Les lectures de Cécile

27
fév

Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg : un livre original, touchant et qui donne faim

beignets

Depuis le temps que je voulais lire ce livre, c’est enfin chose faite grâce aux copines qui ont accepté de le lire avec moi ! Merci les filles, sans vous, il serait encore dans ma PAL, et ce serait fort dommage…
Alors, ces fameux beignets de tomates vertes ?

Le récit alterne 3 types de narration pour parler de Whistle Stop, un village d’Alabama situé le long d’une voie ferrée.

D’une part il y a les souvenirs de Ninny, une octogénaire qui vit dans une maison de retraite et qui raconte son histoire à Evelyn, tous les dimanches, quand celle-ci vient rendre visite à sa belle-mère.
Vous pouvez toujours me demander qui s’est marié en quelle année et avec qui et même comment était la robe de mariée, neuf fois sur dix je pourrai vous le dire, mais jamais, au grand jamais, je ne saurais vous dire quand je suis devenue vieille.

D’autre part il y a le récit « classique » qui se déroule dans le passé, des années 1925 aux années 1965 environ.
Enfin, il y a les extraits de la gazette de Whistle Stop qui retracent les évènements marquant de la ville et qui est tenu par Dot Weems, une habitante qui travaille à la poste.

Ces 3 types de narrations se rejoignent et s’entrecoupent : si le récit de Ninny ou de la gazette nous parle d’un événement sans rentrer dans les détails, celui-ci est développé le chapitre suivant quand nous faisons un bon dans le passé…

Cette histoire, donc, c’est celle d’une vie.
La vie de gens simples, faite de joie, de rire, de solidarité, de drame et de tristesse.
Elles savaient toutes deux qu’une décision s’imposait. A partir de ce jour-là, il y eut un changement sur la carte qui était accrochée derrière, sur la porte de la cuisine : tout y était moins cher de cinq ou dix cents. Elles pensaient que c’était plus juste ainsi.

Cette histoire, c’est celle d’une époque.
Une époque de haine raciale et d’inégalité.
Je suis désolée mais le Noir n’a pas le droit d’entrer, cet hôpital est réservé aux Blancs.

Cette histoire, c’est celle de souvenirs.
Des souvenirs heureux, joyeux, d’autres plus tristes, plus dramatiques.
– Je ne fais plus que ça, ma chère petite, rêver de ce que j’ai été.

J’ai passé un très bon moment avec les habitants de cette petite ville que l’on en vient à connaître et à apprécier. Dès les premières pages, nous sommes transportés dans un autre lieu, à une autre époque et la magie opère. Rapidement, on visualise cette petite ville, on entend le train passer en fond, on se rend au « Whistle Stop Café » tenu par Idgie et Ruth, on lit la gazette tenue par Dot, on goûte les beignets de tomates vertes cuisinés par Sipsey, on joue au poker avec le club des cornichons, on se demande qui est le mystérieux Railroad Bill, ce robin des bois de Whistle Stop…

– Vous savez, dit-elle à Grady, à Big George et à Sipsey, je me demande ce qui est pire : aller en prison ou devoir être aimable avec le révérend pour le restant de mes jours.

J’ai aimé le style fluide de ce récit, le ton mêlant humour et drame, la sagesse et l’optimisme de Ninny, les potins de Dot Weems et les anecdotes sur son mari (ce boulet !).
J’ai aimé (adoré !) Idgie, son côté garçon manqué,  son côté sauvage, sa bonté, sa générosité et sa spontanéité (spécial dédicace à une certaine pierre tombale <3).
J’ai aimé aussi les personnages secondaires comme Sipsey la vieille noire, gouvernante et cuisinière, Big George et son grand cœur, Stump et sa force de caractère, Smokey le vagabond, Grandy le policier, Eva la femme fatale et amie sincère et toute la famille Threadgoode, symbole de bonheur et d’unité dans cette petite ville où sévit la ségrégation raciale.

Eva pratiquait ce luxe rare dans la vie d’ignorer ce que les gens pouvaient penser d’elle.

Evelyn, quant à elle, est le personnage qui m’a le moins plu. Si j’ai aimé son évolution, je n’ai pas trouvé son personnage très crédible ni spécialement attachant et si elle m’a faite sourire par moment avec certaines réflexions, c’est un personnage que je retiendrai globalement comme assez pessimiste et déprimant.

