que sur les personnages plus secondaires, que l’on découvre au fur et à mesure des tomes et qui sont vraiment étonnantes…
– Des personnages secondaires très bien décrits et qui nous inspire beaucoup d’émotions : la connasse de Jenn qu’on deteste dès le début, Maximus qui paraît sympathique et charmant de prime abord, Rebecca qui a directement toute notre sympathie, Ada, la petite sœur de Perry qui est son exact opposé et qu’on en vient très vite à adorer, Creepy old lady un fantôme récurrent qui interpelle et dont toutes les phrases sont  à retenir, les parents d’Ada qui nous agacent…
– Une série qui devient vraiment addictive à partir du tome 3, à un coup de moins bien vers le tome 6 et qui repart de plus belle dans l’avant dernier tome, pour finir sur un tome 9 bien inégal.
– Des discussions animées avec les copines et des ressentis très différents sur quelques passages et certaines réactions des personnages :-) (surtout dans le tome 4!)

 

Finalement, je ne peux que vous recommander de vous lancer dans l’aventure d’Experiment in Terror , qui m’aura globalement emportée du début à la fin malgré certains tomes moins bons que d’autres.
Cette série, au risque de me répéter, est vraiment originale (et rien que pour ça, je la recommande !), très bien écrite, aux intrigues certes irrégulières mais parfois très flippantes et c’est une série dont j’ai adoré suivre l’évolution, tant au niveau intrigue que personnages, et que je suis finalement triste de quitter.

Bref, Experiment in Terror c‘est beaucoup d’émotions et que par conséquent je conseille. Vivement.
Dex et Perry, je ne risque pas de vous oublier ! Merci pour ce voyage et bonne chance pour la suite, il  vous en faudra !

 

***************

Maintenant je vais parler des deux derniers tomes en particulier.
Attention risque de spoilers. 

 

ashes to ashes  

Dans ce 8ème et avant dernier tome de la série, nous retrouvons Dex et Perry, accompagnés de Rebecca leur amie et nouvelle partenaire du show « Experiment in terror » qui se rendent en Oregon, là où Dex et Perry se sont rencontrés la première fois.
Cette fois ils vont visiter une école, ancien sanatorium pour les malades de la Tuberculose…
Une école hantée et bien flippante…

“What we have – it consumes me. It devours me. And it scares me more than anything we have ever encountered, because if I ever lost you, if I ever had to live without you, I wouldn’t be whole. You, Perry, have my heart. You are my heart.” 

 

Ce que je retiendrai de ce tome (attention, éventuels spoilers sur les tomes précédents) : 
– Un tatouage d’ancre.
– Ce qu’oncle Al dit à Perry et Dex sur leur relation (le nombre de mois qu’ils se connaissent) mais qui heureusement ne les fait pas douter.
– Des moments hyper creepy notamment avec les apparitions d’une petite fille et de ce qu’elle tient en laisse.
– Une relation qui continue d’évoluer
– Des déclarations de Dex à tomber <3
– Une Rebeca qui déconne avec sa révélation qu’elle n’avait pas à faire à Perry
– Dex toujours sûr de lui, aux répliques toujours aussi drôles et pas du tout politiquement correctes.
– Encore des déclarations qui ont faites swooner  et couiner la midinette en moi, notamment celle qui a lieu au post office.
– Une fin qui se finit en gros cliffhanger ! Heureusement qu’on a la suite :)
– Une copine de lecture, Caro, qui nous montre des photos et des vidéos d’autant plus flippantes que vraies : celles du sanatorium de Waverly Hills. Merci Caro !

He made a face. “Soy milk. Ugh. Tastes like jizz.”
I gave him a curious look. “And how do you know that?”
“I have bad aim sometimes,” he said.” 

Globalement, j’ai trouvé ce tome parfait du début à la fin.
C’est d’après moi le livre le plus flippant de la série et j’ai trouvé que la relation entre Dex et Perry, loin d’avoir perdue en intérêt vu son évolution, était parfaite; à la fois touchante et sexy sans pour autant être mièvre et guimauve.
Je n’ai quasiment pas lâché le livre. Une réussite.

“Don’t even think about a quickie,” I warned him with a sharp shake of my head. “I couldn’t come in this place even if you had two dicks.”
He grinned. “That sounds like a challenge. You know that can be arranged.” 

 

Ashes to Ashes (Experiment in Terror 8) – Karina Halle
Ebook – 406 pages

 

*******************

dust  

« Dex », she cried out again and in an instant she was in my arms and she was safe and I was safe and the rest of the world could go to hell for all I cared. 

Ce dernier tome m’aura finalement déçue, surtout après le précédent.
La boucle est belle est bien bouclée, et l’intrigue « démons / Veil etc » était somme toute logique pour terminer la série mais j’ai trouvé la seconde partie bâclée.

Perry and her mother were on the quiet side, while Ada was overjoyed at my suggestion we hit up H&M. It’s not that I enjoyed shopping at a store that was catered to European metrosexuals with pre-pubescent chests, but I needed to get something. 
Luckily, I found jeans that didn’t show off every curve of my dick nor taper into my toes and a few plain t-shierts that didn’t have a cat wearing sunglasses on it. 

Globalement, et attention aux SPOILERS; voilà ce que je retiendrai de ce tome :
– Une histoire qui commence bien avec une Perry qui part à la recherche de Dex.
– Un Dex qui n’est pas lui-même
– Quelques chapitres intenses et prenant
et puis, à partir de 65% – 70%….
– L’histoire de Michael assez confuse
– Une mort-sacrifice qui ne m’a pas convaincue et à laquelle je n’ai pas cru
– Un passage en enfer trop rapidement résolu (un chap, fin de l’intrigue ? Sérieusement ?)
– Un retour de l’enfer et là, une vraie mort complètement WTF !  (il est là, il est plus là!)
– Une série d’événements guimauve à souhait (visite du père, réconciliation en deux minutes de Perry et sa mère, acceptation de cette dernière de son état totalement pas crédible)
– Une autre mort WTF et trop rapide également.
– Un épilogue qui me plait quand même.

« I just need to look at you.”
“Then keep looking, kiddo,” he said. My heart may have melted like a pat of butter on hot bread. “Because I’m looking at you. I don’t think I could ever stop.” 

Au final, la série aurait due s’arrêter au tome précédent je pense.
Mais je ne regrette pas la lecture de la série dans son ensemble.
Irrégulière, mais à lire.

Pour ma part, je suis sûre de lire les aventures d’Ada…

 

Dust to Dust (Experiment in Terror 9) – Karina Halle 
Ebook – 241 pages. 

 

 dex

 Mes avis sur les différents tomes :
Dark House  (tome 1)
Red Fox (tome 2)
Dead Sky Morning (tome 3) 
Lying Season ( tome 4)
On Demon Wings (tome 5)
Old Blood (tome 5.5)
The Dex-Files (tome 5.7)
Into the Hollow (tome 6)
Come Alive ( tome 7)

Ashes to Ashes (tome 8)
Dust to Dust (tomes 9)