Je suis trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un super moment avec ces nombreux personnages et souvenirs.
Ca aurait pu être un coup de cœur si je n’avais pas trouvé le récit inutilement décousu, pour reprendre le terme de Cindy.
Si j’ai aimé qu’on alterne passé et présent, je pense que les événements du passé auraient gagné à être racontés de manière chronologique.
Le fait de passer d’une anecdote de 1926 à une autre de 1940 pour revenir à une de 1932 m’a donné l’impression de lire pleins de petites histoires sans vraiment de lien et qui en forment une grande alors que j’aurais aimé qu’on ne m’en raconte qu’une, de son commencement à sa fin, ce qui aurait été faisable même en alternant passé et présent.
Finalement, je crois que ces sauts dans le temps, qui prennent place dans le passé, m’ont empêché de m’attacher pleinement aux personnages et de m’identifier, les anecdotes racontées n’ayant finalement pas forcément de liens historiques et chronologiques entre elles.
En exagérant mon ressenti (mais pour mieux vous le faire comprendre), c’est comme si j’avais lu pleins de petites nouvelles au lieu de lire une grande histoire. 

Aussi je regrette que les sujets de l’homosexualité et de la ségrégation raciale n’aient pas été plus développés.
Le premier thème est sous entendu et on a l’impression qu’il est tout à fait accepté dans ces années là (ce qui me laisse un peu sceptique), et si le second est mentionné au détour d’une phrase ou anecdote de temps en temps, je m’attendais à ce qu’il soit bien plus présent et détaillé au vu de l’époque et de l’Etat où se déroule l’histoire.  

Quand je regarde en arrière, j’ai l’impression qu’après que le café a fermé le cœur de la ville s’est arrêté de battre. Le Whistle Stop Café était le foyer de tous ceux qui n’en avaient pas, c’était là qu’on se retrouvait tous, c’était là qu’était la vie.

Ceci dit, malgré des moments de tension et de drame,  et malgré les quelques points négatifs que je viens de citer, c’est un souvenir global de rires, d’entraide, d’amour, d’humour et d’optimisme que je garderai de ce livre qui est original, prenant, touchant et qui m’a laissée bien nostalgique une fois la dernière page tournée.

Merci aux copines de LC dont je vous invite à lire les avis:  Cajou, Caro, Cindy. (B n’a pas le droit à la parole vu que son prénom ne commence par par C).
Maintenant, on devrait toutes faire les beignets de tomates vertes chez nous et comparer les résultats ! (car oui, à la fin du livre se trouvent pleins de bonnes recettes, petit bonus qui donne le sourire aux lèvres).(Syl, je t’envoie la recette ?).
D’autres avis enthousiasmes : Bladelor, ClarabelRadicale, Frankie, Mya.

Et je finirai par dire mon fameux « ET TOC! » à binomette Mlle P (comment avance la lecture de Jax by the way?), Julia et Bérengère.

 

Beignets de tomates vertes – Fannie Flagg
Editions J’ai Lu – 475 pages

23 commentaires sur “Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg : un livre original, touchant et qui donne faim

  1. Berengere le 27 février 2014 à 08h59 a écrit :

    Je suis dnzccord avec toi comme tu le sais.
    ( j’ai laissé la photo de frappe comme sur l’original)

  2. ah ah ! Cruelle envers B.
    Globalement d’ac avec toi, comme tu le sais ;) Joli billet la Miss.

  3. C’est le livre préféré d’une de mes meilleures amies ! Je dois encore le découvrir.

  4. J’en garde un bon souvenir. J’ai revu le film dernièrement avec ma fille. On pleurait toutes les deux !

    • Cess le 4 mars 2014 à 12h04 a écrit :

      Je crois que le film est encore plus triste que le livre en fait. Il met plus en avant des scènes qui passent très vite dans le livre apparemment.

  5. Bon, d’abord : <3 <3 <3

    Et oui, oui, oui, pour Idgie, pour Ninny, pour Stump, pour les éditos de Dot, pour l'ambiance bisounoursesque de Whistle Stop, pour tout en fait !!! Sauf pour l'évocation du racisme que nous n'avons décidément pas perçue de la même façon :) Pour moi, il est présent presque à chaque page, même s'il l'est en filigrane.

    Bon maintenant, comme tu dis, faut qu'on teste la recette des beignets ! La première qui déniche des tomates vertes a gagné ! XDDDD

  6. Ahhhhhhhhhhhhh, enfin tu l’as lu, je n’y croyais plus ! ;-) Je te conseille (encore une fois !) vivement le film à présent pour prolonger la magie du roman.

  7. Il fait partie de ces titres que je me suis promis de lire un jour !

  8. Quel joli billet Cess, j’aime bcp toutes tes citation,s qui replongent dans la lecture. Et en particulier celle-ci, qui m’avait émue plus que de raison « Quand je regarde en arrière, j’ai l’impression qu’après que le café a fermé le cœur de la ville s’est arrêté de battre. Le Whistle Stop Café était le foyer de tous ceux qui n’en avaient pas, c’était là qu’on se retrouvait tous, c’était là qu’était la vie. »
    Des bisous et encore merci pour cette première vraie lecture commune de ma vie et à bientôt pour les crevettes ^^

    • Cess le 4 mars 2014 à 12h03 a écrit :

      Merci Cajou ! :)
      Je suis ravie que tu aies aimé cette première vraie LC :) Vivement la prochaine qui s’annonce très sympa aussi !

  9. Je sais aussi reconnaître mes erreurs et mes moqueries, alors, je m’incline Cess. Respect.
    *clap clap clap*
    You did it.
    (Un peu comme moi et les Mousquetaire!) (ou pas hum)

    Sur ce, Jax te salue. Entre 2 tequilas que nous partageons.
    Et Anna K te passe le bonjour. Hahaha.

  10. Syl. le 28 février 2014 à 12h36 a écrit :

    Je te recommande également le film…

  11. Je n’ai pas lu le roman, mais j’avais adoré le film.

  12. Merci pour le lien, Cess ! Donc tu sais ce que j’en ai pensé, pas totalement un coup de coeur pour moi non plus mais une magnifique lecture et ses personnages si attachants. C’est vrai que la narration est un peu décousue mais après une période d’adaptation, cela ne m’a pas gênée car l’histoire me plaisait. Faudrait que je teste aussi la recette des beignets de tomates vertes ! :)

  13. Pingback : Bilan Lecture : Février 2014 | Cindy Van Wilder

  14. Je suis comme tu étais. Il est là dans ma PAL, je le vois bien mais il y a toujours un titre qui me fait le laisser pour la prochaine fois. Va falloir …
    Le Papou

    • Cess le 4 mars 2014 à 11h58 a écrit :

      C’est ça, il me tentait beaucoup mais il y avait toujours mieux ou plus urgent.
      Finalement, il vaut le coup d’être sorti / lu…

  15. Gruttadauria le 4 mars 2014 à 07h13 a écrit :

    Ton billet m’a donné envie de l’acheter et je viens de passer commande ;-)
    Depuis des mois j’avais envie de le lire et là j’ai hâte de le découvrir!

  16. J’ai adoré ce roman. Et quant à moi, j’ai trouvé que l’auteur était « cohérente » avec ces années-là pour l’homosexualité… c’était sous entendu, on croyait le savoir… mais personne ne voulait la confirmation!

    • Cess le 12 mars 2014 à 15h30 a écrit :

      C’est sous entendu mais bon on s’en doute et on a l’impression que c’est accepté sans soucis par toute la ville et la famille alors que bon ça devait pas être aussi bien compris à cette époque là…

  17. Syl. le 9 mars 2014 à 17h51 a écrit :

    Avec plaisir ! J’ai la recette de la confiture de tomates vertes mais pas celle des beignets.
    Alors, quand tu auras le temps, tu feras un billet avec cette recette et je viendrai prendre ton lien. Serait-ce trop te demander de les cuisiner ???
    Bisou

  18. Lili le 5 mai 2014 à 12h33 a écrit :

    Le résumé me plaisait et ton billet m’a convaincu ! Je viens de le commencer et je l’aime déjà.

  19. Lili le 6 mai 2014 à 16h01 a écrit :

    J’en suis à la moitié et j’adore! Par contre je commence à énerver mes parents à force de leur demander de cuisiner des beignets de tomates vertes!

  20. Lili le 7 mai 2014 à 16h20 a écrit :

    Je l ‘ai terminé et il était vraiment génial! Merci beaucoup pour tes conseils.

  21. Je l’ai finalement lu et ce fut un coup de cœur
    http://papoustory.over-blog.com/2014/04/beignets-de-tomate-verte-de-fannie-flagg.html
    À bientôt
    Le Papou

  22. Chantal Grandidier le 25 mars 2015 à 11h38 a écrit :

    Moi aussi, j’ai adoré le livre que j’ai relu trois fois et le film tout autant. C’est une belle histoire qui m’a fait rire et pleurer

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